La vie ou le destin d’un groupe ne tient souvent qu’à un fil. Regardez MAJOR INSTINCT qui nous intéresse aujourd’hui, il aura fallu de gros pépons de santé à son géniteur, BJ Laneby (basse), pour faire table rase du passé et débuté un nouveau chapitre de sa vie artistique. Précédemment, son chemin et sa carrière semblaient tout tracés avec son groupe, M.ILL.ION sur les rails avec plus de vingt ans de carrière et sept albums studio au compteur. Et pourtant fin 2014, après une longue convalescence, il lance MAJOR INSTINCT avec de nouveaux camarades de jeu : Stefano Marchesini (chant, ex HUMAN RACE), Magnus Mild (guitares), Johan Häll (batterie, ex- M.ILL.ION) et un perdreau de l’année de 22 ans Gabriel Glamheden derrière les claviers.
Les Suédois n’ont pas cherché de midi à quatorze heure et font ce qu’ils savent faire de mieux, un hard rock direct sans chichi ni ambition particulière. Au niveau des influences, les noms d’un THIN LIZZY ou d’un WHITESNAKE viennent rapidement à l’esprit sans que MAJOR INSTINCT ne joue dans la même division. Les chansons proposées ici peinent vraiment à convaincre et laisserons beaucoup sur leur faim. L’ennui arrive rapidement même si les musiciens affichent une énergie et une conviction sympathique. De la part d’un groupe d’amateurs dans un bar enfumé un samedi soir, cela resterait plus qu’honorable mais ce manque de caractère et d’originalité criant fait tâche pour un groupe aussi expérimenté que MAJOR INSTINCT. Les Suédois ont joué petit bras et ne semblent pas s’être trop foulés. Stefano Marchesini ne brille pas vraiment, il manque de conviction et son grain de voix n’est pas des plus agréable.
Roots & Wings reste beaucoup trop terre à terre et ne décolle jamais vraiment. En majorité, le disque sonne creux et peu inspiré, aucune chanson ne parvient vraiment à toucher le centre de la cible et à accrocher l’intérêt durable de l’auditeur. L’album passe sans laisser véritablement de trace à part une impression assez négative. Un coup dans l’eau…
Tracklist (48:07 mn) 01. Roots & Wings 02. One In A Million 03. High Five 04. 316 05. I Need A Drink 06. Eyes From Above 07. Don't Come To Me 08. Here and now 09. Kicked to the ground 10. Follow the Trends 11. Cold Wind Blows 12. Mother of all
Ce n’est pas si courant, principalement pour un groupe de pagan/viking metal qui parle souvent plus du passé que de l’avenir, mais pour son cinquième album, les allemands de VARG s’engagent et s’attaquent de front aux maladies qui gangrènent nos sociétés modernes et en particulier la démagogie et le verbe mensongers de bien trop de politiques. Sans tomber dans les bons sentiments, le quintet se lâche et déploie tout son savoir-faire et toute sa hargne à travers neuf nouvelles compositions. Le visuel très direct de ce disque ne laisse que peu de place à l’équivoque. Comme SABATON à l’époque de Carolus Rex, ce disque sous présente sous deux formes : un album chanté en allemand comme d’habitude mais aussi une version entièrement chanté en anglais. Il semble qu’il s’agisse là d’une profession de foi de VARG qui souhaite que son message puisse être diffusé le plus largement possible sans la barrière de la langue.
Après une introduction reprenant le discours final de Charlie Chaplin dans son film le Dictateur, la première offensive débute sous un feu nourri. Avec « Das Ende Aller Lügen » ne fait pas dans la demi-mesure, un riff simple mais accrocheur à la guitare qui prend une sacrée ampleur dès que la section rythmique infernale se met en branle et que Freki hurle son chant avec une rare conviction. Les allemands enfoncent encore le clou avec un « Revolution » encore plus extrême et sans concession dans la brutalité affichée. Dans l’ensemble les nouvelles chansons sont courtes et directes et affichent trois ou quatre minutes maximum au compteur. On ne fait pas dans la dentelle ici, il faut que le message claque et que les uppercuts s’enchainent. Trop forts dans le registre brutal, VARG sait aussi ralentir le rythme et proposer une respiration plus mélodique comme sur « Streyfzug ». Mais l’accalmie ne dure pas longtemps et les hostilités reprennent via un « Achtung » plus indus que viking métal. Malgré la violence du propos et de la musique, la dimension mélodique n’est jamais complétement oubliée, il faut que les choses montrent un certain caractère et restent accrocheuses. Quelques nappes de claviers ici et là adoucissent un peu le propos et renforce encore l’impact des chansons.
Dans l’ensemble, Das Ende Aller Lügen s’avère être une belle expérience, un album fort et accrocheur. La version chantée en allemand reste la meilleure mais son pendant anglais permettra sans aucun doute à VARG de toucher un plus large public et d’accroitre ainsi sa diffusion. Ils confirment en tout cas leur place parmi les leaders de ce genre en Allemagne aux côtés des EQUILIBRIUM et FALKENBACH.
A l’écoute de ce premier album de BE THE WOLF nous pourrions croire qu’il s’avère facile de composer et de jouer du rock, il suffit en effet de quelques riffs et d’une mélodie vocale accrocheuse. Sur le papier l’équation n’est pas si complexe mais dans la réalité, c’est une autre paire de manche. Soyez en sûr, beaucoup ont essayé et finalement peu ont réussi à atteindre l’objectif fixé. Formé en 2011 à Turin, les italiens de BE THE WOLF ont d’emblée adopté une démarche assez saine, prendre le temps de créer un son et une identité en progressant par étape. Après avoir publié quelques singles, des clips vidéos, un EP et avoir assuré le maximum de concerts en Europe, les transalpins se sont sentis prêts à plonger dans le grand bain et proposer un premier album, Imago, que voici chez Scarlet Records.
Le power trio proposé un rock classique modernisé et accrocheur. Enfin modernisé si on veut, les ingédients de la recette n’ont pas varié mais la production se veut plus directe et les compositions se doivent d’être immédiatement accrocheuses. En dix chansons très courtes, autour des trois minutes, les italiens tentent de vous séduire dès les premières secondes avant de ne plus vous lâcher. L’album est très court (trop) et cela ne vous demandera pas un grand effort surtout que dans l’ensemble, la majorité des titres s’avèrent assez agréables. C’est du grand classique mais les mélodies passent bien et quelques refrains touchent le centre de la cible. Imago débute en trombe avec un « Si(g)ns » bien rentre dedans, avec un son chaud et un esprit très américain. Au petit jeu des comparaisons, nous pourrions citer RIVAL SONS ou même HALESTORM. Chapeau en particulier au chanteur qui assure avec une grande classe, chantant avec force et conviction tout au long de l’album. Imago finit par s’essouffler un peu sur la faim avec des compositions un peu moins convaincantes mais chaque écoute de ce disque laisse une impression très favorable.
Saluons le travail effectué sur la production, les chansons claquent et le dynamisme de l’ensemble saute aux oreilles. L’enregistrement, le mixage et le mastering ont été confiés à Andrea Fusini et ce choix s’est avéré gagnant. D’un accès très facile, Imago vous fera taper du pied et secouer la tête. Difficile d’en demander plus à un disque de rock.
Tracklist (34:18 mn) 01. Si(g)ns 02. Chameleon 03. The Fall 04. Jungle Julia 05. 24 06. The Comedian 07. Florinda’s Murderer 08. Dust in Hoffmann 09. The House of the Dead Snow 10. One Man Wolfpack