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Hell of a Ride – Bête noire

oshy_03012016_Hel_o_a_RidPour leurs grands débuts, les parisiens de HELL OF A RIDE ont décidé de mettre les petits plats dans les grands. Tant sur le fond que sur la forme, Bête noire se veut un premier album particulièrement soigné. Aventure née en 2011, le quintet n’est pas leur coup d’essai puisqu’ils comptent déjà à leur tableau de chasse un EP, Fast As Lightning, sorti en 2013. Ces dernières années ont été mises à profit pour accumuler de l’expérience et acquérir le savoir-faire nécessaire pour accoucher d’un disque fort et percutant. Parions que la première partie de Black Stone Cherry (USA) assurée à la Maroquinerie aura été particulièrement bénéfique au groupe. Jugeons sur pièce…

Bête Noire présente une série de onze compositions à classer dans un registre rock moderne dans la foulée des SHINEDOWN et autres ALTER BRIDGE. Tous ces groupes plongent leurs racines dans la scène hard rock / métal américaine, entre METALLICA, FAITH NO MORE et GUNS N’ROSES Les parisiens se plaisent à distiller un rock touffu et bien rentre-dedans savant mélange entre guitares rageuses et mélodies catchy à souhait. Les musiciens créent un mur de son séduisant sur lequel Djej Ride, le chanteur, peut se mouvoir librement et faire découvrir l’étendue de son talent. Ses camarades abattent un sacré boulot, les guitaristes tissent une toile tantôt subtile, tantôt solide comme un « rock » tandis que la section rythmique basse/batterie creuse des fondations en béton armé. HELL OF A RIDE ne se perd pas en conjectures stériles, ils vont directement à l’essentiel, en quatre minutes. Leurs camarades américains agissent par contrainte liées aux médias US mais cela possède au moins le vertu de forcer les compositeurs à toujours favoriser l’efficacité. Et Bête noire n’en manque pas d’efficacité. Tous les fans de rock burné trouveront leur dose sur ce disque avec les « High on Octane », « Aphrodisiac Cadillac » ou encore « Hell of a Ride » Mais HELL OF A RIDE sait aussi varier les plaisirs et se la jouer plus doux comme sur « Despair and Hope ».

Le cocktail ne pouvait fonctionner qu’avec une production de qualité, un son à la fois puissant et limpide. Pari réussi de ce côté-là, Bête noire risque d’en impressionner plus d’un. Comme pour Fast As Lightning Le disque a été enregistré à Paris par Charles "Kallaghan" Massabo et mixé/masterisé par ses soins à Los Angeles. La continuité est totale sur la forme et sur le fond puisque le livret poursuit la narration des aventures de john "MAD DOG" Ringsdale.

Avec Bête noire, HELL OF A RIDE fait honneur à la scène rock hexagonale. Le disque s’avère très réussi et possède le potentiel de rivaliser avec certains ténors du genre. Reste aux parisiens à se faire plus largement connaître afin de trouver un plus large public. Les ALTER BRIDGE et consorts semblent avoir en ce moment le vent en poupe, avec un peu de chance une belle fenêtre d’opportunités s’ouvre pour le le quintet. Amits tourneurs, le balle est dans votre camp.

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (44:15 mn) 01. High on Octane 02. At the Drive in (feat Sin Quirin) 03. Aphrodisiac Cadillac 04. Red Light Mississippi 05. Wicked! 06. Despair and Hope 07. Everything's is missing 08. Hell of a Ride 09. Crash and Burn 10. From dusk till Dawn 11. Rain of Fuel

 

 

 

 

I Machine – L’origine

oshy_03012016_i_machiVu par le petit bout de la petite lorgnette, l’univers rock/métal européen se cristallise principalement en Grande-Bretagne, en Scandinavie (+ Finlande) et en Allemagne. Et pourtant d’autres pays tirent leur épingle du jeu comme l’Italie, la Suisse ou encore l’Espagne. Et notre hexagone dans tout cela ? Pendant bien longtemps assez moribonde, la scène underground française regorge de groupes ambitieux et de qualité. Il suffit de voir les sollicitations nombreuses que nous recevons à la rédaction. La majorité de ces groupes sont réalistes et agissent avant tout par passion, laissant la célébrité et l’argent au soin de leur bonne étoile. I MACHINE fait partie de ces groupes qui immergent et commencent à se faire connaître des plus curieux d’entre nous. Né en 2008 sous un autre nom, le quintet inaugure sa carrière discographique en 2010 avec un premier EP 5 titres puis se lance en 2015 dans le grand bain et publie un premier album, l’origine.

Le premier contact avec cet album risque d’en surprendre plus. « Carpe Diem » s’apparente de prime abord comme un mariage entre grosses guitares et sonorités électro, la rencontre entre TRUST et SKRILLEX. Un peu à l’image de ce que fait un SIDILARSEN ou un MASS HYSTERIA, I MACHINE se plait à enrichir son gros son hard rock de touches électro histoire de fixer les ambiances et distiller une dose supplémentaire d’énergie. Un « Que le meilleur s’exprime » penche quant à lui vers du RAMMSTEIN pour son côté martial et direct. La patte, la spécificité des provençaux, alpins et azuréens tient au chant de Fred qui s’exprime en chant uniquement clair avec énormément de conviction. Il varie énormément son approche d’une chanson à l’autre et parvient à distiller beaucoup de sentiments, d’émotions. Cela contraste d’autant plus avec la musique très massive qui s’anime derrière lui. Nos compatriotes ne tombent dans le piège de la démonstration stérile de leur savoir-faire, chaque titre se voit calibré pour générer le maximum d’impact. En moyenne, les compositions tournent autour des quatre minutes. Dommage que les titres sont presque systématiquement structurés de la même façon, une intro électro ouvre les débats avant que ne se déploie la partie hard-rock / indus. Parfois le thème électro est repris au milieu de la compo avant que les guitares ne reprennent la main et terminent les débats. Cette routine finit par amoindrir le plaisir d’écoute.

L’origine ne manque pas de titres forts et attrayants à même de vous accrocher l’oreille et vous rentrer dans la tête pour plusieurs semaines. I MACHINE possède un vrai talent pour pondre à la chaine des refrains séduisants. Sur la forme ce disque tient la route, la production s’avère parfois un peu brut de décoffrage, râpeuse, mais chacun comprendra que le groupe fait avec des moyens limités. L’origine mérite en tout cas pleinement votre intérêt pour la qualité du travail ainsi que la conviction, la motivation affichée par les membres d’I MACHINE. Respect.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (50:51 mn) 01. Carpe Diem 02. Que le meilleur s’exprime 03. Welcome 04. Criminel 05. L’origine 06. Crazy 07. La crise 08. This Something 09. Lire en toi 10. Ni dieu ni maître 11. Big brother 12. La mission

 

https://www.youtube.com/watch?v=1d9v6cb7vak

 

Incry – Pandore

oshy_03012016_IncrLes parisiens d’INCRY semblent fonctionner par cycle de trois/quatre ans. Après des débuts en 2001 et une longue phase de travail pour trouver un son et une identité musicale, le quatuor franchit le Rubicon en 2008 en enregistrant un premier album, Face au mur puis un second, Rock.Fr (chronique ici) en octobre 2012. Ils ne chôment pas entre les périodes de transition, saisissant toutes les opportunités possibles de se produire sur scène pour défendre fièrement leurs chansons. Ces centaines de concerts dans toute la France et les pays limitrophes ont marqué les esprits et forgé le son du groupe. Entretemps, un changement de line-up est intervenu. En mai 2012, le batteur historique Tatoo quitte ses camarades pour des raisons personnelles et se voit remplacé par Chris Splatter. Mais cela ne freine pas le groupe qui continue d’avancer. Les voici de retour plus en forme, plus ambitieux que jamais, un troisième opus sous le bras, Pandore.

Depuis ses débuts, INCRY se sent comme un poisson dans l’eau, immergé dans son rock français hargneux et accrocheur. Pandore prend la forme de douze chansons comme autant de coups de poings, rapides, tranchants et très compacts. En trois minutes à chaque fois, tout est dit, pas besoin de fioritures ou de guimauve inutile. La guitare de Noug de mène les débats et tisse sa toile sur les fondations précises et carrées de Did et Chris Splatter. L’alchimie finale se fait à l’arrivée de la voix de Kourros, ce dernier apporte sa patte, un supplément d’âme qui donne son lustre à chacune des compositions. Il tient une grosse responsabilité sur ces épaules, impulsant une grosse énergie par la conviction et les émotions qu’il transmet dans sa voix chaude et puissante. Pandore s’ouvre sur de très bons auspices avec un « Oxygène » efficace, à même de provoquer naturellement chez chacun un trépignement incontrôlable. INCRY continue d’osciller entre sérieux et deuxième degré, ce qui prouve encore une fois qu’ils travaillent sérieusement, avec application, sans se prendre trop au sérieux. Assez direct et sans concession dans l’ensemble, Pandore sait aussi varier les plaisirs et n’hésite pas à varier les registres, entre le calme d’un « Sans visage », le groove d’un « Monde virtuel » et enfin l’explosivité d’un « Rouge ». Les titres s’enchainent à vive allure, avec naturel à l’exception de quelques titres plus convenus (« Laissez faire » et « Copboy ») où une certaine lassitude finit par s’installer.

Sur le fond comme sur la forme, Pandore est un disque solide et bien réalisé. L’investissement et le travail accompli forcent le respect. Ce troisième album confirme le potentiel du groupe et tout le bien que nous pensons de lui depuis Face au mur. Il ne manque pas grand-chose à INCRY pour passer à un niveau supérieur, une meilleure exposition dans les média généralistes (RTL2 ou RFM) serait mériter afin que les parisiens touchent un plus large public.

Oshyrya (07/10)

 

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Balance Production – Autoproduction / 2015

Tracklist (41:53 mn) 01. Oxygène 02. Rouge 03. Monde virtuel 04. Cannibale 05. Pandore 06. Copboy 07. Sans visage 08. Laissez-faire 09. Tigresse 10. Maldonne 11. Le bonheur en prime 12. Rock’N Roll