Author Archive

Fragore – Asylum

oshy_18092016_fragorDeux années seulement après la sortie de The Reckoning (chronique ici), iles italiens de FRAGORE se rappellent déjà à notre bon souvenir. Et ils ne reviennent pas les mains vides puisqu’ils apportent avec eux un nouvel, opus, le quatrième, au titre d’Asylum. Et pur une fois la stabilité a été au rendez-vous, pas de changement de line-up, le trio reste le même.

Pourquoi changer une recette qui marche me direz-vous ? Et bien nos amis ont du se faire la même réflexion tant Asylum reprend les choses-là ou son prédécesseur les avait laissées. Nous sommes donc toujours en présence d’un thrash/death de bon aloi avec la bonne quantité de riffs assassins et de hurlements directs et virulents. On sent bien que le trio a su profiter de ses nombreux concerts données surtout dans le botte mais aussi à l’international lors de divers festivals. Il n’y a rien de mieux que la confrontation avec d’autres groupes pour se comparer et prendre conscience de ses faiblesses. Après une courte introduction, les choses sérieuses débutent dans le fracas des armes avec un « Hidden Truth » rentre dedans à souhait. Reconnaissons à FRAGORE un talent certain pour pondre des riffs et des rythmiques à la fois tranchantes et accrocheuses. A l’exception du chant guttural, musicalement cela reste plutôt accessible. Il est amusant de constater que Davide Nunziante. le chanteur et guitare sonne souvent comme Johan Hegg d’AMON AMARTH. Enfin nous pourrions sans doute dire cela de plus d’un chanteur évoluant dans ce registre guttural. Les titres tournent autour des quatre minutes et font le boulot attendu. Vous ne trouverez pas sur Asylum de pépites intemporelles mais le niveau reste de bonne facture, pas non plus de bouse infâme au programme.

« La fortune sourit aux audacieux » dit l’adage et FRAGORE compte bien tirer son épingle du jeu. Ils saisissent toutes les opportunités de se produire sur scène pour se faire un nom et n’hésitent pas à sortir largement de leur frontière. Ils se sont ainsi embarqués dans une tournée en Ukraine qui devait être sacrément rock n’roll. Mais cette passion et cette motivation ne peuvent que forcer le respect. Asylum tient la route leur offre de jolies munitions supplémentaires.

Oshyrya (07/10)

 

Facebook Officiel

 

Murdered Music / 2016

Tracklist (41:37 mn) 01. Lost 02. Hidden Truth 03. Control Denied 04. Molotov 05. Alone 06. Revenge 07. The Cell 08. Dies Irae 09. Thor 10. Made of Steel 11. Children of the Sky

Wormfood – L’envers

oshy_18092016_wormfooImpossible d’entamer cette chronique sans parler d’abord de la forme avant d’aborder dans un deuxième temps le fond. Nous n’en attendions pas moins d’un groupe qui a toujours su soigner ses visuels et pour lequel l’image est importante mais l’édition digipak A5 de L’envers est absolument somptueuse. Rendons donc ici hommage au groupe et à son label qui ont fait l’effort et l’investissement pour offrir aux fans un si bel objet et à Hicham Haddaji (Strychneen Studio) pour le graphisme de cet album (il avait déjà officié sur Posthume).

WORMFOOD a l’habitude de prendre son temps mais beaucoup pouvait se demander si le groupe était encore actif. Rappelons aux plus jeunes que l’aventure a débuté à Rouen, en Haute-Normandie en 2001. Evoluant d’abord sur des flots black/death théâtral, le groupe évoluant progressivement vers une démarche gothique plus douce mais tout aussi sombre et désespérée. Dans son deuil éternel, WORMFOOD reste prisonnier entre colère et dépression. Pas sûr que la dernière étape, l’acceptation ne prenne place très rapidement…

Toujours mené de main de maître par Emmanuel « El Worm » Lévy, le quintet entame un nouveau chapitre avec L’envers. Et comme l’écrivait notre camarade Nico dans son live-report du concert de juin au Klub, grandiloquent, WORMFOOD est un groupe à part. La demi-mesure n’est pas possible : on adore ou l’on déteste. En effet, après quelques secondes d’écoute, l’auditeur se voit immerger dans un monde étrange, inquiétant et sombre. L’adhésion est immédiate et tout un chacun devine que la voyage ne va pas être de tout repos. Après une intro parlée, les choses sérieuses débutent avec un « Serviteur du Roi » à la fois furieux et séduisant. On sent bien les racines extrêmes du groupe mais aussi cette douceur et cette mélodie apportée par les longues nappes de claviers et les clavecins. Un peu à l’image d’un DIMMU BORGIR et surtout d’un MISANTHROPE, WORMFOOD mêle avec grâce et talent l’ombre et la lumière, douceur et violence.

Emmanuel Lévy tient la baraque avec son chant protéiforme, entre chuchotement et cris. Certains trouveront qu’il en fait des tonnes, mais cela fait partie de l’identité du groupe. Musicalement parlant, le propos est très chargé, les fioritures, les orchestrations ne manquent pas et adoucissent un peu la toile dure et sanglante tissée par les guitares et la section rythmique. A une exception près, « GOTH », WORMFOOD aime prendre son temps pour installer la scène et déployer son univers. Difficile de ne pas penser ici et là à TYPE O NEGATIVE à l’écoute de certains titres. Le groupe ne s’en cache pas et assume cette influence. Rien à redire sur la production très soignée de ce disque. Malgré la richesse des compositions, chaque partie sonne clairement et trouve naturellement sa place.

Sur des rivages très peu explorés, WORMFOOD continue son voyage et pousse encore plus loin vers des territoires inconnus. Les français frappent forts avec l’envers et plantent à nouveau fermement leur pavillon au sommet du genre. Tout le monde n’adhérera pas mais les courtisans et les courtisanes découvriront un monde nouveau à même de leur faire vivre bien des émotions. Oserez-vous ?

Oshyrya (08/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Apathia Records / 2016

Tracklist (52:47 mn) 01. Prologue 02. Serviteur du Roi 03. Ordre de Mobilisation Générale 04. Mangevers 05. Gone On The Hoist (G.O.T.H.) 06. Collectionneur de Poupées 07. Géhenne 08. Poisonne

Syr Daria – Voices

oshy_18092016_sy_dariDans le petit monde du métal hexagonal, l’Alsace jouit d’une position assez spéciale. Autant les fans peuvent vivre leur passion à fond avec différentes salles dans la région mais surtout une proximité avec l’Allemagne et la Suisse qui d’étancher sa soif de musique en faisant quelques dizaines de kilomètres. Toutes les grosses tournées passent dans ces deux pays limitrophes alors qu’elles semblent prendre un malin plaisir à éviter notre pays. Dans ce contexte, la scène underground s’avère assez vivace et quelques groupes parviennent régulièrement à toucher un plus large public comme les vétérans de MERCYLESS ou les regrettés KARELIA. Mais depuis 2007, il faut compter dans ce paysage sur SYR DARIA. Depuis presque dix ans, le quatuor distille un heavy métal à la fois mélodique et moderne à même de plaire à un large public.

Cinq ans après Circus of Life, les voici de retour avec un deuxième opus sous le bras, Voices. Pendant ce laps de temps, les mulhousiens ont pu parfaire encore leur art et affuter leurs instruments sur scène et en studio. Ce nouvel opus s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur tout en incorporant de nouvelles influences. Les différentes chansons se veulent assez longues et touffues, SYR DARIA tisse avec application sa toile musicale et ne lâche plus sa proie une fois celle-ci capturée. Mélodie et agressivité se mêle avec efficacité permettant au groupe d’exprimer une large palette d’émotion. Les très directs et râpeux « Slaves » et « Pornstar » répondent ainsi aux plus posés « Gilead » et « Slaves of Osiris ». Ce dernier ne manquera faire apparaitre l’une des grande influence de SYR DARIA (et de 80% des groupes métal modernes), l’ombre d’un METALLICA plane sur l’ensemble du disque. Les alsaciens ne s’en cachent pas et assument les empreintes laissées ici et là d’un IRON MAIDEN, ICED EARTH ou BLIND GUARDIAN. La maîtrise technique affichée par le quatuor s’avère particulièrement impressionnante sans que le chant ne soit en reste. Guillaume Hesse offre une très belle prestation derrière le micro, sa conviction fait plaisir à entendre. Enfin, cerise sur le gâteau, la production du disque n’est pas en reste avec un son clair et puissant concocté par Renaud Hebinger à l’Alligator Studio de Pfastatt (68).

Mêmes les plus exigeants risquent d’avoir bien de difficultés pour mettre en défaut ce deuxième album des mulhousiens de SYR DARIA. Sur le fond comme sur la forme, le travail et a été bien fait, avec application et professionnalisme. Le groupe ne prétend pas révolutionner le genre mais ils y apportent leur patte avec un talent évident. Si vous ne connaissez pas cette formation, vous avez ici une occasion parfaite. Voices a tout pour plaire et permettra, n’en doutons pas, à SYR DARIA de toucher un plus large public.

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Autoproduction – Brennus music / 2016

Tracklist (49:35 mn) 01. Back to the Circus 02. Gilead 03. Army of Clowns 04. Slaves of Osiris 05. Pornstar 06. Hannibal 07. The Monkey 08. Walk with the Dead 09. Insomnia 10. Voices