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Lullacry – Where Angels Fear

La concurrence fait plus que jamais rage entre les groupes de métal mélodique menés par une chanteuse. Les sorties récentes des derniers opus de NIGHTWISH et DELAIN en particulier fixent la barre très haute et les autres compétiteurs ont intérêt à proposer de solides arguments pour pouvoir faire illusion. LULLACRY a pour lui une certaine légitimité puisque les finlandais roulent leur bosse depuis longtemps. Protégés de Spinefarm Record à l’origine, LULLACRY enregistre sa première démo, Weeper's Aeon, en 1998 et un premier véritable album, Sweet Desire en 1999. Après un très long silence, nos amis remettent le couvert avec un cinquième album attendu au tournant.

Et d’emblée, mes espoirs ont été déçu par cet album. Bien que sympathique, la musique proposée ici manque de relief et de puissance face aux ténors du genre. Au contraire des groupes précédemment cités, LULLACRY a toujours exploité un côté assez gothique qui les rapprochent presque d’un TRISTANIA, la magie en moins. Les chansons sonnent de façon assez quelconque et manque d’attrait. Souvent cela commence bien puis le soufflé tombe invariablement. On sent bien que les finlandais ont voulu aller à l‘essentiel pour gagner en spontanéité mais ils ont perdu beaucoup au passage. Aucun titre ne surnage vraiment à l’image d’un « Don’t Touch The Flame » d’un album précédent et je me suis très rapidement ennuyé. Tout le monde fait le boulot, rien à reprocher aux musiciens ni à Tanja Lainio au chant si ce n’est un manque d’ambition et de créativité évident. Après sept ans d’attente, les fans méritaient mieux qu’un Where Angels Fear sans génie et à la production décevante.

LULLACRY semble filer un mauvais coton et se dirige à vive allure vers la deuxième division métal européenne. Si l’envie n’y est plus, ils feraient mieux de tourner la page et d’achever l’aventure sur cette note un peu triste.

[05/10] Oshyrya

 

Site Officiel: http://www.lullacry.com/

MySpace Officiel: http://www.myspace.com/lullacry

 

Scarlet Records / 2012

Tracklist (44:48 mn) 01. Antidote To You 02. Still An Angel 03. Thousand Suns 04. Feel My Revenge 05. Bad Blood 06. All Behind 07. Gone Are The Days 08. I Am 09. Broken (Into Pieces) 10. Where Angels Fear 11. Stay

Bloody Mary – Shoot Me

Nos compatriotes de BLOODY MARY se sont fixés un objectif simple : proposer des chansons entrainantes et catchy à même de rapprocher les fans rock de tout horizon. Le power-trio est né en 2005 sous l’impulsion de son guitariste chanteur Pierre Fargetton. Il s’entoure de Paul Banon et Mika Léon respectivement bassiste et batteur et se lance dans le grand bain en sautant sur toutes les opportunités de se produire sur scène et via un EP. autoproduit, We Rock, You Suck ! en février 2009. Le groupe est récompensé de ses efforts par un following croissant et par sa participation au SONISPHERE France en tant que groupe « Coup de Cœur » sur la scène off. Appliquant l’adage populaire, BLOODY MARY continue à battre le fer tant qu’il est chaud et propose en avril de cette année un deuxième opus, Shoot Me.

On ne change pas une recette qui gagne et les lorrains reprennent les hostilités dans le pleine continuité du disque précédent. Pas de fioritures, ici, les riffs et les mélodies sont millimétrées pour avoir le plus d’impact possible. L’ombre d’un NICKELBACK par exemple n’est souvent pas loin. L’auditeur suit avec facilité les méandres empruntés par le groupe et peut savourer chaque titre avec plaisir. On passe du très rock, in your face, à des compositions plus lentes et groovy à même de satisfaire les plus exigeants. Cette alternance dans les ambiances et les rythmes apporte une fraicheur bienvenue qui évite trop rapidement la lassitude. Il faut faire face à un petit ventre mou au milieu de Shoot Me mais BLOODY MARY appuie à nouveau sur l’accélérateur pour les deux-trois derniers titres.

La production, signée Guillaume Bideau (MNEMIC/ONE WAY MIRROR) est soignée et le son reste clair tout au long du disque. L’enthousiasme des français est communicative et je met au défit nos lecteurs de ne pas joyeusement headbanguer à l’écoute d’un « Party of Sin » ou d’un « Sx.In.Xs ». On sent bien que BLOODY MARY a pris beaucoup de plaisir pendant les 3 mois d’enregistrement de Shoot Me. Les collaborations de Steve Theado d'AMERICAN DOG et Lex Koritni (KORITNI) apporte un vrai plus et permettrons sans doute au groupe de toucher un public plus large.

Sans réinventer la route, BLOODY MARY offre un travail sérieux et on peut parier que ceux d’(entre vous qui donneront sa chance au groupe ne seront pas déçus. A découvrir sur scène, près de chez vous, pour convaincre les plus réticents.

[7,5/10] Oshyrya

 

MySpace Officiel: http://www.myspace.com/bloodymaryrockband

 

Bad Reputation / 2012

Tracklist (41:59 mn) : 01. Sx.In.Xs 02. White Line 03. Lies 04. Live And Learn 05. Why Won't You Love Me Anymore ? 06. Fuck You 07. Biding Time 08. Party Of Sin 09. Rock'N'Roll Is Our Business 10. Life Pain

Interview par mail de Douglas R. Docker

(DOCKER'S GUILD – claviers/chant), 25 juin 2012

 

 

01. Quel est ton état d’esprit quelques jours après la sortie de The Mystic Technocracy (Season 1: The Age Of Ignorance) ?

Confus ! Cela fait 22 ans que je travaille sur ce projet, et je n’y crois pas encore d’être finalement arrivé à sa conclusion ! Très heureux, mais je ne réalise pas encore très bien. En plus ce weekend on tourne un le court métrage « Darwin’s Tears » avec l’équipe de « 011 An Adventure with Therion » donc je suis vraiment dépassé par les évènements.

 

02. Pourrais-tu te présenter et nous parler de ton parcours avant ce disque ? Pourquoi as-tu souhaité te lancer dans un projet aussi ambitieux ?

Je suis moitié français e moitié américain, mais j’habite en Italie. J’ai débuté comme pianiste classique au conservatoire avant d’être possédé par le métal années ’80, surtout AOR, glam, métal classique (IRON MAIDEN, OZZY, etc). J’ai donc déménagé aux USA en 1992 où j’ai fréquenté le Musicians Intitute pour entrer dans le groupe BILOXI tout de suite après. J’ai ensuite eu de gros problèmes de santé et je suis disparu du monde de la musique pour me retrouver en Thaïlande comme formateur de profs d’anglais en 2001. J’ai ensuite repris mes études à la Sorbonne. Je suis ethnomusicologue, spécialisé en musique traditionnelle thaïlandaises et la vénération de divinités et démons de la part des musiciens thaïs. Tout cela est très intéressant et très métal ! En ce qui concerne le projet DOCKER'S GUILD, J’ai écrit 90% des chansons, des textes et de l’histoire du premier album au début des années ’90. On m’a pris pour un fou un peu partout et on m’a finalement convaincu que tout cela était ridicule. J’ai néanmoins continué à y travailler. Il a 4 ans, en regardant mon certificat de baptême, j’ai décidé que le moment était venu de terminer cette interminable souffrance, en n’écoutant personne, j’ai donc repris tout en main et nous voici avec le projet terminé (du moins la première partie)

03. Que peux-tu nous dire des sessions d’enregistrement ? Tout s’est fait par échange de mp3 via internet ?

Avec les special guests oui. Mais toute la pré-production, tous les claviers, mes voix, les voix parlées, les sax et la clarinette de mon père ont été enregistrées ici au Planet of Freedom Studio, où tout a été assemblé l’année dernière. Le mixage final a été fait à Londres et le mastering en Suède.

 

04. Comment as- réussi à convaincre la crème de la scène métal/rock progressif de contribuer à ton projet ?

Cela pourra surprendre, mais essentiellement par la force de la musique. Je connaissais déjà Tony Franklin et Magnus Jacobson qui m’a introduit à Göran Edman, mais le reste a été un long travail de correspondance. J’ai eu la chance d’avoir presque toute ma liste initiale sur l’album. Biloxi est aussi encore très connus dans le milieu, et ça a facilité la tâche. Les seuls qui n’ont pas pu à cause d’autres activités sont Ted Poley (DANGER DANGER) et Joe Lynn Turner. Peut-être la prochaine fois ?

 

05. Quelle ont été tes principales difficultés ?

La distance. A chaque changement, surtout pour le mix, il faut tout renvoyer, attendre des jours, c’est franchement extrêmement frustrant, une vraie torture. J’étais arrivé au point d’attendre 2 jours avant d’ouvrir les fichiers par peur de ne pas aimer. Heureusement, chaque special guest a donné vraiment le maximum, et cela s’entend. Je suis très fier d’avoir eu la chance de travailler avec ces stars, qui sont en plus des personnes splendides.

 

06. Quelles sont tes principales influences ? Le choix des chanteurs a-t-il influé pendant la phase de composition ?

Trop nombreuses ! Mais il y trois filons principaux. L’AOR / melodic rock d’abords, et j’ai choisi les chanteurs et musiciens spécifiquement sortis di ce genre. Je voulais voir si cela aurait donné un album prog avec un ton un peu diffèrent. Puis il y a le prog rock et métal, surtout ELP, YES, les premiers DREAM THEATER, THRESHOLD. Enfin des influences bizarres pour un musicien rock/métal, comme David BOWIE (mon artiste préféré sur tous les autres, le maître en toutes choses), le groupe français LES ROCKETS, DURAN DURAN, JM. JARRE. Puis il y a la musique classique.. il y en a partout dans l’album, des petites citations cachés et amusantes à découvrir…

 

07. Sur la bio transmise avec l’album, il est écrit que JM. Jarre et Les Rockets font partie de tes influences. Tu aimes la musique électro des origines (Kraftwerk, Klaus Schulze, Tangerine Dream…) ?

Oui beaucoup. LES ROCKETS en particulier, qui étaient inconnus en France mais vendait des millions d’album ne Italie, ont profondément marqué mon style musical, ma passion pour la science-fiction et l’aspect théâtral à la Kiss. Il y aura une chanson des ROCKETS dans chaque album. Dans celui-ci, c’est "Prophecy". En vrai chef-d’œuvre.

 

08. Comment travailles-tu ? On t’imagines passer des heures devant tes claviers à expérimenter pour trouver de nouveaux sons…

Oui un peu ! Mais aussi devant le clavier de l’ordinateur pour développer l’histoire, mais surtout des heures à faire de la recherche sur Internet et dans ma bibliothèque personnelle. Tous ce qu’il y a de vrai dans l’album est historiquement et scientifiquement correct, du moins je crois ! Évidemment la partie sci-fi est inventée.

 

09. Cette aventure évoque forcément les réalisations d’Arjen Lucassen par son ambition et le nombre d’invités. Est-ce un modèle pour toi ?

Alors là il faut que je fasse le point très clairement. Je ne lis rien d’autre dans toutes le chroniques, parfois étant critiqué d’avoir copié. Comme j’ai dit plus en haut, j’ai écrit presque tout cet album vers 1991. Lucassen n’était pas encore sur la scène. Je sais que cela semble ridicule, mais je n’avais jamais entendu parler de lui jusqu’à il y a trois ans quand on a commencé à me faire noter la similitude. J’ai acheté un CD, découvert un grand artiste, qui entre parenthèse est ami avec mon agent Alessandro Del Vecchio, mais il n’a eu aucune influence sur quoi que ce soit.

 

10. Tu as décidé de développer un concept autour des religions. Pourquoi ce choix, est-ce un sujet d’intérêt personnel ?

Oui, c’était le temps de la première guerre d’Iraq et j’étais encore très jeune. J’ai écrit une chanson, "The Mystic Technocracy", pour essayer de donner une explication de tous ces massacres commis au nom de Dieu par tous, arabes, juifs, occidentaux, et cela dure depuis 4000 ans. Évidement j’ai été accusé d’être sataniste, un fou New Age, an athée, etc. Il ne s’agit de rien de tout cela, je ne suis pas contre un parcours spirituel sincère, on serait tous des personnes meilleures. Il s’agit de comprendre cette violence inouïe à cause d’un livre. Il n’y a pas de justification à ça.

 

11. Ou es-tu de l’écriture et de l’enregistrement de la deuxième saison de la pentalogie ?

Ah ! Alors là je vais être cryptique. Je viens de commencer le deuxième album de la série et le matériel est déjà « écrit », mais il ne s’agit pas de « Season 2 ». Il faudra attendre le pourquoi de cela, mais il y a une très bonne raison, est une fois le projet terminé tout cela aura un sens très logique. Patientez ! En ce qui concerne « Season 2 » j’ai environs 70% de la musique prête, l’histoire est écrite, il reste à écrire les textes.

 

12. Pouvons-nous espérer voir ce concept développé un jour sur scène ?

On parle de faire un showcase cet hiver ici en Italie pour présenter l’album, les vidéos, peut-être avec des masterclass en plus. Il y aura environs la moitié des special guests, plus quelques surprises. Mais pour l’instant pas de plans définitifs, il est encore trop tôt.

 

13. Tu proposes un premier opus gavé de musique (79 minutes) et cela devient de plus en plus rare. N’as-tu pas voulu réduire et en garder pour le deuxième album ?

Effectivement il y a trop de musique, mais je n’ai pas pu faire autrement. Au début ce projet consistait en un album seul. Puis je l’ai développé est cela est devenu deux albums. « Season 1 » est essentiellement ce qui reste de cette première version courte de l’histoire, la « face A » de ce premier album à l’origine. J’ai pensé d’éliminer quelques chansons, ma l’histoire ne me l’a pas permis. Personne n’a en effet encore remarqué que l’histoire est conçue comme une série de science-fiction ou comme un serial années ’20. Il y a en effet marqué « Episode » avant chaque chanson. Chaque album finit par un « cliffhanger » qui se résout dans la prochaine saison. Donc il n’était pas possible de couper sans devoir réécrire complétement le début de l’histoire et la moitié des chansons.

 

14. Tradition oblige, on te laisse le mot de la fin …

merci à Métal Chroniques pour la super chronique et pour l’opportunité de faire cette interview. C’est la première ! Et un grand ciao à tous les fans qui soutiennent DOCKER'S GUILD. Il y en a déjà beaucoup est cela me rend très content

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques,…)?

"Come Undone" de DURAN DURAN

 

02. Premier album acheté ?

Grease !

 

03. Dernier album acheté ?

Nightwish – Imaginaerum

 

04. Quel son ou bruit aimes-tu ?

Les synthés analogiques années ‘70s

 

05. Quel son ou bruit détestes-tu ?

Je ne suis pas trop fan du growl et du scream

 

Chronique de l'album ici

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photos: © Massimo Milanese 2011