Allez c’est début janvier, les vœux de santé, bonheur et réussite et il n’aura pas fallu longtemps pour que je pousse à nouveau mon coup de gueule habituel. Avec même pas trente-sept minutes de musique au compteur, ils ne se moqueraient pas un peu de nous les suédois ? Sans atteindre les délire de certains à soixante-dix minutes, dépasser allégrement les quarante minutes de musique avec deux ou trois chansons supplémentaires ne serait pas un luxe ici. Carton rouge d’entrée !
MUSTASCH et son nom amusant à nos oreilles de francophones, est un groupe de heavy-rock suédois formé à l’automne 1998 à Göteborg. Après une première démo, nos amis sortent leur premier EP, The True Sound of the New West, qui va les faire connaître et leur permettre de multiplier les concerts. Et ils ne s’arrêtent pas là en chemin et poursuivent une belle carrière en publiant des disques avec la régularité d’un métronome stakhanoviste. Tous les deux ans à minima, un nouvel opus apparait dans les bacs avec Thank you for the Demon comme septième album et cru 2014. Un grand partie du public métal français a pu mieux connaître nos Village People grâce à leurs prestations à l’été 2013 au Hellfest et au Motocultor Festival. Ce disque doit donc venir confirmer cette bonne impression.
Ce n’est pas après plus de quinze années d’existence que MUSTASCH va radicalement changer son style. Dès « Feared And Hated » nous voici replonger dans un rock bien burné typé années 70 mais dans une tonalité et vigueur renouvelée, très contemporaine. Les riffs sont rois sans pour autant écraser le côté très accessible et mélodique des compositions des suédois. A m’image de leur cadets d’AUDREY HORNE, MUSTASCH proposent d’abord de jolis brûlots à même de vous faire headbanguer et taper du pied avec entrain. Les refrains sont judicieusement calibrés pour faire mouche et les chœurs ici et là donne une touche plus que sympathique à cet ensemble. La basse vrombissante et une batterie métronomique finisse de parfaire le paysage. Ralf Gyllenhammar derrière le micro n’est pas absolument sensationnel mais il assure avec talent et propose une prestation solide. Thank you for the Demon contient son lot de hits rock potentiel comme le titre éponyme ou encore un « Borderline ». Mais les influences de MUSTASCH sont multiples, ils flirtent parfois avec le stoner voir le desert rock et surprennent également avec un « The Mauler » doom dans l’esprit et le rythme. Le son du disque est très bon, légèrement en retrait quand même.
Cette scène heavy-rock scandinave semble être en pleine forme menée de main de maître par quelques fleurons comme les vétérans de MUSTASCH. Thank you for the Demon ne changera pas la face de la Terre mais il contient son lot de titres forts qui combleront les plus difficiles. Ce constat laisse d’autant plus de regrets face à la durée faiblarde de cet opus.
Oshyrya (7,5/10)
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Gain Music – Sony / 2014
Tracklist (36:55 mn) 01. Feared And Hated 02. Thank You For The Demon 03. From Euphoria To Dystopia 04. The Mauler 05. Borderline 06. All My Life 07. Lowlife Highlights 08. I Hate To Dance 09. Don't Want To Be Who I Am
On pourra dire que Fredrik Joakimsson, éminence grise du groupe, aura pris son temps pour s’entourer des bonnes personnes et trouver la bonne maturation pour son projet musical. En effet, les premières réflexions autour de CULLOODEN datent de plus d’une décennie et on ne voit l’éclosion d’un premier album, Silent Scream, qu’en ce début d’année 2014. Toutes les pièces du puzzle s’imbriquent parfaitement à partie de 2011 et il faudra encore deux ans pour venir à bout de cette ambition.
Dans une veine métal mélodique, CULLOODEN se veut être un groupe ambitieux, organique et mature. Joakimsson se charge du chant et de la guitare rythmique. Il est épaulé de Jonas Ekestubbe à la guitare lead et par Micke Södergren à la basse. Deux musiciens additionnels viennent compléter le line-up à la batterie et le claviers. Très efficace dès la première écoute, les suédois offrent de solides compositions métal prog, assez variées avec des touches tantôt agressives tantôt plus douces. Pas de révolution à l’horizon mais un travail sérieux et bien fait. Les fans d’un EVERGREY ou d’un DREAM THEATER pourraient trouver ici leur compte. Moins techniques que ces derniers, CULLOODEN a su privilégier le feeling à la technique, Joakimsson réussi à insuffler beaucoup d’émotions dans son chant. Ce mélange entre tradition et modernité est une vraie bonne surprise. Les sons de claviers et certains riffs sont pleinement contemporains tout en rappelant les classiques via la structure des compositions et leur rythme. CULLOODEN tend à évoquer un groupe AOR ou Hard-FM « métalisé », gonflé aux riffs tranchant et aux rythmiques rapides. Cerise sur le gâteau, ces bonnes choses sont mises en valeur par un très bon son. Les suédois ont enregistré au RoastingHouse de Malmö, en Suède avec Anders "Theo" Theander et ont signé un deal dans la foulée avec le label associé à ce studio, RoastingHouse Records et Dead End Exit.
Très professionnel, attractif et bien fini, Silent Scream est une heureuse mise en bouche après les agapes des fêtes de fin d’année. CULLOODEN répond à notre besoin de simplicité du moment. Les suédois ont rendu une copie appliqué et sérieuse et marque ainsi positivement leur entrée dans le grand bain de la scène métal européenne.
Oshyrya (07/10)
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Dead End Exit Records – GerMusica Promotion / 2014
Tracklist (60:11 mn) 01. Heaven Feels So Hollow 02. Drowning In Silence 03. Endless Tears 04. Embrace Your Destiny 05. Our Only Desire 06. The Progress 07. Take Hold Of Your Fear 08. An Interesting Fact 09. Welcome To Wonderland 10. Star Of The Night
En ce qui me concerne, la métal russe m’est franchement inconnue. A part ARKONA et NOVA ART, il me reste tout à découvrir. On devine comme en Europe Centrale une activité foisonnante mais comme peu de groupes parviennent jusqu’à nous, il est bien périlleux de se faire une idée. En voici une nouvelle occasion avec le premier album du projet STARSOUP. Projet uniquement studio (pour l’instant), STARSOUP est le projet à à la fois rock et métal progressif du chanteur russe Alexey Markov. Tout est né à la fin de l’année 2011 de l’enregistrement d’une première chanson, « Angels ». Vu le nombre important d’invités et leurs agendas respectif, le projet a mis du temps à voir le jour et a nécessité plus d’une année d’enregistrement. Grâce à Sublimity Records, le voici accessible au plus grand nombre.
Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et le premier contact avec Bazaar of Wonders s’avère être très positif. Très pro, avec une très bonne production, ce disque se laisse découvrir pas à pas et dévoile progressivement ses charmes. Les influences sont nombreuses et très éclectiques puisque STARSOUP annonce des ressemblances avec METALLICA et DISTURBED d’un côté ainsi que DREAM THEATER et STONE SOUR de l’autre. Ce deuxième visage me semble de loin être le plus présent. Je citerai pour ma part SAVATAGE et SHADOWGALLERY qui me paraissent avoir de nombreux points communs stylistiques aves les russes.
Effort commun, les compositions présentées ici sont pour certaines connues des spécialistes à travers le groupe CRIME OF PASSION qui a compté dans ses rangs Alexey Markov et Andrew Gryaznov, claviériste. Ce dernier signe d’ailleurs une grande partie de la musique de ce Bazaar of Wonders. Les chansons présentées ici forment un vaste melting-pot avec des guitares bien heavy, des nappes atmosphériques à gogo et un chant très varié. Les mid-tempo profonds et intéressants constituent la majorité de l’album et le tout forme un ensemble cohérent de qualité. Pas ultra-original dans le fond, les russes surprennent agréablement par leur maîtrise technique et le talent mis à l’œuvre ici. Rien ne laisse penser que STARSOUP est un projet russe et ils se positionnent d’emblée au niveau des groupes américains ou européens. La liste des contributeurs serait trop longue à publier ici, signalons simplement les participations de : Alexander Vetkhov à la batterie, Nicholas Angel, Kostya Naumenko, Darya Savchenko, Ilya Mamontov (EPIDEMIA), Oleg Mishin (CATHARSIS), Andrey Nova (NOVA ART)… L’enregistrement, le reamping, le mixage et le mastering ont été assurés par Evgeny Vinogradov aux studios DAI Records. Un beau travail tant la production atteint aisément les standards habituels.
Pour l’instant je n’ai jamais été vraiment déçu par les groupes russes. Loin des clichés folk habituels, une belle scène progressive semble émerger en Russie avec NOVA ART et maintenant STARSOUP. La surprise est totale quand on voit le niveau et la maturité atteinte par ces musiciens. Ils peuvent sans difficulté entrer en compétition avec leurs confrères européens ou américains. Bazaar of Wonders ne révolutionne pas le genre mais offre de vrais bons moments. Et c’est bien l’essentiel.
Oshyrya (07/10)
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Sublimity Records / 2013
Tracklist (55:47 mn) 01. Angels 02. Ain't No Superman 03. Try 04. Cradle of War 05. Rumors of Better Life 06. Past Bites 07. The City and the Stars 08. Bazaar 09. Voices of the Wind 10. Road to Sunset 11. Perfect Loser 12. Rain in the Desert