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U.D.O. – Decadent

oshy_01022015_UDIl est rassurant et sain d’avoir une référence solide à l’aune de laquelle comparer et mesurer le talent des uns et des autres. Le personnage aura toujours ses détracteurs mais même les plus ronchons devront avouer qu’Udo Dirkschneider (ex-ACCEPT) fait partie de ces maîtres étalons du heavy métal à l’allemande. Il le prouve une fois de plus en publiant son quinzième album, Decadent, avec son groupe. Cette longévité force le respect. Et quand on voit la longue liste de villes visités lors de la tournée à venir, on se dit que cette aventure débutée il y a quarante ans de cela n’est pas prête de s’arrêter.

Decadent reprend les choses là où Steelhammer (chronique ici) les avait arrêtées en 2013. N’attendez aucune surprise ni innovation dans la musique proposée. Chacun des membres du groupe a contribué à la composition de ces douze nouvelles chansons mais le cap est fermement tenu par Dirkschneider himself. Vous n’aurez donc rien d’autre que du pure heavy métal teuton à vous mettre sous la dent avec les riffs bourrins et les rythmiques souvent pas très subtiles de rigueur. Et cerise sur le gâteau, ne pas oublier d’ajouter un chant criard et plutôt limité histoire de parfaire le paysage. Nous serons nombreux à regretter cette absence de progression et ce recyclage systématique des mêmes recettes mais comme je le disais en intro, U.D.O. est avant tout apprécié pour cela. Il n’y a aucune raison qu’il change surtout que son public se trouve beaucoup, en dehors de l’Allemagne, dans l’Europe Centrale, Orientale et en Russie où les fans semblent particulièrement friands de ce genre de douceurs. Decadent n’échappe pas à la règle communément admise concernant U.D.O., une fois son quota de pure heavy métal atteint, la lassitude apparait rapidement et la deuxième partie de l’album sonne plus poussive et peine à convaincre. Dirkschneider s’est entouré de la même équipe que sur Steelhammer pour mettre en boite Decadent. L’album a été produit par le chanteur et Mattes Pfeiffer en collaboration avec Fitty Wienhold. Les chansons ont été enregistrées aux Double U studios puis mixé par Pfeiffer à Wilhelmshaven avant que Jacob Hansen ne se charge finalement du mastering. Comme d’habitude, Deutzche Qualität, rien à redire de ce côté-là.

Les fans auront douze (voir quatorze pour l’édition limitée) nouvelles friandises à leur disposition grâce à ce Decadent. L’album qui atteint facilement les standards habituels du groupe et se place naturellement dans la longue discographie des allemands. Aucune surprise à l’horizon au plaisir de certains et au désespoir des autres. Mais après quarante ans de carrière, l’inverse serait surprenant.

Oshyrya (06/10)

 

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AFM Records / 2015

Tracklist (59:30 mn) 01. Speeder 02. Decadent 03. House Of Fake 04. Mystery 05. Pain 06. Secrets In Paradise 07. Meaning Of Life 08. Breathless 09. Under Your Skin 10. Untouchable 11. Rebels Of The Night 12. Words In Flame

Thulcandra – Ascension Lost

oshy_01022015_ThulcandrVous vous souvenez tous de votre première fois, du pic émotionnel que vous avez alors connu, de la peur de mal faire et de ne pas être à la hauteur de l’enjeu. Vous étiez alors tout rouge et cela avait bien du mal à entrer. Et puis tous ces cris, dur dur quand ce n'est pas son habitude… Et bien ce jour est arrivé pour moi, me voici en train de rédiger ma première chronique de Black Métal (vous pensiez à quoi gros déguelasses ?). Alors les plus connaisseurs diront qu’il s’agit d’un gentil Black Métal avec les allemands de THULCANDRA et ils auraient raison. Dans le genre, il y a bien pire pour mes oreilles chastes de progeux. THULCANDRA est originaire de Munich et l’aventure a débuté en 2003 par les guitaristes Steffen Kummerer et Jurgen Zintz. Avant ce nouvel opus, ils comptent déjà deux albums à leur tableau de chasse: Fallen Angel’s Dominion (2010) et Under a Frozen Sun (2011).

Malgré quatre années de silence, le style des allemands resurgit naturellement après quelques minutes. Dès « The First Rebellion », les amateurs retrouveront ces riffs leads atmosphériques, ces rythmiques tranchantes et sombres et enfin cette batterie endiablée. Loin de foncer dans le tas, THULCANDRA n’hésite pas à varier les plaisirs et les atmosphères pour tisser une ambiance mélancolique, emprunte d’un certain recueillement. Ajoutez à cela le chant extrême de Kummerer et vous obtenez des compositions protéiformes franchement séduisantes. THULCANDRA respecte les fondamentaux du Black Métal tout en conservant ce petit côté mélodique qui pourra séduire un plus large public. Les allemands savent faire preuve d’une belle subtilité lors des quelques interludes instrumentales ou pendant ces breaks nichés au cœur de certaines compositions. Nous sommes loin du rouleau-compresseur sans âme de certains groupes extrêmes. L’obscurité possède toujours un côté fascinant et séduisant pour peu que la prise de contact ne soit pas trop rude.

THULCANDRA fait le boulot et propose ici un album solide et appliqué. Tout n’est cependant pas parfait, la lassitude pointe rapidement le bout de son nez pour les petits nouveaux comme votre serviteur. Ils restent d’évidence un cran en dessous des ténors du genre. Il manque quand même le brillant, les orchestrations lumineuses et d’un DIMMU BORGIR ou d’un BEHEMOTH pour espérer aller encore plus haut. Surtout pour les boétiens peut habituer à ce genre de friandises.

Oshyrya (07/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (45:53 mn) 01. The First Rebellion 02. Throne of Will 03. Deliverance in Sin and Death 04. Demigod Imprisoned 05. Interlude 06. Exalted Resistance 07. The Second Fall 08. Sorrow of the One 09. Ascension Lost 10. Outro

oshy_01022015_Sto_Cir_Fuz_OrchJe suis pris d’un certain malaise au moment d’écrire cette chronique de premier album des italiens de STONE CIRCLES FUZZ ORCHESTRA. La musique n’est pas la cause de ce sentiment, le rock du groupe s’avère sympathique mais ne devrait pas non plus déchainer l’enthousiasme du public. Par contre le fatras idéologique qui entoure ce disque pose bien des questions. Le groupe affirme haut et fort travailler en 432 Hz et il vous suffit de taper ces mots sur internet pour tomber sur des théories conspirationnistes plus discutables les unes que les autres. Au hasard, vous trouverez un complot nazi visant à déshumaniser le genre humain à travers l'adoption sournoise de la fréquence des 440 Hz. Ajoutez à cela des théories qui disent que le 432 Hz est la fibration fondamentale de l’univers ou de la pyramide de Kheops ou des temples Inca ou… et vous devinez que tout cela pousse à la plus grande méfiance.

Restons donc sur la musique proposée par cette jeune formation créée début 2013 à Florence en Italie sur les cendres du groupe TEN JAM. Ses membres ont déjà fait leurs classes au sein de la scène underground de l’autre côté de Alpes et accumule collectivement une solide expérience. Ils font avec ce premier album éponyme leurs premiers pas via le label This is Core. Les chansons contenues sur ce disque s’inscrivent dans la grande tradition du rock n’roll avec de multiples influences stoner / psychedelic et alternative rock. Les guitares tissent les ambiances et créent une atmosphère à la fois lourde et pesante. Le rythme reste en général mid-tempo, il installe un drôle de sentiment entre riffs heavy et sons psychédéliques. La magie opère et plonge l’auditeur dans une drôle de léthargie. Samuele Camiciottoli, derrière le micro, doit faire face à de grosses responsabilités pour insuffler une âme et l’ensemble. Il s’en tire avec les honneurs par une interprétation pleine de conviction. Quand il montre un visage plus rock classique comme sur « Moonnaa » ou « Midway Upon the Journey of Our Life » STONE CIRCLES FUZZ ORCHESTRA s’approche avec talent d’un QOTSA. La production du disque s’avère solide bien qu’assez brute et râpeuse. Dommage que le disque soit si court avec à peine trente-six minutes au compteur et une dernière chanson limite remplissage.

Les pseudos théories concernant un vaste complot de Goebbels gâchent un peu le plaisir à l’écoute de ce premier album des italiens. Ils ont le droit de croire à ce qu’ils veulent mais dès que les nazis rentrent dans l’équation, le dérapage n’est jamais loin. La musique proposée ici est tout à fait honnête et pourra plaire aux amateurs des beautés rock stoner et psychédélique. Tout le reste n’est que littérature et n’a rien à faire dans ces pages sous peine de rapidement constater la véracité de la loi de Godwin.

Oshyrya (05/10)

 

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This Is Core / 2015

Tracklist (36:26 mn) 01. Death for Dummies Vol. 2.0 02. Death for Dummies Vol. 1.0 03. Greedy Monkeys 04. Moonnaa 05. Midway Upon the Journey of Our Life 06. God's Hangover (L'ottavo giorno Dio si svegliò) 07. How to approach+bonus track finale something