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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs WILD DAWN ?

Comment tes lecteurs aurait-il pu échapper à ce phénomène ! (rires). Donc WILD DAWN groupe de rock tout simplement car nous essayons de ne pas nous coller d’étiquette particulière. Si on parle de nos influences disons rock classique, heavy, stoner le tout mélangé et saupoudré de riffs lourd et de certaines touches funky. Cela fait six ans que nous existons.

 

02. Quelles sont vos principales influences ? Moi j’ai pensé à QOTSA…

Ah bon là tu nous surprends car c’est la première fois que l’on nous cite ce groupe. Moi de mon côté mes premiers amours sont à chercher du côté de METALLICA, Romain c’est plus AC/DC et personnellement j’évolue, dans des styles un peu plus stoner, j’aime beaucoup MONSTER MAGNET, CLUTCH, CORROSION OF CONFORMITY. J’écoute tout cela à outrance en ce moment. Côté Desert Rock un peu KYUSS oui bien sûr mais QOTSA franchement moins.

 

03. Si vous deviez résumer le groupe en trois mots, quels serait-ils et pourquoi ?

Energie : car nous sommes un groupe qui dégage une énergie communicative car c’est notre but, nous faisons de la musique pour cela quand même.

Pas pris de tête : on le fait de manière spontanée sans trop se prendre le chou tout en conservant une certaine rigueur car cela reste de la musique et il faut suivre certaines règles. Mais nous ne nous sentons pas investis d’une mission particulière, ce n’est quand même que de la musique, notre plaisir avant tout.

Organique : car nous sommes un groupe qui contrairement à beaucoup de groupes actuels ne cherche pas à avoir un son de guitare tout trafiqué, très chirurgical, assez froid. Nous cherchons une approche plus seventies avec un son le plus naturel possible, en jouant avec les effets et la spatialisation.

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04. Quel est votre état d’esprit quelques semaines après la sortie de Bloody Jane’Shore, quels sentiments dominent sur ce disque avec le recul ?

Il est dispo la semaine prochaine, le 13 avril. Nous sommes tous assez excités dans la mesure où nous allons diffuser un nouveau son comme à chaque fois. Nous aimons avant tout partager notre musique et j’ai hâte de savoir ce que les gens en pensent sachant que nous avons beaucoup travaillé pour avoir une évolution de notre son et au niveau des compositions. On espère avoir un maximum de retour, qu’ils soient positifs ou négatifs pour savoir si ce nouveau format EP plus court correspond à ce que les gens attendent.

Le format est plus court et cela facilitera, nous l’espérons, l’appropriation des morceaux par les gens. Il n’y a que six morceaux à assimiler donc on verra. Il nous semble que cela correspond mieux à la façon actuelle de consommer de la musique.

 

05. Donc l’album précédent date de 2013. Vous proposez un EP sans distribution, vous faites tout vous-même. Pourquoi ces choix, quelle est votre démarche ?

Nous voulions vraiment tester autre chose. On s’est dit que cela faisait presque deux ans que nous n’avions rien sorti et donc nous voulions sortir du son. Mais également d’être plus présent, au lieu de sortir un album tous les deux ans, essayer de sortir un EP de manière plus régulière, tous les ans pourquoi pas. Bref être actif et jamais absent trop longtemps de l’actualité. Nous pensons qu’un groupe qui ne fait rien, plus précisément qui ne sort rien, même s’il joue, tombe vite dans l’oubli finalement si ce n’est pas une moyenne ou une grosse machine. Donc nous voulons sortir de la musique plus souvent pour maintenir une actualité et ainsi refaire sortir le nom du groupe très régulièrement.

Donc la suite ce sera aussi un EP, dans une démarche de sortir de la musique plus souvent. C’est plus simple pour nous de sortir un EP tous les ans par exemple que de s’enfermer des semaines en studio tous les deux ans pour accoucher d’un album. Ensuite chacun a sa propre vision de la musique mais la tendance actuelle pousse nettement à la surconsommation rapide. On télécharge, on écoute et en télécharge, on écoute… Et souvent même on n’écoute pas .Nous avons tous peut-être des gigas de musique dans nos iPods que l’on écoute quasiment jamais. Donc là nous proposons six morceaux et les gens n’ont donc que six morceaux à assimiler avec donc une plus grande facilité à assimiler. Ensuite en six morceaux, nous pouvons plus facilement créer une cohésion, un univers spécifique. Alors que parfois sur un album tu te demandes vraiment ce que certains titres viennent foutre au milieu.

C’est un peu la tendance de vouloir absolument combler le vide, atteindre le nombre de titres ou de minutes nécessaires. De notre côté, nous ne cherchons pas le nombre mais vraiment atteindre une certaine qualité. Et puis on parle d’un EP mais en plus des six chansons il y a également trois titres acoustiques pour un total de près de quarante-deux minutes de musique. Alors que certains disques dépassent à peine les trente. Donc nous pourrions le vendre comme un album mais nous n’avons pas envie de se foutre de la gueule du monde

 

06. Pour la vente vous vous en chargez-vous-même, donc le bout de la démarche n’aurait-elle pas été de faire qu’une distribution digitale ?

Oui nous vendons une version physique de l’album, un joli digipak. Et nous sommes assez attachés à l’objet lui-même. Par exemple nous ne nous serions pas embêtés à faire une si jolie pochette pour ne pas l’imprimer. J’en ai un peu marre de cette mode de tout dématérialisé, les films, les jeux… En réalité tu n’as rien, c’est du vent. Si tu perds ton ordinateur ou si la boite fait faillite… tu perds tout. Moi mon vieil album d’Highway to Hell de 1983 il marche toujours et je peux continuer à l’écouter.

Alors que mon PC ou mon Cloud j’en sais rien. En plus souvent c’est de la qualité de merde en mp3 et donc si moi je me fais chier à enregistrer c’est pour un objet et une qualité de son. Nous aimons avoir l’objet en main. Nous adorerions pouvoir proposer le disque en vinyle voir même en vinyle picture-disc mais cela serait horriblement cher. Mais ce serait terrible. Appel aux labels intéressés pour nous sortir en vinyle ! (rires)

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07. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement de Bloody Jane’s Shore ? Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à Pay Your Dues ?

Lors de l’enregistrement il y a surtout eu une grosse modification c’est que là nous avons enregistré la base basse / batterie en live. En même temps, directement dans la régie les deux. Les deux prises de son étaient vraiment faites en simultané. On voulait pousser le vice à mettre également les guitares en live mais les contraintes techniques nous ont limités là-dessus et on n’a finalement pas pu la faire. Avec ces deux instrumentas enregistrés en live nous voulions toucher du doigt et transmettre un peu de l’énergie que nous pouvons dégager sur scène. On récupère ainsi le côté rentre-dedans de la section rythmique que nous avons d’habitude.

C’est que le batteur quand il joue tout seul avec son casque sur la tête, au click, avec une pauvre guitare témoin, même s’il essaye de s’y mettre, on sent bien qu’il ne peut dégager la même énergie que si Alex est à côté de lui avec la basse. Nous recréons l’alchimie qui existe entre nous quatre. Et nous ferons ainsi désormais car quand je vois musicalement le résultat au niveau du son, je ne vois pas revenir sur du piste à piste à piste. Nous sommes plutôt heureux du rendu. Nous utilisons du matériel analogique, pour les guitares nous avons de vrais amplis, des vraies pédales analogiques mais après, par contre, cela fini dans un ordinateur. Malheureusement nous n’avons pas les moyens de nous payer un studio à bandes avec une table de mixage à lampes.

Le but de l’enregistrement analogique est d’avoir ce côté organique justement. On ne veut pas d’un truc virtuel qui nous dit quelle fréquence machin… Cela peut correspondre à l’approche de certains groupes, à certains styles mais cela ne correspond pas à notre idée de notre musique. On aime l’idée ampli avec un micro devant.

 

08. De votre point de vue quelles sont les principales évolutions entre vos deux dernières sorties ?

En fait, autour de nous, nous sommes conseillés par des puristes du son qui cherchent l’épure, sans fioriture ni effet. Donc on nous disait que là non ce n’était pas la peine de doubler le chant sur cette partie-là… Tu as un joli feeling sur cette voix. Oui mais je peux mettre aussi un joli feeling sur deux voix. Oui mais non… Cette guitare ne la double pas, cela ne vaut pas le coup etc… Et donc nous avons été d’une certaine façon bridés par nos divers ingé-son.

Cela a créé de la frustration car d’habitude tu te dis, on essaye et on verra et là on n’a pas pu essayer. Car aussi contrainte de temps. Nous étions dans des studios que nous louions et nous avions une plage de quinze jours et donc tu arrives au treizième jour on te disant que tu aimerais bien tester ça ou ça mais il nous manque le chant et donc on plaque le chant… Là nous avions le studio à disposition et on a vraiment pris cela comme un laboratoire, on a testé des trucs, beaucoup n’ont pas été conservés. Ainsi on a essayé, doubler des parties de guitare ou de voix si cela nous chantait. Et le résultat nous plait.

 

09. Comment s’opère la magie au sein du groupe et nait une nouvelle chanson ? Quelle est la dynamique interne ?

L’un de nous arrive avec un riff de guitare ou idée de mélodie vocale et ensuite on va le proposer en répétition aux autres et on va essayer de broder autour de cela, une basse, une batterie. On parle d’une idée individuelle et ensuite cela se collectivise. Parfois on peut même arrivé avec une chanson bien avancée sans que rien ne soit imposé aux autres. Chacun va lors, sur cette base, apporter sa patte, son feeling et son savoir-faire. Chacun reste responsable de sa partie et comme on joue ensemble depuis six ans nous parvenons à retomber sur nos pattes et proposer une chanson homogène et qui plait à tous.

Nous avons cette émulation entre nous car l’un propose une chose et l’autre va réagir dessus… On enregistre souvent sur un petit enregistreur numérique et en réécoute ensuite pour prendre un peu de distance et voir ce qui passe bien ou ne passe pas.

 

10. Comment travaillez-vous en général l’aspect visuel comme la pochette et cette fois-ci en particulier avec Pierre Lazarevic ?

Et bien en fait Pierre est un ami (https://www.facebook.com/pierrelazarevicillustrationsorders). Et c’est vraiment un EP fait à base de potes, en communauté. Nico Sarda qui nous enregistré et mixé est un pote et au moment de faire l’artwork on se prend à chaque fois la tête car nous ne sommes jamais vraiment au point sur ce que nous voulons exactement. Donc là on est allé voir le pote, on lui a dit que nous aimerions qu’il fasse la cover de l’EP et qu’il devrait s’appeler Bloody Jane’s Shore. Il a dit d’accord mais avait besoin de mots clés.

Donc nous lui avons donné les paroles de la chanson titre, en écrivant les paroles j’avais l’idée d’un univers un peu Mad Max, ce côté désertique, Arizona comme tu le disais tout à l’heure. Il a lu les paroles et a dit ok, vous me donnez un mois. Je ne vous montre pas les étapes intermédiaires, vous prenez ou pas. Il a posé les planches et c’était exactement ce que j’avais en tête quand j’ai écrit ce morceau. Cela a fonctionné tout de suite. Nous avons un super visuel car le mec est super talentueux. Le côté BD, Comics, nous tient à cœur. C’est important à nos yeux car nous aimons l’objet. Donc une super cover reste agréable.

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11. Quels sont vos espoirs et attentes pour WILD DAWN ?

A court terme, dans deux semaines, nous rentrons en studio pour déjà enregistrer la suite. Cela ne sortira pas tout de suite et on ne va pas en dire beaucoup mais tout est déjà dans les tuyaux. Nous battons le fer tant qu’il est chaud car le pote Nico (Sarsa) avec lequel on va retravailler va être papa et étant dans la démarche de sortir un EP plus souvent et donc ne pas attendre à nouveau deux ans.

Donc à court terme ce nouvel EP et à moyen terme, je voudrais que l’on puisse franchir les frontières françaises. Là nous sommes sur des plans pour la Russie et le Japon. On essaye de voir, on monte les dossiers. En ce moment on compose avec des dates qui vont tomber.

 

12. Comment voyez-vous la scène métal française vu d’Orléans?

On la voit galérer grave, avec pleins de supers groupes et un vrai vivier de fan mais c’est quand même super dur. Sans être une grosse machine, les gens peinent à se déplacer en concert. C’est dur pour AC/DC au Stade de France mais il reste par contre plein de place pour THE ANSWER ce soir au Divan du Monde. Les fans doivent venir aux concerts pour les soutenir. Il y a des groupes et des fans, ils doivent juste se rencontrer.

Maintenant il manque nettement de support envers les groupes français. C’est mon mini coup de gueule. Un groupe va faire une très bonne musique, objectivement aussi bonne dans le même genre qu’un groupe étranger et pourtant les médias vont favoriser le groupe étranger. Et ensuite on vient te dire qu’il faut aider la scène locale. Souvent les médias ne nous mettent pas en valeur, nous groupe français.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

« Master of Puppets » de METALLICA et “Thunderstruck” d’AC/DC

 

02. Premier album acheté ?

Master of Puppets de METALLICA et AC/DC If You Want Blood

 

03. Dernier album acheté ?

L’Enfant Sauvage de GOJIRA SNARKY PUPPY We Like It Here

 

04. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

METALLICA encore et toujours, quand j’ai vu le solo de « Master of Puppets », je me suis dit qu’un jour j’arriverai à le jouer. Le Live à Donington d’AC/DC, la marée du monde, la batteur avec deux gros tom et le lutin avec sa casquette carrée, j’adore !!!!

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

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01. Nous nous étions vu en 2013 pour la sortie d’Essentia. Qui de neuf depuis ?

Pas grand-chose un album de plus et pas de changement majeur entre temps. Si je résumais en un mot la période Essentia, je dirais évidemment acoustique. Moi c’est vrai que j’ai beaucoup bossé sur le disque pour l’enregistrer mais que j’ai moins participé aux concerts donnés ensuite dans cette configuration réduite. Mais cela nous a permis de clore un chapitre plus métal atmosphérique on va dire, et là on passe à autre chose de différent, plus progressif…

Mais ce projet acoustique a forcément nourri cet album électrique, l’utilisation d’un quatuor à cordes par exemple. Et cela nous a appris à moins chargé la musique au niveau de la quantité des instruments. C’était à posteriori un peu le défaut d’Aerial qui s’avérait être trop chargé avec beaucoup de parties doublées… Cela nous a permis d’équilibrer la musique.

 

02. Après un interlude acoustique, voici l’album électrique. Vous écrivez « le nouveau matériel prend naturellement une tournure plus progressive » pourquoi ?

L’arrivée de Chris le batteur qui comme moi est très fan de rock 70s a aidé à prendre cette direction. Et donc avec le line-up actuel, stable et consolidé, on peut se permettre de travailler une musique plus progressive, plus complexe et difficile à jouer. Nous avons insufflé dans ce nouvel album plus d’influence que nous pouvons chacun avoir, Olivier, moi, Sandy… Ce fut vraiment un mouvement naturel d’aller vers cela en suivant nos aspirations artistiques.

En réalité le travail, les compositions de chacun vont donner la direction générale du disque. Rien de vient de l’extérieur, tout s’impose finalement assez naturellement. Dès l’époque d’Essentia, quand nous avions commencé à composer avec Olivier cette tendance plus prog avait émergé. Les squelettes de certaines chansons existaient déjà, moi au piano et Olivier à la guitare avant que le processus d’Essentia n’aboutisse. Et comme nous nous sommes retrouvés sans batteur, le projet acoustique s’est imposé de lui-même le temps de se retourner et de reconstituer nos forces pour le prochain album électrique.

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03. Pourquoi avoir choisi de travailler avec Francis Caste au Studio Sainte Marthe (et pas à nouveau au White Wasteland studio avec Emmanuel Rousseau) ? Qu’a-t-il pu vous apporter ?

Déjà Manu a eu quelques problèmes avec le fisc et donc avait des soucis financiers à régler avant de pouvoir reprendre sereinement ses activités d’enregistrement et de production d’albums. Nous voulions aussi travailler dans un plus grand studio en bénéficiant des moyens et du savoir-faire de Francis. Nous voulions vraiment bosser avec lui, c’est un gars qui est très dans le côté analogique, organique des choses. Le son n’est pas ultra-compressé, il s’adapte au style.

Donc nous l’avons rencontré, nous avons parlé et il était assez chaud pour faire ce projet-là. Cela a été presque naturel, nous savions ce que nous voulions, il était intéressé et donc tout s’est bien emboité. Et il a vraiment une façon de travailler à l’ancienne avec tous les effets enregistrés directement par pédales… Tout n’est pas fait et ajouté à posteriori. Et cela nous a aussi plu chez lui. Les prises de guitares sont enregistrées de façon brut ce qui au final donne un côté très naturel. Nous avons enregistré piste par piste car sinon c’est très compliqué car il faut alors beaucoup de place dans le studio. J’adorerais faire des prises live mais cela complexifie très nettement le processus. Et faut alors beaucoup plus de moyens.

Nous avions tout maquetté avant et donc quand par exemple le batteur a commencé à jouer, il avait la maquette derrière, le clic, la basse les claviers des démos dans l’oreille. Cela change beaucoup de choses et simplifie le travail. Dès que telle partie était en boite, en enlevait la maquette et on utilisait les pistes réelles enregistrées en studio.

 

04. C’est habituel pour vous de tout maquetter ainsi ?

Non c’est la première fois que nous agissons ainsi. Tout est bossé en amont et quand nous arrivons en studio, tout est fixé à 95 %. Ce n’était pas du tout ainsi pour Aerial qui a été mis en boite sur une période hyper longue. Et donc nous avions procédé différemment. Là tout était fixé d’avance, les violons étaient écris… Il ne restait plus qu’à jouer en fait. Mais l’étape du studio reste nécessaire car nos maquettes sont faites avec les moyens du bord et nous ne pouvons pas atteindre chez nous la même qualité que dans un studio.

Là tout est équipé avec les bons micros, les amplis, les pré-amplis, les effets bref tout le matériel nécessaire pour sortir un son de qualité. Tout cela coûte extrêmement cher. Et Francis fait tout, mixage avec Olivier et le mastering à l’exception des violons qui ont été mis en boite avec la même personne que sur Aerial.

 

05. Comment as-tu à nouveau travailler tes orchestrations, as-tu modifié ta façon de les bosser ?

Non je n’ai pas changé de méthode de travail. Mais ce n’est pas du tout mon métier au départ. Je le fait parce qu’il le faut et que j’en ai envie. Je bosse sans doute un peu mieux car à force de faire j’ai appris et donc optimisé le processus mais cela reste long et difficile. C’est la première fois que je m’attaquais à un titre aussi long, plus de dix-huit minutes sur cet album. J’ai travaillé avec des thèmes et des motifs rythmiques qui reviennent avec une approche plus classique du truc, et je dis cela sans aucune prétention.

Nous faisons bien attention de maintenir des fils conducteurs dans ce morceau-là. Et j’espère que cela se ressent à l’écoute. Mais nous prenons toujours des risques avec ce type de titre épique, d’avoir des creux, des zones de respiration, avant que le souffle mélodique ne revienne. Le rock progressif avait vraiment au départ cette volonté de s’inspirer du classique et donc d’avancer par vague, un thème mélodique prend la main sur un autre harmonieusement… Nous avons toujours été difficiles à classer dans un seul genre et cela nous convient bien. Moi-même je ne lis jamais les chroniques, j’essaye de me fier à mon oreille et à mon ressenti. Je lis les interviews d’autres groupes mais le feeling est tellement personnel que tout n’avis n’engage que son auteur.

Nous concernant je ne lis jamais les chroniques publiées. Les autres membres du groupe le font mais moi non car je ne veux pas que cela m’influence ou me fasse modifier ma façon d’agir et de composer. J’ai des retours en échangeant avec les gens. J'ai un peu la démarche d’un Marcel Duchamp qui faisait de l’art et ensuite le laissait aux gens qui en faisaient ce qu’ils voulaient. Certains criaient au génie d’autres à l’imposture. A mon petit niveau, bien sûr, j’ai cet esprit-là. Ce n’est pas du dédain mais c’est créé, enregistré et je passe alors à autre chose.

 

06. Pourquoi le choix de ce titre, The Winding Path ?

Cela vient de musique, du fait qu’elle soit un peu plus sinueuse et par rapport aux textes, les choix de vie qui sculptent nos destins. Et donc ce nom de « chemin sinueux » convenait bien et possédait ce rapport direct avec les textes et la musique. Plusieurs titres ont été proposés mais c’était le seul qui avait ce rendu global qui synthétisait bien l’album. La logique aurait pu être de prendre « The Field Of Minds » cette chanson très longue mais cela ne convenait pas vraiment car cela correspondait moins aux autres chansons. Et nous voulions donner cette direction générale.

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07. En regardant les crédits, on se rend compte que ce disque semble avoir été beaucoup plus un effort collectif que les autres albums. Est-ce bien le cas ?

Oui c’est assez évident et surtout le tout a été travaillé très différemment. C’est toujours Olivier et moi qui amenons les compositions, une structure avec des lignes harmoniques et les thèmes principaux et ensuite c’est réarrangé en répétions. Là nous bossons tous, chacun amène sa partie spécifique, la batterie, la basse et le chant et donc les choses évoluent, éventuellement un thème joué aux claviers qui passe à la guitare… Tout le monde amène sa pierre à l’édifice alors que sur Aerial nous avions tout préparé et maquetté avec Olivier pour entrer ensuite en studio. Il n’y avait pas eu tout ce travail en commun avant. Notre méthode de travail à Oliver et moi s’avère être assez compliquée.

En général, nous bossons chacun de notre côté pour les premières idées. Moi j’écris tout au piano évidemment et Olivier tout à la guitare. Ensuite on se voit souvent tous les deux pour commencer à arranger guitares et claviers. Cela fait dix ans que nous bossons ensemble et cela s’est fait assez naturellement ainsi. Et ensuite nous arrivons en répétitions avec nos maquettes que les autres puissent commencer à écouter et bosser dessus. Et ensuite ce fait la mise en commun pour définir les arrangements finaux. Sandy va rédiger les textes, travailler ses mélodies vocales avec donc un nouveau réarrangement avec le chant de la part de chaque instrument et enfin moi derrière je compose les orchestrations, les cordes, les flutes… Et après une dernière mise en commun, le morceau prend sa forme finale. Donc avec toutes ces étapes, le groupe s’est beaucoup plus investi qu’avant, je pense.

 

08. Que peux-tu nous dire de la pochette, encore le travail de Vincent (Dehn Sora) et quelle direction lui avez-vous donné ?

C’est surtout par rapport aux textes que nous luis avons fourni comme base de travail. C’est surtout Olivier qui est charge de cette partie-là car Vincent n’est autre que son beau-frère ce qui facilite forcément les choses. Ils ont surtout bossé ensembles à partir des textes avec quand même une idée générale avant que cela ne soit affiner. Je crois que Sandy a également participé à ce processus de création. Donc je ne peux pas trop t’en dire. Et je dois même avouer que je ne suis pas super fan de la pochette. Elle est très belle, très bien réalisée mais moi je l’aurais fait différemment. Ce n’est pas une question de couleurs, elles me conviennent, mais pas la pochette en elle-même. Je suis très attaché au dessin, aux pochettes dessinées, tout ce qui est plus informatique j’ai plus de mal.

Un exemple la pochette du Fugazi de MARILLION est juste exceptionnelle. J’aime ce côté plus ancien, celles de YES, de Roger Dean, on une patte un graphisme. Pour te parler d’une pochette récente que j’adore, je te cite volontiers le dernier DØDHEIMSGARD, A Umbra Omega, du black progressif, et le visuel est un simple décor sur lequel ils ont rajouté trois pyramides de couleurs. Le reste du groupe le sait ! Dans les couleurs elle est vraiment belle mais j’accroche moins sur l’illustration elle-même.

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09. Vous semblez enfin avoir trouvé la stabilité du line-up, un soulagement, l’impression de vraiment progresser ?

Enfin ! Et nous avons enfin l’impression d’avancer et de construire. Chris c’est super bien intégré et nous retrouvons ce côté familial qui nous sied bien. Là je pense et j’espère que nous sommes partis pour un bon moment à moins que l’un d’entre nous fasse trois gamins et ne puissent plus continuer. Nous avons une cohésion humaine rarement connue. Je sais que nous pourrions partir en tournée ensemble plusieurs semaines sans que cela ne pose problème. Nous avons le line-up idéal, artistiquement et humainement.

 

10. Quelle est la suite pour vous à court et moyen terme ?

Et bien d’abord finir la promo et ensuite quelques dates se présentent déjà à nous. L’idée est de faire un maximum de concerts pour continuer à faire connaître le groupe et notre musique. Et puis commencer à travailler sur le suivant. J’ai commencé de mon côté avec quelques idées mais d’ici trois ans pouvoir donner la suite. Il nous fait ce délai de quelques années car financièrement cela nous a quand même coûté cher. Le studio, le producteur, tous les musiciens supplémentaires… Même si nous les connaissons, il est normal de les défrayer de leurs efforts et de leur travail. Deux viennent de Rouen et deux de Lyon. Donc ils sont remboursés de leurs frais et ensuite pour la session elle-même. Donc si on peut sortir le suivant fin 2017, courant 2018 ce serait pas mal.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Dernier album acheté ?

Un groupe anglais de Doom qui s’appelle UNDERSMILE et leur dernier album, Anhedonia

 

02. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

J’ai commencé le piano super jeune et donc je dirais le générique des Mystérieuses Cités d’Or. Sans déconner ! J’ai ce souvenir-là de dire à ma mère en regardant ce dessin animé que je ferais bien du piano.

 

03. Chanson que tu aurais adoré avoir composée ?

Peut-être « Supper’s Ready » de GENESIS.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

The Story So Far – s/t

oshy_28072015_Th_Stor_S_FaIl semble que les californiens de THE STORY SO FAR prennent à malin plaisir à se compliquer la vie en proposant à chaque fois des pochettes particulièrement inintéressantes. Après un chien pour le précédent EP, Songs of (chronique ici), voici sans doute le dessin moche et enfantin d’un des rejetons de la famille ou du neveu qui est tombé par la fenêtre du cinquième étage à l’âge de deux ans. Parvenir déjà à passer ce premier obstacle et avoir envie d’acheter cet album rien qu’à sa pochette relève déjà de l’exploit et mérite toutes nos louanges.

Deuxième mauvaise surprise un album chiche qui oui contient dix nouvelles chansons mais n’affiche à la fin qu’une maigre demi-heure de musique. Deux ou trois chansons de plus n’auraient pas été un scandale. Au moins le son est bon et l’impression bocal de l’EP a disparu ici et parmi de profiter de ces chansons au mieux. En bon groupe américain qui vise un maximum de passage en radio et cible un public d’adolescents possédant un niveau de concentration équivalent à celui d’une huitre, THE STORY SO FAR propose un chapelet de titres courts, directs et immédiatement accrocheurs. Des groupes de ce type pullulent outre-Atlantique avec des chansons très proches les unes des autres jamais désagréables, faciles à consommer et à oublier. Les américains tentent de jouer dans la catégorie des leaders comme A DAY TO REMEMBER ou BLINK-182 sans toutefois parvenir à enchaîner comme eux les tubes fédérateurs et imparables à même de faire un malheur sur les plages de Floride ou de Californie. Les chanteurs sonnent tous de la même façon et reconnaissons que si Parker Cannon n’a pas ici rougir de sa prestation, elle ne risque pas non plus de rester dans les annales. Cela manque franchement de caractère et la palette vocale affichée reste assez limitée.

Si nous essayons de synthétiser notre propos, avec ce troisième album éponyme, THE STORY SO FAR propose une pochette hideuse et des chansons très formatées et déjà entendues de dizaines de fois depuis des années maintenant. Ce constat n’est pas très positif et il est à craindre que ce disque connaisse le destin d’une étoile filante: un passage court dans l’atmosphère avant une rapide disparition corps et âme. Difficile d’espérer que ces chansons ne soient pas oubliées de tous d’ici quelques mois.

Oshyrya (06/10)

 

Site Officiel : http://thestorysofarca.com/

Facebook Officiel: https://www.facebook.com/thestorysofarca

 

Pure Noise Records / 2015

Tracklist (30:32 mn) 01. Smile 02. Heavy Gloom 03. Distaste 04. Solo 05. Mock 06. How You Are 07. Nerve 08. Phantom 09. Scowl 10. Stalemate