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Cannon – Burning Love

Ne jamais dire jamais. La persévérance semble être un élément clé dans la vie d’un groupe. Les allemands de CANNON illustrent assez bien cette philosophie. Le groupe est né en 1986 à Hannovre. Le premier album, Thunder And Lightning, mettra alors deux ans à voir le jour en avril 1988. Cet opus ouvre alors de nombreuses portes à CANNON qui échoue finalement à signer un contrat avec un Major en 1989. Pas découragés pour autant, ils attaquent l’enregistrement d’un second album. Le projet tourne court quand les bandes encore inachevées sont volées. CANNON végète et finit par disparaitre en 1996. L’histoire s’arrêterait là si 4 membres fondateurs ne finissaient pas par relancer le projet en 2003. Depuis les sorties s’enchaînent avec régularité : The History en 2004, Back In Business en 2005, Metal Style en 2008 et enfin cette année Burning Love.

Les allemands restent fidèles à leurs origines et proposent un métal classique dans la bonne tradition locale. La recette outre-rhin est connue : un riff, une solide base rythmique, les soli de rigueur et une mélodie simple mais qui se veut attrayante. A l’écoute de l’album on comprend bien que les teutons ont de la bouteille et sont capables de proposer des compositions honorables à défaut d’être originales. J’ai par contre été frappé par le timbre de voix de Mat Rein Jaehnke derrière le micro. Son chant très éraillé m’évoque un mélange entre Udo Dirkschneider (UDO), Mark Tornillo (ACCEPT) et Brian Johnson (AC/DC). Cela donne du caractère, un cachet particulier à CANNON. Les titres passent les uns après les autres sans créer de grandes émotions chez l’auditeur. On ne trouve pas ici de grandes fautes de goût ou d’erreur majeure mais à quelques exceptions prêt (« Guardian Of The Night », « Holy Devil ») les compositions manquent de force et ne sont pas assez attrayantes. On s’amusera de l’adaptation de la Toccata et Fugue en ré mineur de JS. BACH sur « Bachrock » et… c’est tout.

On en arrive toujours au même constat. Bien que professionnel et appliqué, CANNON fait pâle figure face aux ténors, très nombreux, dans cette catégorie hard rock / power métal. Le récent « Stalingrad » d’un ACCEPT reste beaucoup plus convaincant. Alors les fans acharnés y trouveront leur compte et les autres passeront leur chemin et choisiront les valeurs sûres.

Oshyrya [06/10]

 

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Meantime Music – GerMusica P&M / 2012

Tracklist (48:03 mn): 01. Guardian Pipes 02. Guardian Of The Night 03. Burning Love 04. Hold Me, Love Me 05. Heads Up With The Devil 06. Goodbye 07. Life 08. Cold Morning 09. Bachrock 10. Holy Devil 11. Dreamer 12. Run For Your Life 13. A Light In The Dark 14. One World

Nova Art – The 3rd Step

Et bien en voilà une rencontre inattendue, un groupe métal progressif venue de Russie ! Ma connaissance de la scène locale étant proche du néant, je découvre grâce à Club Inferno Entertainment NOVA ART avec beaucoup de curiosité. Les russes affirment proposer un métal moderne, sans barrière ni étiquette, à la croisée des chemins des styles progressif, gothique, new-wave et heavy métal. Un joli programme en perspective… NOVA ART a déjà de longues années d’expérience derrière lui car les premiers enregistrements datent de l’année 2000. Ils publient deux albums : The Art of Nova en 2005 et Follow Yourself en 2009 et multiplient les apparitions scéniques en Russie et au sein de différents festivals comme le ProgPower néerlandais en 2006. The 3rd Step est un mini-album autoproduit qui vise à rappeler le groupe aux bons souvenirs des fans.

Le premier contact avec la musique de NOVA ART est encourageant. « Black Harmony » débute par une petite mélodie hypnotisante à la guitare bientôt rejointe par basse, batterie et claviers. Les russes tissent par petites touches une toile mélodique très enthousiasmante et bourrée d’énergie. La guitare impulse de la puissance, un rythme, le chant et les claviers dessinant la mélodie principale. Techniquement les russes n’ont pas choisi le plus facile en alternant sans cesse les rythmes et les styles dans une même composition. Cela ressemble au fruit d’un grand jam où chacun a développé ses idées comme il l’entendait. NOVA ART fini toujours par retomber sur ses pattes, avec talent, mais il aura entrainer l’auditeur dans un tourbillon de styles et de sonorités pour y arriver. Les refrains sont, dans l’ensemble, particulièrement accrocheur et se mémorisent très facilement. Parmi ses influences le groupe évoque, entre autres PERFECT CIRCLE et la comparaison me parait être assez fidèle. Le son est très moderne et reste difficile à catégoriser. Le chant d’Andrew Nova est assez varié, parfois assez agressif et suffisamment polymorphe pour s’adapter au contexte de la chanson.

J’ai écouté avec circonspection « Me Against the Music », une reprise du duo entre MADONNA et BRITNEY SPEARS. Drôle d’idée franchement, cela en amusera certains mais l’exercice reste du domaine du futile. Déjà pas fascinante à l’origine, cette chanson tombe toujours à plat malgré les efforts de nos amis. Une fausse bonne idée…. Mais je en voudrais surtout pas rester sur cette impression négative. The 3rd Step propose de bonnes chansons et fait découvrir le potentiel de NOVA ART. Les russes ont le talent pour se faire un nom sur la scène progressive européenne.

Oshyrya [7,5/10]

 

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Autoproduction – Club Inferno / 2012

Tracklist (31:51 mn): 01. Black Harmony 02. No More Pain 03. You The Only 04. My Beloved Hate (New Edition) 05. Me Against The Music (bonus part) 06. Pacific (Zodiac Cover)

Thought Machine

La vie d’un chroniqueur est loin d’être un long fleuve tranquille. Bien sûr recevoir un peu en avance les grosses sorties des labels partenaires est gratifiant mais tout cela se mérite. Nous subissons des migraines régulières dû à des albums franchement dispensables que nous recevons quasiment quotidiennement à la rédac. Quand nous sommes contactés par un groupe autoproduit pour rédiger la chronique de leur dernier méfait et que le fardeau retombe sur votre serviteur, un frisson glacé me parcourt souvent l’échine. La crainte de recevoir un truc innommable émerge et peut gâcher une après-midi. Certains croiront qu’il est facile de démonter un album mais détrompez-vous. Il faut écouter encore et encore pour aiguiser ses arguments et pouvoir exprimer son point de vue le plus honnêtement possible. Pas facile de dire à quelqu’un qui a travaillé avec cœur que son album est tout pourri…

Pour revenir à nos moutons après ce laïus concernant mes états d’âme, THOUGHT MACHINE est une expérience musicale menée par 5 musiciens italiens très expérimentés au sein de l’underground local. L’approche est un mélange d’électro et d’indus, une musique construite sur des expérimentations à base de sons analogiques tout droit sortis des années 70. Pour faire une comparaison audacieuse, les transalpins proposent un cocktail assez épicé entre RAMMSTEIN et THE KOVENANT, le tout saupoudrée d’un chant féminin. Cet exercice de style est particulièrement périlleux et THOUGHT MACHINE fait un peu pâle figure face à ses modèles. Signalons que le son est aussi un peu brut de décoffrage.

Cela commence mal avec une intro type rouleau-compresseur capable de vous donner mal au crâne en 10 secondes. Les choses d’améliorent par la suite via des riffs martiaux et hypnotiques, des nappes et une mélodie soignée. « Come to the Point » possède un refrain hypnotique qui s’imprime dans le crâne sans que l’on puisse lutter. Cependant on aurait aimé que toutes les compositions soient de cette qualité. Le soufflé retombe assez vite et on oublie assez vite la majorité des chansons. Il manque ce je ne sais quoi qui accroche et pousse l’auditeur à persévérer dans son écoute. La performance de Simona Pala au chant est assez honorable bien que les passages les plus agressifs manquent de puissance. L’utilisation très marquée de sons électro ajoute souvent un côté assez froid à la musique et les italiens ont peiné à passer outre cet écueil. Dans l’ensemble, ce premier album de THOUGHT MACHINE est sympathique mais il peine à décoller. On atteindra un deuxième opus pour juger de la réussite ou de l’échec de cette expérience.

 

Oshyrya [6,5/10]

 

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Autoproduction / 2012

Tracklist (44:16 mn): 01. Inspiration 02. Come to the Point 03. F-switch 04. The Autumn Lives Here 05. Death of Sun 06. Artificial Imagination 07. Cyber Screen 08. Come to Me 09. Warning 10. Captured 11. Thought Machine 12. The Hole of Schizophrenia