L'album précédent des suisses de Shakra, Infected, avait quelque chose de résolument heavy-metal dans l'idée, avec une agressivité nouvelle apportée à leur hard-rock hautement FM et commercial. "FM et commercial" dans le meilleur sens du terme, notez: des chansons accrocheuses qui font taper du pied et bouger la nuque de manière ravageuse en plongeant l'auditeur dans la meilleure des humeurs. Cette évolution avait été unanimement saluée par la critique comme par les fans: on pouvait penser qu'ils continueraient dans cette voie… mais le groupe en a apparemment décidé autrement.
Everest marque le retour à un hard-rock FM, de haute facture certes, mais plus calme. Quelques introductions ou passages instrumentaux pourront être plus énervés, mais l'ensemble de l'album opère… une « regressive evolution », en fait: seule « Ashes to Ashes » reste vraiment dans l'humeur rageuse d'Infected. Il faut dire qu'avec quatre ballades sur douze chansons au total… la moyenne du métronome baisse, forcément. Des ballades qui font certes régulièrement bouger le pied (et lever le poing), pour la plupart, mais des ballades. A savoir « Why, Anybody out there », « Hopeless » et « The Illusion of Reality », voire « Right between the eyes » en power ballad un tantinet haineuse et sachant que Love & Pain échappe au titre de sixième ballade grâce à ses couplets. Etrange choix par contre de mettre les trois chansons les moins inspirées dans la première partie de l'album: « Love & Pain » comme power ballad, « The Illusion of Reality » comme chanson binaire et sombre et « Why » comme ballade à jouer à la guitare acoustique au coin du feu sont toutes trois trop répétitives (ou longuettes?) pour que la sauce puisse vraiment prendre.
On en revient donc à un album qui fait sérieusement taper du pied, un peu moins bouger la nuque, et fera lever le poing en concert, tout en gardant quelques accents de l'énervement de leur album précédent. Un bon album pour amener votre âme sœur faire un tour en voiture en fait, faites juste attention à ne pas rater la pédale de frein à force de taper du pied. « Hopeless » sera parfaite pour finir votre petite ballade, en tant que fond sonore pendant que vous admirerez un soleil couchant au-dessus de la mer…
En conclusion: un album qui ne révolutionnera pas l'histoire de la musique, mais qui s'avèrera très utile pour votre gymnastique du pied !
Polochon (07/10)
AFM Records / 2009
Tracklist 01. Ashes to Ashes 02. Love & Pain 03. Let me lie my life to you 04. The Illusion of Reality 05. Why 06. The Journey 07. Regressive Evolution 08. Anybody out there 09. Right between the eyes 10. Dirty Money 11. Insanity 12. Hopeless
Je tiens d'abord à préciser que si je connais Adagio depuis Sanctus Ignis, soit 2001, je n'ai jamais vraiment accroché à leurs albums, « trop propres et trop gentils » pour résumer. Mais j'ai toujours eu un petit penchant pour ce groupe, j'attendais surtout de voir où un petit peu plus de maturité l'amènerait. Alors quand j'ai vu qu'ils venaient de sortir quelque chose au titre sombre (…et rappelant une chanson d'Angra, c'est forcément bon signe!) et à la pochette sanguignolante tout en restant assez classe dans son style j'ai décidé de laisser la curiosité parler à nouveau…
Du stade de petits génies en devenir, les Allemands d’Edguy sont devenus un groupe majeur en Europe et ce à force de tournées incessantes et d’albums à chaque fois mieux produits et mieux écrits les uns que les autres. Ce talent quasiment insolent ne pouvait pas rester éternellement impuni, Tobias & Co. allaient bien finir par commettre un faux-pas. Et c’est peut-être chose faite avec ce Rocket Ride tout nouveau tout beau. Il faut bien avouer que le précédent effort du combo, Hellfire Club, avait placé la barre très haut niveau qualité d’écriture et de composition. Trop haut ? C’est bien possible. C’est en effet un léger pas en arrière qui s’opère sur Rocket Ride. Sans renier ses acquis, Edguy semble vouloir reprendre sa place de petit groupe sympatoche qu’il était à ses débuts en proposant des titres rigolos, heavy, mais pas forcément très inspirés.