Les australiens de BLACK MAJESTY se rappellent à notre bon souvenir avec un nouvel opus sous le bras. L’heureux élu se nomme Cross of Thorns et constitue le sixième chapitre d’une respectable carrière débutée en 2001. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, et le groupe ne compte pas beaucoup de concurrence en ses terres lointaines. En même temps, l’Australie n’est pas la terre la plus féconde pour le Power Metal très allemand dans la forme et l’esprit développé ici. Leur salut viendra de l’Europe et ils n’hésitent pas à régulièrement nous voir en tournée pour se faire connaître du plus grand nombre.
Rien à l’écoute de ce Cross of Thorns ne trahit les origines australiennes du groupe. Ils évoluent dans un moule très classique sans vraiment chercher innover et sortir des sentiers battus. Reconnaissons que BLACK MAJESTY sait y faire et démontre un vrai talent pour pondre des hymnes fédérateurs à la chaîne. Dans l’ensemble le disque est mené tambour battant avec des titres rapides et tranchants, des refrains accrocheurs et quelques soli bien sentis. Difficile de rester insensible face à des brûlots comme « Vlad The Impaler » ou encore « Phoenix ». Quand ils ralentissent le tempo le résultat devient, par contre, nettement moins convaincant. Un « Crossroads » peine à vraiment convaincre se voir rapidement zappé lors des écoutes suivantes. N’attendez aucune surprise sur cet album, l’approche classique reste de rigueur. La reprise du « Out if the Fields » de Gary Moore passe bien, pas d’erreur de goût à signaler. Si vous appréciez DIO, JUDAS PRIEST, HELLOWEEN, ou encore HAMMERFALL, vous pourriez trouver Cross of Thorns à votre goût. Sur la forme rien à redire, le son a été confié aux bons offices de Roland Grapow (MASTERPLAN, ex-HELLOWEEN).
Cross Of Thorns a été soigné et s’avère être un travail sérieux et appliqué. Gageons que les australiens ont eu à cœur de donner encore une fois le meilleur puisque le disque est dédié à Dirk Illing, un ami de longue date du groupe récemment disparu. Il s’était chargé de toutes les pochettes d’album précédentes. Sa mémoire est honorée et les fans d’hymnes guerriers seraient bien avisés de laisser sa chance à cet album.
Oshyrya (07/10)
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Pride & Joy Music / 2015
Tracklist (47:15 mn) 01. Phoenix 02. Anneliese 03. Vlad The Impaler 04. Crossroads 05. Out In The Fields (Gary Moore Cover) 06. Misery 07. Make Believe 08. One Life 09. Emptiness Ideal 10. Escape
Pour paraphraser un ami, STAHLMANN c’est naze, le pire cliché du métal commercial made in Germany. Il ne va pas par le dos de la cuillère mais les derniers opus des allemands peinent à nous donner des arguments pour défendre le contrainte. Que ce soit Quecksilber (chronique ici) ou Adamant (chronique là), cette rédaction et en particulier votre serviteur n’a pas vraiment pris son pied. Et finalement STAHLMANN aurait bien tort de se priver car ils ne se foulent pas vraiment et continue de rencontrer le succès de l’autre côté du Rhin. Ah oui c’est sûr que chez nous, ce dance/métal/indus n’a pas vraiment le vent en poupe. Le groupe et son label a tout compris, ils jouent autant sur la musique, facile et immédiatement consommable, que sur le look entre cuir, codes homosexuels et valeurs métro sexuelles.
On reprend exactement les mêmes ingrédients que précédemment et on ajoute ici et là quelques légères modifications. A la fin, l’impression d’écouter depuis trois albums des versions alternatives d’une unique chanson prend de plus en plus de corps et d’épaisseur. Vous prenez des boucles bien électro, un rythme rapide, martial, ajoutez-y une voix grave et monocorde ainsi qu’un refrain simplissime et vous aurez percé tous les secrets de fabrication de STAHLMANN. Ah c’est sûr on sent l’expérience et le solide savoir-faire mais à la longue, au bout de deux ou trois titres, l’ennui ferme s’installe. En boite de nuit pourquoi pas mais tranquille à la maison, l’intérêt disparait à la vitesse grand V. Les titres sont courts, trois ou quatre minutes maximum pour passer facilement en radio et faciliter le boulot des DJ. Les défenseurs de la Neue Deutsche Härte doivent se désoler devant cet ersatz des parrains du genre comme OOMPH. L’ombre des RAMMSTEIN plane également lourdement sur CO2.
Si comme votre serviteur vous n’êtes pas insensible à cette catégorie musicale, passez votre chemin concernant un STAHLMANN finalement assez fade. Pour étancher votre soif, préférez les valeurs sûres mentionnées ci-dessous ou encore les plus contemporains MONO INC.
Oshyrya (4,5/10)
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AFM Records / 2015
Tracklist (37:32 mn) 01. Feindflug 02. Plasma 03. Deutschland tanzt 04. Die Klinge 05. Sadist 06. Friss mich 07. Spiegelbild 08. Wenn Engel tanzen 09. Der letzte Tag 10. Nimm meine Hand
Avec une grande régularité, tous les deux ans dernièrement, le chanteur et compositeur Steve Newman se rappelle au bon, souvenir des fans de Hard FM à travers son groupe NEWMAN. Après Under Southern Skies en 2011 (chronique ici) puis Siren en 2013 (chronique là) voici The Elegance Machine. Sous nos radars, il mène une très honorable carrière en tournant régulièrement chez lui outre-Atlantique ou en Grande-Bretagne. Ce nouvel opus rassemble tous les titres composés depuis deux ans dans une totale continuité mélodique et stylistique avec le passé récent.
L’évolution est subtile, afin de ne pas se laisser distancer, NEWMAN laisse apparaitre des influences plus modernes tout en durcissant légèrement le ton. Je vous rassure, la musique proposée ne risque quand même pas d’effrayer votre grand-mère tant la mélodie prime sur tout le reste. C’est propre, gentillet et apporte quelques petites satisfactions aux fans de l’artiste. Signalons quand même que cette petite touche de modernité et un son parfois un peu plus hard apporte un vrai plus et évite à ce disque le destin pas très glorieux de ses ainés. L’ennui pointe son nez beaucoup plus tard, la première moitié s’avère sympathique. Vous ne sauterez pas de joie et d’enthousiasme mais saluons quand même le progrès. Pour mener à bien ce nouveau projet, Steve Newman continue de se réserver la part du lion au niveau composition et production. NEWMAN n’a finalement de groupe que le nom. Il est ici accompagné de son, fidèle lieutenant Rob McEwen à la batterie et quelques amis pour assurer des chœurs. « The Elegance Machine », « Halo » ou encore « Illuminate » passe bien le test avec quelques autres chansons. Pour le reste, l’album oscille entre le passable et le très moyen.
NEWMAN a trouvé son public et mène son petit bonhomme de chemin sans s’inquiéter des critiques ou des tendances contemporaines. Sa musique s’avère être surannée et, bien que sympathique, seuls les aficionados s’intéresseront à ce The Elegance Machine. Le défaut récurrent signalé lors de nos précédentes chroniques persistent, difficile de maintenir longtemps un intérêt sincère pour la musique proposée.
Oshyrya (06/10)
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AOR Heaven / 2015
Tracklist (55:24 mn) 01. The Suit (Skyscraper) 02. The Elegance Machine 03. Don t Stay Lonely 04. Illuminate 05. Confess 06. Halo 07. Prayer For Apollo 08. She Walks In Silence 09. One Good Reason 10. Pretender Surrender 11. Send Us Salvation 12. Scars