Incroyable, c’est quoi ce truc ? Alors qu’il semble être très connu outre-Rhin, notre ami SKI-KING, un musicien américain vivant en Allemagne est un illustre inconnu de la ce côté-là de la Forêt Noire. Le monsieur semble être un sacré colosse, tatoué de partout, qui mène une carrière solo ainsi que trois groupes l’un dans la Country, (SKI’S COUNTRY THRASH), le suivant dans une veine rock gothique (BELOVED ENEMY) et le dernier dans un style rock des années 50 (SKI-KING AND THE WONDERBRAS). Bien qu’il évolue sur les planches depuis longtemps, les récents succès des danois de VOLBEAT n’ont pu que donner un coup d’accélérateur à son carrière.
Après une sortie en Allemagne, le voici qui se présente à nous via ce Sketchbook III: New Horizons qui nous propose vingt reprises de divers tubes rock dans une veine folk rock / country. De nombreux styles sont passés en revue, PINK FLOYD, CCR, RADIOHEAD, IRON MAIDEN, VOLBEAT, MOTÖRHEAD ou encore Bob Dylan. Avec sa voix entre Elvis Presley et Eddy Mitchell, Ski-King donne un autre visage à ces classiques. JE ne dis pas que vous écouterez en boucle ce disque pendant les vingt prochaines années mais écoutez ces versions alternatives du « Number of the Beast » ou du « Wish You Were Here » passées à la moulinette folk rock / country s’avère un exercice amusant au moins une ou deux fois. Ce fut un peu la même chose lors des débuts d’APOCALYPTICA. On reconnait bien ces chansons cultes et cela peut servir de jeu pour votre prochaine soirée entre amis. En dehors de cela, le trip perd vite de son charme et l’album risque de prendre la poussière sur votre étagère.
Dans le contexte allemand d’un gros festival comme le Wacken, SKI-KING pourrait faire un malheur en apportant une certaine variété et un sourire entre deux concerts de groupes sérieux. Ajoutez à cela quatre grammes d’alcool dans le sang et cela passe tout seul. A la maison, à jeun, le charme se dissipe rapidement. Prenons cela comme un amusant potache, difficile d’en espérer plus…
Oshyrya (05/10)
Facebook Officiel: https://www.facebook.com/The.Mighty.Ski.King
Rodeostar – SPV / 2015
Tracklist (71:52 mn) 01. Intro 02. Have You Ever Seen The Rain 03. Unkown Stuntman 04. My Little Girl 05. The Number Of The Beast 06. Death Is Not The End 07. Red Light 08. Hallelujah 09. Still Counting 10. Tears In Heaven 11. Stand By Me 12. Stone In My Hand 13. Summer Wine 14. Creep 15. Thunder 16. 51st State Of America 17. Wish You Were Here 18. Some Velvet Morning (Bonus Ltd Box) 19. Christine (Bonus Ltd Box) 20. If You Could Read My Mind ((Bonus Ltd Box)
Drôle d’histoire entourant la genèse de ce huitième album des allemands de MONO INC. Notons d’abord qu’ils bossent assez vite puisqu’ils publient un nouvel opus tous les deux ans environs avec un livre également l’année dernière. Mais ils ont bien raison de battre le fer tant qu’il est chaud puisque leurs deux derniers disques After The War et Nimmermehr (chronique ici) ont tous les deux atteints le top 10 des charts outre-Rhin.
Après leur premier concert outre-Atlantique, le quatuor s’est accordé cinq jours de détente dans un ranch dans le Rio Grande, les grands espaces et la solitude avec moins de deux habitants au km². Terlingua n’est autre que le nom d’un minuscule patelin dans l’Ouest Texas qui a marqué de son emprunte ce disque. Cette magie aura eu besoin de six mois pour instiller une nouvelle envie chez ces musiciens, envie qu’ils ont couchée sur bande dans leur studio à travers ces treize chansons.
Cette jolie petite histoire est intéressante et surement vraie mais cela n’a pas fondamentalement changé l’approche et l’orientation artistique de MONO INC. Nous sommes bien en présence d’un rock alternatif très accessible mâtiné d’electro, doux et sucré, calibré pour faire un carton sur les ondes. A trois exceptions près, les chansons ne dépassent pas les trois/quatre minutes et déploient une mélodie simple accompagné d’un refrain accrocheur. La vie à Terlingua se veut simple, poussiéreuse et monotone en apparence, les allemands sont donc allé vers l’épure, la simplicité. Ils ont souhaité bénéficié d’un son chaud et organique favorisant donc au maximum les enregistrements live et le matériel analogique. Notons également la présence de quelques clins d’œil à leur séjour texan avec l’utilisation d’éléments folk américain comme les guitares slides. « Mondschein » ou « Tag X » sont faits pour plaire à un large public et cela sent le carton à plein nez. En dehors de cela, les titres proposés restent très sympathiques mais on peine à trouver des tubes super accrocheurs comme sur Nimmermehr. Cependant, Terlingua se veut plus cohérent dans son ensemble alors que son prédécesseur passait du bon au franchement dispensable.
Etant un grand fan de la pop allemande qui a déferlé sur l’Europe dans les années 80, je retrouve avec MONO INC les mêmes caractéristiques et la même efficacité, le côté rock en plus. Mais ce côté rock reste franchement léger et accessible et ne devrait pas effrayer la ménagère outre-Rhin. Et cela marche car d’après nos infos Terlingua a atteint la sixième place des charts allemands. Bien joué !
Oshyrya (07/10)
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NoCut – SPV / 2015
Tracklist (60:46 mn) 01. Mondschein 02. Never-Ending Love Song 03. Heiland 04. It Never Rains 05. Tag X 06. 118 07. Die Noten Deines Lebens 08. Still 09. An klaren Tagen 10. Emory Peak 11. Love Lies 12. Terlingua 13. Study Butte
Le drôle de visuel choisit par les transalpins d’APNEICA pourrait en séduire certains mais tous les amateurs risquent de trouver amers les maigres vingt-sept minutes de musique proposées ici. Quatre chansons et puis s’en vont. Nous avons donc bien ici affaire à un EP car il serait osé de qualifier cela d’album. Ce projet est né en 2007 comme un projet solo mené par Alessandro Seghene du fond de son village de Sorso en Sardaigne. En 2010, il met la touche finale à un premier album éponyme, instrumental qui présente la facette la plus expérimentale du guitariste italien. Mais pour aller plus loin et poursuivre sa quête, Seghene avait besoin de camarades de jeu et il constitue donc en quelques années un line-up complet. De ce nouveau collectif émerge quatre nouvelles chansons dont trois chantées en langue sarde. Il trouve la perle rare en la personne d’Ignazio Simula pour donner une voix à sa musique.
Le voyage auquel nous invite APNEICA n’a rien d’un long fleuve tranquille. Les atmosphères subtilement tissées restent très sombres et inquiétantes. Tout cela ne sent pas vraiment la joie de vivre et les influences dark, gothic et doom prennent rapidement le pas sur le reste. Amis dépressifs cet EP saura faire vibrer ce qu’il vous reste de cœur. Malgré des touches plus extrêmes au niveau du chant et de quelques riffs/rythmiques plus agressives, le propos des transalpins restent plutôt accessible pour peu que vous soyez un métalleux expérimenté. Tout au long de ces quatre compositions, vous passerez au plus près de divers rivages sombres et lourds, de MY DYING BRIDE à NEUROSIS en passant par OPETH (l’ancien) et KATATONIA. Avec des titres d’une durée oscillant entre cinq et huit minutes, une certaine langueur, une petite lassitude risque de s’emparer de vous avant la fin de l’EP mais on se demande si cela ne fait pas partie de l’expérience artistique elle-même. La production est propre, soignée sans atteindre les sommets des meilleurs groupes européens. Signalons quand même que le mastering a été confié à Tony Lindgren aux Fascination Street Studios en Suède.
Pulsazioni… Conversione semble être construit autour d’un concept centré sur l’eau considéré comme un voyage pour l’être humain. Cela éclaire un peu la pochette mais votre serviteur n’a pas tout compris. Il s’est laissé bercer par cette musique sombre et inquiétante jusqu’aux tréfonds de l’océan. Depuis, la rédaction toute entière attend fébrilement de ses nouvelles…
Oshyrya (06/10)
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Club Inferno Ent. / 2015
Tracklist (27:35 mn) 01. Alba Artificiale 02. Assenza Di Gravità 03. In Orbita 04. Pulsazioni… Conversione