J’ai été souvent frappé de lire des interviews où des gens venant d’horizon assez différents précisait qu’ils avaient écouté pas mal de hard rock et de métal étant plus jeune et étaient depuis passés à autre chose. Sans entendu, depuis j’ai grandi et donc j’écoute des choses plus sérieuses. J’ai eu cette même réflexion, franchement discutable, en découvrant le travail des nancéens de FLOOD. Né en Lorraine en septembre 2013, nos compatriotes proposent un pop punk enlevé dans la continuité des BLINK 182, GREEN DAY et autres WEEZER. Et justement, je n’ai pas écouté ces groupes depuis des lustres, depuis mon adolescence en fait. Cet EP, Strangers with Memories, n’est pas le premier fait d’armes du groupe puisqu’ils comptent déjà à leur actif un premier EP, Before The Storm publié en 2014.
En cinq nouvelles chansons directes et sans fioriture, le quatuor impose son rythme avance à fond de train, pied au plancher. La démarche et la philosophie des groupes mentionnés ci-dessous saute directement aux oreilles et les nancéens n’ont pas vraiment de raison de rougir de la comparaison. Ils s’y connaissent aussi en riffs fédérateurs et mélodiques, en lignes vocales accrocheuses et en rythmiques supersoniques. Tous les gimmicks sont attendus sont bien présents comme les chœurs, les « hey » de rigueur, le groove omniprésent de la basse et les différentes harmonies vocales. Un « Hometown » ou un « Who Are We Now » de jurerait sur aucun des albums de BLINK 182 ou SUM41. Malgré leurs origines, FLOOD sonne vraiment nord-américain et évoque des images de fêtes estudiantines au bord d’une piscine et sous un soleil de plomb.
A l’écoute de ce Strangers with Memories très réussi, je me suis retrouvé quelques années en arrière alors que je révisais mes partiels à l’écoute de la radio. Des tubes comme « In Too Deep » de SUM41 ou « What's My Age Again » de BLINK 182 tournaient alors en boucle et apporte une fraicheur et une énergie salvatrices. Quinze ans plus tard, l’effet fonctionne toujours avec un FLOOD sérieux et appliqué. Cet EP constituera une joli bande-annonce ce de vos vacances d’été à venir.
Si le nom de THUNDERSTONE résonne ne vous et que vous connaissez la période dorée des finlandais au début des années 2000 avec le premier album éponyme en 2002 et The Burning en 2004, c’est que vous êtes un fan de power métal avec de la bouteille et des poils sur le menton. Pour donner le contexte aux plus jeunes, à l’époque STRATOVARIUS régnait en maître sur la scène métal mélodique européenne et vendait des albums par palettes. NUCLEAR BLAST faisait des ponts d’or à Tolkki & co et signait des groupes assez similaires. Bien conscient du phénomène, THUNDERSTONE tentait alors de se faire une petite place à l’ombre du géant à travers des albums solides mais sans grande identité. Mais plus les années avançaient et plus leur étoile palissait à l’image de leur modèle. Leur dernier opus, Dirt Metal, en 2009 avait finalement reçu assez peu d’écho. Depuis c’est le silence et tout un chacun pouvait se demander si l’aventure ne s’était pas définitivement achevée.
Eh bien, non voici le quintet de retour après sept années d’absence avec un nouvel album sous le bras. Histoire de soigner leur comeback, THUNDERSTONE enregistre le retour de son chanteur historique Pasi Rantanen qui avait quitté le navire en 2007 (remplacé par Rick Altzi). Et les finlandais reprennent les choses là où ils les avaient quitté à la fin de la décennie précédente : un power / speed métal racé rendu plus doux et accessible par une forte dimension mélodique assurée par des claviers très présents. Ce nouvel opus démarre sur les chapeaux de roue à travers un « Veterans Of The Apocalypse » qui nous ramène dix ans en arrière et rappellera à tous MASTERPLAN et forcément aussi à STRATOVARIUS, encore et toujours. Les finlandais ne risquent pas d’échapper à cette étiquette. « The Path » prend ensuite la main et continue dans la même veine avec une énergie très sympathique. On ne pourra pas rapprocher aux finlandais de ne pas savoir composer des chansons accrocheuses, du type de celles qui donnent envie de taper du pied et secouer la tête en rythme. Les compositions sont plutôt courtes et directes, entre quatre et cinq minutes maximum à l’exception de « Barren Land » plus copieux. Les claviers sont très présents avec des nappes omniprésentes et quelques soli mettant à l’honneur des sonorités plutôt old-school. Cela n’est pas fait pour nous déplaire mais difficile de prendre cela pour un progrès alors que les finlandais et d’autres avant eux pratiquaient déjà la même démarche deux décennies plus tôt.
Sans vouloir, contre vents et marées, lier le sort des deux groupes, il n’est pas inutile de noter que THUNDERSTONE refait surface alors que STRATOVARIUS a retrouvé quelques couleurs et une certaine légitimité. Il faudrait être naïf pour ne pas voir ici une certaine dose d’opportunisme de la part de THUNDERSTONE. Mais après tout pourquoi pas, l’essentiel reste qu’Apocalypse Again s’avère être un album plaisant et bien fait. Si vous aimiez le groupe à ses débuts pour devriez trouver ici votre bonheur et profiter d’un petit plan nostalgique en passant.
Tracklist (43:48 mn) 01. Veterans Of The Apocalypse 02. The Path 03. Fire And Ice 04. Through The Pain 05. Walk Away Free 06. Higher 07. Wounds 08. Days Of Our Lives 09. Barren Land