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oshy_06092015_PyogenesDrôle d’objet que ce nouvel album des allemands de PYOGENESIS. Sur la forme tout d’abord puisqu’après treize années de silence discographique (depuis She Makes Me Wish I Had A Gun), le groupe décide de remettre le couvert. A Century in the Curse of Time s’avère être leur sixième opus, pour la première fois un concept album. Le propos se déroule dans un XIXème siècle où l’avènement de la vapeur bouleverse tout et entraine des changements radicaux. Le groupe lui-même et son leader, Flo V. Schwarz, annonce un retour aux sources sur le plan musical à travers une musique plus lourde et épique.

Beaucoup considèrent les allemands comme des pionniers, l’un des inventeurs du métal gothique. Leurs derniers albums pourtant lorgnaient beaucoup plus vers un métal alternatif rapide et déjanté. A Century in the Curse of Time comporte sept chansons tournant autour des quatre / cinq minutes et se termine en apothéose par un huitième titre fleuve de plus de quatorze minutes. A l’image de cette locomotive qui orne la pochette, le disque débute sur les chapeaux de roue via une intro épique et grandiloquente avec moult lignes de chant et tempo très rapide, quasi extrême dans l’approche entre les rythmiques de guitare et la batterie. « A Love Once New Has Now Grown Old » poursuit sur la même lancée affichant de nouvelles influences presque punk dans l’esprit. Le groupe a beaucoup évolué depuis ses débuts en 1991 et conserve cet éclectisme dans sa musique. Les allemands ne sont pas là pour amuser la galerie et se donnent ici à fond. Les titres s’enchainent rapidement, avec une grande intensité et ravira sans doute les fans. Votre serviteur reste un peu moins enthousiaste, principalement à cause du chant pas toujours agréable de Flo V. Schwarz. Quand il chante ça va, quand il hurle cela passe moins bien. Le résultat s’avère souvent bourrin et pas très engageant. Chaque chanson peut prendre à contre-pied dans son approche et ses influences musicales. C’est une bonne chose dans l’absolu mais là pourtant la mayonnaise peine à prendre. Finalement c’est bien sur la dernière chanson que PYOGENESIS montre son plus beau visage et devient beaucoup plus convaincant. Très varié cette chanson s’avère être une réussite, très facile d’accès elle pourra plaire à un large public.

Votre serviteur reste partagé sur ce comeback des teutons de PYOGENESIS. Tous les ingrédients sont là et évidemment les musiciens sont doués mais A Century in the Curse of Time apparait être très hétérogène, passant du meilleur au très moyen. Difficile de trouver ces petits dans ce capharnaüm. Les fans des années 80 et du début des années 90 seront-ils au rendez-vous ? Pas si sûr car tout le monde a vieilli et évolué en presque quinze ans. Le pari n’est qu’à moitié réussi…

Oshyrya (6,5/10)

 

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AFM Records / 2015

Tracklist (48:26 mn) 01. Steam Paves Its Way (The Machine) 02. A Love Once New Has Now Grown Old 03. This Won't Last Forever 04. The Best Is Yet To Come 05. Lifeless 06. The Swan King 07. Flesh And Hair 08. A Century In The Curse Of Time

Symphony X – Underworld

oshy_06092015_SymphonJusqu’à présent, les américains de SYMPHONY X ont réalisé un quasi sans faute. Les deux premiers opus de leur discographie montrent encore un groupe à la recherche de son identité mais en quelques disques ils ont su marquer les esprits et devenir des références ultimes dans le genre du métal progressif technique et racé. Ils se font rares, ne proposant un nouvel opus que tous les quatre ou cinq ans avec certains de ces membres très actifs par ailleurs (Russell Allen surtout et un peu Michael LePond). Ayant enfin trouvé depuis près d’une décennie une stabilité du line-up, le groupe enchainent les coups de génie. Iconoclast (chronique ici) en 2011 était un très bon cru dans une veine très directe et agressive. A part les visuels, tout était très bien. Toujours mené de main de maître au niveau créatif par le guitariste Michael Romeo, nous étions impatients de découvrir le cru 2015.

Underworld débute de façon traditionnelle avec une intro instrumentale rappelant le talent de Romeo pour composer des titres majestueux bourrés d’orchestrations et de chœurs enchanteurs. Les choses sérieuses prennent leur envol dès les premières secondes de « Nevermore », chanson surpuissante et d’une effrayante efficacité dans la plus pure tradition SYMPHONY X. Vous trouverez avec délice les rythmiques complexes et virevoltantes de Romeo, ce côté super mélodique des claviers, une section rythmiques imparable et le chant d’un Russell Allen à son meilleur. Quelques claques, un évident futur classique du groupe aux côté des « Sea of Lies » ou « Serpents Kiss ». Les soli arrachent tout comme d’habitude… Cela n’étonnera personne que ce titre devienne le premier single extrait du disque. La grosse baffe ! La patte SYMPHONY X est reconnaissable entre mille, souvent copié jamais véritablement égalé, un peu à l’image d’un DREAM THEATER.

Comme sur Iconoclast et Paradise Lost, SYMPHONY X a choisi de poursuivre sur cette voix du’un métal progressif sanglant et agressif. Nous sommes loin de l’orgasme progressif d’un V : The Mythology Suite. A notre grand bonheur, les américains excellent dans les deux exercices mais nous aimerions quand même bien retrouvé un long album concept faisant aussi la part belle aux longues compositions à la fois belles et complexes. « Underworld » enfonce le clou endiablé de la chanson précédente et personne ne pourra s’empêcher de secouer la tête et de taper du pied. Michael Pinella rappelle à tous qu’il est des meilleurs claviéristes de sa génération, discret mais toujours impressionnant de maîtrise et de justesse. A l’image des deux masques qui apparaissent sur cette pochette et symbolisent le groupe depuis ses débuts, après ces offensives, l’auditeur reprendra son souffle avec un « Without You » plus lent et posé. Mais cette très belle chanson au refrain super catchy ne fait pas retomber la pression et l’enthousiasme demeure intacte. Les clins d’œil à des chansons célèbres du groupe parsèment l’album ici et là et ravira les fans. Ainsi, de suite deux compositions rapides succèdent à un titre plus lent évitant ainsi la lassitude et renouvelant sans cesse l’intérêt de l’auditeur.

De « Run with the Devil » dont l’intro rappelle un peu DREAM THEATER au propos plus doux d’un « Swansong », SYMPHONY X continue de briller de mille feux et reste plus que jamais un des leaders de cette scène métal progressive. Le son est top, à la fois limpide et ultra tranchant, les américains savent y faire. La pochette est plus simple et sobre que dans le passé mais cela passe bien mieux que sur Iconoclast, même si l’artiste reste le même. SYMPHONY X reste un phare rassurant, un étalon qui permet de jauger tous ses concurrents. Et peu parvienne à effleurer ne serait-ce que sa cheville. Un très très bon disque, l’un des tous meilleurs de 2015, sans aucun doute.

Oshyrya (9,5/10)

 

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Nuclear Blast / 2015

Tracklist (64:01 mn) 01. Overture 02. Nevermore 03. Underworld 04. Without You 05. Kiss Of Fire 06. Charon 07. To Hell And Back 08. In My Darkest Hour 09. Run With The Devil 10. Swansong 11. Legend

oshy_31082015_Luc_Turil_RhapsodJusqu’à présent, le guitariste italien Luca Turilli a réalisé un quasi sans faute. A part son projet DREAMQUEST qui ne cassait pas toujours trois pattes à un canard, il a su tout au long de ces années exprimer tout son talent et enchainer les supers albums en solo ou avec RHAPSODY. En 2012, il frappe un grand coup avec un Ascending to Infinity (chronique ici) magistral, écrasant au passage les concurrents de RHAPSODY OF FIRE et leur très moyen Dark Wings Of Steel (chronique ). Turilli avait su montrer que la magie du groupe reposait beaucoup sur ses épaules et qu’il avait su faire les bons choix en s’entourant de musiciens talentueux. En particulier Alessandro Conti au chant avait impressionné plus d’un observateur. Restait donc à bonifier l’essai et enfoncer encore le clou avec un deuxième opus que voici, Prometheus Symphonia Ignis Divinus.

Tout débute sous les meilleurs auspices avec un très belle pochette et un digipak soigné. Comme son prédécesseur, un intro très bande originale de film, avec voix off, et grandes envolées accueille l’auditeur et leur permet de s’immerger dans l’univers ambitieux du groupe. On attend la suite avec impatience. La suite s’appelle « Il Cigno Nero » une chanson assez bizarre, très joyeuse, rapide et presque dansante qui ferait des merveilles en interludes au milieu de l’album mais en ouverture nous aurions préféré une composition puissante et éclatante à l’image d’un « Ascending To Infinity » sur l’opus précédent. La chanson est loin d’être mauvaise mais on dirait plus FREEDOM CALL que RHAPSODY. Le chant en italien passe sans souci et Conti continue d’assurer avec une classe immense. On se dit alors que ce n’est qu’un faux départ et que les choses sérieuses arrivent avec ce « Rosenkreuz (The Rose And The Cross) » plus direct et rendre dedans. Nouvelle (petite) déception avec un titre encore une fois très correct mais sans la magie et l’étincelle des grandes chansons hyper attrayantes, rapides et épiques auxquelles nous avaient habituées Turilli. Et ainsi de suite sur quasiment tout l’album. Avec le recul, Prometheus Symphonia Ignis Divinus laisse un drôle de goût dans la bouche, un sentiment d’inachevé et d’une certaine lenteur. Presque aucune chanson ne décolle vraiment et ne créera l’enthousiasme comme « Dark Fate Of Atlantis » ou « Clash Of The Titans » avaient su le faire en 2012.

Attention l’album reste agréable bien souvent mais la déception domine quand même nettement. Il manque les tubes imparables qui ont (presque) toujours fait le charme de RHAPSODY. Que toutes les chansons ne soient pas géniales ok mais quelques pépites pouvaient emmener l’album vers les sommets. Ces gemmes manquent ici nettement à l’appel. Les chœurs restent toujours riches et bien construits, les orchestrations impressionnent ainsi que la performance de chacun des musiciens mais nous sommes loin de l’orgasme power métal symphonique d’un Ascending to Infinity qui écrasait tout sur son passage. Turilli nous a habitués à être au sommet et nous sommes alors devenus exigeants envers lui. Les tubes métal imparables sont cruellement absents de Prometheus Symphonia Ignis Divinus. Comme d’habitude nous avons au plat de résistance, un titre fleuve de plus de dix-huit minutes. Pas de défaut majeur même si encore une fois vous ne trouverez pas de quoi pavoiser.

Tous les ingrédients sont là et pourtant la mayonnaise ne prend pas et nous avons un joli plat devant nous alors que nous espérions atteindre les sommets de l’art culinaire. Techniquement rien à redire mais l’aspect cinématographique a encore eté poussé en défaveur de l’aspect Power Métal catchy et enthousiasmant. Nous sommes ici orphelins de hits à même de mettre le feu au public lors de la tournée à venir. Turilli ferait bien de largement piocher dans son premier opus histoire de faire vibrer ses fans. Nous espérions du foie-gras et nous n’avons affaire qu’à un bon pâté de canard. Si l’étiquette avait été tout autre nous aurions été satisfaits mais là, la déception l’emporte.

Oshyrya (07/10)

 

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Nuclear Blast Records / 2015

Tracklist (74:15 mn) 01. Nova Genesis (Ad Splendorem Angeli Triumphantis) 02. Il Cigno Nero 03. Rosenkreuz (The Rose And The Cross) 04. Anahata 05. Il Tempo Degli Dei 06. One Ring To Rule Them All 07. Notturno 08. Prometheus 09. King Solomon And The 72 Names Of God 10. Yggdrasil 11. Of Michael The Archangel And Lucifer’s Fall Part II: Codex Nemesis I. Codex Nemesis Alpha Omega II. Symphonia Ignis Divinus (The Quantum Gate Revealed) III. The Astral Convergence IV. The Divine Fire Of The Archangel V. Of Psyche And Archetypes (System Overloaded) Digipak Bonus: 12.Thundersteel (Cinematic Version)