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oshy_22022015_Las_Autum_DreaIl semble que la vie serait plus simple pour nous chroniqueurs et pour les fans de rock/métal en général si les labels ne se plaisaient pas régulièrement à créer des groupes ex-nihilo en agglomérant le talent de musiciens venant d’horizons différents. Frontiers Records est le spécialiste européen de ce petit jeu mais il est loin d’être le seul, pour le pire et le meilleur. LAST AUTUMN'S DREAM qui nous occupe aujourd’hui a connu cette mésaventure puisque le projet est né de la rencontre arrangée de Mikael Erlandsson (SECRET SERVICE) et Andy Malecek (FAIR WARNING). Neuf ans après ses débuts, il ne reste que le premier sur la bateau, tous les autres ayant abandonné le navire pour se concentrer sur les autres projets (en particulier Ian Haugland, Mic Michaeli et John Leven accaparés par le comeback d’EUROPE).

Comme tout le monde le sait, la Suède ne manque pas de musiciens talentueux et voici donc LAST AUTUMN'S DREAM de retour avec Erlandsson et de nouveaux camarades de jeu: Nalley Påhlsson (TREAT, THERION) à la basse, Jamie Borger (TALISMAN, TREAT, SECRET SERVICE) derrière les fûts et enfin Peter “Pac” Söderström à la guitare. Et tout ce beau monde sait de quoi il parle en publiant un Level Eleven solide. Il faut reconnaître que la majorité des titres proposés ici tiennent très bien la route dans un style rock mélodique hyper accrocheur et facile d’accès. L'audituer risque de tomber d’entrée sous le charme de ces ritournelles très catchy comme « Kiss Me » qui ouvre l’album. Après un riff super mastoc, la douceur émerge, Erlandsson prend l’auditeur par la main et l’entraine avec lui de sa voix rock et éraillée. Le chanteur éclabousse de sa classe et de son savoir-faire cet album. On croirait parfois entendre Johnny Gioeli (AXEL RUDI PELL), une belle référence. Les compositions se veulent directes et efficaces, calibrées pour avoir un impact immédiat et rentrer dans le crâne en une écoute. L’ensemble prend parfois l’option d’un rock très mielleux et le sucré, dommage que LAST AUTUMN'S DREAM soit ainsi tombé dans la facilité avec un « Fight The World » ou un « I'll B There 4 U » pas loin du ridicule avec ces « ouh ouh ouh » assez malvenus.

Level Eleven a été mis en boite aux XTC Studios de Stockholm sous la houlette du producteur Ulf Wahlberg. (SECRET SERVICE). Avec Erlandsson, ce dernier n’a rien laissé au hasard et aura su construire un album propre et bien pensé. L’album commence extrêmement bien mais l’enthousiasme ne dure malheureusement pas devant l’alternance de titres trop faciles ou trop mièvres. Il n’y a pas ici mensonge sur l’étiquette les chansons sont aussi festives, sucrées et colorées que le suggère la pochette. Mais c’est surtout votre taux de cholestérol qui risque d’atteindre des sommets.

Oshyrya (06/10)

 

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AOR Heaven / 2015

Tracklist (50:34 mn) 01. Kiss Me 02. Follow Your Heart 03. Fight The World 04. I'll B There 4 U 05. Losing You 06. Go Go Go – Get Ready For The Show 07. Delirious 08. Made Of Stone 09. Stick Around 10. Star 11. PLZ (+hidden track)

oshy_22022015_Whe_Reaso_CollapsJ’étais dans de très bonnes dispositions à l’aune de l’écriture de cette chronique. La pochette de cet album de nos compatriotes de WHEN REASONS COLLAPSE s’avère très soignée, la photo du groupe montre des musiciens confiants et sûrs de leur fait. Les t-shirts ANAAL NATHRAKH et surtout GOJIRA portés par certains n’étaient cependant pas très rassurant pour votre serviteur. Moi qui aspirait au calme et l’harmonie, je doute de les trouver avec Dark Passengers, leur premier album.

Fondé en 2008 au sud de Paris (Essonne), WHEN REASONS COLLAPSE propose un mélange détonnant entre métalcore et deathcore sans que ces étiquettes ne parviennent à résumer la démarche du groupe. Les influences sont multiples et enrichissent le son des franciliens. Même si cela devient de plus en courant, saluons la présence d’une femme derrière le micro. Cristina ne craint pas la comparaison avec ses camarades masculins et donnent tout ce qu’elle a dès les premières secondes de « No Time for Regrets ». Le répit n’aura duré que quelques courtes secondes, histoire que la machine s’échauffe via une courte introduction instrumentale. Le résultat est disons… impressionnant d’énergie et d’agressivité. Le groupe semble avoir fait sien le slogan « pas de quartier ». Histoire de bien tabasser l’auditeur (qui en redemande) le duo de guitariste Julien et Thierry s’en donnent à cœur joie et tricotent à toute vitesse des riffs bien saignants. Âmes sensibles s’abstenir.

La section rythmique composée de Michaël à la basse et Guillaume à la batterie n'est pas en reste et enclenche d’emblée l’accélérateur, à l’unisson de leurs camarades. Etrangement, les guitares tissent une tapisserie bourrée d’agressivité mais les musiciens font preuve d’une belle technique pour rendre tout cela presque mélodique. Le chant vient contrebalancer cette touche plus accessible histoire de remettre les pendules à l’heure. Les changements de rythmes apportent une variété intéressante au sein d’une même chanson. Le groupe se plait à surprendre avec par exemple l’intro plus classique, posée d’un « When Reasons Collapse » ou via une longue composition à tiroir comme « Anesidora ». Bien joué ! Le son de Dark Passengers s’avère très bon, à la fois puissant et limpide, mettant en valeur la contribution de chacun des membres du quintet. Dommage que quelques titres plus clichés et moins intéressants comme « Past In Peace » ou encore « Breaking the Silence » ne fassent retomber la mayonnaise sur la longueur.

Pour un premier album, Dark Passengers montre un WHEN REASONS COLLAPSE solide et motivé, en pleine possession de ces moyens. Saluons la performance de chacun et en particulier de Cristina qui risquent d’en surprendre plus par la puissance et l’agressivité qu’elle parvient à générer. De nombreux concerts s’annoncent pour les semaines à venir un peu partout en France. Tentez votre chance, vous ne devriez pas le regretter !

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (39:37 mn) 01. All Roads Lead to Chaos 02. No Time for Regrets 03. Breaking the Silence 04. When Reasons Collapse 05. Past In Peace 06. Come To Me 07. Our Way to Oblivion 08. Doomsday 09. Bitterness and Grief 10. Anesidora 11. Dark Passenger

Frosttide – Blood Oath

oshy_22022015_FrosttiLe premier contact est souvent décisif, le coeur parle bien souvent avant la tête. Si un album se jugeait uniquement à son intro instrumentale, les finlandais de FROSTTIDE se positionneraient d'emblée tout en haut dans mon classement 2015. Je devine que beaucoup d'entre vous font déjà la moue en lisant ces quelques lignes, argumentant qu'une courte piste instrumentale, même soignée, restait bien accessoire. Et vous auriez raison, cette entrée en matière réussie est loin d’être vitale mais cela permet de mettre l’auditeur dans de bonnes dispositions alors qu’il s’apprête à découvrir un nouveau groupe. Nouveau groupe oui, pour votre humble serviteur, car les finlandais avaient jusqu’à présent échappés à mon radar. Pour vous (et moi) rappelons que FROSTTIDE est un quintet né en 2009 en Finlande sous l’impulsion de Joni Snoro (chant & guitares). Ils comptent déjà plusieurs sorties à leur actif avec deux EPs en 2010 puis en 2012 et finalement un premier album, Awakening, publié en 2013 déjà chez NoiseArt Records. Fort sde ces expériences, les voici de retour avec un second opus, Blood Oath. Ils ont eu récemment l'occasion de taper dans l’œil de certains d'entre vous en assurant la première partie d’ENSIFERUM dans l’hexagone. Il existe d’ailleurs quelques ressemblances entre les deux formations, à croire que les FROSTTIDE ont pris consciencieusement des notes concerts après concerts.

Pour être honnête avec vous, amis lecteurs, je n’attendais pas grand-chose de ce nouveau groupe tant les formations pullulent dans ce genre depuis le succès commercial de la scène dite "de Göteborg". Les cartons des albums d’IN FLAMES et autres SOILWORK ont créé bien des vocations pour un métal très mélodique conservant quelques (rares) touches extrêmes (au niveau du chant). Les mauvaises langues diraient que FROSTTIDE bouffent à tous les râteliers en évoluant dans une veine epic/dark/folk métal (rayez les mentions inutiles). La touche folk s'avère prégnante, le succès d’un KORPIKLAANI ne doit pas y être totalement étranger. Ne vous méprenez pas, je ne dis pas que les finlandais ne sont que d’infâmes opportunistes, ils assurment leurs choix et reconnaissons qu'ils ont eu le courage de se lancer.

Et ils ont bien eu raison de le faire tant ils montrent ici un vrai talent pour proposer des titres très accrocheurs, mélodieux et mon enthousiasme est monté crescendo au fur et à mesure des écoutes. FROSTTIDE me rappelle beaucoup WINTERSUN et c’est un excellent signe tant Time I (chronique ici), le dernier album de ces derniers constituent mon disque de chevet depuis sa sortie. Disons que FROSTTIDE reste un peu plus direct et moins orchestral. Vous trouverez dans le deux cas un talent solide pour mélodies catchy à souhait. WINTERSUN conserve ma préférence mais nos petits jeunes défendent crânement ses chances. L’originalité n’est pas la première qualité de ces deux groupes, vous trouverez de nombreuses ressemblances avec d’autres formations, surtout scandinaves, surtout le travail soigné est sérieux, très soigné. Le son s’avère comme d’habitude irréprochable et met en valeur la subtilité des compositions. Même un titre fleuve comme « New Reign », avec ses onze minutes au compteur, passe bien alors que nous aurions pu craindre le pire.

Vous l’aurez compris votre serviteur est heureux à cet instant, il prend son pied à l’écoute de Blood Oath. La pochette s’avère elle aussi à la fois simple et sympathique. Comme les allemands de WORDS OF FAREWELL par exemple, FROSTTIDE s’impose comme un challenger solide et inspiré pour les déçus du dernier IN FLAMES. Il est toujours rassurant de constater que les petits jeunes peuvent parfois venir botter les fesses des plus expérimentés.

Oshyrya (08/10)

 

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NoiseArt Records / 2015

Tracklist (46:21 mn) 01. Prologue 02. Blood Oath 03. Gates Of The Asylum 04. Fate Redefined 05. Traitor Within 06. Foreshadow 07. New Reign 08. Winds Of The Winter ́s Call