Deux années seulement après la sortie de The Reckoning (chronique ici), iles italiens de FRAGORE se rappellent déjà à notre bon souvenir. Et ils ne reviennent pas les mains vides puisqu’ils apportent avec eux un nouvel, opus, le quatrième, au titre d’Asylum. Et pur une fois la stabilité a été au rendez-vous, pas de changement de line-up, le trio reste le même.
Pourquoi changer une recette qui marche me direz-vous ? Et bien nos amis ont du se faire la même réflexion tant Asylum reprend les choses-là ou son prédécesseur les avait laissées. Nous sommes donc toujours en présence d’un thrash/death de bon aloi avec la bonne quantité de riffs assassins et de hurlements directs et virulents. On sent bien que le trio a su profiter de ses nombreux concerts données surtout dans le botte mais aussi à l’international lors de divers festivals. Il n’y a rien de mieux que la confrontation avec d’autres groupes pour se comparer et prendre conscience de ses faiblesses. Après une courte introduction, les choses sérieuses débutent dans le fracas des armes avec un « Hidden Truth » rentre dedans à souhait. Reconnaissons à FRAGORE un talent certain pour pondre des riffs et des rythmiques à la fois tranchantes et accrocheuses. A l’exception du chant guttural, musicalement cela reste plutôt accessible. Il est amusant de constater que Davide Nunziante. le chanteur et guitare sonne souvent comme Johan Hegg d’AMON AMARTH. Enfin nous pourrions sans doute dire cela de plus d’un chanteur évoluant dans ce registre guttural. Les titres tournent autour des quatre minutes et font le boulot attendu. Vous ne trouverez pas sur Asylum de pépites intemporelles mais le niveau reste de bonne facture, pas non plus de bouse infâme au programme.
« La fortune sourit aux audacieux » dit l’adage et FRAGORE compte bien tirer son épingle du jeu. Ils saisissent toutes les opportunités de se produire sur scène pour se faire un nom et n’hésitent pas à sortir largement de leur frontière. Ils se sont ainsi embarqués dans une tournée en Ukraine qui devait être sacrément rock n’roll. Mais cette passion et cette motivation ne peuvent que forcer le respect. Asylum tient la route leur offre de jolies munitions supplémentaires.
Oshyrya (07/10)
Murdered Music / 2016
Tracklist (41:37 mn) 01. Lost 02. Hidden Truth 03. Control Denied 04. Molotov 05. Alone 06. Revenge 07. The Cell 08. Dies Irae 09. Thor 10. Made of Steel 11. Children of the Sky
Impossible d’entamer cette chronique sans parler d’abord de la forme avant d’aborder dans un deuxième temps le fond. Nous n’en attendions pas moins d’un groupe qui a toujours su soigner ses visuels et pour lequel l’image est importante mais l’édition digipak A5 de L’envers est absolument somptueuse. Rendons donc ici hommage au groupe et à son label qui ont fait l’effort et l’investissement pour offrir aux fans un si bel objet et à Hicham Haddaji (Strychneen Studio) pour le graphisme de cet album (il avait déjà officié sur Posthume).
Dans le petit monde du métal hexagonal, l’Alsace jouit d’une position assez spéciale. Autant les fans peuvent vivre leur passion à fond avec différentes salles dans la région mais surtout une proximité avec l’Allemagne et la Suisse qui d’étancher sa soif de musique en faisant quelques dizaines de kilomètres. Toutes les grosses tournées passent dans ces deux pays limitrophes alors qu’elles semblent prendre un malin plaisir à éviter notre pays. Dans ce contexte, la scène underground s’avère assez vivace et quelques groupes parviennent régulièrement à toucher un plus large public comme les vétérans de MERCYLESS ou les regrettés KARELIA. Mais depuis 2007, il faut compter dans ce paysage sur SYR DARIA. Depuis presque dix ans, le quatuor distille un heavy métal à la fois mélodique et moderne à même de plaire à un large public.