Les allemands de GLOOMBALL ne sont pas là pour rigoler et amuser la galerie. Si vous en doutiez, il vous suffira de regarder la pochette pour vous en convaincre. Le premier opus des teutons, The Distance (chronique ici) ne nous avait pas complétement convaincu, GLOOMBALL rencontrait quelques difficultés pour s’extraire de la masse des groupes rock/métal alternatif qui pullulent ces dernières années. Reconnaissons qu’ils faisaient alors preuve de sérieux et d’une belle application mais il leur manquait alors le petit plus qui change tout. Depuis la sortie de The Distance, ils ont encore gagné en expérience arpentant les routes européennes aux côtés de groupes très divers comme EAT THE GUN, EISBRECHER ou encore SALTATIO MORTIS. Les deux derniers peuvent surprendre tant les univers entre les formations semblent différents. Mais l’éclectisme n’a jamais fait de mal.
The Quiet Monster s’ouvre sur deux brûlots d’une belle efficacité, « Monster » puis « Straight to Hell ». D’entrée, les guitaristes Björn Daigger et Jossi Lenk montrent de quel bois ils se chauffent et alignent les riffs accrocheurs. La section rythmique n’est pas en reste avec un une batterie et une basse qui groove au diapason. Alen Ljubic se charge de parfaire le tableau avec son chant très expressif et ses refrains accrocheurs. Le charme agit bien et vous vous surprendrez à siffloter ces chansons assez rapidement. Dommage que la tension retombe nettement avec un « All Beauty Dies » moins convaincant, plus lent et pataud. GLOOMBALL n’excellent pas vraiment dans ce registre et l’auditeur retrouve le sourire à l’écoute des premières mesures d’un « Sirens (Die Alone) » plus énervé. Quand GLOOMBALL décide de se la jouer NICKELBACK comme sur « One More Day » ou « Towards the Sun » la mayonnaise ne prend pas vraiment et la déception prend le pas sur l’intérêt du début. Reconnaissons que le groupe parvient à nous surprendre en intégrant dans sa musique des touches inattendues comme sur les deux dernières compositions de l’album « Blood Red World » et « Blue Is Turning Into Gray ». Apparait alors un côté plus atmosphérique mettant en avant le côté accrocheur du refrain. Matthias Hechler de CREMATORY vient d’ailleurs apporter sa petite contribution sur deux chansons. Du côté de la production rien à redire, The Quiet Monster a été mis en boite par Kristian ‘Kohle’ Kohlmannslehner (CREMATORY, POWERWOLF) aux Kohlekeller Studios près de Francfort.
Cet album produit de drôles d’effet sur l’auditeur qui risque de connaître des humeurs assez variées, de l’enthousiasme au début, à la déception ensuite pour enfin finir surpris et plutôt charmé par la volonté d’innovation de GLOOMBALL sur les deux dernières chansons. Dommage qu’une moitié d’albums faite de chansons plus lentes et moins inspirées ne viennent gâcher un peu la fête. GLOOMBALL laisse entrevoir un joli potentiel mais il va falloir qu’ils cessent d’avoir le c… entre deux chaises. L'heure du choix est arrivée.
Tracklist (50:43 mn) 01. The Quiet… 02. Monster 03. Straight To Hell 04. All Beauty Dies 05. Towards The Sun 06. Sirens (Die Alone) 07. One More Day 08. Sullen Eyes 09. (Don’t) Surrender 10. Unbreakable 11. Blood Red World 12. Blue Is Turning Into Gray
L’entité internationale DARKHAUS vient se rappeler à notre bon souvenir avec un nouvel EP, Providence. Au menu de ce jour quatre nouvelles chansons histoire de nous faire encore patienter ainsi qu’une version acoustique de « Life Worth Living » et un titre live « Drive ». Reconnaissons que le groupe nous avait fait une jolie impression fin 2013 avec un My Only Shelter plus que convaincant (chronique ici). Il ne faut pas être grand clair pour deviner que cet EP annonce pour les mois à venir un nouvel album. Après tout, il devient désormais normal de voir un nouveau groupe publier un nouvel album tous les deux. Entre les tournées et le temps nécessaire de composition et d’enregistrement, ce cycle apparait sain même si les musiciens n’ont alors pas intérêt à trop se reposer sur leurs lauriers.
Les choses sérieuses débutent dès les premières secondes de « The Fire Within » entre sonorités électros et rythmiques martiales de guitares. DARKHAUS ne se casse pas la tête et a fait le choix de la simplicité dans ses mélodies, directes, accrocheuses et ses lignes de chant. L’auditeur qui aura apprécié le précédent opus sera immédiatement en terrain connu, dans la complète continuité de My Only Shelter. En plus de cette fusion réussie entre touches métal alternatif et électro, il faut aussi ajouter qu’une grande partie du charme de DARKHAUS repose sur les épaules du chanteur Kenny Hanlon. Il parvient à mettre beaucoup de conviction et d’énergie dans sa performance. « Side Effect of Love » pousse encore plus loin le bouchon vers une musique ultra accessible et facilement/rapidement consommable. En poussant trop loin dans cette direction, DARKHAUS maximise ses chances de rencontrer son public dans les pays germaniques mais risque aussi de perdre de son attrait.
En prenant un peu de recul, Providence laisse une drôle d’impression. L’auditeur risque de se pas savoir à quel saint se vouer entre le côté indéniablement accrocheur et séduisant de ces chansons et le côté commercial / prémâché / facile à écouter de l’ensemble. Etre pris par la main par DARKHAUS ne pose pas de problème, être pris pour un pigeon peut, par contre, s’avérer beaucoup plus problématique.
Tracklist (23:36 mn) 01. The Fire Within 02. Side Effect of Love 03. Providence 04. Throwing Away 05. Drice (Live in Cologne) 06. Life Worth Living (Orig. Acoustic Version)
Dan Reed, connu des spécialistes pour avoir fait partie dans le passé de DRN, s’apprête à publier son troisième effort solo, Transmission. Son groupe avait connu sa petite heure de gloire dans les années 80/90 chez Polygram dans une veine funk rock. Après bien des péripéties artistiques et un hiatus de quatre années au début des années 2000, le multi-instrumentiste remet le couvert en 2007/2008 avec un Coming Up for Air. Notre ami est un voyageur et se plait à enregistrer ses albums dans des lieux variés, tout autour du monde. Après avoir travaillé à Jérusalem et au nord de l’Inde, ce Transmission a été mis en boite à Prague. Sur ce disque, comme à son habitude, Dan Reed a pris en charge toutes les guitares, les claviers et le chant. I les accompagné du batteur turc Robert Ikiz et du bassiste suédois Bengan Jonasson. Autre spécificité, cet album est le second qu’il finance entièrement grâce à ses fans via Pledge Music.
Proposant un rock solide et mélodique, Dan Reed pourrait parvenir à toucher un large public avec ces treize nouvelles compositions. N’attendez pas ici de coup d’éclat particulier, l’approche se veut simple, directe et fleure bon le bel ouvrage, solide et appliqué. Avec presque trente ans d’expérience derrière lui, nous n’attendions pas moins de Dan Reed. Les différentes compositions tournent autour des quatre / cinq minutes et vont à l’essentiel sans trop se perdre en fioritures. Reed et ses musiciens prennent le temps de développer leur son sans excès même si quelques longueurs sont à signalées ici ou là. Tout cela reste assez gentil mais reste pourtant pas dénué de sensibilité et de charmes. Le label précise que Dan Reed a toujours eu une passion pour des groupes comme BAD COMPANY, PINK FLOYD ou FLEETWOOD MAC. Nous les croyons sur parole mais ce Transmission reste quand même assez loin de ces références. Nous sommes en présence d’un rock sympathique sans atteindre la force ou la maestria de ces modèles. J’ai eu plus l’impression de me retrouver parfois devant un album solo de Neal Morse, le côté typiquement progressif et l’omniprésence des claviers en moins.
Il n’y a pas grand-chose à reprocher à Dan Reed sinon le côté très lisse et sans aspérité de sa musique. En fond sonore d’une autre activité, voici la bande-son parfaite mais tout seul, le charme à tendance à vite s’estomper. Dans cette veine AOR / rock FM, si les chansons ne sont pas particulièrement fortes et attrayantes, on se retrouve avec des albums sympathiques mais quand même très vite oubliés. Il y a de quoi craindre que ce Transmission connaisse le même destin.
Tracklist (62:10 mn) 01. Broken Soul 02. Roll the Dice 03. Drive 04. Anywhere But Here 05. Bending the Light 06. Arm Yourself 07. Fire in the Pyramid 08. You’re All I Need 09. On the Metro 10. Ear to the Track 11. What Dreams May Come 12. Already There 13. She’s Not You