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High Spirits – You Are Here

HRR_350_Cover.inddHIGH SPIRITS où une musique typée hard rock dans son plus simple appareil. Les américains ne s’encombrent pas d’artifices ou de fioritures, ils aspirent à proposer l’essence même de notre genre musical préféré. Derrière ce groupe se cache en réalité un homme, Chris Black, qui assure l’essentiel du travail, tous les instrumentas par exemple et la majorité du travail de composition. Bien sûr, pour les concerts, il sait s’entourer de musiciens talentueux pour faire découvrir au plus grand nombre sa musique. Ces compositions peuvent paraître sympathiques sur disque mais elles se doivent de prendre une autre ampleur sur scène.

Originaires de Chicago, HIGH SPIRITS n’en est pas à son coup d’essai avec You Are Here. Tranquillement dans son coin, sans faire de bruit, Chris Black a déjà donné naissance à deux autres albums : un premier disque éponyme autoproduit en 2009 puis Another Night en 2011. Mais le coup d’accélérateur salvateur est venu en mai 2012 pour les américains. Se produire sur la scène du Rock Hard festival a été un coup de projecteur crucial qui a fait connaître le groupe à une large audience outre-Rhin. Fort de ce beau succès, Black n’a pas tardé à se remettre au travail pour accoucher de ces neuf nouvelles compositions. Depuis les débuts la philosophie n’a pas changé. Proposé un métal (en réalité plutôt un hard rock parfois couillu) simple et direct. Les riffs et les mélodies sont longuement ciselées pour apporter le plus de plaisir possible à l’auditeur. Et effectivement des chansons comme « When the Lights Go Down » s’avèrent être assez attrayantes, sucrées et faciles d’accès. Difficile de ne pas taper du pied à l’écoute de ces mélodies même si pour trouver un peu d’originalité il faudra repasser. En effet l’ombre de la scène NWOBHM plane assez lourdement sur You Are Here. Derrière le micro aussi Chris Black s’en sort avec les honneurs avec un joli brin de voix.

La production un peu brute de décoffrage ne nuit pas à ces chansons et apportent un petit cachet d’authenticité à la musique proposée. Le savoir-faire est bien présent et HIGH SPIRITS propose un travail appliqué et sérieux. Ces riffs et ces mélodies vous rappelleront forcément tel ou tel groupe tant ces champs ont déjà été labourés depuis des décennies. Pour vraiment convaincre, une pointe d’innovation n’aurait pas fait de mal.

Oshyrya (06/10)

 

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High Roller Records / 2014

Tracklist (36:49 mn) 01. When the Lights Go Down 02. I Need You Love 03. One Thousand Nights 04. Reminding You of Me 05. The Last Night 06. Can You Hear Me 07. Gone To Pieces 08. I Will Run 09. High Spirits

Arkona – Yav

oshy_27042014_ArkonAprès un Slovo d’enfer (chronique ici), les russes d’ARKONA Se rappellent à notre bon souvenir via ce nouvel album, le septième, Yav. Les premières notes de cet album ont de quoi décontenancer les fans. En effet, Yav s’ouvre sur des chants bouddhiques / hindouistes et ce « Om » du pranava mantra a de quoi étonner. Les russes auraient-ils décidé d’abandonner leur étal folk slave ? Ne faisons pas inutilement durer le suspense, la suite de « Zarozhdenie » va rapidement nous rassurer et les bonnes habitudes vont reprendre le dessus. ARKONA n’a pas viré sa cuti et compte encore une fois rappeler son statut de leader dans ce genre musical.

L’auditeur va vite pouvoir reprendre ses habitudes et s’immerger dans l’univers du groupe, parcourir les grandes steppes, chevauchant aux côtés de Masha. Quel plaisir de retrouver ce mélange si subtil entre douceur et brutalité, les subtiles mélodies se mêlent avec bonheur aux riffs tranchants et aux hurlements de la belle. Et tout cela avec ce parfum slave suave et enchanteur à même de régaler les plus exigeants. ARKONA sait tout faire et peut ainsi passer avec grâce du complexe et mélodieux « Zarozhdenie » au plus rapide et rendre-dedans « Na strazhe novyh let ». Dans les deux cas, les mélodies deviennent hypnotiques et l’auditeur n’a que se laisser librement emporter par le sac et le ressac sonore engendré par les russes. La chanson « Ved'ma » (la sorcière) constitue sans aucun doute la point d’orgue de Yav. Ici, Masha partage le micro avec Thomas Väänänen (ex-THYRFING) et à deux ils emmènent ARKONA vers de nouveaux sommets. C’est assez bourrin, extrême, mais d’une efficacité redoutable. Cette confrontation entre une sorcière et un inquisiteur fait des étincelles, la prestation des deux protagonistes au chant fait beaucoup, pour notre plus grand bonheur.

Yav s’avère sur la longueur plus complexe à digérer, moins immédiatement accessible que son prédécesseur Slovo. Il faudra à l’auditeur plus de patience pour en découvrir toute la subtilité. Un titre fleuve comme « Yav » avec plus de treize minutes au compteur ne se dévoile pas si facilement. Les mauvaises langues diront qu’ARKONA applique encore une fois la même recette sans vraiment innover. Ils ont raison sur le fond mais peu de groupes peuvent se targuer d’atteindre ce niveau de maitrise et les russes ont su intégrer ici et là des sonorités inhabituelles. Maintenant si vous n’aimiez pas le groupe, ce nouvel album ne vous fera pas changer d’avis. Soulignons pour terminer la qualité de la forme aussi bien musicale avec une production aux petits oignons (enregistrement au CDM Records studio – Moscow sound) que graphique avec encore une fois une pochette superbe signée Gyula Havancsák (http://hjules.com/). Un bon cru 2014 à ne pas rater en fin d’année en compagnie d’ELUVEITUE et SKALMÖLD.

Oshyrya (08/10)

 

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Napalm Records / 2014

Tracklist (69:13 mn) 01. Zarozhdenie 02. Na strazhe novyh let 03. Serbia 04. Zov pustyh dereven' 05. Gorod snov 06. Ved'ma 07. Chado indigo 08. Yav' 09. V ob'jat'jah kramoly

oshy_27042014_Ancie_BarIl est étonnant de constater que les ressemblances frappantes entre ANCIENT BARDS et RHAPSODY semblent gêner aux entournures le label Limb Music. Comme s’il voulait se défendre et se justifier, le label n’hésite pas à ouvrir la petite biographie qui accompagne ce nouvel album en expliquant que bien que nombreux soient ceux à avoir souligné les similitudes, le quintet italien mène de façon indépendante sa barque depuis ses débuts. La mauvaise foi est amusante tant effectivement les rapprochements entre ces deux groupes sont évidents. Pour ne rien améliorer, nos amis donnent le bâton pour se faire battre en utilisant le même artiste pour ses pochettes (Felipe Machado Franco) et en invitant Fabio Lione à chanter sur une chanson de ce nouvel opus. Ceux qui voudront n’entendre ici qu’un ersatz de RHAPSODY vont s’en donner à cœur joie.

Ces influences qui crèvent les yeux ne représentent pourtant pas un défaut rédhibitoire. L’original étant en petite forme après un Dark Wings of Steel plutôt raté (chronique ici), nous sommes fondés à placer nos espoirs dans A New Dawn Ending pour obtenir notre dose de métal symphonique de qualité. Le précédent album, Soulless Child (chronqiue ici) contenait en effet son lot de promesses. Le groupe a encore pris de la bouteille, gagné en expérience. Preuve de la trace laissée par ANCIENT BARDS sur la scène européenne, la chanteuse Sara a été invitée par Arjen Anthony Lucassen à participer à son album d’AYREON, The Theory Of Everything. Une belle consécration… Mais il fallait désormais transformer l’essai et les transalpins jouent gros avec A New Dawn Ending. Au niveau ce nouveau chapitre, ce disque apporte la touche finale à la Black Crystal Sword Saga. Là aussi toute ressemblance avec un autre groupe n’est pas (du tout) fortuite.

Les premières minutes de l’album sont classiques et attendues. Après une courte intro, les choses sérieuses débutent avec « A Greater Purpose ». Tous les ingrédients du métal symphonique sont bien présents avec chœurs grandiloquents, rythmiques rapides et riffs savoureux. ANCIENT BARDS souhaitent frapper d’emblée un grand coup et filent le pied à fond sur l’accélérateur. L’ensemble est plutôt bien foutu mais le mimétisme avec leur modèle s’impose encore et toujours. A l’aveugle nous pourrions croire entendre les claviers de Staropoli et les guitares de Turilli. Il est inutile de tirer sur une ambulance mais l’écoute de cet album tend à rendre encore plus pathétiques les justifications mentionnées en introduction. L’essentiel est qu’ANCIENT BARDS propose une musique de qualité, pas original pour un sou, ok, mais cela n’enlève rien au plaisir ressenti ici. Le chant féminin apporte bien sûr un petit twist par rapport à RHAPSODY mais cela reste assez léger. Les chansons rapides et les douceurs plus calmes et légères s’enchaînent avec naturel, sans temps mort.

En plus de contester l’incontestable, le label se plait à vouloir comparer ANCIENT BARDS à WITHIN TEMPTATION. C’est souvent tiré par les cheveux à une exception près. « The Last Resort » pour son approche directe, avec très peu de fioritures symphoniques, pourrait effectivement évoquer le dernier album des bataves. Comble de l’ironie, c’est bien sûr cette chanson qu’apparait Fabio Lione. Mais le naturel revient vite au galop et les soli de guitares et de claviers qui émergent rapidement nous ramènent avec RHAPSODY OF FIRE. Comme pour Soulless Child, soulignons encore une fois la qualité de la prestation de chacun des musiciens, de la chanteuse Sara Squadrani et la très bonne production de l’album. Le son est à la fois clair et puissant, tout à fait au niveau des standards européens. Grâce en soit rendue à Simone Mularoni qui a encore fait des merveilles au sein de son Domination Studio.

En dehors du manque flagrant d’originalité, si je devais apporter une critique supplémentaire, je trouve A New Dawn Ending un poil moins accrocheur que Soulless Child. Mais pas besoin de disserter longuement pour affirmer qu’ANCIENT BARDS saura sans aucun doute séduire les fans de RHAPSODY. Les ingrédients sont les mêmes, la recette est la même et les cuisiniers sont presque aussi talentueux. Luca Turilli conserve quand même une petite avance mais ANCIENT BARDS concurrence aisément RHAPSODY OF FIRE.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Limb Music / 2014

Tracklist (71:54 mn) 01. Before the Storm 02. A Greater Purpose 03. Flaming Heart 04. Across This Life 05. In My Arms 06. The Last Resort 07. Showdown 08. In the End 09. Spiriti Liberi 10. A New Dawn Ending