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The Agonist – Prisoners

C’est marrant comme parfois on devrait tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler. Impressionné par sa performance avec les musiciens de KAMELOT sur Silverthorn, je me suis intéressé à la carrière d’Alissa White-Gluz et j’ai donc joyeusement « piqué » cet album au Hamster. Et la surpise fut plutôt amer, en tout cas dans un premier temps. D’après wikipédia, THE AGONIST est un groupe de métal québécois aux influences death mélodique et metalcore crée en 2004. Le groupe a sorti son premier album Once Only Imagined en 2007, puis Lullabies for the Dormant Mind en 2009 et enfin son nouvel album, Prisoners, cette année, le tout chez Century Media Records. L’étiquette Metalcore est presque toujours annonciatrice de moments douloureux tant cette scène est devenue fashionable et engendre régulièrement des groupes bien pourris. Espérons que les canadiens tirent leur épingle du jeu. Les artworks du groupe sont toujours magnifiques et celui-ci ne déroge pas à la règle.

Le premier contact avec la musique de THE AGONIST est plutôt rude. « You're Coming with Me » commence par une jolie mélodie à la guitare sèche avant que White-Gluz ne sonne la fin de la récréation par son chant extrême bourrin de chez bourrin. A l’image d’une Angela Goss, impressionnant comme une femme peut beugler et growler comme un homme. Le rouleau-compresseur THE AGONIST se mette marche et écrase toute résistance sur son passage. Les riffs se veulent assassins et la section rythmique s’en donne à cœur joie. Une des marque de fabrique des québécois est l’alternance des types de chant : voix death, voix black, voix claire et parfois même chant quasi lyrique. Saluons la performance de la frontwoman canadienne. La musique du groupe est quand même loin d’être accessible. Une fois passé l’obstacle du chant, il est difficile de suivre les méandres mélodiques suivis par le groupe. Il aurait été appréciable que THE AGONIST aille plus directement à l’essentiel car parfois il ajoute des circonvolutions techniques un peu stériles.

Finalement à l’écoute de Prisoners, je me dois de faire preuve d’humilité. La démarche des canadiens m’échappe, je ne suis pas sûr d’avoir compris leur cheminement créatif. Je regrette les accents metalcores et très bourrins de certaines de leurs composition car je crois déceler un potentiel énorme au sein de THE AGONIST. Leur musique est technique et complexe mais elle sonne surtout brouillonne. Je compte bien persévérer mais le mystère s’épaissit à chaque écoute. C’est très frustrant…

Oshyrya (07/10)

 

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Century Media / 2012

Tracklist (58:42 mn) 01. You're Coming with Me 02. The Escape 03. Predator & Prayer 04. Anxious Darwinians 05. Pnophobia 06. Ideomotor 07. Lonely Solipsist 08. Dead Ocean 09. The Mass of the Earth 10. Everybody Wants You (Dead) 11. Revenge of the Dadaists

Ensiferum – Unsung Heroes

Il est toujours extrêmement périlleux de donner un successeur à un excellent album. Ce dilemme a dû méchamment titiller les finlandais d’ENSIFERUM au moment de commencer à composer ce Unsung Heroes, leur cinquième album. From Afar, sorti en 2009 en avait impressionné plus d’un et il semblait difficile de faire mieux. Pas découragés, Markus Toivonen & co ont travaillé dur et proposent après 3 ans de silence ce nouvel album.

Après l’intro instrumentale classique, tout en douceur et en subtilité, les choses sérieuses commencent avec le premier single extrait de l’album « In My Sword I Trust ». Ce titre assez attrayant est sans surprise, c’est du 100 % ENSIFERUM, viril, plaisant. La mélodie principale est très catchy et se sifflote aisément. La continuité avec un « Twilight Tavern » de From Afar est complète, le groupe n’a pas modifié sa recette d’un iota. Dommage dirons la majorité, on a un peu l’impression d’avoir écouté cette chanson. Le groupe reprend quand même un peu de couleurs avec « Unsung Heroes » et son côté plus épique et l’accentuation de la dimension folk. Le rythme s’accélère via un « Burning Leaves » lui aussi très classique avec un jolie mélodie et on sent bien ici tout le savoir-faire des finlandais.

Les chansons s’enchainent naturellement, sans fausse note ni faute de goût. On apprécie la douceur et le calme d’un « Celestial Bond » tout en fragilité et chanté par une femme ou l’agressivité d’un « Retribution Shall Be Mine » sans concession. Finalement, ENSIFERUM surprend plus en relevant le défi de proposer un long morceau épique comme « Passion, Proof, Power » et ses 17 minutes au compteur. Exercice particulièrement casse-gueule, les finlandais ne s’en sortent finalement pas si mal. La dimension épique a été poussée à l’extrême et croirait parfois entendre NIGHTWISH (en moins bien quand même). Le défaut reste que cela ressemble plus à un patchwork d’idées et de thèmes quà une composition cohérente de bout en bout. Le groupe se fait parfois même psychédélique ! Le pari n'est qu'à moitié gagné. Signalons en bonus track pour la version limitée, la reprise « Bamboleo » des GIPSY KINGS, comme quoi même les finlandais ont de l’humour. Ce titre prend une autre dimension avec force rythmiques de guitares et chant extrême !

L’écoute de ce Unsung Heros laisse un sentiment mitigé. Les finlandais sont doués, ils savent y faire mais l’album ressemble quand même énormément à From Afar sans en avoir toutes les qualités. Cela sonne un peu réchauffé et c’est la déception qui l’emporte. ENSIFERUM est capable de vraiment beaucoup mieux.

Oshyrya (07/10)

 

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Spinefarm Records / 2012

Tracklist (61:24 mn) 01. Symbols 02. In My Sword I Trust 03. Unsung Heroes 04. Burning Leaves 05. Celestial Bond 06. Retribution Shall Be Mine 07. Star Queen (Celestial Bond Part II) 08. Pohjola 09. Last Breath10. Passion, Proof, Power

Wintersun – Time I

WINTERSUN est un groupe de métal symphonique finlandais formé en 2004 par Jari Mäenpää. L’album éponyme sort le 13 septembre 2004 et se veut très hétéroclite avec plusieurs genres représentés: folk, power, death mélodique et viking métal. L’enregistrement du deuxième album, intitulé Time, a débuté le 2 mai 2006. Et là vous vous dites, 6 ans d’enregistrement, même METALLICA n’a pas osé ! Il semble que les finlandais ont dû faire face à tous les écueils possibles et imaginables : problèmes matériels, informatiques, split du groupe, tout y passe. Après une très longue attente, la première partie sobrement intitulé Time I sort dans les bacs. Espérons que le résultat justifie cette attente.

Et cela commence de la meilleure des manières par une superbe introduction instrumentale. Ce « When Time Fades Away » est digne des meilleures BO de film. Penchant de côté de l’Orient mystérieux avec des sonorités inspirées de l’empire du milieu, on croirait être dans Kung-fu Panda ou la dernière extension de WOW, Mists of Pandaria. Ces références peuvent vous faire sourire et pourtant il s’agit d’un sacré compliment tant Blizzard Entertainement et Dreamworks soignent leurs musiques. La composition est très visuelle, elle invite au voyage, on imagine traverser des rizières et des palais de Jade. Le travail d’orchestration est colossal et ce titre et un enchantement. La transition est naturelle avec la première véritable chanson « Sons of Winter and Stars ». Et c’est parti pour treize minutes d’une chevauchée féerique ! A nouveau le travail est très impressionnant, les chœurs se mêlent aux orchestrations, puis entre en scène la guitare, la basse et la batterie. Ce maelström d’énergie est encore renforcé par les interventions d’un chant masculin tantôt extrême tantôt clair.

L’auditeur en prend plein la tête pour son plus grand bonheur. Il a beau être ballotté en tous sens, il en redemande. Franchement quel pied, la musique est très riche et tout est millimétré, tiré au cordeau… Nous sommes largement au niveau des RHAPSODY, BLIND GUARDIAN ou encore FAIRYLAND, le côté folk en plus. Ces treize minutes passent à la vitesse de l’éclair car le groupe a su intelligemment alterner les passages rapides et les parties plus lentes, histoire de reprendre son souffle. Par le chant extrême, les mélodies enjouées et entraînantes, WINTERSUN penche parfois du côté d’un folk métal à la ENSIFERUM, le côté symphonique beaucoup plus développé… Quelle surprise, sachant que Jari Mäenpää a fait partie de ce groupe qu’il a dû quitter pour mener à bien son projet actuel. Difficile de ne pas reprendre en cœur ces refrains virils et guerriers ! Allez, histoire de critiquer, il y a deux ou trois longueurs ici et là.

Après cette tempête, nous reprenons notre souffle via un « Land of Snow and Sorrow » tout aussi subtil et intelligent. Un peu moins grandiloquent, cette chanson continue de démonter l’immense talent des finlandais. Le côté viking est très marqué, en croirait écouter TURISAS pour le côté martial tout en restant très mélodique. C’est plus classique mais le résultat tient vraiment la route et impose WINTERSUN parmi les groupes les plus prometteurs. « Darkness and Frost » est un autre très bel interlude instrumental. Comme son compatriote Tuomas Holopainen (NIGHTWISH), Jari Mäenpää est vraiment doué pour imposer une ambiance, faire plonger l’auditeur dans un nouvel univers. Le répit est de courte durée avant un autre morceau de choix, « Time », lui aussi de plus de 10 minutes. Le ton est plus agressif, rentre-dedans que les prédécesseurs. Les types de chant alternent avec précision, toujours soutenu avec maestria par la musique qui n’a rien perdu de sa complexité. Cela reste d’un très bon niveau tout en étant un ton un peu en dessous de « Sons of Winter and Stars ».

Au moment où ENSIFERUM sort un dernier album moyen, WINTERSUN frappe très fort et redevient un sacré challenger aux côtés des LEAVES’ EYES, TYR et TURISAS pour rester dans le métal ancré dans les racines nordiques. J’en viens juste à me demander comment le groupe va réussir à transposer cela sur scène sans utiliser tellement de bandes préenregistrées que cela en deviendrait ridicule. Enfin, si RHAPSODY a su le faire, pourquoi pas eux. J’attends avec une très grande excitation la deuxième partie de ce bien beau voyage !

Oshyrya (9,5/10)

 

Site officiel : http://www.wintersun.fi/

FaceBook Officiel: http://www.facebook.com/wintersun

 

Nuclear Blast / 2012

Tracklist (40:09 mn) 01. When Time Fades Away 02. Sons of Winter and Stars 03. Land of Snow and Sorrow 04. Darkness and Frost 05. Time