Les canadiens de DIEMONDS mènent déjà depuis plusieurs années une solide carrière dans leur pays et débarquent désormais en Europe prêts à en découdre. L’aventure a débutée en 2006 à Toronto et mettra quelques années à véritablement décoller. Prenant le taureau par les cornes, ils publient en autoproduction un premier EP, In the Rough, en octobre 2008. Cette carte de visite va leur ouvrir des portes et leur permettre de saisir des opportunités pour tourner en Amérique du Nord aux côtés de LA GUNS, FASTER PUSSYCAT ou John Carabi. En 2012, ils signent avec Underground Operations pour sortir dans les bacs leur premier album, The Bad Pack. Après bien des concerts sur toutes les routes possibles et inimaginables, les voici en cheville avec Napalm Records pour se faire connaitre du plus grand nombre.
Pas de chichi, pas de guimauve inutile et écœurante, DIEMONDS est adepte d’un hard rock direct, accrocheur et bourré d’énergie. Et de l’énergie, ils en ont à revendre. Les riffs tranchants, les rythmiques endiablées et les refrains séduisants s’enchainent à haute intensité tout au long de ce Never Wanna Die. La paire de guitariste C.C. Diemond et Daniel Dekay ne ménage pas sa peine et laisse peu de temps mort à l’auditeur pour souffler. Enfin l’épreuve s’avère assez courte puisque le disque ne parvient pas à atteindre les trente-cinq minutes au compteur. Derrière le micro, la chanteuse Priya Panda rivalise avec ses petits camarades et fait des merveilles avec sa voix rock, et puissante. Elle suit les traces d’une Doro Pesch en évoluant dans un genre musical assez similaire. Pour le reste c’est du déjà entendu, la majorité des titres sont bien écrits, efficaces et rapidement accrocheurs. DIEMONDS a su s’inspirer et piocher de bonnes idées chez les groupes phares de la scène rock américaine. Toutes les ficelles du métier sont mises à profit ainsi que les gimmicks qui ont fait leur preuve. Avec l’aide d’un producteur expérimenté et récompensé comme Eric Ratz (MONSTER TRUCK), le quintet possédait tous les atouts pour frapper fort.
Un peu à l’image des finlandais de BATTLE BEAST, les canadiens de DIEMONDS ont su s’inspirer des meilleurs et proposer des chansons efficaces à même de plaire à un grand nombre de métalleux. Pour l’originalité vous repasserez mais reconnaissons que le travail a été réalisé avec sérieux et application. Très agréable sur disque cet album devrait pouvoir faire un malheur sur scène. Avec le soutien de leur label, ils ne devraient pas tarder à venir nous rendre visite.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Napalm Records / 2015
Tracklist (34:17 mn) 01. Never Wanna Die 02. Hell Is Full 03. Over It 04. Ain't That Kinda Girl 05. Secret 06. Better Off Dead 07. Forever Untamed 08. Wild At Heart 09. Meet Your Maker 10. Save Your Life
Deux ans après Starbound Beast (chronique ici) l’amazone et ses guerriers d’HUNTRESS se rappellent joyeusement et bruyamment à notre souvenir avec un nouvel opus trônant fièrement à leur tableau de chasse, Static. On ne va pas se mentir, ce rock dit occulte (et surtout old-school à nos oreilles) n’a jamais enthousiasmé plus que de raison cette rédaction et nous n’attendons pas spécialement de feu d’artifice avec de nouvel album tant Janus et ses amis poursuivent sur leur lancée sans vraiment apporter de modifications profondes à leur démarche.
Donc Static propose aux fans dix nouvelle petites d’un heavy métal franc, couillu et râpeux qui devrait faire taper du pied et secouer des têtes dans les chaumières. Le succès devrait aussi être au rendez-vous au sein de tous les gangs de bikers outre-Atlantique. A l’image de la pochette, la demoiselle semble bien remontée et utilise encore une fois efficacement sa large palette vocale. Reconnaissons qu’elles ne sont pas très nombreuses à pouvoir ainsi concurrencer, sans contestation possible, leurs camarades masculins. Tous les visuels d’HUNTRESS continue de jouer à la fond la carte de la plastique avantageuse de sa chanteuse, c’est un peu facile mais loin d’être inefficace. Mais depuis 2010, cela fini par quand même occulter le fond de l’affaire et l’intérêt assez limité de la musique proposée. En dehors du chant, ces dix nouvelles compositions ne cassent pas des briques et en dehors de quelques riffs bien tranchants et d’un refrain accrocheur ici ou là, le constat reste assez maigre. Les chansons se veulent courtes directes et dans fioritures excessives, calibrées pour passer sur les radios rock américaines. Le côté old-school apparait aussi bien sur le fond que sur la forme, la production n’est pas vraiment limpide, un peu sale et baveuse. Cela doit être pour marquer le côté occulte. Ces gimmicks finissent par lasser tant ces chansons heavy/rock titilleront la fibre nostalgique de certains mais en fatigueront rapidement beaucoup.
HUNTRESS ne se renouvelle pas et la surprise des débuts a disparu depuis bien longtemps. Si vous grattez la surface vous ne conserverez, à la fin, que des chansons un peu vieillottes et surannées qui ne feront effet qu’après avoir beaucoup fumé et ingurgité une sérieuse quantité d’alcool. A jeun, le soufflé retombe trop rapidement.
Oshyrya (5,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Napalm Records / 2015
Tracklist (47:30 mn) 01. Sorrow 02. Flesh 03. Brian 04. I Want to Wanna Wake Up 05. Mania 06. Four Blood Moons 07. Static 08. Harsh Times On Planet Stoked 09. Noble Savage 10. Fire In My Heart
Très belle pochette flamboyante et très colorée du nouvel opus des allemands d’AHAB risquent d’en surprendre et d’en “piéger” plus d’un. Tout ce qui brille n’est pas or rappelle l’adage populaire et tout ce qui est ainsi coloré n’annonce pas vraiment des lendemains qui chantent et un humour joyeuse et colorée. AHAB continue ici de distiller un Doom qu’ils qualifient de nautique, toujours aussi lourd, chargé de tristesse et de mélancolie. Ils nous reviennent trois ans après The Giant (chronique ici) avec un quatrième album appelé The Boats of The Glen Carrig.
Dans la continuité de ses travaux précédents, les allemands prennent leur temps et déploient lentement leurs nageoires, plongeant doucement vers les abimes et une fin inéluctable. En cinq chansons dont trois de plus de dix minutes les ténèbres nous envahissent insidieusement et condamne toute vie à l’obscurité. La première chanson, « The Isle » alterne ainsi les passages doux où la guitare sèche et le chant clair mènent le bal et des passages sombres et glaçants où riffs pachydermiques, lourdeur et chant guttural règnent en maître. L’auditeur passera ainsi au sein d’une même composition de l’ombre et la lumière et verra l’atmosphère progressivement s’obscurcir, comme si les eaux calmes de la surface recelaient de terribles dangers en profondeur. AHAB distille avec talent une musique chargée d’émotions souvent négatives, entre mélancolie, douleurs et tristesse infinie. « The Thing That Made Search » reprend le même schéma, des débuts doux et lancinants qui progresse decrescendo vers un funeral doom d’une incroyable densité. Ames sensibles s’abstenir tant la descente prend rapidement la forme d’un cauchemar sans fin. Daniel Droste déploie toute sa palette vocale derrière le micro et renforce ce sentiment d’oppression que ressentira forcément à un moment ou un autre l’auditeur. Il faudra lire la nouvelle de William Hope Hodgson pour s’apercevoir que le voyage risque d’être sans retour tant les dangers abondent.
AHAB a su trouver sa place et se créer une identité originale à travers un doom nautique du meilleur niveau. The Boats of The Glen Carrig affiche de beaux arguments et ravira les amateurs de douceurs à la fois sombres et amères. Attention quand même, l’ivresse des profondeurs nous guette…
Oshyrya (08/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Napalm Records / 2015
Tracklist (56:31 mn) 01. The Isle 02. The Thing That Made Search 03. Like Red Foam (The Great Storm) 04. The Weedmen 05. To Mourn Job