On peut dire que les allemands de ZODIAC ne chôment pas et qu’à peine un an environ après la sortie de A Hiding Place (chronique ici), les voici déjà de retour sous nos cieux avec un nouvel album dans la musette, le troisième, Sonic Child.
Les ingrédients de base de la recette n’ont pas changé, une base rock avec ici une touche de blues ou encore là une pincée d’épices rappelant un bon hard-rock des familles. A partie de cette base tout est possible, les nuances sont infinies comme le prouve tous ces groupes depuis quarante ans. Que ce soit les parrains de LED ZEPPELIN, DEEP PURPLE ou THIN LIZZY ou les jeunots de GRAVEYARD, BLUES PILLS ou RIVAL SONS, ils font tous parler leur talent et leur caractère pour nous concocter des chansons attrayantes à coups de riffs virils et de rythmiques puissantes. Ajoutez à cela un chant très expressif de Nick van Delft et vous comprendrez que le quatuor de Münster possède de beaux arguments pour vous convaincre. ZODIAC tente de concilier le meilleur de deux mondes, un rock très ancré dans les seventies magnifié par la technologie pour obtenir un son à la fois riche et limpide. L’approche est évidemment assez rétro et les plus chagrins conseilleront de revenir aux fondamentaux et aux groupes classiques cités ci-dessous. Difficile de leur donner complétement tord même si ZODIAC dépoussière un peu le genre et lui donne un son moderne à même de faire découvrir les charmes de ce rock inspiré aux plus jeunes.
L’écoute de cet album est un processus naturel, une expérience apaisante, sans anicroches. Les teutons ont su varier les plaisirs et l’auditeur tendra plus d’une fois l’oreille à l’écoute de cette intro surprenante qui évoquerait presque le groupe électro français AIR, des titres rapides et foncièrement rock comme « Swinging On The Run » ou encore des respirations plus calme comme « Sad Song ». Chacun pourra trouver son plaisir, simple, sur Sonic Child.
Oshyrya (07/10)
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Napalm Records / 2014
Tracklist (52:25 mn) 01. Intro: Who I Am 02. Swinging On The Run 03. Sonic Child 04. Holding On 05. Sad Song 06. Out Of The City 07. A Penny And A Dead Horse 08. Good Times 09. Rock Bottom Blues 10. Just Music
Les débuts de LIVINGSTON ressemble à un conte de fée avant que la réalité du music business ne rattrape les britanniques et ne les ramène douloureusement sur terre. L’aventure a commencé à Londres en 2002 avant que le groupe ne décide déménager à Berlin en 2008 pour progresser. Choix judicieux puisque l’année suivante ils signent avec la major Universal Music. Un premier album, Sign Language, voit rapidement le jour et se classe d’emblée dans le Top 20 outre-Rhin. Le buzz se crée également sur iTunes puisque ce disque devient la révélation de l’année sur la plateforme musicale. Les bonnes choses s’enchainent alors avec une tournée à guichets fermés et une importante diffusion du single « Broken » sur les ondes.
Deux ans plus tard, alors que les britanniques travaillent sur un second opus, Fire to Fire, en compagnie du célèbre producteur rock David Bottrill (MUSE, PLACEBO, TOOL), LIVINGSTON déchante rapidement, forcés de faire des compromis entre leur envies et les injonctions de leur label qui entend bien contrôler artistiquement ses poulains pour répondre aux besoins du marché. Ils accouchent donc d’un disque de compromis qui ne satisfait personne et qui ne rencontre pas le succès espéré. Un peu traumatisés par les réalités de l’industrie du disque, LIVINGSTON coupe les ponts avec son label et décide de toute reprendre à zéro. Désormais chez Long Branch Records, les britanniques s’enferment dans une maison de chasseurs au milieu des bois et composent, enregistrent, produisent et mixent tous seuls sans aucune intervention extérieure. De cette démarche nait ce troisième album, Animal, à la fois sincère et rafraichissant.
LIVINGSTON ne renie pas son identité et continue d’explorer cette veine rock alternatif dans la continuité de ses deux précédents opus. Mais cette fois-ci ils ont laissé leur inventivité et leur inspiration parler sans que des considérations commerciales ne rentrent en jeu. L’auditeur sera frappé à l’écoute de ces treize chansons par l’intensité et la profondeur de la musique proposée. Franchement Animal impressionne par son intelligence et sa finesse. Le feeling est assez bluffant et les britanniques font preuve d’une sacré maitrise, d’une vraie classe. Les compositions sont assez complexes, très touffues tout en restant accessibles. Elles nous parlent directement au cœur et à l’âme, cette immersion dans cet océan musical se transforme en un voyage initiatique et enrichissant. Dans la lignées des KARNIVOOL, DARK AGE et JOLLY, LIVINGSTON frappe un grand coup avec Animal. Il est franchement périlleux d’essayer de résister à un « When It Goes Away » et son refrain entêtant ou à un « Chemicals » à la foi subtil et débordant d’énergie.
Vous l’aurez compris j’ai été conquis et charmé par le talent de LIVINGSTON, la profondeur et la grâce qui se dégage de ces chansons finement ciselées. Si vous cherchez quelques rayons de soleil parmi tous ces nuages, LIVINGSTON pourrait vous apporter de belles satisfactions.
Oshyrya (8,5/10)
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Long Branch Records – SPV / 2014
Tracklist (57:17 mn) 01. Intro 02. When It Goes Away 03. Big Mouth 04. Chemicals 05. Time Bomb 06. Skin & Bones 07. The Hunter 08. Opposite Tracks 09. In My Head 10. Into The Rain 11. Reckless 12. Human 13. Animal
Nous n’allons tourner des heures autour du pot, le premier contact de votre serviteur avec MACHINAE SUPREMACY a été tout simplement catastrophique. En effet le clip de « Beyond Good and Evil » (ici) est assez peu esthétique mais surtout la chanson qu’il illustre est tout simplement risible. J’ai cru qu’il s’agissait d’une blague potache, d’une pauvre chanson finalisée en trente minutes par un nostalgique pas très doué du Commodore 64. Et bien non, ce groupe existe réellement et semble croire sérieusement en son potentiel. Incroyable. Ajoutez à cela la machine de guerre commerciale constituée par Spinefarm et Universal et vous découvrez l’ampleur du problème.
Je découvre estomaqué sur internet que MACHINAE SUPREMACY n’en est pas à son premier méfait puisque les suédois existent depuis presque quinze ans et comptent déjà cinq albums à leur tableau de chasse. Leur style est un mélange entre du hard rock mélodique et bitpop. Ils ont été largement inspirés par les musique des premiers jeux vidéo, notamment sur Commodore 64 avec le processeur de musique SID, qu'ils utilisent d'ailleurs en instrumentation. Ils reprennent aussi dans leur répertoire des classiques des musiques de jeux connus composés sur ce même ordinateur. Avec tout cela, je devrais adorer MACHINAE SUPREMACY comme j’adore WELLE : ERDBALL (chronique ici) qui utilise une approche assez similaire, la touche métal en moins.
Et pourtant (presque) rien sur Phantom Shadow n’a trouvé grâce à mes yeux. Les chansons s’avèrent plates, sans âme, bêtement calibrées pour plaire à un large public de geeks décérébrés en fond sonore d’une partie de League of Legends. Le chanteur est affligeant avec cette voix fluette et sans puissance. La musique est faible et ces touches rétro utilisant des sons typiques du C64 n’apportent aucune valeur ajoutée. Moi un geek, un vieux con ayant connu ce chapitre de l’histoire des loisirs vidéo-ludiques j’aurais dû sourire et apprécié cette touche de nostalgie. Mais c’est ici tellement mal fait que quasiment chaque chanson se vautre lamentablement. « Europa » et sa jolie mélodie sauve les meubles et évite le naufrage intégral. Le reste louvoie entre le passable et le très mauvais.
La sentence est impitoyable mais elle s’impose d’elle-même. Phantom Shadow est un album complétement raté, une caricature, un mariage indigeste entre métal et tendances geek rétro. Mais si c’était une blague, elle ne serait franchement pas drôle. A trop vouloir surfer sur les modes et les tendances MACHINAE SUPREMACY s’est perdu corps et âme.
Oshyrya (02/10)
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Spinefarm Records / 2014
Tracklist (67:06 mn) 01. I Wasn't Made for the World I Left Behind 02. The Villain of this Story 03. Perfect Dark 04. Europa 05. Throne of Games 06. Meanwhile in the Hall Of Shadows 07. Phantom Battle 08. Captured (Sara's Theme) 09. Renegades 10. Beyond Good and Evil 11. The Second One 12. Redemption Was Never Really My Thing 13. The Bigger They Are the Harder They Fall 14. Versus 15. Mortal Wound (Skye's Requiem) 16. Hubnester Rising