Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Flayed – XI MILLION (EP)

Après Symphony For The Flayed (chronique ici) et Monster Man, les viennois de FLAYED continuent leur course folle et proposent à leur public un EP, XI MILLION, histoire de patienter et d’avoir du grain à moudre pour les concerts à venir. Au programme, cinq nouvelles chansons pour presque vingt minutes de musique fraiche et génétiquement rock. Depuis ses début en 2013, le sextet na pas varier et poursuit sa conquête des cœurs.

Si vous suivez le groupe depuis ses débuts, vous nagerez comme un poisson dans l’eau, frétillant aux sonorités rock à la fois inspirées et si familières. FLAYED ne cherche pas à réinventer le genre, les musiciens travaillent sérieusement et appliquent avec rigueur les canons du genre. Chaque riff reste ciselé, efficacement soutenu par une section rythmique imparable et les envolées tonitruantes de l’orgue hammond. Nos amis ne sont pas venus amuser la galerie et développent avec entrain ce hard-rock rapide et entrainant inscrit dans la tradition des années 70. Renato, derrière le micro, met tout son cœur dans chaque performance et apporte un supplément d’énergie à chaque nouvelle chanson. Pas de temps ici, la pédale d’accélérateur reste appuyée à fond tout au long de ces vingt minutes de musique. Difficile de ne pas ressentir une petite lassitude en bout de courses tant chaque composition semble sortie d’une moule unique. C’est la patte et la marque de fabrique de FLAYED mais il devient périlleux de convaincre sur la longueur.

Dans la foulée d’un Monster Man convaincant, FLAYED enfonce le clou avec ce XI MILLION endiablé au possible. Je vous mets au défi de ne pas taper du pied et secouer la tête en rythme à l’écoute de ces cinq nouvelles chansons. Sur scène, l’expérience s’avère encore plus impressionante.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Kaotoxin Records / 2016

Tracklist (19:06 mn) 01. Eleven Million 02. Trend is Over 03. Fortunate Son 04. Shoot the Trail 05. Rollin’ Monkey

Dot Legacy – To the Others

Drôle d’objet musical que cet album de DOT LEGACY. Les parisiens ne s’encombrent pas des barrières de genre et déploient leurs ailes sur tous les courants ascendants générés par leur créativité. Ils décrivent eux-mêmes leur démarche comme de l’Energy Rock, une croisée des chemins entre THE BEATLES, THE BEASTIE BOYS et THE DOORS. Eclectisme avez-vous dit ?

Le groupe est né à Paris en 2009 sous la forme d’un quatuor au projet musical encore flou. Il leur faudra cinq ans pour structurer leur propos et définir leur identité artistique protéiforme sous la forme d’un premier opus éponyme publié par Setalight Records. Fort de ces chansons, DOT LEGACY s’est embarqué sur les routes, profitant de toutes les opportunités possibles pour jouer et se produire aux côtés de BLUE PILLS ou encore TRUCKFIGHTERS. Les voici de retour avec un second album, To the Others, toujours sur le même label.

Avec huit chansons pour un peu moins de trente-cinq minutes de musique, ce disque apparait un peu chiche. Cependant, mieux vaut huit titres imparables que vingt-cinq sont saveur ni odeur. Au moment de lancer la touche play sur son lecteur, difficile de de savoir à quoi s’attendre avec les parisiens. De l’énergie à revendre c’est sûr, une approche rock seventies évidente et ensuite tout est possible. Le quatuor a préféré privilégier des titres courts, entre deux et cinq minutes au maximum. Cela renforce bien sûr l’impact de chaque titre et évite ainsi l’arrivée trop rapide de l’ennui ou de la lassitude. To the Others s’écoute avec plaisir et de déroule sans temps mort si anicroche. DOT LEGACY affiche un vrai talent et un solide savoir-faire. Tout un chacun ne pourra qu’être impressionné de la maestria affichée pour mélanger les styles et les ambiances. Tout n’est pas génial mais il faudrait vraiment faire la fine bouche pour passer complétement à côté. Le sérieux et le travail fourni saute aux yeux (et surtout aux oreilles).

Souhaitons à To the Others un destin similaire au Golden Record, un vidéodisque en cuivre plaqué or de 12 pouces embarqué sur les sondes Voyager, qui a servi de modèle à la pochette de ce disque. Il voyagera très loin dans toute la galaxie et sera peut-être écouté un jour par d’innombrables individus d’une autre civilisation. Espérons que cet album fasse sa carrière sur Terre avant de viser les étoiles.

Oshyrya (07/10)

 

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Setalight Records / 2016

Tracklist (34:34 mn) 01. Horizon, 02. Grey Cardinal, 03. 211, 04. 5314, 05. Dakota, 06. The Twelve, 07. Story of Fame, 08. Pioneer

Deep Purple – Infinite

Il semblerait bien que cela soit le dernier cette fois-ci. Infinite serait peut-être donc le dernier disque de Deep Purple, après une carrière de bientôt cinquante ans ! Avec ses hauts, ses bas, ses déchirements et ses réconciliations… et finalement un vrai apaisement depuis que Steve Morse est dans le groupe, soit une une vingtaine d'années maintenant. Il y a quatre ans, Now What ?! avait fait une grosse impression : soutenue par Bob Ezrin à la production, la bande à Gillan avait retrouvé une inspiration et une créativité inattendue pour un groupe qualifié hâtivement de « dinosaure » du hard rock. Car autant les dinosaures sont bel et bien morts et enterrés, autant Deep Purple propose toujours du neuf et souvent du bon, voire de l'excellent. 

Ici la démarche « décontractée » adoptée par le groupe est assez proche de celle du si réussi Now What ?! Et Bob Ezrin est toujours aux commandes de telle sorte que la texture sonore est assez proche de celle de son prédécesseur fameux. On nuancera toutefois un peu : Infinite est un peu moins ambitieux et un peu moins inspiré. Les titres sont d'ailleurs moins nombreux surtout si l'on tient compte du fait qu'une reprise des Doors, « Roadhouse Blues », pas indispensable, est intégrée. Par ailleurs, les touches « progressives » sont moins présentes et les développement instrumentaux plus concis. On remarquera aussi que le tempo s'est lentement mais sûrement ralenti depuis plusieurs années : à soixante-dix ans passés pour la moitié du groupe, la chose était sans doute inévitable. Le hard rock du Pourpre Profond est devenu surtout plus groovy, progressif et bluesy que fougueux. 

Cela donne à ce disque un calme et une sérénité qui éclate lors des moments les plus calmes comme sur le superbe « All I Got Is You » sur lequel Ian Gillan se retrouve particulièrement à l'aise. La première partie de « The Surprising » se place dans la même ambiance avant que le morceau ne se change en une pièce épique aux longs développements instrumentaux somptueux. Steve Morse et Don Airey s'avèrent totalement dans leur élément et l'on pensera parfois à ce que pouvait proposer Tony Banks avant que Genesis ne vire à la pop, durant les années 80. 

Les mauvaises langues diront que c'est largement le début d'Infinite qui porte le disque : « Time For Bedlam » et son vocodeur, « Hip Boots » au rythme délicieusement chaloupé et « All I Got Is You » constituent une ouverture de disque imparable. Et certes, on perd un peu en qualité sur la fin de disque (« On The Top Of The World », toutefois très honorable), mais il n'y a jamais de vraie panne d'inspiration. Par ailleurs Ian Gillan arrive souvent à transcender n'importe quel matériau musical : « Birds Of Prey » est là pour en témoigner. Le fait de « trafiquer » sa voix pour créer un effet vocal est d'ailleurs assez courageux quand on est une légende du rock comme lui. Et comme les tempos ne sont pas particulièrement enlevés sur le disque, la tendance à nasaliser son chant, est assez peu présente ; on ne peut que s'en réjouir. 

On ne peut être totalement sûr qu'Infinite soit le dernier disque de Deep Purple bien qu'à soixante-dix ans passés pour trois musiciens du groupe sur cinq, on puisse supputer que le Pourpre Profond clora sa tumultueuse carrière après une tournée appelée « The Long Goodbye ». Mais après un tel disque on se dit qu'un dernier tour de piste n'est pas superfétatoire, loin de là. Bravo messieurs !

Baptiste (8/10)

 

Verycords – 2017

Tracklist : 1. Time For Bedlam 2. Hip Boops 3. All I Got Is You 4. One Night In Vegas 5. Get Me Outta Here 6. The Surprising 7. Johnny's Band 8. On The Top Of The World 9. Birds Of Prey 10. Roadhouse Blues