Alors, je ne connaissais pas mais F.K.Ü. (Freddy Krueger’s Underwear, il parait) laisse peu de place au doute. On va en prendre plein les oreilles pendant 40 minutes. Il suffit de regarder le nom, la pochette et le titre des chansons pour deviner que les suédois ne font pas dans le délicat et le subtil. Pendant très longtemps partisans du DIY, nos amis rentrent désormais dans le rangs et signent ce quatrième album chez un gros label européen, les autrichiens de Napalm Records.
Ils se présentent eux-mêmes comme un groupe de Horror Metal Mosh band. Le Mosh c’est le mal, je n’ai jamais compris cette pratique qui m’apparait bien débile. Mais il faut bien que jeunesse se passe… Pour être plus clair, F.K.Ü. propose un thrash parfois assez mélodique au niveau des refrains avec ses compositions aux rythmes infernaux et aux riffs tranchants à souhait. Le duo basse/batterie ne connait que de rares moments de calmes et le groupe semble vouloir jouer en permanence le pied à fond sur l’accélérateur. Tout est bouclé en trois minutes et les salves s’enchaînent sans temps morts. En dehors de la jolie petite intro qui met l’auditeur dans l’ambiance apocalyptique souhaitée, le reste n’est que violence et fureur. Les amateurs de thrash à l’allemande seront contents même si le retour des grands anciens rend la concurrence plus rude que jamais. Larry Lethal derrière le micro s’égosille avec talent et sans retenue de sa voix criarde et aigue (Rob Halford n’est parfois pas très loin). Les suédois en fond des tonnes mais bon vu leur univers délirant ce n’est pas très étonnant. Il est toujours agréable de voir un groupe faire sérieusement son boulot sans se prendre trop au sérieux et vivre un délire.
Un peu trop bourrin à mon goût, ce 4: Rise Of The Mosh Mongers pourrait plaire aux plus thrasheux d’entre vous. Les suédois ne réinventent rien, ils n’innovent pas mais ils s’appliquent et délivrent la musique attendue. Seul le chant pourrait en rebuter certains. A essayer.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2013
Tracklist (40:47 mn) 01. Moshocalypse Now 02. Rise of the Mosh Mongers 03. Black Hole Hell 04. Cannibal Detox 05. The Überslasher Pt. 1 06. Scream Bloody Mosher 07. Esox Lucius 08. The Überslasher Pt. 2 09. At the Mountains of Madness 10. A Nightmare Made Thrash 11. 112 Ocean Avenue 12. The Überslasher Pt. 3 13. Marz Attacks 14. Terror Train 15. The Überslasher Pt. 4 16. They Feed in the Dark 17. Anthem of the Moshoholics
Voici un nouveau groupe sur la scène rock/métal alternatif européenne. Un de plus vous allez me dire tant ce style semble avoir le vent en poupe. Le projet est né en 2010 et de simple aventure studio il s’est transformé en groupe à part entière à partir du moment où ils ont écumé les scènes de leur pays. Deux démos plus tard, on les retrouve avec un premier album sous le bras, The Distance.
Les premières parties assurées avant des groupe comme DILLINGER ESCAPE PLAN, EKTOMORF, ou PARKWAY DRIVE semble avoir profité à GLOOMBALL qui jette en pâture au public 12 compositions de rock bien burné à coup de gros riffs de guitares, d’une solide section rythmique et un chant hargneux de Alen Ljubic. Björn Daigger, le guitariste principal, mène les débats et compose la majorité des chansons du groupe. Les allemands font preuve d’un certain talent pour nous pondre des titres forts et chargés d’émotion. L’auditeur passera par tous les sentiments à l’écoute de The Distance, entre colère, mélancolie et regrets. Le chanteur Alen Ljubic porte une grande responsabilité sur ses épaules, ils doit insuffler de l’émotion dans ces chansons et s’acquitte plutôt bien de sa mission. Sa voix grave fait des merveilles. Les influences des ténors américains n’est sont pas loin et les teutons n’hésitent pas à emprunter ici ou là des éléments à même d’enrichir leur musique. Le seul défaut concerne le dernier tiers de The Distance qui offre des titres moins convaincants et on s’ennuie un peu.
Sérieux et appliqués, les allemands de GLOOMBALL font une belle entrée via un album de qualité à même de plaire aux radios rock d’outre-rhin. Cela reste un peu trop sage et convenu pour espérer plus mais ne brûlons pas trop vite les étapes.
Oshyrya (6,5/10)
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Steamhammer – SPV / 2013
Tracklist (50:44 mn) 01. Overcome 02. Burning Gasoline 03. The Distance 04. Blown Away And Gone 05. More And More 06. No Easy Way Out 07. Bitter Place 08. Long Time Gone 09. We Do Belong 10. Your Sorrow Inside 11. Hand In Blood 12. Living With My Tender Pain
Le groupe ALEA, originaire de Lyon, après un premier album intitulé Mise en abîme très intéressant, revient faire parler de lui à travers un EP, Deadalus. Tout commence par « Erèbe » un titre très court de deux minutes qui pose d’emblée l’ambiance : mélodie soignée et délicate, guitares solides, puissantes, nappes de claviers et chant alterné de Mathieu. Un condensé d’ALEA en deux minutes.
Les compositions sont assez concises, 3 à 4 minutes en moyenne, ALEA possède la grande qualité de ne pas diluer inutilement ses compositions pour faire artificiellement de la longueur. De plus, ils alternent avec talent les ambiances et les rythmes, la fureur d’un « Ouranos » se voit équilibrée par la douceur et la délicatesse d’un « Algos ». La guitare est puissante, aussi bien en rythmique qu'en lead, elle est épaulée par une basse vrombissante de plaisir et une batterie virevoltante. Au niveau du chant, je continue à avoir les mêmes réticences vis-à-vis du chant hargneux de Mathieu. Autant son chant clair est un ravissement et se fond parfaitement à l’univers du groupe autant son chant plus agressif, criard ne me parait pas être une valeur ajoutée à la musique d’ALEA. Ce chant me rappelle parfois certains groupe de « djeuns » qui nous cassent les oreilles à coup de machin-core sans intérêt. Dommage. La production est soignée et le son percutant à souhait.
Moins intéressant que le premier album, Deadalus n’en reste pas moins une expérience enrichissante et offre un bon moment. En dehors de mes réserves sur le chant, on ne peut pas reprocher grand-chose aux lyonnais. Et je vous encourage à vous faire votre propre opinion. ALEA explique avoir été frustré après la sortie de Mise en abîme par les limitations du music business. Leur musique était vendue trop chère et n’était pas accessible à tous. Donc cet EP Deadalus est téléchargeable gratuitement sur le site du groupe. Ne vous privez pas !
Oshyrya (6,5/10)
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Autoproduction / 2013
Tracklist (18:47 mn) 01. Erèbe 02. Ouranos 03. Algos 04. Léthé 05. Héméré