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Rien qu’à voir la pochette de cet EP, avant même d’avoir pu écouter la moindre note, j’aurais parié sur un disque de rock progressif. Et bien perdu, il y est bien question de rock ici mais plutôt de rock / hard-rock alternatif à l’américaine, dans la veine des NICKELBACK ou PEARL JAM. Le groupe nait dans la capitale en 2014 et a profité de toutes les opportunités pour se produire en concert sur toutes les scènes qui voulaient bien les accueillir. Il était temps d’avoir une carte de visite discographique. C’est chose faite avec cet EP, When It’s Done.

Le premier contact avec le groupe se fait via un « Scream » au démarrage tonitruant, lourd, puissant, racé avant que l’orage se calme via la voix de Julien Boireau. LEAVING PASSENGER semble prendre un malin plaisir à ainsi varier les plaisirs en jouant, au sein d’un même morceau, sur divers niveau d’intensité. Dans l’ensemble assez courtes et calibrées entre trois et cinq minutes, les six compositions présentées ici tiennent franchement bien la route. L’écoute reste agréable tout au long des presque trente minutes que dure When It’s Done. Cependant, pour rivaliser avec leurs modèles il manque encore ce côté imparable et hyper accrocheur qui fait la marque de fabrique des nord-américain. Ici, pas de refrain qui claque et de mélodie qui vous rentre dans la tête au bout de deux écoutes. Il faut faire preuve de plus de patience et laisser le propos infuser dans son esprit. Au niveau technique rien à redire, la production s’avère limpide et insuffle l’énergie nécessaire pour mettre en valeur chacune des chansons.

L’EP se termine joliment par le titre éponyme, plus long, qui fait office de synthèse du style et du savoir-faire de LEAVING PASSENGER. Ainsi armé, le quartet possède de solides arguments à faire valoir. Souhaitons-leur de continuer leur parcours sur scène pour encore affiner leur démarche musicale et nous proposer un premier album renversant.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction – Dooweet / 2016

Tracklist (29:37 mn) 01. Scream, 02. Running Back To Me, 03. I Don’t Care, 04. Better Place, 05. Lies on the floor, 06. When it’s Done

GLOWIN SHADOW est un groupe de rock alternatif français, de Paris, fondé en 2013. C’est ne pas nous qui le disons mais c’est le quintet lui-même. Désormais, cette étiquette de « rock alternatif » ne peut qu’aiguiser la curiosité ou au contraire effrayer le chaland tant elle ne veut plus vraiment rien dire. Tout le monde utilise se terme « alternatif » à toutes les sauf, sinon c’est souvent « progressif ». Comprenne qui voudra.

Après avoir publié très rapidement deux EP, il était grand temps pour GLOWIN CLOWN de sortir un LP. Nous aurions aimé avoir de nouvelles chansons inédites mais les parisiens ont fait le choix de regrouper sur un album le fruit de leur deux sorties précédentes agrémenté de quelques bonus dont l’intérêt reste assez limité. Ils ont raison d’être fiers du travail précédemment accompli et de vouloir donner une nouvelle chance à ces compositions mais cela fait un peu chiche. Donc pour résumer, ce disque reprend le contenu de Ghosts, Fools & Fakes – EP volume 1 et 2 de 2014 et 2015. Cependant un travail de remasterisation a été réalisé sur certains titres pour les remettre au goût du jour je suppose.

Les parisiens proposent une musique directe qui se veut immédiatement mémorisable et accrocheuse. Ils favorisent les formats courts avec des chansons calibrées autour des quatre minutes. Leur univers musical semble assez déjanté, ils n’hésitent pas à mélanger les ambiances et les rythmes. Bourrées d’énergie et très colorées leur rock, la majorité des chansons possède un côté fédérateur franchement sympathique et un son très américain. Au début on s’inquiète un peu de la voix assez haut perchée de Michaël derrière le micro mais il parvient à son rassurer en faisant preuve d’une belle conviction tout au long du disque. Rien de très original sous le soleil avec l’ombre des LINKIN PARK, AVENGED SEVENFOLD ou DEAD BY APRIL qui plane lourdement sur ces chansons. Tous les gimmicks associés sont là comme les petites touches extrêmes au niveau du chant sur « Schizophrenia ». Mais ne soyons pas rabat-joie, GLOWIN SHADOW propose une musique fouillée et touffue qui surprendra l’auditeur et certains titres ont le potentiel de squatter un long moment votre platine CD.

Il est temps pour GLOWIN SHADOW de clore le premier chapitre de leur carrière en synthétisant en un disque leur production discographique. Fort de cette carte de visite, le quintet peut déjà programmer l’avenir et les différentes étapes à franchir pour se faire connaître d’un plus large public. Espérons que le deuxième album, inédit celui-ci, ne tarde pas trop à apparaître afin d’inscrire durablement le groupe sur la carte rock parisienne.

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction – Dooweet / 2016

Tracklist (47:06 mn) 01 : We Need To Talk… – 02 : Schizophrenia (feat. Max Rodriguez-Medallo from MERGE) – 03 : Fleeting Delight Act 1 – 04 : Requiem – 05 : What’s Going On ? – 06 : Fleeting Delight Act 2 – 07 : Halloween Party – 08 : Glowing In The Shadow – 09 : Fleeting Delight Act 3 – 10 : Liars Die – 11 : Unleash Your Shadow – 12 : We Need To Talk… (acoustic version) – 13 : What’s Going On ? (piano version) – 14 : Schizophrenia (original version)

Immolation – Atonement

Blabla les vieilles casseroles blabla les meilleures soupes. À vrai dire, plus le temps passe et plus je suis affolé de voir à quel point les anciens conservent avec insolence les meilleures places dans le monde du Death Metal. Et à ce petit jeu, Immolation frappe à nouveau un grand coup avec un Atonement dévastateur.

Et pourtant, j’ai eu l’impression dès la première écoute d’un groupe qui lève le pied. Dans mes souvenirs (mais je me trompe probablement, nous mettrons cela sur le compte des commotions cérébrales et de l’abus de houblon), Immolation n’était pas aussi lent, aussi lourd. Ici, Atonement me donne presque l’impression qu’Immolation veut jouer dans la même cour qu’Asphyx, mais sans renier son héritage. C’est lourd, c’est pesant, mais la bande à Ross n’a pas pour autant oublier ce qui distingue tant Immolation de ses concurrents : l’atmosphère. Là où beaucoup (trop ?) de groupes misent tout sur la brutalité, Immolation joue aussi sur les ambiances, sur la dissonance. Et c’est ce parfait équilibre de brutalité et d’ambiance qui rend cet album si efficace, qui fait de ce groupe un monstre un peu à part dans la scène des vieux briscards ricains.

Pour un groupe qui a sorti sa première démo il y a presque 30 ans, Immolation n’a rien perdu de sa superbe. Les fans de la première heure préfèreront probablement les premiers efforts du groupe à cette nouvelle cuvée (attachement sentimental, que voulez-vous), mais tout fan de Death qui se respecte devra jeter une oreille attentive sur cette galette.

Mister Patate (8,5/10)

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Nuclear Blast Records / 2017
Tracklist (48:47) 1. The Distorting Light 2. When the Jackals Come 3. Fostering the Divide 4. Rise the Heretics 5. Thrown to the Fire 6. Destructive Currents 7. Lower 8. Atonement 9. Above All 10. The Power of Gods 11. Epiphany 12. Immolation*