Je soulignais dans précédente chronique (ici) que plus le temps avance, plus les parallèles entre VAN CANTO et APOCALYPTICA apparaissent évidents. Concept assez plaisant au début, les deux projets ont tenté de dépasser le simple gimmick pour durer et continuer à grandir. Tous les deux proposaient beaucoup de reprises au début pour petit à petit construire un répertoire original. Tous les deux ont ressenti durement l’absence de rythmique et ont donc finalement décidé d’ajouter à leur rang un batteur. Mais autant le chemin parcouru par les finlandais semblent solide et souvent enthousiasmant autant le concept des allemands apparait être un peu à bout de souffle. Voyons ce que ce cinquième album, Dawn of the Brave, nous réserve.
Avec la présence d’une batterie, les allemands ont affaibli leur idée de départ et le tout sonne désormais un peu bancale. Pourquoi pas une basse, des guitares et des claviers alors ? Nous trouvons déjà une guitare acoustique sur «Spelled in Waters» présent sur l’album précédent. Ils reviennent ainsi un peu dans le rang et c’est presque dommage. Si les chansons sont efficaces et accrocheuses, elles feront mouches en version musicale ou a capella. Les amateurs des précédents albums du groupe prendront c’est sûr leur plaisir sur des chansons rapides et assez entrainantes comme « Fight for Your Life » ou « To the Mountains » qui bougent bien. Mais quand la voix « singe » une guitare pour un solo, même si le résultat peut être assez bluffant, on se demande vraiment si cela valait le coup. Les chanteurs assurent avec talent et les chœurs sont nombreux pour donner une ampleur et une force supplémentaire aux refrains en particulier. La voix féminine mène les débats au sein de certains titres et il s’agit souvent d’une belle réussite.
Nous savions depuis le temps que les allemands possédaient un vrai talent pour écrire de bonnes chansons entre heavy-metal traditionnel et speed mélodique et ils le prouvent une fois de plus sur Dawn of the Brave. Il serait quand même intéressant d’écouter tout cela en version totalement électrique. Le plus amusant reste encore et toujours les reprises de tubes hard-rock / métal. C’est vraiment là que l’auditeur peut prendre un vrai plaisir à écouter VAN CANTO. La musique devient alors très amusante et ludique. Cet album confirme cette règle avec les covers d’EUROPE et BLACK SABBATH. Ajoutez à cela un son aux petits oignons distillé par Charlie Bauerfeind (BLIND GUARDIAN, HELLOWEEN) à la production et par Ronald Prent (MANOWAR, RAMMSTEIN, etc.) au Wisseloord Studio 2 pour le mixage.
Je le disais précédemment, le défi posé à VAN CANTO est de durer. Ils sont talentueux, pas de doute, mais l’arrivée d’un batteur s’avère être une première brèche dans leur concept. Les chansons sont bonnes mais finissent par lasser dans leur approche a capella. Difficile de conseiller ces albums tant le groupe fonctionne surtout sur scène. Hors de l’espace germanique, l’exportation s’annonce difficile.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2014
Tracklist (51:26 mn) 01. Dawn of the Brave 02. Fight for Your Life 03. To the Mountains 04. Badaboom 05. The Final Countdown (Europe Cover) 06. Steel Breaker 07. The Awakening 08. The Other Ones 09. Holding Out For A Hero (Bonnie Tyler Cover) 10. Unholy 11. My Utopia 12. Into the West (Annie Lennox/Lord of the Rings Soundtrack Cover) 13. Paranoid (Black Sabbath Cover)
EtHERSENS prend son temps pour sortir ses albums. Ne voyez là aucune critique, mais simplement un constat. Il faut bien dire que ce n’est pas simple de faire du métal en France, entre le manque de soutien et les changements multiples de line-up et les coûts engendrés. Mais contre vents et marées nos compatriotes avancent, à leur rythme, dans leur quête musicale. Formé en 2002 à Toulouse, EtHERSENS construit progressivement un son et une identité propre qui prendra forme en 2008 avec la sortie déjà chez Scarlet Records d’un premier album, Ordinary Days. Certains qualifiaient la musique proposé de heavy métal progressif aux influences dark, une démarche en tout cas centrées autour des émotions, parfois vers la lumière, parfois vers l’obscurité. Après une nouveau changement de personnel, les voici de retour avec ce second opus, Your Wandering Ghost.
Et ils n’ont pas fait les choses à moitié, ce disque s’annonce ambitieux avec huit compositions dont cinq tournent autour d’une durée de huit minutes. Pas franchement tourern vers l’optimisme, l’auditeur plonge dans une atmosphère lourde et sombre dès « Two For One Mind », la chanson d’ouverture. Par petites touches, les français tissent une toile chargée d’émotion négative entre douleur, mélancolie et lutte. Les guitares mènent les débats, tantôt subtiles tantôt agressives et mordantes. Une grand responsabilité repose sur les épaules de Laurent Mora, le nouveau chanteur. Il doit exprimer une large palette d’émotions et insuffler une âme à ces chansons. Il relève le défi et remplit très largement le contrat. Your Wandering Ghost fourmille d’influences. Dans la continuité du premier opus, des touches proches d’un OPETH, KATATONIA ou PAIN OF SALVATION sont assez évidentes et assumées par le groupe. L’évolution est quand même marquée vers un son parfois plus doux mais pas moina moins intense musicalement parlant. L’écoute de ces huits chansons évoqueront ici et là la scène rock alternative d’un KARNIVOOL pour n’en citer qu’un.
Malgré son approche assez brute dans le son, ce disque sonne clair et puissant. EtHERSENS a su s’entourer des bonne personnes pour atteindre ce résultat, en particulier Julien Soula aux Antistatic Studios. Rien à redire sur la forme, Your Wandering Ghost est un album très soigné et bien fini. On ne regrettera que certains titres un peu plus faibles comme « Livin' Memory » qui font retomber la tension dramatique développée précédemment. Une petite lassitude peut également poindre parfois par le manque de respirations au sein de ce long tunnel d’émotions. Mais il s’agit là vraiment de petits détails qui ne remettent pas du tout en cause la qualité de Your Wandering Ghost. EtHERSENS explore avec bonheur de nouveaux horizons au sein de la scène française qui démontre encore une fois sa richesse. Il serait dommage de passer à côté.
Oshyrya (7,5/10)
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Scarlet Records / 2014
Tracklist (57:19 mn) 01. Two For One Mind 02. Same Goodbye 03. This Where You And I Part Ways 04. Livin' Memory 05. Mourning Light 06. Reflect 07. Waking Disorder 08. To Live Is To Forget
Les derniers mois ont été extrêmement chargés et intenses pour les américains de VIZA. Les concerts se sont multipliés et ils ont en plus trouvé le temps d’enregistrer un nouvel album, successeur de Carnivalia (chronique ici), sorti fin 2012. Voici donc Aria qui nous présente douze nouvelles chansons.
On ne change pas une recette qui gagne et nous retrouvons donc ici les éléments si caractéristique du groupe: un mélange de Hard, Funk Metal et Folk Rock avec des influences grecques, arméniennes, arabes, russes et de l’Europe orientale. Les chansons vont à l’essentiel, sans développement excessif et stérile. En deux ou trois minutes à chaque fois, les américains déplient sous nos yeux leur univers. Deux ou trois chansons de plus n’aurait pas fait de mal puisque Aria annonce un famélique trente-six minutes au compteur. Dommage. Comme toujours, VIZA ne se fixe pas de barrière stylistique et introduit dans sa musique de multiples influences, tempi et atmosphères. Le propos est souvent plus rock que métal mais ils savent appuyer sur le champignon et rendre leur propos plus agressif si la chanson le nécessite. Il est toujours aussi périlleux de ne pas écouter ces chansons sans penser à une version plus rock et attrayantes d’un SYSTEM OF A DOWN. L’approche est assez similaire et surtout les influences et touches orientales rapprochent forcément les deux formations. La talent est là, sans aucun doute, et les chansons s’enchaînent avec naturel. Certains refrains font leur petit effet et attirent immanquablement l’oreille de l’auditeur. Signalons « Vanished » aux subtiles saveurs moyen-orientales ou encore « Never Feel ».
Comme Carnivalia en sans temps, Aria apportera aux amateurs son lot de plaisir. Il faudrait vraiment être difficile ou de mauvaise foi pour ne pas trouver quelques charmes à la musique des américains. Le cocktail est toujours le même mais il est sacrément rafraichissant. Bonne nouvelle, ils sont en ce moment en tournée dans nos contrées: le 18 février au Divan du Monde à Paris ou à St Jean de Védas ou encore en Suisse toute proche.
Oshyrya (6,5/10)
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Architects of Melody Records / 2014
Tracklist (36:10 mn) 01. Never Feel 02. Quicksand 03. Midnight Hour (Dingle Rock) 04. Vanished 05. Viktor’s Vanguard 06. The Girl That Doesn’t Exist 07. Forward March 08. Beneath the Waves 09. C’est La Vie 10. Alley in Tijuana 11. Take Over the World 12. Brunette