Décidemment il n’y a pas de justice en ce bas monde. Votre serviteur se retrouve seul chez lui avec la crève à écouter un album italien improbable alors que notre dictateur adoré prépare ses bagages pour se la couler douce sous le soleil du Maroc et que notre tubercule pourfendeur de daubes made in France pouponne et s’occupe de son nouveau-né.
J’ai beau avoir un quart de sang sicilien dans les veines, le premier contact avec la musique des translapins de COLLOQUIO fut pour le moins rude. Il faut dire que ce groupe est totalement inconnu de ce côté des Alpes mais possède un statut culte chez certains dans la botte. Ce groupe se veut être un champ d’expérimentations pour son géniteur et seul maître à bord, Gianni Pedretti. Notre ami propose régulièrement à un public de connaisseurs des albums expérimentaux composés dans une veine dark wave électronique. Et cela dure depuis 1993. Souvent dehors des circuits d’édition et de distribution classique, Pedretti a su mettre à disposition de son public des albums sous forme de cassettes (je vous rappelle que nous sommes au début des années 90, presser des cd coute encore cher). A l ‘automne 2012, le groupe édite son dernier opus, L’entrata – L’uscita, continuant sa quête musicale des débuts. Originellement publié en 1995 comme cassette autoproduite, Io e L'Altro qui nous occupe aujourd’hui revient Presque vingt ans plus tard nous ahnter grâce à la réédition proposée par le label transalpin Sad Sun Music.
Heureusement que ce disque est tombé dans les mains de votre serviteur car je crains sinon qu’il n’ait été atomisé par mes collègues de la rédaction. En grand amateur de new wave et de sonorités électroniques des années 80 et 90, je suis parvenu à trouver quelques charmes à ces chansons. L’intro est un OVNI musical sans queue ni tête qui fait craindre le pire. La suite rassure et me rappelle par moment Klaus Schulze (« L’attesa ») pour son côté simple et hypnotique ou encore Jan Hammer (« Io e l'altro (prima parte) »). Et puis les interventions parlées de Pedretti en italien ajoute encore du mystère et donne un petit exotique, sympathique à l’ensemble. J’ai retrouvé aussi l’atmosphère lourde et pesante de la BO composée par Peter Gabriel pour le film Birdy. Ce retour aux sons assez typiques de cette époque et de cette scène a vu apparaître un grand sourire sur mon visage alors que ce disque de COLLOQUIO s’égrenait doucement à mes oreilles. Les paysages énigmatiques et planants m’ont fait fermer les yeux et voyager.
Cet album retrouve la lumière après presque vingt ans et n’a pas perdu ses charmes malgré les années. Il aura eu le grand mérite de jouer pour moi un rôle de madeleine de Proust et il m’a donné la furieuse envie de réécouter les BO de la série Miami Vice et du film Birdy. 99,1 % de nos lecteurs trouveront la musique de COLLOQUIO ridicule ou sans intérêt mais c'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.
Oshyrya (08/10)
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Sad Sun Music / 2014
Tracklist (65:52 mn) 01. Intro (la mosca rossa) 02. Io e l'altro (prima parte) 03. Si chiude il sipario 04. L'attesa 05. Io e l'altro (seconda parte) 06. Lui e' dentro 07. Io e l'altro (terza parte) 08. L'uomo in fondo 09. Volo anch'io 10. Il buon ritorno 11. Sogno 12. Per quello che ho visto 13. Outro (la mosca rossa) 14. Nelle mie stanze mute (bonus track)
Il est de notoriété publique que les médias magazines métal britanniques perdent toute objectivité au moment de parler de groupes originaires de la perfide Albion. Les commentaires sont dithyrambiques et s’avèrent souvent bien loin de la réalité. Ah fierté patriote quand tu nous tiens… Dans cette veine Kerrang n’a pas de compliments assez forts pour BOY JUMPS SHIP, jeune quatuor originaire de Newcastle. Les comparaisons avec la maestria d’un BIFFY CLYRO sont gonflées et à des années lumières de la vérité.
Sans vouloir médire sur le compte de BOY JUMPS SHIP, les jeunes anglais proposent un rock entre punk et scène alternative franchement convenu, déjà entendu des dizaines de fois et sans grâce particulière. Les cinq chansons présentées ici manquent nettement de caractère et nos amis ne sont parfois pas loin de nous casser les oreilles. Une chansons comme « Call to Arms » pue l’amateurisme et serait à peine digne d’une démo d’un groupe de quartier. Faire roots c’est bien mais bosser pour proposer des chansons fortes et attrayantes c’est mieux. « Make You proud » sauve un peu cet EP de la catastrophe avec son refrain et ses chœurs sympathiques. Mais cela plus à un hymne destiné aux supporters d’un club de foot qu’à une pépite rock. Peut-être sommes-nous victimes d’incompréhensions culturelles mais BOY JUMPS SHIP va avoir un mal de chien à s’exporter sur le continent et à dépasser les frontières du Royaume-Uni.
Oshyrya (03/10)
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Rude Records / 2014
Tracklist (16:47 mn) 01. Make You Proud 02. Still Alive 03. Start A Riot (Sick Of Trying) 04. Call To Arms 05. We're Not Giving Up
ANNISOKAY est un groupe évoluant dans une veine post-hardore originaire de Halle en Allemagne. Leur premier album, The Lucid Dream[er], a été publié au Japon mais se voit seulement édité par SPV dans le reste du monde. Cet opus est construit autour du thème des cauchemars et des rêves lucides et permet aux teutons d’explorer en profondeur l’esprit humain en plaquant ces métaphores à la vie quotidienne. Le groupe semble avoir trouvé son public sur le net vu le succès et le nombre de vues réalisées par leurs clips vidéos pour les chansons « Sky » et « Monstercrazy ». Maintenant reste à confirmer ces bonnes dispositions sur la longueur d’un disque pour que l’aventure ne ce projet ne se transforme pas en aventure éphémère.
Les allemands ne sont pas là pour amuser la galerie et ils bastonnent sévère dès les premières secondes de l’album. On retrouve les ingrédients habituels de cette scène post-hardcore à la mode, de gros riffs bien gras, des touches électro et un chant entre hurlements et passages en voix claire. Pour faire la différence, il faut que l’énergie développée soit communicative et que les refrains soient assez accrocheurs pour emporter l’adhésion de l’auditeur. Bien qu’assez clichée et sans grande innovation, reconnaissons que ANNISOKAY s’en sort avec les honneurs et s’acquitte honnêtement de sa tâche. Difficile effectivement de résister à des « The Final Round », « Sky » et « Monstercrazy » menés tambours battants et franchement séduisants. La section rythmique basse/battterie abat un sacré boulot et les guitares tissent un réseau à la fois brillant et tranchant. Les deux chanteurs Dave Grunewald pour l’obscurité et Christoph Wieczorek pour la lumière se complète intelligemment sans jamais se marcher dessus. Le groupe a accumulé une grosse expérience scénique en se produisant aux côtés de THE GHOST INSIDE, SILENT SCREAMS ou encore UPON THIS DAWNING (oui moi non plus je ne connais pas) et a su réinjecté cette énergie dans sa musique. Il ne reste finalement qu’un regret, celui qu’ANNISOKAY soit resté trop sage, dans le moule et s’apparente parfois à un LINKIN PARK en plus bourrin. Un peu trop facile tout cela.
Avec The Lucid Dream[er] les allemands proposent une solide première carte de visite bien complétée par des clips vidéos de qualité. La suite arrive déjà avec un nouvel album enregistré sous la houlette de Joey Sturgis dans les mois qui viennent. Les premières annonces ne sont pourtant pas très rassurantes avec la reprise prévue du « Wrecking Ball » de Miley Cyrus. Oui vous avez bien lu, cela pue l’opportunisme à plein nez et il y a de quoi s’attendre au pire. Nous jugerons sur pièce.
Oshyrya (06/10)
Site Officiel: http://www.annisokay.de/
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SPV – Steamhammer / 2014
Tracklist (51:58 mn) 01. The Final Round 02. Sky 03. Anniversary 04. Firewalk 05. Monstercrazy 06. Who Am I 07. The Believer 08. Insanity 09. Ghost Of Me 010. By The Time 11. Where Do I Start 12. Day To Day Tragedy 13. Wasted & Useful 14. The Final Round (Hoppitronic Remix)