Cette rédaction étant surtout composée de brutes appréciant les musiques extrêmes, les membres amateurs de musiques douces et mélodiques ont l’embarras du choix pour assouvir leur passion des beautés AOR et Hard FM. La promesse du jour se nomme ART NATION et se présente à nous avec un premier album sous le bras, Revolution. L’aventure a débuté à 2013 à Göteborg après le départ du chanteur Alexander Strandell de son groupe précédent, DIAMOND DAWN. Ayant bien l’intention de continuer à prendre du plaisir à travers sa passion, il s’entoure des meilleurs musiciens disponibles et se lance à corps perdu dans l’aventure ART NATION. Après la publication de quelques singles, ils se lancent dans grand bain tout en multipliant les apparitions scéniques. Tout s’accélère au début de cette année via la signature d’un contrat avec AOR Heaven. Tout un chacun peut désormais découvrir le groupe grâce à ces douze chansons, de petites pépites à la fois colorées et brillantes.
Les premiers contacts avec la musique des Suédois s’avèrent être très positifs. Difficile de résister à l’énergie et l’enthousiasme affichée tout au long de l’album. En trois ou quatre minutes à chaque fois, ART NATION déploie son savoir-faire et montre l’étendue de la palette à son disposition. Il l’avait déjà prouvé dans le passé mais Strandell rappelle ici à tous qu’il faut compter sur lui dans le paysage AOR scandinave. Son chant reste toujours mélodique et expressif, il assure une prestation sans faille. Musicalement parlant, le quatuor nous ramène au milieu des années 80, certaines sonorités de claviers old-school risquent d’en faire sourire plus d’un (« Don’t Wait for Salvation ») mais l’essentiel est là, des titres accrocheurs, des refrains efficaces et une envie irrésistible de taper du pied et de siffloter les différentes mélodies. Rien de très nouveau ou de révolutionnaire sous le soleil mais un travail sérieux qui met en lumière le potentiel et le talent regroupé au sein d’ART NATION. Pas de longueurs ou de fioritures dégoulinantes ici mais des chansons finalement assez simples qui se déploient en trois à quatre minutes maximum. Presque chaque titre se veut être un single potentiel et pourrait facilement passé en radio en Scandinavie ou de l’autre côté de l’Atlantique. Dans nos contrées, l’intérêt ne restera que poli et très limité. Revolution a été produit et enregistré par Jakob Herrmann aux Top Floor Studios en compagnie de Christoffer Borg. Le mixage et le mastering ont, quant à eux, été confiés Jacob Hansen (AMARANTHE, ENGEL, VOLBEAT…) aux Hansen Studios, situés au Danemark.
Beaucoup tentent leur chance, même dans ce marché de niche de l’AOR et du Hard FM, mais peu parviennent pourtant à toucher la cible et sortir du lot. ART NATION y parvient dès son premier album et devrait combler les nostalgiques de la scène foisonnante des années 80. Rien n’est audacieux ni innovant mais cela reste pourtant très agréable à écouter. Profitons-en !
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
AOR Heaven / 2015
Tracklist (47:28 mn) 01. Need You To Understand 02. 3000 Beats 03. I want Out 04. Number One 05. Don t Wait For Salvation 06. All The Way 07. Start A Fire 08. Moving On 09. Here I Am 10. Look To The Sky 11. Wage War Against The World 12. All In
On peut affirmer avec certitude que l’aventure RAISE HELL a débuté sous les meilleurs auspices, que les Suédois avaient tous les atouts en main pour faire des merveilles et atteindre les sommets. Né en 1996, il faudra deux ans au groupe pour se faire un nom et saisir toutes les opportunités qui se présentaient à lui. Pour leurs débuts, ils signent avec Nuclear Blast et enregistrent au Abyss Studio (Peter Tägtgren) avant de tourner en Europe aux côtés de DISMEMBER et CHILDREN OF BODOM et se produire au Wacken. En 2000 le disque suivant, Not Dead Yet, est mis en boite au Studio Fredman sous la houlette d’Anders Fridén (IN FLAMES). La suite s’appelle Wicked is my Game publié en 2002. Ensuite les choses se gâtent avec une instabilité du line-up et une fin de contrat discographique avec le label allemand. Ils finissent par trouver refuge chez Black Lodge et sortent City of the Damned en 2006. Il faudra encore bien des péripéties avant de voir arriver après presque une décennie un cinquième album, Written in Blood.
Les Suédois ont perdu de leur superbe et de leur potentiel sur un plan purement business mais cela n’a surtout pas adoucit leurs mœurs et allégé leur propos. L’agressivité n’a pas décliné et se voit être mise en musique avec un indéniable savoir-faire. Cette puissance brute s’exprime à travers des compositions techniques, rapides et directes. Pas de quartier la machine est lancée à fond dès les premières minutes. Quelques breaks plus techniques et posés parsèment les chansons et apporte une épaisseur, une profondeur à ces chansons. L’intro lancinante d’un « The Bell of the Reaper » laisse rapidement la place à une sévère offensive qui oscille en permanence entre agressivité et mélodie. Nous ne sommes parfois pas loin d’un CHILDREN OF BODOM, les claviers et les morceaux de bravoures à la guitare en moins. Les influences black métal sont désormais de lointains souvenirs, les touches thrash ont très largement pris le dessus. Comme tant de groupes, difficile de ne pas penser à un METALLICA ou un MEGADETH lors de l’écoute de ce disque. Les compositeurs ont avant tout visé l’efficacité et la majorité des titres affichent une durée autour des quatre minutes. Le chant hurlé renforce la violence du propos mais RAISE HELL a eu la finesse de varier son propos tout au long de ces dix nouvelles chansons. Le départ en 2013 de Dennis Ekdahl n’a pas freiner l’enthousiasme renouvelé des Suédois après une décennie de silence, Sven Vormann (ex-DESTRUCTION) le nouvel arrivant, rempli parfaitement ta tâche. Rien à redire sur la production de Written in Blood enregistré en majorité à la maison, aux Raise Hell Studios en Suède avant d’être mixé par Oscar Ammer à l’Echobox Audio Production.
Written in Blood prouve que ce long hiatus n’a en rien émoussé l’envie et l’agressivité de RAISE HELL. Nous retrouvons des Suédois en grande forme et un cinquième album loin d’être aussi bourrin et monolithique que prévu. Le travail a été sérieux et appliqué et aura accouché d’un album solide.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Black Lodge – Sound Pollution / 2015
Tracklist (46:38 mn) 01. Dr. Death 02. Six Feet Under 03. Fallen Domination 04. Demon Mind 05. A Blackened Resurrection 06. The Bell of the Reaper 07. We Arise 08. Thank you God 09. In Cold Blood 10. Final Hour
Quand votre père s’avère être une des figures les plus importantes de la scène métal progressive mondiale, on peut affirmer que vous êtes tombé dedans étant petit et que votre chemin semble tout tracé. Soit vous suivez les pas du père soit vous faites l’inverse histoire de se rebeller et de se démarquer de cette imposante figure tutélaire. Tel a dû être le dilemme de Max Portnoy, le batteur du groupe et de ses petits camarades, qui à l’age de 15 ou 16 ans se lancent dans le grand bain et enregistrent ce premier opus. C’est sûr qu’avec un solide carnet d’adresse et une belle dose de talent, les choses peuvent aller assez vite.
Le groupe se présente donc sous la forme d’un quatuor avec Max Portnoy (Fils de Mike Portnoy ex-DREAM THEATER) à la batterie, Ryland Holland à la guitare, Kris Rank à la basse et Thomas au chant et aux claviers. La musique proposée laboure les terres d’un métal progressif très technique et barré, quelques chansons s’approchent des dix minutes et montre un groupe très créatif qui multiplie les digressions et les morceaux de bravoure sur un plan purement technique. Toute ressemblance avec un DREAM THEATER n’est absolument pas fortuite. La bande des quatre doit forcément s’en défendre mais le mimétisme est parfois assez impressionnant même si l’approche reste assez progressive. Mais les parties de batteries et son omniprésence, les breaks jazzy et les divers enchaînements laissent lourdement planer l’ombre de l’ex-groupe du papa. Mais ces adolescents ont grandis et évolué dans un autre monde que leurs aînés et les touches de modernité comme ce chant parfois hurlé ajoute une touche contemporaine et rappelle le succès, surtout outre-Atlantique, de la vague metalcore. Tout cela n’enlève rien au talent et au mérite des américains, il est assez naturel et compréhensible q’un premier album montre toutes les facettes du groupe et apparaisse parfois un peu hétérogène. Ils sont en train de construire leur identité et de se constituer une solide expérience. Ce sont encore des adolescents qui démontrent un talent indéniable ainsi qu’une maîtrise absolument remarquable.
A Light in the Dark offre de beaux moments même si l’impression d’écouter une version “junior” de DREAM THEATER reste prégnante tout au long de l’album. Certains penseront que notre jugement est sûrement biaisé par le pedigree d’un des membres du groupe et ils auront tord car les ressemblances sont trop évidentes pour les passer sous silence. Ce n’est pas rédibitoire mais sur la longueur de l’album cela finit par devenir un peu gênant.
Oshyrya (6,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
InsideOut Music / 2015
Tracklist (57:12 mn) 01. The Edge Of Sanity 02. You Are Not Me 03. Runaway 04. A Lonely Walk 05. Control 06. Lost 07. Social Anxiety 08. Legacy 09. Blood On My Hands