Blabla les vieilles casseroles blabla les meilleures soupes. À vrai dire, plus le temps passe et plus je suis affolé de voir à quel point les anciens conservent avec insolence les meilleures places dans le monde du Death Metal. Et à ce petit jeu, Immolation frappe à nouveau un grand coup avec un Atonement dévastateur.
Et pourtant, j’ai eu l’impression dès la première écoute d’un groupe qui lève le pied. Dans mes souvenirs (mais je me trompe probablement, nous mettrons cela sur le compte des commotions cérébrales et de l’abus de houblon), Immolation n’était pas aussi lent, aussi lourd. Ici, Atonement me donne presque l’impression qu’Immolation veut jouer dans la même cour qu’Asphyx, mais sans renier son héritage. C’est lourd, c’est pesant, mais la bande à Ross n’a pas pour autant oublier ce qui distingue tant Immolation de ses concurrents : l’atmosphère. Là où beaucoup (trop ?) de groupes misent tout sur la brutalité, Immolation joue aussi sur les ambiances, sur la dissonance. Et c’est ce parfait équilibre de brutalité et d’ambiance qui rend cet album si efficace, qui fait de ce groupe un monstre un peu à part dans la scène des vieux briscards ricains.
Pour un groupe qui a sorti sa première démo il y a presque 30 ans, Immolation n’a rien perdu de sa superbe. Les fans de la première heure préfèreront probablement les premiers efforts du groupe à cette nouvelle cuvée (attachement sentimental, que voulez-vous), mais tout fan de Death qui se respecte devra jeter une oreille attentive sur cette galette.
Nuclear Blast Records / 2017
Tracklist (48:47) 1. The Distorting Light 2. When the Jackals Come 3. Fostering the Divide 4. Rise the Heretics 5. Thrown to the Fire 6. Destructive Currents 7. Lower 8. Atonement 9. Above All 10. The Power of Gods 11. Epiphany 12. Immolation*
Les bouchers suédois récidivent deux ans après un sanglant " Forensic Nightmares". Les amateurs de Death metal qui tâche ne seront pas déçus s'ils recherchent une bonne dose d'agression qui tranche dans le vif et qui disperse façon puzzle. Une fois encore, le combo n'est pas du genre à trainer en besogne pour lancer les hostilités, et l'album ne tarde pas à coller au mur et à cogner dans le tas. On trouvera bien de temps en temps un soli de guitare mélodique de haute volée (notamment sur "Behead The Dead" ou " Master Dissector" ), mais ce qui retient l'attention c'est le déluge de coups qui pleuvent sans s'arrêter, et si d'aventure le groupe ralentit, c'est pour mieux vous sauter à la gorge par la suite… Et le titre éponyme de l'album est exemplaire de ce point de vue " Wherever They May Rot ", est un moment de furie ultime asséné à toute vitesse. Et n'allez pas vous imaginer que l'ensemble s'essouffle sur la durée, la tracklist ne fait pas de quartier, un " Cranium Crusher " en fin d'album dévale à toute vitesse, tandis que la conclusion apportée avec " Raped By The Blade " ne concède qu'une minute d'intro avant de pilonner les conduits auditifs.
Du métal de la mort qui vous roule dessus et qui ne s'arrêtera pas pour faire un constat de décès en somme. Les plus blasés pourront rechigner sur le manque d'originalité et sur le déterrage de vieilles recettes du Death metal suédois (" In The Aftermath" qui fleure bon le Entombe d'antan), il n'empèche que le savoir-faire du quatuor prend le dessus avec cette dizaine de compositions sans temps mort. Le métronome Tobias Gustafsson (God Macabre, Nifelheim en tournée) livre une prestation impeccable, ainsi que ses comparses Erik Rundqvist (ex Vomitory) à la basse et aux rugueuses vocalises d'outre tombe (ou de tuyau crevé), sans oublier Andreas Björnson et Anders Bertilsson (ex The Project Hate MCMXCIX) aux guitares. En l'espace de 38 minutes, le groupe va à l'essentiel, et ne devrait pas laisser insensibles les petits coeurs des amateurs de boucherie à la suédoise. Cut up livre avec ce deuxième album une confirmation énergique et accrocheuse.
Tracklist (38:16) : 01. From Ear To Ear, 02. Necrophagic Madness, 03. Behead The Dead, 04. Wherever They May Rot 05. Vermin Funeral, 06. By Hatred Bound, 07. Psychosurgery, 08. In The Aftermath, 09. Master Dissector, 10. Cranium Crusher 11. Raped By The Blade
Cela fit sans doute plus crédible et sérieux de dire qu’un groupe est originaire de Melbourne ou Sidney que de Melun et pourtant le groupe SCORES s’en fiche et ne manque pas d’ambition dans le domaine rock n’roll pêchu des années 70. Ils sont tous très jeunes te mènent maintenant leur barque depuis quelques années sur les flots tumultueux de la scène française. Mais avant d’espérer atteindre la reconnaissance et les sommets des charts, il faut savoir faire ses armes. Après un premier EP, On The Road, paru en 2014, le quintet remet le couvert en 2016 avec The Gate to Leave et ses quatre nouvelles chansons.
On ne va pas se mentir, l’écoute de cet EP ne bouleversera pas votre vie, SCORES est encore en phase d’apprentissage et de construction et cela s’entend nettement. Leurs chansons restent plutôt bien réalisées et sympathiques mais elles apparaissent également d’une naïveté assez impressionnante. Et puis cela manquez nettement de caractère et d’originalité, nos amis peinent à se trouver une identité et jouent la facilité. Ces nouvelles chansons s’avèrent pataudes et l’ennui pointe trop rapidement le bout de son nez face à des riffs et des mélodies déjà entendues des centaines de fois sous une forme ou une autre. Et puis le chant n’est pas extraordinaire, derrière son micro, Benjamin Blot-André manque de puissance et nous la joue plus rock alternatif/punk que rock 70s de leurs idoles LED ZEPPELIN, BLACK SABBATH ou AEROSMITH.
SCORES affichent sa jeunesse et son inexpérience mais également un potentiel en devenir. Je me suis passablement ennuyer à l’écoute de ce The Gate to Leave mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Ils affichent une jolie maîtrise technique et un certain sens de la mélodie. Maintenant un sacré chemin reste à parcourir avant d’être vraiment convaincant.