La Pologne est devenue au fil des années un bel Eldorado pour les musiques progressives et l’arrivée d’un nouvel album d’HIPGNOSIS fait, je dois l’avouer, un bien fou. Il faut bien constater que malheureusement les sorties space rock (pour faire simple) de qualité sont assez rares et elles ont surtout beaucoup de mal à émerger de l’underground hyper spécialisé. Je vous recommande d’ailleurs toujours le dernier album de ZOMBI (chronique ici) qui continue d’ailleurs de régulièrement m’enchanter. Mais revenons à nos moutons et je m’adresse là au fan de claviers des années 70 et des musiques planantes. HIPGNOSIS est né à Cracovie en 2004 et offre un cocktail assez original, TANGERINE DREAM rencontrant Lisa Gerrard de DEAD CAN DANCE (pour le chant féminin) avec des touches de PINK FLOYD ici et là. Je crains d’avoir déjà perdu la majorité d’entre vous mais les courageux seront cent fois récompensés.
Ici pas de demi-mesure, plus de 72 minutes de musiques et des titres fleuves pouvant fleureter allégrement avec la vingtaine de minutes. Tout est une question d’ambiance, les atmosphères mélodiques s’enchainent avec aisance, parfois jazzy, et accompagnent l’auditeur dans un voyage dans l’immensité. L’ombre d’un KLAUS SCHULZE plane aussi régulièrement sur le musique des Polonais, on trouve sur Relusion le même souci du détail et un gros travail sur les sons. C’est un vrai bonheur de s’immerger dans ce malstrom sonore. La musique est très difficile à décrire, rock et planante, faute de mieux mais il est évident que si vous êtes allergiques aux claviers, passez votre chemin. Le travail exceptionnel réalisé sur ce disque a été inspiré de l’ouvrage Pour en finir avec Dieu, un essai à succès du biologiste britannique Richard Dawkins (titre original The God Delusion). La pochette quant à elle est l’œuvre de Tomek Sętowski (http://www.setowski.art.pl).
Pour résumer, Relusion est un très bel album, il offre un vrai bon moment de plaisir et de réflexion à l’auditeur. L’ensemble de la discographie est disponible via le site internet du groupe via l’adresse ci-dessous. N’hésitez pas !!!!
Oshyrya (09/10)
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Hipgnosis-Art – Rock Serwis – Fantom Media / 2012
Tracklist (72:12 mn) 01. Cold 02. Cult Of Cargo 03. Dr What 04. The Garden 05. Relusion 06. Large Hadron Collider
Lors de ma chronique du précédent opus d’ASYLUM PYRE (chronique ici) j’avais souligné que le groupe avait fait montre d’un beau potentiel même si un sentiment de déception dominait l’écoute de Natural Instinct ?. Le travail a porté ses fruits et nos compatriotes ont réussi à décrocher un contrat discographique avec le label allemand Massacre Records pour ce deuxième album. Nous nous en réjouissons car ce n’est pas si courant pour une formation française. Cependant Fifty Years Later sanctionne également des changements au niveau du line-up du groupe avec l’arrivée d’une nouvelle chanteuse (Chaos Heidi) et d’un nouveau batteur Vince Kreyder (FAIRYLAND).
Encore une fois très pro dans la forme, ASYLUM PYRE ne parvient toujours pas complétement à me convaincre sur le fond. Certains vont dire que je m’acharne mais malgré le travail, le groupe la joue parfois petit bras et les compositions manquent souvent d’attrait. La première chanson, « Dead in Copenhagen », offre bien des espoirs avec une mélodie assez simple, directe et un refrain plutôt bien foutu. La courte intervention d’un chant masculin tombe un peu à plat mais cette entrée en matière reste très satisfaisante. Cette bonne impression se confirme avec le titre suivant même si l’accent français prononcé de Chaos Heidi ressort d’autant plus sur les parties les plus calmes, simplement accompagné d’un piano. Les chansons s’enchainent, sympathiques mais finalement sans grand relief ni originalité. Les musiciens ont travaillé sérieusement mais il manque le petit plus qui fait la différence via des mélodies plus accrocheuses et un chant plus convaincant.
Finalement, on se dit que Fifty Years Later représente une belle progression par rapport à Natural Instinct ?. Dommage qu’ASYLUM PYRE ne retombe dans ses travers avec « The Herd » par exemple. Il faut arrêter de vouloir à tout prix du chant typé opéra dans un album de métal symphonique avec chanteuse. Franchement c’est assez insupportable, presque risible sur cette chanson. J’attends encore que l’on m’explique la valeur ajoutée de ce type d’exercice qui tombe comme un cheveu sur la soupe au milieu de l’album. Autant jouer la continuité et assurer avec un chant direct. Le chant masculin est aussi franchement moyen même si « Fisherman’s Day » est une belle chanson. On aurait aimé un peu plus de conviction.
ASYLUM PYRE progresse et il faut le saluer mais mes espoirs restent déçus, je me suis ennuyé à l’écoute de Fifty Years Later. J’avais espéré bien mieux et les parisiens ne peuvent encore prétendre se frotter aux cadors du genre. Parions que la prochaine tentative sera la bonne.
Oshyrya (6,5/10)
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Massacre Records / 2012
Tracklist (48:36) : 01. Will you believe me ? 02. Dead in Copenhagen 03. The Frozen Will 04. These Trees 05. The Herd 06. Fisherman’s Day 07. Against the Sand 08. Any Hypothesis 09. Just Before the Silence 10. Fifty Years Later
La ville de Béziers dans l’Hérault recèle bien des richesses. En plus de la viticulture, du rugby à XV ou encore de la feria, cette bourgade accueille PHONEMA, un groupe de métal iconoclaste et franchement difficile à classer. Nos compatriotes parlent eux-mêmes de groupe concept « surfant sur une vague Progressive Death Metal, et basé sur un univers qui n’a qu’une seule dimension: un son ». Le programme s’annonce ambitieux et ils s’adressent à la frange la plus ouverte et aventureuse du public métal.
A la fois technique et bien barrée, la musique de PHONEMA nécessite de s’ouvrir bien grand l’esprit et de faire abstraction des étiquettes. Assez égoïstement (et ils ont bien raison), nos amis se font d’abord plaisir et tant mieux si d’autres apprécient la démarche. Histoire de donner quelques repères, on dira que PHONEMA évolue dans la sphère du métal progressif avec des touches extrêmes ici et là. Pour résumer, cela donnerait un DREAM THEATER forniquant joyeusement avec un MESHUGGAH. Les Biterrois multiplient les couches musicales et ne cessent de changer de direction, de thèmes mélodiques et de rythmiques. Difficile parfois de s’y retrouver et de ne pas se sentir perdu. Cet effet gloubi-boulga risque d’en refroidir certains.
Le chant clair et le chant extrême sont alternés au sein d’une même composition pour correspondre aux atmosphères et favoriser le partage des émotions. Le chant clair est assez décevant, il sonne fragile et pas complètement maîtrisé. Les parties growlées ou susurrées passent par contre bien mieux et d’adaptent mieux à la musique développée tout au long de ces 3 compositions. Dommage. Musicalement, le pari est osé tant il nécessite de pouvoir faire preuve d’un bon niveau technique tout en maintenant un fil conducteur, même ténu. De ce côté-là, PHONEMA assure et fait preuve d’une belle maturité. Autant j’ai toujours beaucoup de mal à plonger dans un « The Second War » qui m’apparait comme trop brouillon autant les sonorités entre gothique et indus de « The New Beginning » et les subtiles ambiances de « A Storm of Feelings » m’ont touché. La production est franchement pas mal et tient bien la route.
Le potentiel de PHONEMA est énorme mais le chemin reste encore long pour canaliser et rendre encore plus cohérent le foisonnement d’idées affiché sur Tides of Illusion. Souhaitons que 2013 puisse permettre au groupe de concrétiser ses projets à travers un véritable premier album. Vous pouvez télécharger Tides of Illusion et October Artifacts, son prédécesseur, pour le prix que vous voulez sur le site BandCamp du groupe en lien ci-dessous.
Oshyrya (7,5/10)
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Autoproduction / 2012
Tracklist (23:33 mn) 01. The Second War 02. The New Beginning 03. A Storm of Feelings