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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs ORAKLE ? Cinq années de silence discographique c’est long, que s’est-il passé ?

Frederic A. Gervais : Alors la création du groupe a eu lieu dans les années 90, donc depuis assez longtemps, avec Pierre (Pierre "Clevdh" Pethe) le batteur qui est également resté depuis nos débuts et moi-même. Nous étions alors des adolescents et donc il y avait forcément une grosse période de découverte des instruments. Nous avons proposé quelques cassettes mais le premier véritable EP des premières compositions qui s’appelle L’ineffable émoi sorti en 2002. Déjà tous les textes étaient en français et nous avons tenu cette ligne jusqu’à présent.

En 2005, premier album, Uni aux Cimes, comme l’EP dans un style black puissant là où le premier était plus du black atmosphérique avec beaucoup d’éléments très calme, le disque suivant était beaucoup plus massif. En 2008, second opus, Tourments & Perdition, là aussi dans une tendance black un peu symphonique avec déjà pas mal d’éléments progressifs à l’époque. Et donc là, le nouvel album, Eclats, qui sort en 2015 soit sept ans après le précédent. Gros délai on peut le dire.

 

02. Alors tu me tends la perche, donc pourquoi ces longues années de silence ?

En réalité nous avons donné des concerts jusqu’à mi-2009 environ. C’est à partir de 2010 que nous nous sommes remis à composer dans notre grotte. Il y a eu de nombreux événements : nous sommes lents c’est vrai, cela nous caractérise, nous essayons d’aller vers une musique assez recherchée et aboutie et nous sommes très perfectionnistes. Raisons de line-up aussi car dès 2010 nous nous sommes retrouvés à trois car l’un des guitaristes qui a lâché complétement la musique.

Donc là, moi j’avais pris la guitare. Donc c’est vrai que j’ai toujours composé la majorité de la musique au sein d’ORAKLE mais même en répétition je prenais la guitare en délaissant complétement le chant et la basse que je pratique en concert. En plus de cela, une volonté d’emmener la musique ailleurs, d’expérimenter et de laisser mâturer le son, cela prend du temps surtout quand tu as déjà fait deux albums selon certains codes et qu’il est toujours difficile de sortir ainsi de sa zone de confort. Nous voulions évacuer cela, faire vivre une musique contemporaine. Et enfin les aléas de la vie d’un groupe amateurs, les galères et les joies de la vie, avoir une famille, j’ai eu une petite fille en 2013.

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03. Si vous deviez résumer le groupe et sa philosophie en trois mots et pourquoi ?

Profondeur : au sein de creuser, cette volonté musicale et au niveau des textes d’aller au plus loin de nos limites avec nos instruments, réflexion dans les textes.

Ouverture : en particulier sur ce nouvel album, nous avons toujours été un groupe ouvert à d’autres styles, une volonté d’expérimenter.

Curieux : cela nous caractérise, nous aimons découvrir et assimiler de nouvelles choses.

 

04. J’ai pu lire sur votre site “Recorded and mixed by Fréderic A. Gervais at Henosis Studio (Bois d'Arcy, France) / 2012-2014”. Donc l’enregistrement s’est étalé sur deux années ?

Oui les soucis de line-up mentionnées précédemment faisaient que nous nous pouvions plus travailler qu’à trois, un batteur Pierre, moi, et un autre guitariste. Nous avons mis deux ans et demi à finaliser les morceaux de 2010 à l’été 2012, Dès qu’ils ont été terminés en termes d’architecture, capacité à les jouer d’un point A à un point B, nous avons commencé à enregistrer la batterie et les guitares selon le planning et les contraintes de boulot de chacun sauf que ni le chant, ni la basse ni les claviers n’étaient composés j’ai dû mis mettre et bosser sur chacun de ces éléments l’un après l’autre.

Nous à sommes deux à écrire les textes et sur les miens j’ai passé énormément de temps. J’ai voulu aussi creuser beaucoup de choses. Tout se déroulant dans mon studio, que je veux être un lieu facilement accessible, j’ai pu expérimenter et superposer les éléments au fur et à mesure de leur composition. Pour les albums précédents, nous étions plus sur un schéma classique où tout était finalisé, fignolé avant pour ensuite rentrer en studio deux semaines, un mois, et graver tout cela dans le marbre.

Pour Eclats, le processus fut incrémental, élément par élément. Agir ainsi est dangereux car tu peux vraiment te perdre, ne jamais parvenir à finir les morceaux. Mais là nous la situation était lié à la situation du groupe. Le schéma traditionnel ne fonctionnait pas.

 

05. Comment s’opère la magie au sein du groupe et nait une nouvelle chanson ? Quelle est la dynamique interne ?

Pratiquer des jams ne fonctionne pas vraiment chez nous, et ceci depuis le début, car comme nous avons une musique riche, rien que les conditions parfois des répétitions avec un son pas forcément optimal n’aident pas. Je suis personnellement plus favorable à une écriture introspective en solitaire. En étant ainsi au calme, nous sommes dans les meilleures conditions pour composer et amener des idées. Ensuite cela n’empêche pas que cela mute, évolue et se transforme en répétition à partie de cette base.

En pratique, c’est souvent moi qui écris une grosse partie de la musique mais sous différentes formes. Parfois ce sont des riffs enregistrés à l’unité ou parfois le squelette est plus construit avec des enchainements de riffs. Je les donne alors à chacun pour qu’ils s’en imprègnent et parfois Pierre me dit tient cela me rappelle tel riff… Je produis de la matière brute qui ensuite et retravaillée et polie ensemble. Maintenant ma situation a changé puisque l’année dernière j’ai quitté mon job à plein temps et je vais me consacrer à cette activité d’enregistrement. Avant mon studio n’était pas ouvert aux autres, il était dédié à mes projets et à ORAKLE. Et donc je bossais quand je le pouvais d’où les sept années précédemment évoquées.

Je travaillais de nuit, quand j’avais un peu d’énergie, entre 1h et 3/4 heure. Donc je donne des cours de guitares et je développe l’activité du Studio Henosis. Il y a un Facebook dédié. Je fais des enregistrements mais aussi du mixage.

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06. Comme tu le disais la musique du groupe s’assagit passant d’un black à des ambiances beaucoup atmosphériques. Comment expliquer cette évolution ?

Déjà cela se sentait dans nos précédents opus qui n’étaient pas 100% black pur et dur. On vieillit oui et pourtant sur cet album, et ce n’est pas ce que les gens ressentent, nous écrit certaines des parties les plus extrêmes jamais proposées. Sur « Incomplétude(s) » par exemple, tu trouveras ce côté chaotique, avec des dissonances ou des sons typiquement black comme à la batterie par exemple. L’extrême est bien présent mais ce qui change c’est bien que nous sommes de moins en moins exclusifs. C’était bien cela notre démarche au moment de recommencer à composer.

Nous ne sommes pas en train de remplir un questionnaire, à cocher toutes les cases de tel ou tel genre. Là nous n’avons rien coché, nous partons d’une base métal car c’est notre culture mais nous y ajoutons de nombreux éléments, du black oui mais pas que. Réussir ce grand écart entre extrême et mélodique, rock prog, pop… Nous avons beaucoup été comparé à ACTURUS sans que je comprenne vraiment pourquoi. A nos débuts pourquoi pas avec cette empreinte black omniprésente. Surtout que ce groupe a montré tellement de visages que oui c’est un groupe que nous avons écouté avec Pierre et apprécié depuis longtemps.

Nous ne cachons pas cette influence. Les trois premiers albums d’ARCTURUS ont beaucoup tourné chez nous, l’avant-dernier par contre ne m’avait pas du tout plu. Et je n’ai pas encore écouté le tout dernier récemment sorti. Nous n’avons pas de modèle absolu.

 

07. Comprends-tu la démarche d’un OPETH passant du black au rock prog des années 70 ou l’évolution d’un ANATHEMA ?

Je trouve cela normal et l’inverse et plutôt, je ne veux pas dire inquiétant, mais c’est vrai que certains groupes très respectables continuent de faire la même musique depuis des décennies. Donc oui je comprends de telles métamorphoses, qui sont parfois assez radicales. Pierre et moi nous sommes fan depuis bien longtemps d’ULVER qui pour le coup a tout changé du sol ou plafond.

L’alternative peut-être de changer le nom du groupe avec ta nouvelle identité mais c’est toujours difficile. OPETH la révolution n’a pas eu lieu du jour au lendemain, ils ont toujours eu ces éléments progressifs dans leur musique. Je trouve cela sain si tu sens que tes goûts te portent ailleurs. Aucune loi n’impose des carcans de ce type. Nous ne nous interdisons rien.

 

08. Vos paroles sont très complexes et recherchées, pas de dragons ici. Comment travaillez-vous cet aspect-là ?

Oui nous faisons un gros travail sur les textes et ils sont bien souvent très personnels. Cela fait longtemps que nous sommes des lecteurs de Nietzsche et en particulier Pierre qui a fait des études de philosophie. Il a bossé pour son mémoire sur cet écrivain et donc a appris à bien le connaître. Et nous échangeons beaucoup entre nous. Pour ce disque, j’ai beaucoup lu et donc été grandement influencé par l’œuvre de George Bataille. Cette œuvre est tellement vaste que j’ai essayé d’aller au bout du tuc en lisant presque tout.

Pierre et moi nous nous connaissons depuis très longtemps, très bien, et donc nous parlons énormément et échangeons sur des idées, nos lectures du moment. Et nous ne sommes pas toujours d’accord et tu trouveras donc sur Eclats différentes perspectives sur un même thème. Nous pouvons avoir une autre réponse. Et ce processus ce fait vraiment de manière découplée par rapport à la musique.

 

09. Le chant en français fut-il une évidence, pas de limitation commerciale ?

Nous avions besoin d’un haut niveau de langue pour pouvoir creuser et exprimer nos idées sur parfois des concepts et des thèmes très difficiles. Ce n’est déjà pas aisé dans ta langue maternelle alors si nous devions passer par des traductions vers l’anglais par exemple, le message pourrait-être brouillé. Le choix se fait aussi eu niveau des sonorités, ce n’est pas simple de faire sonner correctement le français. L’anglais est moins heurté et cela passe mieux. Cela nous limite commercialement peut-être mais cela fait partie de notre identité.

Et puis je n’en suis même pas certains, beaucoup de fans écoutent des groupes s’exprimant en russe, suédois ou allemand et cela n’empêche pas la diffusion et le succès. Les critiques viennent en fait de France et moins de l’étranger.

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10. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ? (sculpture de Robert Le Lagadec)

Pierre habite à quelques pas du jardin ou expose l’artiste Pierre Le Lagadec et donc connaissait ses œuvres. C’est un artiste atypique décidé en 2002. Nous avons rencontré sa femme et son fils qui laissent accessible le jardin ou il créait ses statues. Le type était torturé et amateur donc il s’enfermait, sa femme nous racontait, lançait ses outils de chauffe et créait en déformant le métal… Des sortes de demi-dieux, c’était un passionné de mythologie. Pierre avait déjà pris des clichés dans le passé du travail de l’artiste et en les regardant il nous les a proposés.

Et cela a fait tilt, cela correspondait au contenu des textes, à la tension qui parcourt l’album. Elles sont ancrées dans le sol et s’élèvent vers le ciel. Cella là elle fait 4/5 m de hauteur. Elle n’est pas dans le jardin, l’artiste l’a donnée à une ville voisine qui l’a faite installée dans un collège. Et nous sommes allées voir la veuve et le fils très simplement, directement via Pierre qui avait déjà rencontré Mme Le Lagadec. Ils ont été très accueillants et veulent faire vivre les œuvres de l’artiste disparu. Ils ont trouvé notre démarche intéressante avec nos textes…

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Je dire une chanson très longue avec plein de chose dedans, PINK FLOYD avec « Atom Heart Mother ».

 

02. Premier album acheté?

Michael Jackson

 

03. Dernier album acheté ?

Les derniers SOLEFALD et DØDHEIMSGARD, A Umbra Omega

 

04. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

J’étais un gros fan de METALLICA à partir de 13 ou 14 ans. Mon frère était allé au concert à l’hippodrome de Vincennes.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Pouvez-vous présenter à nos lecteurs SHUFFLE ?

Nous faisons du rock alternatif aux multiplies influences nous ne voulons pas nous limiter. Dans cela va du hip hip à une approche parfois jazz, pop, rock alternatif, progressif. Si nous devions citer des groupes nous pourrions dire DEFTONES, INCUBUS, un peu LIMP BIZKIT, en fait nous sommes assez branchés par la vague fusion en Californie dans les années 90. Il faut également ajouter dans nos influences communes tout ce qui est prog comme PORCUPINE TREE o use genre de groupe. Notre objectif est de pouvoir mélanger toutes ces influences, c’est un peu le grand écart, assez difficile à définir. C’est un gros mix de tout cela.

 

02. Si vous deviez résumer le groupe et sa philosophie ne trois mots et pourquoi ?

Bande de potes / amis

Passion

Rock n’Roll

 

03. Quel est votre état d’esprit un mois après la sortie d’Upon the Hill, quels sentiments dominent sur ce disque avec le recul ?

Nous sommes très fiers et très contents de ce que nous avons fait. Que ce soit enfin sorti et en plus nous avons reçu beaucoup de retours positifs, des médias ou des gens qui nous suivent depuis le début, des nouveau fans. Nous sommes heureux de pouvoir toucher tout le monde, nous n’évoluons pas dans une niche et donc notre grand-mère peut écouter le Cd… Oui il y a un certain soulagement mais en fait tu te rends compte que ce n’est jamais terminé, avec désormais la période des concerts qui s’ouvrent devant nous.

Quand tu es en studio tu te dis que vivement que le disque sorte et que cette partie-là soit terminée mais cela ne reste que la première pierre de l’édifice, ce n’est que le début, et il reste encore tout à construire. Mais le sentiment qui prédomine c’est la satisfaction. Nous avons énormément travaillé sur cet album pendant deux ans, nous avons fait beaucoup de pré-production chez nous ce qui fait que le résultat final reste maîtrisé mais à la réécoute, après plusieurs semaines, tu te dit toujours que tu aurais pu faire autrement ceci ou cela. Mais le sentiment est bien moins fort cette fois-ci par rapport à notre premier EP, où là nous étions beaucoup moins bien expérimentés, nous savions alors moins vers où nous voulions aller.

Là, nous savions exactement ce que nous voulions à tel ou tel endroit, un travail très préparé à l’avance et très réfléchi. Grâce à la pré-production, nous sommes arrivés en studio en sachant exactement ce que nous allions faire. Un grande partie du champ des possibles avait été balayé en amont. Ne pas perdre du temps et faire sonner cela exactement comme nous l’entendions. Nous avons toujours agi ainsi depuis nos débuts, nous nous enregistrions alors avec nos téléphones portables… Cela nous a paru naturel et cela représente en plus une grosse économie de temps et d’énergie.

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04. Comment s’opère la magie au sein du groupe et nait une nouvelle chanson ? Quelle est la dynamique interne ?

Et bien souvent Jordan notre guitariste chanteur amène des paroles ou une idée de mélodie pour différents instruments et là différents méthodes existent. Soit on va tous rebondir et construire à partir de ces idées lors de jam par exemple. Dans tous les cas cette idée de base est toujours retravaillée tous ensemble pour que chacun y mette sa patte et puisse se l’approprier. Cela peut prendre pas mal de temps, cela reste assez variable. Nous avons l’habitude de faire pas mal de version d’un même morceau, de construire des versions alternatives et pour certaine nous avons travaillées sur presque cinquante versions avant d’être vraiment contents et d’avoir trouvé le bon équilibre, en tout cas celui qui nous plait.

Parfois cela restait très rock et assez simple et après l’avoir joué en concert, on s’est dit qu’il manquait quelques chose, de l’épaisseur et nous l’avons retravaillée. Cela ressemblait trop à ce que nous faisions par ailleurs et bref nous voulions lui casser le gueule et tout chambouler. Jordan est vraiment le compositeur du groupe mais après y met sa patte et on se limite pas à nos instruments car nous avons tous plusieurs cordes à notre arc. Cela dépend chaque fois, chaque situation est différente pour telle ou telle chanson. Nous avons une vraie cohésion de groupe.

 

05. Au niveau des paroles quel message, comment cela se passe ?

Jordan s‘est charge également. Au début nous avons vraiment essayé de faire cela en commun tous ensemble mais rapidement nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas simple. Le chanteur doit croire et comprendre complétement les paroles qui doivent lui ressembler puisque c’est lui qui les chante et doit leur insuffler une âme. Tous les thèmes abordés nous parlent et il y a toujours une certaine validation au niveau du groupe pour que chacun s’y reconnaisse aussi mais si nous ne contribuons pas directement au processus d’écriture. Et puis nous lui faisons totalement confiance, pas de problème. Cela se fait au feeling.

 

06. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement d’Upon the Hill ? Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à Desert Burst ?

Pour Desert Burst nous étions plus jeune, c’était notre première fois en studio et nous ne savions pas vraiment ce que nous voulions ni où nous allions. Nous n’avons de méthode particulière en studio, nous avons essayé plein de choses, parfois d’enregistrer piste par piste, des fois en live… Nous avons bien sûr beaucoup appris de nos erreurs, des choses qu’ils n’auraient pas fallu faire autrement sur l’EP pour corriger le tir sur l’album. Nous avons quand même pris deux ans pour mener à bien le projet de cet album. Nous ne voulions pas non plus prendre trop de temps mais suffisamment pour faire bien les choses.

Le prochain opus est déjà en chantier. Nous avons la chance d’avoir écrit pas mal de chansons depuis le début du groupe. Pour cet album-là par exemple nous avions une petite trentaine de morceaux qui ont été secoués et remaniés profondément pour certains. Donc pour que tout soit cohérent nous avons fait une grosse sélection des morceaux et ensuite des versions de ces chansons. En fait le processus de création n’est pas si réfléchi que ça. Cela dépend de l’humeur… Aujourd’hui il faut beau et donc nous allons travailler un morceau de tel style… Il n’y a pas de règle.

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07. Pourquoi avoir fait le choix du crowfunding pour sortir cet album ? Est-ce l’avenir du music business ?

Oui en premier nous avions besoin de sous mais le but de l’opération visait aussi plus haut. Cela nous a permis d’utiliser cet outil pour impliquer dans ce projet notre base de fan mais aussi des gens extérieurs qui ont pu nous découvrir grâce à cela. Cela donne plus de poids à la contribution des personnes à se dire qu’elles ont participé à l’aventure. Et tout simplement les impliquer dans le projet. Et est-ce l’avenir ? Je le pense vraiment car tout le monde sait qu’il n’y a plus d’argent dans l’industrie musicale. Cela signifie se débrouiller par nous-même et cette indépendance est notre force. C’est l’avenir au même titre que le co-voiturage ou tous les systèmes de partage, recentré sur le local, de particulier à particulier.

 

08. Pourquoi avoir fait le choix d’enregistré aux Studio Soyuz et Studio 180 à Paris par Arnaud Bascuñana (DEPORTIVO, LUKE, NO ONE IS INNOCENT…) ?

En fait deux studios car nous avons fait cela en deux sessions. La première au studio Soyuz en janvier 2014 sur une semaine. Et nous avions besoin de son rapidement, trois titres, afin de pouvoir démarcher labels, tourneurs… et il fallait pouvoir leur fournir quelque chose. Nous voulions profiter du contexte qui nous semblait favorable. Et après les premiers bons retours, nous avons calé une deuxième session au Studio 180 en octobre 2014. Depuis l’EP, le groupe avait aussi évolué et nous voulions atteindre un autre niveau, son, production… Et cela ne convenait donc pas à l’image que nous voulions donner en 2014 pour démarcher et nous faire connaître. Nous rejouons certaines chansons en live mais retravaillées, avec plus de pêche…

La deuxième session s’est étalée sur deux semaines environs. Avec des jours réservés pour certains instruments, deux ou trois jours la batterie… Nous voulions le son le plus direct et naturel possible. Le choix d’Arnaud est un peu un hasard, nous ne savons pas trop pourquoi d’ailleurs. Nous avons eu un premier rendez-vous Skype et le feeling est passé tout de suite je crois. Et c’est surtout cela qui nous a mis en confiance. Nous cherchions l’aventure humaine aussi et nous écoutons la même musique, nous sommes tous geeks du matos et des instruments et la journée est passée super vite, on était potes sans le savoir. Il a apporté sa méthode de travail. Nous cherchions aussi avec luio le ros son californien et nous en sommes su coup très contents. Donc pour la suite sans doute avec lui, on se connait et donc on pourrait bosser mieux et plus rapidement.

 

09. Qu’avez-vous appris lors de cette centaine de concerts (SHAKA PONK, DIRTY LOOPS…) ?

Oui nous avons appris à leur contact en particulier SHAKA PONK. Nous avons aimé cette façon de tout gérer et prendre en charge eux-mêmes, cela nous a fait réagir et nous a inspiré. Au niveau musical beaucoup moins car ce n’est pas notre style, nous ne sommes pas inspirés par des groupes français, nos envies viennent de l’étranger.

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10. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ?

Déjà c’est loin d’être un exercice facile. Représenter par une image notre musique. Et en fait c’est nous qui l’avons fait nous-mêmes. Je suis infographiste et c’est ma copine qui a dessiné certains éléments. Donc cela s’est fait à la maison, tous ensembles, derrière l’ordinateur, en plusieurs étapes. Il y a quand même une réflexion derrière ce visuel, cela reflète nos paroles, ce regard sur le monde pas franchement beau avec cet avant plan triste, rocailleux, mais avec quand même une note d’espoir avec la vie qui reprend ses droits. Nous voulions faire passer cette idée et cela nous sommes satisfaits.

 

11. Comment voyez-vous la scène métal française vue du Mans ?

Au Mans il existe une scène métal assez présente en fait. En ce moment c’est mieux mais pendant longtemps nous n’avions plus de salle ou de lieu pour développer et faire connaître ces groupes. La scène est riche et variée. Et il y avait le Fury Fest qui est devenu le Hellfest qui était chez nous avant.

 

12. Quels sont vos espoirs et attentes pour SHUFFLE ?

Et bien tourner le plus possible et pouvoir proposer le maximum de clips et de promo au groupe pour faire connaître cet album. On a sorti un clip pas longtemps et nous avons le projet d’un autre. Une tournée en Allemagne à l’automne qui est sur les rails à confirmer. Nous rêvons de l’Australie, des Etats-Unis… Nous voulions tourner outre-Manche mais c’est tombé pendant les JO de Londres donc c’était pas évident. Donc consulter le site ou la page Facebook !

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Under Pressure » de QUEEN et David Bowie

« Walking of the Moon » de THE POLICE

 

2. Premier album acheté?

American Idiot de GREEN DAY

Hybrid Theory de LINKIN PARK

 

3. Dernier album acheté ?

On passe par Spotify donc on achète peu…

Le dernier ANIMAL AS LEADERS, un truc que je n’avais jamais entendu, une énorme claque…

Moi le dernier (hәd)p.e.

 

04. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

Moi mon beau-père avait un studio d’enregistrement et il était batteur donc j’ai baigné là-dedans depuis que je suis petit. J’avais une batterie à disposition.

Moi dans ma famille tout le monde, mes parents, jouait de ma musique et donc nous avions des instruments à disposition et du matériel donc cela s’est fait naturellement.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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Royal Quest – The Tale Of Man

oshy_31072015_Roya_QuesROYAL QUEST est un projet né en 1998 à Athènes quand Yannis Androulakakis (guitares / chant) et Dennis Bekatoros (basse) décident de mettre en commun leurs idées et concepts. Une première démo voit le jour en 1999 et les décident à travailler sur un concept album basé sur l’Eternal Champion de Michael Moorcock. Entre temps les deux compères recrutent des camarades de jeu pour participer à divers festivals en Grèce. Le temps passe et le travail continue pour venir à bout de ce projet. Les divers obstacles rencontrés sur leur route finissent par venir à bout de la bonne entente et à la séparation. En janvier 2010, Yannis prend la décision de produire lui-même l’album. Il repend tout depuis le début et en 2014 il met un point final au mixage du disque avant d’en confier le mastering à Mika Jussila aux Finnvox Studios.

Selon son géniteur, The Tale Of Man est un opéra métal avec l’intervention de quatre personnages tout au long de l’album : l'homme, Cassandre, le Seigneur de la Loi et le Seigneur du Chaos. L’album est construit en quatorze mouvements parmi lesquels quelques interludes servent à faire progresser la narration. Musicalement parlant, il s’agit d’un métal épique et symphonique avec moult orchestrations et claviers en plus qui enrichissent les lignes mélodiques des guitares. Difficile de ne pas penser à l’école italienne, que soit RHAPSODY, SKYLARK ou encore ANCIENT BARDS pour n’en citer que quelques-uns. Difficile aussi de ne pas voir rapidement planer au-dessus de cet album l’ombre d’un SYMPHONY X période V:The New Mythology Suite. Enfin planer c’est pour ne pas être méprisant vis-à-vis de ROYAL QUEST tant les américains écrasent de la tête et des épaules les grecs. Loin de nous l’idée de jeter la pierre à Androulakakis qui a fait de son mieux et mérite tout notre respect pour avoir composé ce disque et mené à bien cette aventure malgré bien des écueils. Maintenant en qualité pure, cela se rapproche dans la démarche et dans le son des Divine Gates I et II des transalpins de SKYLARK. Quelques mélodies et chansons font mouche mais le son et la production reste un peu amateur et ne sont pas au niveau des meilleurs standards européens. Ce n’est pas une catastrophe mais nous aurions pu espérer mieux (même si ROYAL QUEST doit faire avec les moyens du bord). Plusieurs chanteurs se partagent le travail et les différents personnages.

Chacun trouvera ici du bon et du très poussif, dommage que ce manque de cohérence ne finisse par desservir The Tale Of Man. Mais l’essentiel n’est peut-être pas là. Androulakakis a pu terminer cet album après bien des efforts et montre un joli potentiel de compositeur. Ce disque fera office de belle carte de visite et lui permettra sans doute de se faire un nom dans son pays et plus largement en Europe. La suite est déjà dans les tuyaux puisque Androulakakis a été sélectionné pour être l’un des arrangeurs du Vivaldi Metal Project lancé par Mistheria (Bruce Dickinson, Rob Rock, Roy Z) et Alberto Rigoni (solo, TWINSPIRITS). Une affaire à suivre.

Oshyrya (06/10)

 

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Auto-production / 2015

Tracklist (67:31 mn) 01.Intro 02. Rising Empire 03. Days of War (Intro) 04. Days of War 05. The Reign of Law 06. In the Name of Man 07. Dark Ages 08. Dark Lord’s Words 09. The Cave of the Dead 10. Moonstone 11. The Realm of Chaos, Part I: The Encounter 12. The Realm of Chaos, Part II: The Prayer 13. The Realm of Chaos, Part III: Umbralith 14. The Last Scenes