Il conviendrait de vérifier cela statistiques à l’appui mais, de l’extérieur, il me semble que l’émergence de nouveaux groupes clonant allégrement IN FLAMES / SOILWORK et l’école suédoise Made in Göteborg en général a tendance à se tarir en ce moment. Si cela s’avérait vrai ce ne serait pas plus mal tant cette vague a pu engendrer des groupes de qualités très diverses. Et ce n’était pas tous les jours simple de séparer le bon grain de l’ivraie tant les sorties se succédaient à vive allure.
Les espagnols de RISE TO FALL avaient agréablement surpris notre camarade Clayman avec leur premier opus Restore the Balance avant qu’il ne se rende compte de la réalité avec le suivant, Defying The Gods (chronique ici), une fois les vapeurs d’alcool évaporées. Trop de similitudes avec les maîtres suédois du genre et malgré la reconnaissance du travail accompli, un gout amer persistait dans la bouche après chaque écoute. Mais nos états d’âmes, les espagnols n’en ont cure et poursuivent joyeusement leur petit bonhomme de chemin avec ce troisième chapitre, End Vs Beginning.
Et effectivement RISE TO FALL ne nous a pas écoutés et poursuit sur la même lancée. Oui ces chansons s’avèrent diablement efficaces, avec une production en béton et des riffs sanglants en veux-tu en voilà mais sur le fond la question reste de savoir si le fan ne ferait pas mieux de rester se contenter des précurseurs suédois. Beaucoup me répondront que RISE TO FALL a bien raison de jouer à fond sa carte alors que le trône du roi vacille à cause d’un dernier album pas vraiment inoubliable, Siren Charms (chronique ici). Les espagnols démarrent pied au plancher et ne lâcheront alors plus le pied de l’accélérateur pour une chevauchée infernale de presque soixante minutes et quatorze titres. Le savoir-faire est là, évident, dans le chant alterné entre voix claires et parties hurlées, la maestria des deux guitares qui se rendent coup pour coup aussi bien en rythmique qu’en lead et enfin grâce à la section basse/batterie pachydermique. Ajoutez à cela des touches électros et des nappes de claviers et vous obtenez… IN FLAMES. Oui je radote mais que voulez-vous il s’agit là d‘une telle évidence qu’il serait ridicule de le passer sou silence. Il manque quand même à End Vs Beginning, malgré bien des qualités, les hits imparables qui vous rentrent de force dans le tête pour ne plus en sortir. L’effet tunnel joue à fond, au bout d’un moment difficile de savoir où nous en sommes et si nous n’avons pas déjà écouté tel ou tel titre.
Ce n’est pas de gaieté de cœur que je fais ce constat assez sévère concernant le travail des espagnols sur End Vs Beginning. Le talent est indéniable mais ils continuent de jouer la facilité en singeant leurs groupes préférés. Oui bien vous trouverez sur ce disque de quoi prendre un certain plaisir mais sur la longueur, l’erstaz fini toujours pas décevoir. Coco-Cola Light ou original, faites votre choix…
Oshyrya (06/10)
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Coroner Records / 2015
Tracklist (58:49 mn) 01. End Vs Beginning 02. The Threshold 03. Plastic Scene 04. Burning Signs 05. Parasites 06. Rise Without Drama 07. Thunders Of Emotions Beating 08. Murk Empire 9. Against All Odds 10. Dark Clowns Leading Blinds 11. Emptiness 12. Welcome To… 13. …The Refuge 14. Unspeakable Sins 15. Sustension
Bon annonçons tout de suite la couleur, votre serviteur est crevé et le soleil qui tape for en ce samedi après-midi estival ne pousse pas vraiment à l’effort et à la réflexion profonde. Donc malgré les récriminations de mes camarades et un professionnalisme rarement mis en défaut jusqu’à présent, je m’apprête à recopier honteusement la biographie officielle du groupe PAVILLON ROUGE charcutée des passages les plus hagiographiques.
"PAVILLON ROUGE naît en 2008 de la rencontre de Mervyn et YVH, qui ont alors le projet de créer une musique totalement novatrice, mêlant la violence du Black Metal et de la Techno Hardcore aux ambiances éthérées de la New Wave des 80s. Le premier album de Pavillon Rouge, Solmeth Pervitine, sort fin 2011 chez Post Apocalyptic Music (NL). Afin de promouvoir son album, les rhodaniens/isérois/savoyards se produisent sur scène aux côtés de CNK, SVART CROWN, DAEDALION…" Quatre années plus tard, les voici de retour avec un second opus, Legio Axis Ka.
L’ambition n’a pas changé et l’aventure Solmeth Pervitine aurait même renforcer ma motivation de ces gaillards dans leur quête du mélange parfait entre métal extrême et sonorités électroniques. Plus d’un vous dirait que ce mariage contre nature ne pourrait qu’être condamné par toutes les autorités spirituelles mondiales. Et pourtant, force est de constater que la mayonnaise prend et que cette musique d’une rare énergie, d’une rare intensité fait mouche et provoque un headbanging frénétique presque immédiatement. Le chant extrême contrebalance et les rythmiques de guitares intelligemment les touches électroniques, «dancefloor», plus mélodiques. En son temps, THE KOVENANT avait prouvé que cette démarche aventureuse pouvait accoucher d’un joli résultat. La dimension martiale et indus d’un « L'enfer se souvient, l'enfer sait » revêt rapidement ses atours hypnotiques et il devient difficile de s’en détacher. L’obscurité et la noirceur ont toujours su provoquer une irrésistible séduction/attraction pour ses victimes consentantes. L’ombre d’un SAMAEL (période Eternal en version très dopée) plane parfois sur ce disque pour notre plus grand plaisir.
Finalement le seul défaut (et à la fois sa grande qualité) de ce Legio Axis Ka reste son intensité. Difficile de suivre ce rythme infernal pendant quarante-sept minutes et l’auditeur finit toujours par décrocher par lassitude avant la fin. Cet album se déguste par petites touches, par petits shots d’adrénaline via deux ou trois chansons. Plus et vous risqueriez l’overdose.
Oshyrya (07/10)
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Dooweet Records / 2015
Tracklist (47:11 mn) 01. Prisme vers l'Odyssée 02. L'enfer se souvient, l'enfer sait 03. Mars Stella Patria 04. A l'Univers 05. Aurore et Nemesis 06. Droge Macht Frei 07. Kosmos Ethikos 08. Notre Paradis (Coolio Cover) 09. Klux Santur
Loin de nous l’idée d’affirmer de façon péremptoire que nous connaissons une bonne partie de la scène métal hexagonale mais l’apparition soudaine de tant de groupes français inconnus au bataillon n’aura pas de cesse de nous étonner. L’heureux candidat du jour s’appelle EVOLVENT qui a échappé jusqu’à présent à nos radars malgré un solide tableau de chasse à son actif.
Créé en mars 2004 par Sébastien Latour, EVOLVENT a tout d’abord la vocation d’être un projet studio. En 2008, un premier album, Spiritual Confession, voit le jour via le label digital Alien Production. Suivra Delusion en 2011 qui permet au groupe de se produire sur scène dans de grandes salles parisiennes. Fin 2012, Emma Elvaston intègre les rangs derrière le micro et inaugure sa collaboration avec ses camarades à travers un single « Under the Rain ». S’en suit une première tournée qui permet à EVOLVENT d’accumuler un maximum d’expérience et de peaufiner encore son identité artistique. Fort d’un line-up dynamique et ambitieux, sort un premier EP, Human Instinct, en mai 2014 puis ce nouvel opus, Whatever Happens cette année.
Le groupe qualifie sa musique de métal mélodique mais disons, pour être plus précis, qu’EVOLVENT s’inscrit dans cette veine néo-classique/symphonique à chant féminin lyrique aux côtés des XANDRIA et autres DIABULUS IN MUSICA. L’écoute de Whatever Happens a également su invoquer à mes oreilles la figure d’un SIRENIA. Ces comparaisons se veulent flatteuses tant ces groupes ont su pas à pas se faire une place sur la scène métal européenne. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à EVOLVENT. Sébastien Latour aux claviers et Clement Botz à la guitare se partagent désormais le travail de composition pour atteindre meilleur. Ils tissent patiemment de lumineuses textures mariant subtilement la force et l’agressivité forgées par la guitare à la douceur et la subtilité des claviers. Une grande responsabilité repose également sur les épaules d’Emma Elvaston qui doit insuffler une âme à ces chansons et leur faire atteindre un niveau supérieur. Reconnaissons qu’elle s’acquitte plutôt bien de sa tâche. Les titres restent dans l’ensemble assez courts et resserrés dépassant rarement les cinq minutes. D'autres, dans ce même style musical, peinent à faire preuve d’un sens équivalent de l’optimisation et de l’efficacité.
Difficile de résister à « We Are » ou encore « Love Doesn’t Love Me » qui démontre que nous avons ici affaire à des musiciens talentueux et appliqués. Malgré cela, il reste chemin à EVOLVENT pour proposer un son plus lisse et puissant ainsi que des titres globalement plus accrocheurs. Un grand bravo pour l’aspect visuel qui a toujours fait l’objet d’un très grand soin. Il suffit de voir Under the Rain ou Human Instinct pour s’en convaincre. Les parisiens affichent de beaux arguments pour convaincre les plus réticents de s’intéresser à leur cas. Avec Whatever Happens, ils poursuivent leur progression et peuvent espérer toucher un large public. De nombreux concerts s’annoncent en France mais également chez nos voisins européens. Voici une belle occasion de confirmer le potentiel affiché en studio.
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction / 2015
Tracklist (40:12 mn) 01. Dawn 02. Win or Die 03. Hurricane 04. Love Doesn’t Love Me 05. Our Fate 06. We Are 07. Over Seasons & Time 08. Embrace 09. Whatever Happens 10. Siempre