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Philip Sayce – Influence

Sayce - InfluenceLe visuel de cet album dit quasiment déjà tout de ce que vous trouverez à son écoute. Dans une veine visuelle proche de Peace Machine paru en 2009, le guitariste canadien d’origine galloise continue d’explorer des paysages ésotériques et surtout psychédéliques tout droit venus des années 70. Plus que jamais, l’ombre d’un Jimmy Hendrix plane lourdement sur cet album. Et c’est loin d’être un défaut car Sayce agit toujours avec délicatesse, respect et grand talent. Armé de sa technique, de son inspiration et de son expérience, Philip Sayce revient cette année avec son sixième album solo. Il a commencé à jouer dès l’âge de seize ans dans les clubs de Toronto et a su se forger une belle identité musicale en tournant dans le monde entier aux côtés de Jeff Healey ou plus récemment Melissa Etheridge par exemple.

Et encore une fois une des grande force du guitariste c’est de proposé de vraies chansons. Alors oui dit comme cela on peut trouver cette affirmation idiote mais vous trouverez tellement de musiciens qui, une fois en solo, en font des tonnes entre la démonstration technique et la masturbation emprunte d’ego, qu’il est rafraichissant de constater qu’Influence propose treize chansons certaines originales (cinq) et également des reprises (huit). En quatre ou cinq minutes à chaque fois, Sayce évoque une époque que les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connue. Le titre d’ouverture, « Tom Devil » est gorgée de ce feeling psychédélique et de cette ambiance sonore, typique des années 70. Le jeu de guitare est très impressionnant, le savoir-faire est indéniable. Sayce rend hommage aux racines de la musique qu’il aime, là d’où vient beaucoup de notre musique rock occidentale. Revenir aux origines face au vite-consommé/vite- jeté de la période contemporaine est rafraichissant. Trouver de la nouveauté dans une musique vieille de plusieurs décennies, Sayce n’est pas un à un paradoxe près. Et le plus jouissif pour lui reste que ses propres chansons, composées avec Dave Cobb, ne jurent pas avec ces titres de Little Richard ou Graham Nash, elles forment toutes un ensemble cohérent. Il faut saluer le travail du guitariste sans oublier la performance, remarquable, du chanteur.

Avec ce disque, Sayce met cartes sur table et nous ouvre une partie de son univers. Voilà ce qu’ils aiment, ces influences, d’où il vient. Et à partir de cela, voici où il va à travers ses propres compositions. Cet album aura au moins la grande vertu de faire redécouvrir à beaucoup des titres forts mais trop souvent oubliés. Un bel hommage.

Oshyrya (07/10)

 

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Provogue – Mascot Label Group / 2014

Tracklist (41:23 mn) : 01. Tom Devil 02. Out Of My Mind 03. Sailin' Shoes 04. I'm Going Home 05. Fade Into You 06. Blues Ain't Nothin' But A Good Woman On Your Mind 07. Green Power 08. Better Days 09. Easy On The Eyes 10. Evil Woman 11. Triumph 12. Light Em Up 13. Peace In The Valley

Free Key Bit Chess – Havoc

oshy_11112014_Fre_Bi_Ke_ChesAmis esthètes bienvenus dans la nouvelle émission proposée par la rédaction de Métal Chroniques. Notre sujet du jour, métal et poésie une cohabitation inattendue à travers l’exemple concret du groupe allemand FREE KEY BIT CHESS et de son nouvel album, Havoc.

D’abord un petit portrait mieux connaître ce groupe sympathique: L’aventure a débuté en 1995 à Munich sous l’impulsion de Steiff (chant), Harry (batterie) et Chris (basse). Leur objectif était simple, proposer un rock de caractère, fait maison. Après moult recherches et changements de line-up, deux EPs autoproduits voient le jour en 1997 et 2001 avant que nos amis ne se lancent dans le grand bain avec Kiss My Ass en 2007 chez Bad Land Records. Et là, déjà, sagace téléspectateur, tu auras perçu la poésie sous-jacente qui sert de fondation à l’œuvre de FREE KEY BIT CHESS. Quand on sait que les fans qualifient affectueusement le groupe de « bitches », tout est dit… Ils refont parler d’eux en 2008 avec demo-lition et depuis, plus rien. Mais ouf, les voici de retour avec un deuxième LP complet, Havoc.

Je ne voudrais pas jouer au prude et au rabat-joie de service mais j’ai du mal à m’enthousiasmer pour cet album et ce groupe. Dans une veine thrash / métal old school, les chansons proposées me paraissent bien clichées et plutôt fadasses. Les riffs n’ont pas grande subtilité, déjà entendus des centaines de fois et les refrains ne parviennent majoritairement pas à accrocher l’oreille de l’auditeur. Alors bien sûr il faut rester indulgent avec ce groupe local qui se fait avant tout plaisir mais face aux grosses cylindrées et à l’engorgement du marché actuel, les allemands n’ont que peu de chance de se faire leur trou. Un « Me Against the World » et un « Emetic » surprennent agréablement. Les chansons s’enchainent sans grâce et même si FREE KEY BIT CHESS fait preuve d’une certaine maîtrise technique, le soufflé retombe presque invariablement. Quelques bonnes idées émergent ici et là mais cela reste trop fragile pour mériter des éloges.

A force d’écoutes et de patience, une petite lumière finira par jaillir de ce Havoc. Mais il aura fallu faire preuve de beaucoup de patience. Dans notre société de consommation immédiate, je ne suis pas sûr que beaucoup seront prêts à faire cet effort. Il faut saluer le travail fourni ici mais également souligner la naïveté et le manque de d’originalité de l’ensemble. La passion nourrie la flamme de FREE KEY BIT CHESS et cela reste le plus important.

Oshyrya (05/10)

 

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Soul Food Music / 2014

Tracklist (53:02 mn) 01. I Bleed… You Die 02. Me Against the World 03. Letters and Cyphers 04. Piece of the Action 05. Asylum 06. The Reliever 07. Pure Fuckin' Mayhem 08. Testify 09. Emetic 10. Silence so Loud

Maxxwell – Tabula Rasa

oshy_11112014_MaxxweVu de ce côté-là de la frontière et si on se fie qu’aux clichés, la scène rock métal helvétique pourrait prêter à sourire. Et pourtant nos amis helvètes auraient bien des leçons à nous donner avec un public profondément amateur comme nous de sensations fortes et un paquet de groupes confirmés ou en devenir. MAXXWELL vient se positionner avec Tabula Rasa parmi ces formations à surveiller et pourrait peut-être bientôt commencer à souffler dans le coup des GOTTHARD et KROKUS.

Sans qu’ils s’étalent longuement sur le sujet, on comprend rapidement à la lecture du site internet du groupe que ce nouveau disque revêt une grande importante à leurs yeux. Le titre choisi est lui aussi assez parlant. En effet, MAXXWELL ne présente désormais à nous avec une nouvelle voix. Exit Nobi Suppiger et welcome Gilberto Meléndez derrière le micro… Dans ce style hard rock de caractère, le chant doit insuffler une âme aux chansons et ce changement de personnel est loin d’être anodin.

Tabula Rasa commence sous les meilleurs auspices avec des titres forts et rapides « Partykings » et « Fuck It ! ». Et le petit nouveau, totalement inconnu, rassure d’entrée et offre une très belle prestation. Sa voix s’avère chaude et puissante dans un registre beaucoup moins éraillé et donc moins tape sur le système que son prédécesseur. Fondamentalement la recette musicale n’a pas changé et les suisses ont déjà largement prouvés qu’ils savent faire. Le talent est là pour jeter en pâture aux fans des chansons fortes, à la fois bourrées d’énergie et franchement attrayantes avec des mélodies et des refrains qui claquent. Les lucernois enfoncent le clou avec ce troisième album qui les voit reprendre du poil de la bête après un All in (2011) un peu trop convenu. Là on sent un effort pour souligner le fond et la forme avec des compositions plus abouties, plus travaillées.

Pas de révolution à l’horizon, les influences hard rock US restent largement présentes mais MAXXWELL a su continuer à évoluer et gagner encore en maitrise et maturité. Avec un chanteur venu de nulle part mais très talentueux comme Gilberto Meléndez, les suisses ont pris un risque mais ils en récoltent maintenant les fruits avec un album réussi et convaincant. Autant la forme (pochette) de ce disque est convenue et tristoune autant le contenu dégage couleurs et lumière. Ouf, l’essentiel est sauf.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Soul Food Music / 2014

Tracklist (54:47 mn) 01. Partykings 02. Fuck It ! 03. Nothing Changes My Mind 04. Trails Of Hate 05. Cause I'm Loving It 06. Gone Forever 07. Fallin Down 08. Man Of Steel 09. Never Let You Go 10. On Your Face 11. Backstabber 12. Run Or Hide