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Cela devait arriver. Il fallait bien que Michael Romeo, guitariste acclamé et reconnu de SYMPHONY X, trouve un moyen d’exprimer sa grande créativité alors que son groupe principal fait une pause suite à l’accident subi par Russell Allen et ses comparses d’ADRENALINE MOB en juillet 2017. De cette démarche est né un album que voici, War of the Worlds / Pt. 1, publié par Music Theories Recordings / Mascot Label Group. Après vingt-cinq ans de carrière, il était grand temps qu’un premier album solo voit le jour. Les plus pointus me diront qu’est déjà sorti sous son nom The Dark Chapter en 1994 mais il s’agissait plus d’un simple assemblage de démos publié alors par le label japonais du groupe.

Avec ce disque se pose la question de l’empreinte de Romeo sur la musique de son groupe. Tout le monde que c’est la principale force créatrice derrière SYMPHONY X mais sans l’ajout des autres, la magie allait-elle opérer de la même façon ? Beaucoup s’était posé la même question pour DREAM THEATER au moment du départ de Mike Portnoy. Ne voulant pas faire un disque instrumental enregistré tout seul, dans son coin, le guitariste virtuose s’est entouré d’une fine équipe, des amis : John Macaluso (ARK, TNT, and Yngwie Malmsteen ) à la batterie, John “JD” DeServio (BLACK LABEL SOCIETY) à la basse et Rick Castellano derrière le micro.

Après une intro orchestrale et grandiloquente (un peu à la manière d’un V: The New Mythology Suite), l’offensive débute par un « Fear The Unknown » mené d’entrée pied au plancher. La marque de fabrique de Michael Romeo émerge immédiatement et l’ombre de SYMPHONY X plane rapidement au-dessus de ce disque. Les titres font la part belle aux guitares sans oublier les orchestrations nombreuses et variées. Les claviers sont un peu moins présents mais chacun trouve sa place et l’américain a bien fait attention de ne pas tirer toute la couverture à lui. Avec « Black », l’intensité monte encore de niveau et cette chanson aurait facilement pu se retrouver sur Iconoclast (2011) ou Underworld (2015). Castellano fait des merveilles et l’auditeur tombera sous le charme en quelques instants. Tout ici brille de de mille feux, les mélodies, le refrain, les rythmiques et les soli de guitare. Les quatre musiciens se surpassent et écrasent tout sur leur chemin. Une bonne grosse claque tranchante et imparable.

Pour l’instant tout reste bien sage et attendu. « Fucking Robots » surprendra par contre beaucoup plus avec des éléments modernes et électro assez peu vus dans le passé. On dirait qu’un SKRILLEX est passé par là et ajouté sa touche EDM/dubstep à la musique de Romeo. Le mariage entre les deux styles s’avère être très heureux et apporte un joli vent de fraîcheur. « Djinn » prend la suite et colle une autre belle mandale par sa maîtrise et son efficacité. Romeo s’amuse a ajouté quelques touches orientales ici et là et encore une fois Castellano enchante par la qualité de sa performance. On retrouve les rythmiques si typiques du guitariste américain et les soli font toujours des merveilles.

War of the Worlds / Pt. 1 poursuit son chemin, alternant titre rapides et pauses plus mélodiques. Michael Romeo ne baisse pas la garde et maintient tout au long de ce disque des standards de qualité très élevés. Ces cinquante-trois minutent filent à toute allure et offrent leur lot d’excellents moments. La production reste au top, Simone Mularoni (DGM) derrière sa table de mixage a ciselé un bel écrin pour cet opus enthousiasmant.

Michael Romeo a fait le choix gagnant de proposer un véritable album et non pas disque instrumental, simple vitrine de son talent technique. Il a su très bien s’entourer et enchantera tous les amateurs de métal complexe et mélodique. En dehors du cadre SYMPHONY X, il a sur introduire par petites touches de nouveaux éléments tout en restant fidèle à son style et à son identité musicale. War of the Worlds / Pt. 2 est déjà dans les tuyaux et offre bien des promesses. Espérons surtout que Russell Allen surmonte rapidement l’épreuve qu’il traverse et que SYMPHONY X fasse reparler de lui. En attendant, ce disque majeur va égailler vos jours et vos nuits d’été !

Oshyrya (09/10)

 

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Music Theories Recordings – Mascot Label Group / 2018
Tracklist (53:05 mn) 01. Introduction 02. Fear The Unknown 03. Black 04. Fucking Robots 05. Djinn 06. Believe 07. Differences 08. War Machine 09. Oblivion 10.Constellations

 

 

Joe McGurk – Encore

Il faut croire qu’OPEROSE et OPPOSING MOTION ne suffisent pas à Joe McGurk. Tout en menant tambour battant ces deux projets, il continue également son petit bonhomme de chemin en solo. Après Elements en 2015, voici Encore dans une même veine instrumentale.

Le britannique ne manque pas de talent et a déjà fait la preuve de sa maîtrise technique. Il enfonce ici une fois de plus le clou et démontre sa maestria avec son instrument. Encore laisse les choses là où son prédécesseur avait laissé les choses. Ce disque se veut très visuel, on sent bien que notre ami apprécie les bandes originales de film et leur côté générateur de paysages et d’émotions. McGurk a fouillé dans ses archives personnelles et a sélectionné les thèmes musicaux qui allaient servir de base à chacune des compositions présentes ici. A partir de là, laissant couler son inspiration et ses envies, il a modifié, modernisé, trituré tout cela pour accoucher de sept nouveaux titres.

La guitare ne prend pas toute la place, les orchestrations sont nombreuses et donnent un peu de chaire à l’ensemble. A l’exception de « Neoclassica (Avarice Suite) », le guitariste a fait sobre en ne dépassant pas les cinq minutes pour chaque titre. On évite ainsi les chansons à rallonge sans grand intérêt. McGurk n’a jamais caché ses influences néoclassiques et il s’exprime très largement dans cette veine sur Encore. Les quatorze minutes de « Neoclassica (Avarice Suite) » et son nom pose d’emblée le décor et annonce la couleur. Le résultat se veut riche, complexe, mélodique et coloré. Le pari s’avère réussi même si quelques longueurs ici et là empêchent de totalement s’enthousiasmer. La production générale reste correcte mais nous sommes un net cran en dessous des ténors européens.

Sur la longueur, Encore n’atteint pas le niveau d’Elements. L’écoute s’avère agréable mais à quelques exceptions près, ces mélodies peinent à marquer durablement l’esprit de l’auditeur. L’exercice de l’album instrumental n’aide pas et ne pourra intéresser que les mordus du genre. Pour qu’un plus large public puisse profiter du talent du britannique, espérons que ses autres projets accouchent rapidement de nouvelles aventures.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Lion Music / 2018
Tracklist (48:30 mn) 01. Encore 02. Sailing to Eternity 03. Tears Fall (But Never Reach) 04. Well Trodden Path of Regret (Featuring Lars Eric Mattsson) 05. Neoclassica (Avarice Suite) 06. Butterfly in the Underworld 07. Soldiers of Despair 08. Elements – Classical Version (Bonus Track)

 

 

Ghost – Prequelle

Le mystère GHOST s’est éclairci. L’aura de mystère qui entourait le groupe a désormais disparu. Tout le monde connait Tobias Forge et sait qu’il est le maître à penser artistique et musical de cette aventure. Ces révélations sur fond de procès et de règlements de compte financiers allaient-ils interrompre l’ascension des suédois ? Ce n’est pas peu dire que nos amis étaient attendus au tournant quelques années après Meliora (2015) et Popestar (2016).

Forge est malin et décide d’entamer un nouveau chapitre en recrutant de nouveaux acolytes autour de lui et en rangeant au placard les Papa Emeritus au profit d’un nouveau personnage du grand guignol GHOST, le Cardinal Copia. Sur le fond, au niveau musical, on ne change par contre pas une équipe qui gagne. Ce rock doom progressif vintage revient sur le devant de la scène avec Prequelle. Ce nouvel opus s’inscrit dans la continuité des disques précédents.

Après une petite mise en bouche destinée à faire monter l’ambiance, les hostilités débutent avec un « Rats » ayant servi de premier single. Les fans ne seront pas désorientés, ils marchent en terrain connu, entre riffs accrocheurs et nappes de claviers omniprésentes. Le refrain déçoit au premier abord mais après quelques écoutes, la mayonnaise finit par prendre et l’auditeur passera outre. Rien de bien nouveau sous le soleil, c’est du GHOST tout ce qu’il y a de plus classique mais reconnaissons encore une fois l’efficacité du savoir-faire suédois. Forge domine les débats derrière son micro et propose encore une très belle performance. « Faith » ne veut d’emblée plus lourd et plus métal. Les guitaristes s’en donnent à cœur joie et imposent implacablement leur tempo. GHOST devient quelques minutes plus malsain et plus « evil » sans la dimension mélodique ne disparaisse jamais.

Prequelle affiche un équilibre assez subtil entre compositions intenses et titres plus doux. L’auditeur passera par un large panorama d’émotions, tout en restant porté agréablement par les mélodies accrocheuses. La dimension vintage du hard rock mélodique des suédois est poussée très loin. Un « Miasma » surprend par les chemins détournés qu’il emprunte, ce titre très technique s’ancre dans les seventies. GHOST a-t-il déjà été aussi accessible et sucré que sur un « Dance Macabre » ? Toutes les générations pourraient se retrouver sur une chanson aussi fédératrice. Certains diront de Forge joue la facilité mais même dans cet exercice, il excelle. Difficile franchement de résister et de ne pas secouer la tête et taper du pied ?

Et les ballades ne sont pas non plus en reste avec des « See the Light » et « Pro Memoria » qui font mouche. Le travail sur les orchestrations s’avère très réussi et le sens de la mélodie prend ici tout son sens. Oui c’est tire-larmes, ou c’est guimauve et pourtant le plaisir est bien là. C’est nostalgique à souhait et malgré les grosses ficelles utilisées, on se laisse porter. Forge démasqué, il ne se cache plus et affiche fièrement tout son savoir-faire. Il n’hésite pas à proposer un instrumental très progressif avec « Helvetesfonster ». Ce quatrième disque se termine paisiblement par une composition pop-rock, assez grandiloquente mais qui s’oublie assez rapidement.

Prequelle laisse, à chaque écoute, une impression très positive. Ce disque invoque un foisonnement de couleurs et de rythmes à même de rassasier les plus exigeants. Tout n’est pas génial, les refrains tombent parfois à plat mais les morceaux de bravoure ne manquent pas et génèrent rapidement une irrépressible envie d’y revenir. Au niveau des albums, GHOST fait jusqu’à présent un sans-faute et ce disque lui permettra sans aucun doute de poursuivre son ascension dans le monde entier. Selon la version de l’album que vous avez acheté, vous bénéficierez de reprises en bonus, « Avalanche » de Leonard Cohen et « It’s a Sin » des PET SHOP BOYS.

Oshyrya (08/10)

 

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Caroline Records / 2018
Tracklist (50:45 mn) 01. Ashes 02. Rats 03. Faith 04. See The Light 05. Miasma 06. Dance Macabre 07. Pro Memoria 08. Witch Image 09. Helvetesfonster 10. Life Eternal 11. It’s A Sin 12. Avalanche