Il aura fallu trois ans de travail à nos compatriotes de GLOWSUN pour donner suite au très remarqué Eternal Season publié en 2012 déjà chez Napalm Records. Les lillois avaient alors su donner un joli coup de pied dans la fourmilière rock psychédélique et se faire un joli nom en Europe auprès des amateurs. Cerise sur le gâteau en 2015, en plus de sortir ce nouvel opus, GLOWSUN va se produire au HELLFEST et ainsi avoir l’opportunité de se faire connaître auprès d’un plus large public.
A l’image de ce que peut proposer les allemands de MY SLEEPING KARMA (avec d’ailleurs souvent des sorties d’albums concomitantes), les français distillent un alcool entre douceur et amertume dans une veine rock stoner, psychédélique, space rock très majoritairement instrumental à travers de longues plages qui leur permettent de dérouler progressivement la pelote de leur univers musical. Ce monde est constitué de touches subtiles et raffinées. Par accumulation, elles dessinent pas à pas un motif plus vaste. Ces compositions poussent à une certaine introspection et s’avèrent exigeantes pour l’auditeur. Il doit accepter de se laisser emporter sans pouvoir s’accrocher aux branches. Une fois ce lâcher prise intégré le voyage prendra la forme d’un chemin sinueux à travers un vaste panorama d’émotions. Le trio lillois offre ici une bien jolie prestation et confirme les bonnes dispositions déjà affichées sur Eternal Season. La ligne directrice reste la même avec cependant un groupe encore plus en confiance, ayant gagné en maturité et en maîtrise. Ils ont su ne conserver que la quintessence de leur message en élaguant toutes les branches inutiles.
L’adage populaire dit que tout ce qui brille n’est pas or et pourtant vous pouvez acheter en toute confiance cet album de GLOWSUN. Conformément à la couleur dorée prééminente sur la pochette, vous en aurez pour votre argent avec sept compositions psychédélique de qualité. Nous prenons le pari que nombreux seront ceux qui tomberont sous leurs charmes lors des festivals d’été à venir.
Oshyrya (7,5/10)
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Napalm Records / 2015
Tracklist (46:50 mn) 01. Arrow of Time 02. Last Watchmaker's Grave 03. Behind the Moon 04. Flower of Mist 05. Shadow of Dreams 06. Against the Clock 07. Endless Caravan
Dans un élan de lucidité alors que j’écoutais le nouvel album des canadiens d’UNLEASH THE ARCHERS, je me suis interrogé sur ma perception d’un groupe dont le chanteur est une femme. Autant le physique des musiciens d’un groupe 100% masculin m’importe peu (heureusement pour certains) autant la carte de la séduction joue forcément, inconsciemment parfois, dès qu’une frontwoman entre en jeu. C’est bien malheureux diront certains, et ils ont cent fois raison, mais il s’agit là d’une réalité qu’il faut admettre et prendre en compte. Les groupes en sont bien conscients et ils n’hésitent d’ailleurs pas à mettre en avant la plastique avantageuse de leur leader.
Une fois ces considérations mises de côté, nous sommes ici en présence d’un groupe originaire de Vancouver et qui a commencé son parcours musical en 2007. Ils ont déjà à leur actif un joli palmarès avec deux albums ainsi qu’un EP avant ce Time Stands Still. Ils évoluent depuis leur début dans une veine power métal guerrier avec ce qu’il faut de riffs tranchants, de chœurs virils et de refrains accrocheurs. Ajoutez à cela quelques touches plus agressives avec un chant extrême ici et là et vous obtenez un cocktail épais et sacrément épicé. Brittney Slayes derrière le micro offre une belle performance, une voix assez grave et puissante mais pas dénuée de subtilité. Sa palette vocale s’avère être assez large et elle n’hésite pas à monter dans les aigües quand cela devient nécessaire. Beaucoup de ces camarades masculins devraient en prendre de la graine. Pour le respect, au niveau musical, cela reste bien classique avec cette touche nord-américaine qui diffère légèrement de l’approche allemande. Au petit jeu des comparaisons, mentionnons BENEDICTUM, HOLYHELL ou WHITE SKULL qui évolue dans un registre assez similaire. Les salves s’enchainent sans temps morts et laissent à peine à l’auditeur le temps de respirer. Rien de révolutionnaire ici et de particulièrement novateur, mais un power métal racé et plutôt bien foutu. Dommage que certains clichés semblent avoir la vie dure au niveau des paroles pas forcément d’une grande finesse voire parfois carrément clichées.
L’impression reste franchement positive après ce premier contact avec la musique des canadiens. Le savoir-faire et le talent sont évidents et l’album possède toutes les qualités d’un bon disque à défaut d’être un grand disque. Il manque encore à UNLEASH THE ARCHERS ne petite touche de magie, le je-ne-sais-quoi qui transforme chaque chanson en un hymne imparable. Le potentiel est prometteur sur disque et devrait pouvoir atteindre de nouveaux sommets sur scène. Pas sûr que nous puissions les rapidement chez nous mais avec le soutien d’un label aussi dynamique que Napalm tout est possible. Une affaire à suivre.
Oshyrya (07/10)
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Napalm Records / 2015
Tracklist (54:02 mn) 01. Northern Passage 02. Frozen Steel 03. Hail of the Tide 04. Tonight We Ride 05. Test Your Metal 06. Crypt 07. No More Heroes 08. Dreamcrusher 09. Going down Fighting 10. Time Stands Still
L’ambition des allemands de MY SLEEPING KARMA est immense à l’aube de l’écoute de leur cinquième opus. Peut-être espèrent-ils pouvoir mener leurs auditeurs au Moksha, la libération finale de l'âme individuelle dans la tradition l'hindouiste et le jaïniste. En tout cas ils ont travaillé dur ces trois dernières années depuis la parution de leur précédent disque, Soma (2012) déjà chez Napalm Records.
La philosophie musicale des teutons n’a pas changé, ils continuent de faire évoluer sous nos yeux un mélange hypnotique et planant entre rock psychédélique, stoner et space rock. Toujours pas de chant au programme mais une musique invitant au voyage intérieur et à la redécouverte de son être profond. MY SLEEPING KARMA s’apprécie au calme, allongé, un verre d’eau fraiche à la main. Il faut laisser infuser tranquillement les chansons, ne pas résister et s’immerger et se laisser porter par cet océan rock. Le propos des allemands se veut subtil avec cette patte old school attachante et bien maîtrisée. Moksha est assez bizarrement structuré avec six longues pièces (plus de six minutes à chaque fois) qui se voient à chaque fois complétées d’un court interlude. Ce choix n’est pas si commun pour un disque instrumental mais les allemands semblent apprécier cette formule qui comme sur Soma fonctionne encore une fois assez bien ici. MY SLEEPING KARMA évite avec talent l’écueil principal des albums instrumentaux. L’ennui et la lassitude ne se font que rarement ressentir par la variété des rythmes et des thèmes mélodiques. Plus doux et atmosphériques, les interludes font bien souvent des merveilles et certains auraient même mérité d’être plus développés comme « Interlude 2 » qui n’est pas sans évoquer la beauté et la subtilité d’un ANATHEMA.
A l’image de la très belle pochette superbement colorée (œuvre de Sebastian Jerke), Moksha s’avère être un beau condensé de talents et d’émotions. Contrairement au sombre et mystérieux Soma, Moksha se veut lumière et vous sentirez ici et là une touche presque légère et joyeuse (« Akasha »). Vous traverserez grâce à ce disque une large palette de sentiments ainsi qu’une belle énergie communicative. Nous n'en demandons pas plus. Un disque très recommandable si les albums instrumentaux ne vous donnent pas des boutons.
Oshyrya (7,5/10)
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Napalm Records / 2015
Tracklist (54:02 mn) 01. Prithvi 02. Interlude 1 03. Vayu 04. Interlude 2 05. Akasha 06. Interlude 3 07. Moksha 08. Interlude 4 09. Jalam 10. Interlude 5 11. Agni