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oshy_26062016_HeadscapLe propre d’un artiste est de pouvoir, de devoir même perpétuellement créer. La créativité ne se décrète pas, elle se subit, se canalise et se transcende. Et après certains s’étonnent de constater que de plus en plus de nouveaux groupes émergent de la collaboration entre divers musiciens venant parfois d’horizon très différent… Et par définition, par essence même, la scène progressive encourage de telles expérimentations. HEADSCAPE fait partie de ces groupes au potentiel très élevé puisqu’il rassemble quelques bons noms en son sein. Créé en 2006, le quintet rassemble entre autres Damian Wilson au chant, Adam Wakeman aux claviers. Lee Pomeroy à la basse et Pete Rinaldi à la guitare. Ils comptent déjà deux disques à leur actif: un EP, I Am en 2007 et un premier album, I am Anonymous, en 2012.

Nous allons pouvoir discuter lors de cette chronique de la qualité mais en ce qui concerne la quantité, rien à redire avec ce second opus. Les britanniques ont gavé la galette et proposent pas moins de soixante-treize minutes de rock progressif racé et virevoltant. L’approche est résolument moderne, avec un son assez direct et une évidente envie d’en découdre. Les touches plus agressives, métal, ne manquent pas avec des riffs tranchants (« Kill You With Kindness ») qui cohabitent avec des compositions beaucoup plus douces et apaisées (« The Science Within Us » ou « Polluted Alcohol »). Cette variété s’avère très agréable et évite de trop rapidement se lasser, surtout avec un disque aussi long. Au niveau technique, les cinq musiciens (avec l’intégration du batteur Adam Falkner à la place de Richard Brook) s’en donnent à cœur joie et montre un savoir-faire et une virtuosité très rarement prise en défaut. Bien sûr les claviers sont positionnés assez en avant mais ils sont loin d’écraser le propos, la guitare tient sa place et mène tout autant les débats. Malgré ce foisonnement, les britanniques ont bien fait attention de rester attractifs et les chansons accrocheuses ne manquent pas (« Your Life Will Change »). Cependant, les fans de pépites progressives longues et complexes ne sont pas non plus oubliés avec deux titres fleuves de plus de dix minutes : « The Science Within Us » et « Secular Souls ». Ils illustrent bien les deux visages du groupe, tantôt doux et délicat, tantôt tranchant et agressif.

HEADSCAPE parvient à représenter la tradition rock/métal progressive britannique mais n’oublie pas non plus de moderniser son approche. La musique proposée ici s’avère très contemporaine et possède les qualités pour plaire aux amateurs les plus exigeants. Ecouter cet énorme pavé d’une traite ne sera pas un exercice facile mais il peut aussi s’apprécier par petites touches.

Oshyrya (08/10)

 

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InsideOut Music / 2016

Tracklist (72:57 mn) 01. Road To Supremacy 02. Your Life Will Change 03. Polluted Alcohol 04. Kill You With Kindness 05. The Element 06. The Science Within Us 07. Semaphore 08. The Death Bell 09. The Day You Return 10. All That You Fear Is Gone 11. Borders And Days 12. Secular Souls

oshy_19062016_Th_Ne_RoseIl serait intéressant de faire une écoute à l’aveugle de ce deuxième album de THE NEW ROSES et de demander à l’auditoire la nationalité du groupe et la décennie de parution de l’album. Il est à parier que la côte ouest des Etats-Unis et la décennie 80 arriveraient en tête des réponses. Eh bien, nous aurions tout faux car THE NEW ROSES est originaire de Wiesbaden en Allemagne et ce Dead Man’s Voice sort bien cette année, en 2016.

Né en 2007, THE NEW ROSES mettra six ans pour accoucher d’un premier album, Without A Trace. En 2015, les choses s’accélèrent pour eux et ils signent un contrat avec Napalm Records pour la suite de leurs aventures. Avec Dead Man’s Voice, ils enfoncent le clou et continuent de développer une musique bien connue et pas très originale, un savant mélange entre hard rock, glam, sleaze et blues comme on pu le pratique tant de groupes californiens dans les années 80 comme CINDERELLA, FASTER PUSSYCAT et bien sûr les GUNS N’ROSES. Reconnaissons que les allemands possèdent un solide bagage technique et déploient une belle énergie tout au long du disque. Les chansons restent courtes et visent l’efficacité. En quatre minutes, la messe et dite et ils passent à la suite. Très formaté radio sur le fond comme sur la forme, les onze nouvelles compositions présentées ici s’enchainent sans anicroche mais sans grâce non plus. Quelques riffs ici ou là font mouche mais cela reste trop classique et déjà mille fois entendus pour vraiment convaincre. Timmy Rough derrière le micro fait du bon boulot et n’a pas à rougir de sa prestation.

Dead Man’s Voice reste un album sérieux et bien exécuté. Pas grand-chose à redire sur la forme, la production s’avère soignée et atteint largement les standards actuels. Sur le fond par contre, THE NEW ROSES pêche par un manque flagrant de personnalité et de caractère. Déjà entendues maintes fois, ces chansons peinent à convaincre et l’ennui émerge rapidement. A voir en concert, une bière dans la main, cela sera déjà bien suffisant.

Oshyrya (5,5/10)

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Napalm Records / 2016

Tracklist (44:08 mn) 01. Heads or Tails 02. Thirsty 03. Partner in Crime 04. Dead Man’s Voice 05. I Believe 06. Ride with Me 07. Hurt Me Once (Love Me Twice) 08. Not from This World 09. What If It Was You 10. Try (And You Know Why) 11. From Guns & Shovels

La collaboration entre des musiciens individuellement hyper talentueux et très expérimentés accouche-t-elle toujours d’un bon album. Le catastrophique Lulu entre METALLICA et Lou Reed pourrait faire croire le contraire mais les exemples positifs pullulent également. THE MUTE GODS rassemble le talent et la créativité de trois artistes renommées: Nick Beggs (Steven Wilson, LIFESIGNS), Roger King (Steve Hackett) et Marco Minnemann (Joe Satriani) ont décidé d’unir leurs forces pour donner naissance à ce nouveau projet. Nick Beggs reste l’instigateur de ce projet mais la rencontre avec ses camarades s’est faite lors des nombreuses tournées de Steve Hackett ou de Steven Wilson auxquelles ils ont tous les trois contribuées.

THE MUTE GODS propose une musique à la fois complexe mais toujours très accessible. On retrouve ce mélange frais entre rock progressif et pop, un savoureux cocktail à même de plaire à un large public. Les différentes compositions restent raisonnables dans leur durée, le trio nous a épargné les pièces à rallonge qui s’avèrent souvent indigestes. Malgré la légèreté apparente de la musique, les sujets abordés ne manquent pas de sérieux et d’actualité. Quelle est la limite entre réalité et fiction fabriquée dans notre monde moderne ? Comment gérer les flots continus d’informations et faire le tri entre vérité et propagande ? Telles sont les questions posées en filigrane tout au long de Do Nothing Till You Hear From Me. L’ambiance d’un « Feed the Troll » ou d’un « Your Dark Ideas » se veut plus grave et pointe les dérives de nos sociétés contemporaines.

Pour mener à bien ce projet ambitieux, Beggs et ses camarades ont fait appel à divers invités, la crème de la scène rock comme le claviériste Adam Holzman (Miles Davis, Steven Wilson), les batteurs Nick D’Virgilio (SPOCK’S BEARD) et Gary O’Toole (Steve Hackett, Kylie Minogue) ainsi que le multi-instrumentiste Rob Reed (MAGENTA). Chacune de ces contribtuions se noient dans la création collective et enrichit encore la musique the THE MUTE GODS. Les lignes de chant principales sont assurées par Nick Beggs lui-même et il propose une très belle prestation. Signalons la présence de sa fille Lula en duo sur le poignant « Father Daughter » qui clôt le disque.

Très riche et foisonnant, Do Nothing Till You Hear From Me ne dévoile ses charmes que progressivement. Difficile de résister à la beauté de certains passages, la sensibilité à fleur de peau des musiciens ne peut que toucher l’auditeur. Pour une première, cet album frappe fort et suscite l’émerveillement. L’expérience est belle, très belle même.

Oshyrya (8,5/10)

 

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InsideOut Music / 2016

Tracklist (59:49 mn) 01. Do Nothing Till You Hear From Me 02. Praying to a Mute God 03. Nightschool for Idiots 04. Feed the Troll 05. Your Dark Ideas 06. Last Man on Earth (bonus track) 07. In the Crosshairs 08. Strange Relationship 09. Swimming Horses 10. Mavro Capelo (bonus track) 11. Father Daughter