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Tristana – Virtual Crime

oshy_20042015_TristanaCette chronique débute sous de mauvais auspices avec deux déceptions avant même de commencer. La pochette très moche de cet album d'abord puis la cruelle constatation qu’il ne s’agit pas du nouvel opus des norvégiens de TRISTANIA. TRISTANA est originaire de Slovaquie et cette lettre en moins fait toute la différence. TRISTANA a été fondé à la fin des années 90 et tire son inspiration des atmosphères et des paysages et des montages des Carpathes. Leurs premiers pas discographiques datent de 2003 avec un premier album, Back To The Future suivi quelques années plus tard de Zircon Street. Après une longue période de silence mais pas d’inactivité en particulier sur scène aux côtés de légendes comme SCORPIONS en 2011, voici TRISTANA de retour avec un troisième chapitre, Virtual Crime.

Et le premier contact avec la musique des slovaque risque d’en laisser plus d’un dubitatif. Le groupe se plait à mélanger un chant très agressif, typé Death Métal avec un musique très mélodique, le tout saupoudré d’influences gothiques. Tous ces contrastes fonctionnent parfois mais ils laissent d’en l’ensemble une impression pas extrêmement positive. Le groupe fait de son mieux mais cela manque nettement de finition. Les compositions s’avèrent assez basiques même si quelques mélodies ou quelques refrains relèvent le niveau ici et là. Les chanteurs, en voix claire et hurlée, ne font pas des merveilles et peinent vraiment à convaincre. TRISTANA montre ses plus beaux atours sur les titres où le chant le plus agressif se fait discret comme sur « Wasted Time ». L’articulation entre les deux chanteurs s’avère être une des faiblesses des slovaques ainsi que leurs compositions pas toujours assez travaillées et abouties. Au petit jeu des comparaisons, nous pourrions faire des parallèles avec les allemands de CREMATORY mais ces derniers surpassent de la tête et des épaules TRISTANA.

Il serait injuste de rejeter en bloc ce Virtual Crime qui a quelques arguments pour lui malgré de grosses faiblesses. Et puis la scène slovaque ne dispose pas des mêmes moyens et de la même aura que bien de ses voisins. Dans le contexte européen, TRISTANA ne fait pas le poids et boxe clairement en seconde division. Mais il faut les encourager à persévérer et élever encore leur niveau de jeu.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Bakerteam Records / 2015

Tracklist (40:42 mn) 01. Ressuraction 02. Fallen 03. Wasted Time 04. Bloody Snow 05. Beg For Death 06. Jannie’s Dying 07. Killler 08. Belladonna Deadly Nightshade 09. Lost The Whole Life 10. Hunting Fever 11. Ending (outro)

De la Muerte – s/t

oshy_18042015_de_la_muertTiens encore un album d’un groupe italien de Bakerteam ou Scarlet Records enregistré par Simone Mularoni (DGM) au Domination Studio de San Marin en Italie. Ce dernier doit être un des patrons de ces labels ou en tout cas être dans leurs petits papiers tant ils assurent l’enregistrement des ¾ des groupes transalpins gérés par ces labels. Et puis après tout pourquoi pas, il est plutôt talentueux et assure aux groupe un son et une production à la hauteur. Et de l’autre côté des Alpes, ce ne fut pas toujours ainsi.

DE LA MUERTE se présente à nous avec un premier album éponyme. Les italiens évoluent dans un style hard/heavy qui se veut à la fois moderne et agressif. Les rivages d’Amérique centrale ont beau être assez éloignés, les italiens semblent avoir été ensorcelés par la culture mexicaine et les mélange entre traditions païenne et chrétienne à travers la figure de "Nuestra Señora de la Santa Muerte". Il s'agit d'une personnification de la mort, associée à des pouvoirs de guérison et protection sur cette terre et dans l’autre monde Cette sainte vénérée au Mexique et dans le sud des Etats-Unis a inspiré ce premier album et imprègne les dix « histoires damnées » qui le composent.

L’album débute sur les chapeaux de roue et vous ne pourrez pas reprocher aux italiens de mentir sur la marchandise. Ils proposent comme annoncé un métal racé, bourré de testostérone avec un côté sud-américain loin d’être désagréable. Les compositions vont directement à l’essentiel sans détour ni déviation inutile, en trois ou quatre minute la messe est dite pour notre plus grand plaisir. Le propos reste très clairement heavy métal avec la dose d’agressivité et de tranchant nécessaire tout en conservant la subtilité et l’approche mélodique du hard rock. LA paire de guitariste Gianluca Quinto et Christian D'Alessandro abattent un sacré boulot tout comme leurs camarades de la section rythmique. Joli coup de chapeau également à Gianluca Mastrangelo qui assure avec classe derrière le micro avec un chant puissant, habité et râpeux quand cela s’avère nécessaire. Il en fait parfois un chouia trop mais rien de rédhibitoire. La maîtrise technique qui émane de DE LA MUERTE en impressionnera plus d’un et vous ne devriez pas tarder à secouer la tête et taper du pied à l’écoute de ces brûlots. Les transalpins mènent cette aventure tambour battant et il faudra attendre « I'm Not A Legend » pour reprendre son souffle et apprécier le talent du groupe dans un exercice plus lent mais pas moins intéressant. La fin de l’album apparait être un peu plus fragile avec des chansons moins enthousiasmantes mais cela se pardonne aisément pour un premier album.

DE LA MUERTE se plait à utiliser toutes les ficelles du métier pour se faire connaître du plus grand nombre. Tous les clichés sont bien là sur la forme mais reconnaissons que sur le fond, les italiens proposent ici de solides chansons heavy rock à même de satisfaire les plus exigeants. Avec le beau soleil qui nous inonde depuis quelques jours, DE LA MUERTE se transforme alors en bande-annonce idéale de nos après-midi. Voici un belle entrée en matière !

Oshyrya (7,5/10)

 

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Bakerteam Records / 2015

Tracklist (42:15 mn) 01. Tequila Funeral 02. Fallen Angel 03. Silver Bullet 04. Desaparecido 05. Die 'n' Roll 06. I'm Not A Legend 07. Secret Witness 08. Malaguegna Salerosa 09. I'm Alive! 10. Sorrow

 

Temperance – Limitless

oshy_17042015_TemperancNous recevons à la rédaction ce deuxième album des italiens de TEMPERANCE et je découvre avec effroi qu’ils n’ont pas du tout tenu des remarques que j’avais formulées dans ma chronique de leur premier opus éponyme (chronique ici). Et je suis déçu, mon amour propre vient de prendre un coup, à croire qu’ils n’ont pas lu mon avis (éclairé). Vous parlez d’un manque flagrant de reconnaissance. Mais n’écoutant que mon légendaire professionnalisme, je m’attaque avec enthousiasme à l’écoute de ce Limitless.

Mais je déchante rapidement pour les raisons évoquées ci-dessus. Encore une fois, TEMPERANCE fait preuve d’un opportunisme impressionnant en intégrant dans sa musique toutes les tendances et gimmicks à la mode. Vous aimez le métal mélodique avec chant féminin ? Vous aimez AMARANTHE et le mélange entre les registres chant clair et chant hurlé ? Vous aimez les touches électro et les rythmiques martiales ? Et bien vous trouverez un peu de tout cela dans ce gloubi-boulga peu digeste et franchement racoleur. Le charme agit malheureusement et beaucoup, dont votre serviteur, se laisseront séduire à la première écoute avant de reprendre ses esprits et se rendre compte de la supercherie. Pour le premier album, nous pouvions pardonner un groupe nouveau qui cherchait son identité et un son propre. Pour le deuxième, plus de pitié, simplement le sentiment d’être pris pour un joli pigeon. Surtout qu’après quelques écoutes, le manque d’attrait et de finition finissent par sauter aux yeux. Une fois toutes les fioritures et les gimmicks retirés, il ne reste presque plus rien, des chansons sans grande âme ni intérêt. La chanteuse Chiara Tricarico offre une performance honnête qui ne parvient pas à masquer cependant la démarche peu ragoutante.

La forme est belle avec un pochette sympa signée Gustavo Sazes (ARCH ENEMY, AMARANTHE, JAMES LABRIE) et une production tout à fait honnête grâce encore une fois au musicien/producteur Simone Mularoni (DGM) dans son antre du Domination Studio à San Marin. Mais le fond convainc nettement moins. Je finirai par un petit adage : « On peut tromper une fois mille personnes mais pas mille fois la même ».

Oshyrya (03/10)

 

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Scarlet Records / 2015

Tracklist (57:24 mn) 01. Oblivion 02. Amber & Fire 03. Save Me 04. Stay 05. Mr. White 06. Here & Now 07. Omega Point 08. Me, Myself & I 09. Side By Side 10. Goodbye 11. Burning 12. Get A Life 13. Limitless