Il faut reconnaître que les métalleux, comme tout bon artiste, possèdent une belle imagination pour rebondir et tenter à nouveau leur chance. Au jeu des groupes nés de rien et qui tentent le coup en s’appuyant sur l’aura de ses membres, voici BLACKWELDER. La dernière tentative de ce genre qui me soit passée entre les mains s’appelait SERIOUS BLACK et accouchait d’un bon album (chronique ici) avant de se déliter partiellement lors des concerts en première partie d’HAMMERFALL. Espérons à notre candidat du jour de tenir un peu plus la longueur. Donc BLACKWELDER compte dans ses rangs des figures bien connues du petit monde Power Métal : Ralf Scheepers (PRIMAL FEAR), Andrew Szus (SEVEN SERAPHIM), Bjorn Englen (DIO DISCIPLES) et Aquiles Priester (PRIMAL FEAR, ex-ANGRA). Au moins la dimension internationale est bien là avec des musiciens venant d’horizons bien différents.
Gardons bien à l’esprit que ce projet appartient d’abord au guitariste américain Andrew Szucs qui a monté le groupe pour mener à bien son œuvre. Il a su pour cela s’entourer d’une belle équipe mais il reste bien le principal compositeur et la tête pensante de BLACKWELDER. Il faut prendre ce disque comme la suite logique du Believe in Angels de SEVEN SERAPHIM, son groupe principal. Son savoir-faire dans le domaine d’un Power métal traditionnel n’est plus à démontrer et ces dix chansons en son la preuve. L’approche choisie se veut sage, rien de révolutionnaire ici. Szucs mène les débats à travers ses riffs et ses harmonies, n’hésitant pas à donner encore plus d’épaisseur au son proposé via quelques parties de claviers et une section rythmique expérimentée. Les sol ne sont pas en reste, l’américain fait admirer gentiment sa technique. Ses camarades sont au diapason, ils ont tous assez d’expérience pour fournir la prestation attendue. BLACKWELDER se plait à sortir parfois des sentiers battus Power Métal pour se tourner vers le néo-classique (« Adeturi ») ou le plus progressif (« Spaceman »).
Sans atteindre des sommets, Le quatuor international offre une solide prestation. La travail a été sérieux et appliqué et à part une production parfois un peu faiblarde, vous trouverez passer quelques moments sympathiques ici. On peut quand même s’interroger sur l’avenir du groupe tant il ressemble au projet solo de Szucs entouré de quelques mercenaires interchangeables. Nous serons de toute façon vite fixés.
Oshyrya (6,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
GoldenCore Records – ZYX Music / 2015
Tracklist (49:25 mn) 01. The Night Of New Moon 02. Spaceman 03. Adeturi 04. Freeway Of Life 05. Inner Voice 06. With Flying Colors 07. Remember The Time 08. Play Some More 09. Oriental Spell 10. Judgement Day
En faisant récemment une interview je n’en étais pas conscient mais j’allais alors faire face à l’un des représentants majeurs de la scène punk outre-Atlantique. Ayant eu une jeunesse et une adolescence calme, l’esprit de rébellion punk ne m’avait à l’époque qu’à peine effleuré à travers les groupes les plus commerciaux (on ne va citer personne histoire de ne pas se fâcher). Donc si vous êtes comme moi, après recherche, je peux vous apprendre qu’ANTI-FLAG est un groupe de punk américain formé à Pittsburgh en 1988. Ah oui, la colère et la rébellion sociale, ça conserve ! Il est remarquable de constater que contre vents et marées, le quatuor est resté fidèle à ses principes, exprimant année après année ses idées libertaires, anti-fasciste, anti-religieux et anti-nationaliste. Et dans l’Amérique de Georges W. Bush post-11 septembre, ce n’était franchement pas simple. American Spring est leur dixième album et suit de trois ans The General Strike, son prédécesseur.
Malgré le poids des années, ANTI-FLAG reste droit dans ses bottes après vingt-sept années de carrières. Les ingrédients de la recette n’est pas changé, des rythmes rapides, des riffs directs et tranchants, le tout complété d’un chant hargneux et sans fioriture de Justin Sane et Chris#2. En quelques minutes la messe est dite, les chansons dépassant rarement les trois minutes. Cette débauche d’énergie n’empêche pas ANTI-FLAG de souvent faire mouche avec des mélodies et des refrains accrocheurs. L’envie de taper du pied et de secouer la tête s’imposent assez naturellement à l’auditeur et le totrticoli est (presque) garanti. American Spring frappe d’entrée un grand coup avec un « Fabled World » enthousiasmant. Les compositions s’avèrent être du même tonneau et il est agréable de constater que les américains ont su recharger leurs batterie depuis The General Strike et n’ont rien perdu de leur vista. Ce disque contient un grand nombre de hit potentiels qui pourraient faire un malheur sur les radios rock outre-Atlantique. Les américains savent ralentir le rythme quand cela s’avère nécessaire. Cet album voit la cohabitation entre des pépites punk rapides, lumineuses et des titres plus posés. Cet équilibre offre à l’auditeur l’opportunité de reprendre son souffle entre les salves les plus directes. Une certaine lassitude finira par pointer le bout de son nez mais cela ne gâche vraiment pas le plaisir.
Intelligence et finesse sur la forme et sur le fond, difficile d’en demander plus à ANTI-FLAG. Les américains continuent de faire ce qu’ils font le mieux depuis vingt-sept ans, diffuser leurs idées et leurs valeurs à travers des chansons plaisantes et accrocheuses. Sans doute moins connu que GREEN DAY (période Dookie) dans nos contrées, le groupe soutient pourtant largement la comparaison. Alors que ces derniers se sont apparemment assagis, ANTI-FLAG continue de se battre contre l’ordre établi.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Spinefarm Records / 2015
Tracklist (40:32 mn) 01. Fabled World 02. The Great Divide 03. Brandenburg Gate 04. Sky is Falling 05. Walk Away 06. Song For Your Enemy 07. Set Yourself on Fire 08. All of the Poison, All of the Pain 09. Break Something 10. Without End 11. Believer 12. To Hell With Boredom 13. Low Expectations 14. The Debate is Over (If You Want It)
Dix albums, cela semble naturel mais finalement peu de groupes parviennent à atteindre ce chiffre symbolique. Ce n’est bien sûr pas une fin en soi mais simplement une sacrée réalisation, le résultat d’une longue carrière. Les britanniques de THUNDER viennent d’atteindre ce palier avec leur nouvel album, Wonder Days. Le groupe est forcément très familier des amateurs tant il a su imprimer sa patte depuis plus de vingt-cinq ans via de multiples succès (18 singles ont atteint les sommets des charts outre-Manche) et des disques d’or et de platine. Mais tout cela appartient à un passé révolu et THUNDER n’avait pas proposé de nouveauté depuis près de six ans (Bang! en 2008). Il était temps qu’ils se rappellent ainsi à notre bon souvenir après un split annoncé en 2009. Une réunion a lieu au High Voltage Festival en 2011 avant que les britanniques n’annoncent en Mai 2014 travailler sur un nouvel album.
Afin de mettre tous les atouts de leur côté, les britanniques ont su s’entourer d’une belle équipe. Wonder Days ainsi été enregistré aux Rockfield Studios avec Luke Morley (guitares) comme producteur. Le mixage a été confié à Mike Fraser qui a travaillé avec THUNDER au début de sa carrière sur Back Street Symphony par exemple et ensuite avec des grands noms comme AC/DC et METALLICA. Tout cela c’est bien beau mais encore fallait-il avoir onze chansons de qualité à proposer. Et de ce côté-là, THUNDER fait la preuve d’un savoir-faire et d’un talent assez évident. Cet album s’ouvre avec la chanson éponyme, rapide et épique à souhait. Les racines de THUNDER plongent évidemment dans les années 70 et cette identité-là perdure. Le label parle d’un titre Led-Zepelinesque, pas sûr que je les suive complétement sur ce chemin. Surtout que la suite comme « The Thing I Want » est beaucoup plus direct, presque pop et dansant. Cette variété est loin de me déplaire et apporte un joli vent de fraicheur sur ce disque. Le groupe alterne intelligemment les rythmes et les atmosphères pour éviter de lasser. Le pari est réussi. La base rock n’roll se voit ici et là enrichie de touches blues et soul du meilleur effet.
Après bien des péripéties à partir de 2008, THUNDER revient en grande forme avec un Wonder Days de qualité. Les britanniques rassurent ainsi leurs fans, ils n’ont rien perdu de leur talent et démontrent qu’ils ont en ont encore sous la capot. Entre de solides nouvelles chansons et une longue liste de classiques, les futures apparitions scéniques des londoniens devraient valoir le détour.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
earMUSIC / 2015
Tracklist 01. Wonder Days 02. The Thing I Want 03. The Rain 04. Black Water 05. The Prophet 06. Resurrection Day 07. Chasing Shadows 08. Broken 09. When The Music Played 10. Serpentine 11. I Love The Weekend