Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Il sera facile de faire du mauvais esprit avec ce nouveau live d'Uli Jon Roth. « Le guitariste allemand cherche à survivre pécuniairement grâce à son ancien groupe et à ses disques cultes »… « On ne peut faire mieux que le légendaire Tokyo Tapes : à quoi bon un ersatz ? »… Etc. Etc. Ces arguments sont loin d'être faux : ce Tokyo Tapes Revisited Live n'a pas beaucoup d'intérêt. Et, évidemment encore une fois, il n'arrive pas à la cheville du disque live qui clotura la première période de Scorpions. Il vaut donc mieux mille fois écouter Tokyo Tapes que ce Tokyo Tapes Revisited Live et ce même si le disque d'Uli Jon Roth a été enregistré dans la même salle japonais que son illustre prédécesseur, le Nakano Sun Plaza Hall.

Et ce d'autant plus que le chanteur ici, au micro, Nathan James – sans honteusement démériter – est assez banal. Ses capacités sont réelles, sa voix est chaude et agréable… mais le grain inimitable de Klaus Meine manque cruellement. On sait à quel point l'alchimie de Scorpions, à toutes les époques de l'histoire du groupe, est liée au chanteur allemand. On ne peut que le constater encore une fois malgré le sérieux de Nathan James qui au moins à l'heureuse idée de ne pas chercher à trop cloner le modèle originel. Cela explique peut-être d'ailleurs le fait que la plupart des musiciens empoignent le micro dont évidemment l'ineffable Uli Jon Roth.  

C'est en effet ce dernier qui est l'objet de toutes les attentions et l'intérêt de ce Tokyo Tapes Revisited Live réside largement dans le jeu du grand guitariste. On ne dira jamais assez à quel point Uli Jon Roth n'a pas eu la carrière à la hauteur de son talent après son départ de Scorpions. Il est vrai que l'homme s'est acharné à tenir aussi le micro, sans doute la pire idée qu'il ait jamais eu. Il récidive d'ailleurs sur « Polar Nights » et « Dark Lady » ici et il n'y a aucun progrès à l'horizon. Trente ans après, on peut donc conclure qu'Uli Jon Roth est un des pires chanteurs que le rock ait connu. 

Mais à la guitare son phrasé racé, son mélange de gammes mineures et de plans bluesy, son lyrisme… tout cela est inimitable. Pas mesquin d'ailleurs, Uli Jon Roth n'est pas seul à la guitare puisqu'il est épaulé par Niklas Turmann et David Klosinski et qu'il leur laisse loisir de jouer à l'unisson avec lui voire d'égrener quelques solos. Les bonhommes ne sont pas des manchots. Comme il y a pas mal de parties de guitares rajoutées par ci et par là par rapport aux morceaux originaux, la chose se justifie parfaitement. Ces développements musicaux et ces improvisations donnent un côté très seventies au live qui lui va très bien, même si les titres deviennent parfois un peu longs.

On remarquera aussi que Tokyo Tapes Revisited Live ne porte pas si bien que cela son nom, car la setlist différe quand même de l'originale. Certes, on retrouve les classiques de l'époque Uli Jon Roth (« In Trance », « Top Of The Bill », « Dark Lady ») et l'album s'ouvre bien sur le fougueux « All Night Long », mais il y a des modifications. Uli Jon Roth a logiquement mis de côté « He's A Woman, She's A Man » qu'il détestait à l'époque et a intégré « Virgin Killer » ou le hendrixien « I've Got to Be Free » par exemple. Un tiers des titres est différent sans compter les rappels qui sont devenus l'occasion d'un hommage non plus aux classiques du rock'n'roll, mais au dieu de Uli Jon Roth : Hendrix. Nous avons donc droit à « All Along The Watchtower » et à « Little Wing » : on pouvait trouver plus original, mais passons.

Tous ces points constituent des arguments pour ne pas écarter trop hâtivement ce Tokyo Tapes Revisited Live. Et à le prendre comme un disque qui ne joue pas sciemment dans la même cour que son aîné et qui l'admet. Prêtons-lui une oreille. Donnons lui sa chance.

Baptiste (7/10)

Warner Music / 2016

Tracklist : 1. All Night Long 2. Longing For Fire 3. Crying Days 4. The Sails Of Charon 5. Sun In My Hand 6. Virgin Killer 7. Kojo No Tsuki 8. We''l Burn The Sky 9. In Trance 10. Rainbow Dream (Prelude) 11. Fly To The Rainbow 12. Top Of The Bill 13. I've Got To Be Free 14. Polar Night 15. Dark Lady 16. Pictured Life 17. Catch Your Train 18. All Along The Watchtower 19. Little Wing

Gotthard – Silver

Gotthard aura donc bel et bien survécu à la mort dramatique de Steve Lee. Renforcés par l'excellent Nic Maeder depuis Firebirth, les Suisses ont atteint un beau rythme de croisière musical et restent une valeur sûre du rock dans leur pays natal. Plus de deux ans après la parution d'un Bang ! de bon acabit, la route se poursuit avec ce Silver… qui ne révolutionnera pas franchement la carrière du groupe. Gotthard est en terrain connu et l'auditeur ne risque pas d'être déboussolé par ce qu'il va entendre.

Allez, chipotons : peut-être que Silver est-il un peu plus soft et un poil moins novateur que Bang !. La power ballade, efficace mais convenu, qu'est « Stay With Me » est sur ce point assez significative. Ainsi, la balance penche-t-elle peut-être un plus du côté « rock pop » du groupe que de son côté « hard rock ». Le titre « Beautiful », assez dans la lignée du Bon Jovi actuel, appuie bien ce sentiment tout comme « Reason For This » assez irrésistible il faut l'admettre. On remarquera un Nic Maeder toujours aussi à l'aise au micro, même s'il ne fera jamais oublier Steve Lee, ce à quoi il ne s'efforce pas puisqu'il ne singe jamais son prédécesseur. On l'appréciera tout particulièrement sur la ballade « Not Fooling Anyone » même s'il l'on pourra reprocher aux orchestrations de quelque peu plomber cette chanson par une certaine maladresse.

Toutefois, il y a du musclé aussi sur Silver. Étrangement, ce n'est pas le morceau d'ouverture, « Silver River », qui apparait comme le meilleur dans le genre. On lui préférera « Electrified » ou « Everything Inside », « My Oh My » dans le genre hard seventies puissant dans lequel l'orgue hammond fait partie intégrante de la texture sonore. On ne pourra que se féliciter de la chose tant l'instrument enrichit nettement ce Silver. La production de Charlie Baeurfind s'adapte bien au propos, même si on l'aurait plus appréciée en tranchant qu'en rondeur. 

Au delà de la question de l'équilibre entre titres soft et hard, le principal problème de Silver réside dans un certain côté convenu : l'audace n'est pas présente franchement ici, alors qu'elle avait sa place, bien que discrète, sur Bang !. Par ailleurs, malgré le grand plaisir qu'on peut avoir à écouter Silver, jamais aucun titre ne semble pourvoir jouir du statut à venir de « classique » du groupe. Rien ne décolle franchement : pas « Moutain Mama » ou de « Anytime, Anywhere » à l'horizon. Peut-être faudrait-il donner un coup de pied dans la fourmilière plus nettement pour obtenir un surcroit d'inspiration ?

Baptiste (7/10)

 

G Records / 2017

Tracklist : 01. Silver River 02. Electrified 03. Stay With Me 04. Beautiful 05. Everything Inside 06. Reason For This 07. Not Fooling Anyone 08. Miss Me 09. Tequila Symphony No. 5 10. Why 11. Only Love Is Real 12. My Oh My 13. Blame On Me 

AFM Records fête en 2016 son vingtième anniversaire et sort à cette occasion un triple cd compilant une chanson d’un grand nombre de leurs artistes passés et présents. Pour la grande majorité d’entre nous, cette compilation ne sera pas d’un intérêt fou mais pour les fans les plus jeunes, cela constitue un bon moyen de se frotter à une grande variété de bons groupes pour le prix modique de 9,99 euros.

Le label teuton basé à Schwalmstadt dans le Land de Hesse né en 1996 sous l’impulsions de son fondateur, Andreas Allendörfer, alors leader du groupe SQUEALER et d’Axel Fischer. Il signe de plus en plus de groupe et spécialise petit à petit AFM Records dans le hard rock, le heavy métal, le thrash métal et le power métal. Malgré la disparition tragique d’Allendörfer début 2005, le label continue son activité et grandit petit à petit dans l’ombre du mastodonte Nuclear Blast. Il possède quand même quelques coups d’éclats à son tabelau de chasse comme la parution du premier album d'EDGUY en 1997 ainsi que le projet musical AVANTASIA du chanteur Tobias Sammet.

Cette compilation ne prend en général pas les meilleurs titres de chacun de ces groupes, même si les goûts et les couleurs peuvent varier, ce sont les dernières sorties respectives qui connaissent les honneurs, les albums publiés par AFM Records bien sûr. Mais les amateurs de riffs et de mélodie pourront apprécier le « Only Human » d’AT VANCE, le « Moria » de BLOODBOUND ou encore le « The Things We Believe In » d’ORDEN OGAN. Difficile de faire sa fine bouche quand vous pouvez avoir cinquante-deux chansons pour moins de dix euros.

Pour finir, AFM a quand même fait l’effort de proposer deux titres inédits signés IRON MASK et EDEN’S CURSE. Ce n’est pas Byzance mais d’autres n’auraient pas pris cette peine. Avec quatre heures trente minutes de musique, ces disques offrent de quoi s’occuper. Difficile d’en demander plus.

Oshyrya (06/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

AFM Records / 2016

Tracklist (76:16 mn – 75:48 mn – 77:28mn)

CD I

01. U.D.O. – Thunderball 02. Avantasia – Reach Out For The Light 03. Evergrey – A New Daw 04. Masterplan – Spirit Never Die 05. Doro – Thunderspell 06. Leaves’ Eyes – Edge Of Steel (2016) 07. Danzig – Ju Ju Bone 08. Lordi – The Riff 09. Shakra – Hello 10. Iron Savior – Starlight 11. Bloodbound – Moria 12. Flotsam and Jetsam – Taser 13. Ministry – Double Tap 14. A Life Divided – The Lost 15. D-A-D – Last Time In Neverland 16. Voodoo Circle – Graveyard City 17. Krokus – Too Wired To Sleep

CD II

01. Edguy – Babylon 02. Orden Ogan – The Things We Believe In 03. Rhapsody Of Fire – Distant Sky 04. Kissin’ Dynamite – I Will Be King 05. Serious Black – Sealing My Fate 06. Jon Oliva’s Pain – Time To Die 07. Tankard – (Empty) Tankard 08. Elvenking – The Loser 09. Sinner – Heart Of Darkness 10. Ohrenfeindt – Zeit für Rock’n’Roll 11. Brainstorm – How Much Can You Take 12. At Vance – Only Human 13. Stahlmann – Feindflug 14. Solution .45 – Gravitational Lensing 15. Ektomorf – Rat War 16. Graveworm – Runaway 17. Onslaught – Born For War

CD III

01. Herman Frank – Right In The Guts 02. Iron Mask – All For Metal 03. J.B.O. – Vier Finger Für ein Halleluja 04. The New Black – With A Grin 05. Thunderstone – Veterans Of The Apocalypse 06. Suidakra – March Of Conquest 07. Destruction – Bestial Invasion 08. Sinbreed – Call To Arms 09. Manimal – Irresistible (edit) 10. Eden’s Curse – Sell Your Soul 11. Triosphere – Breathless 12. Circle II Circle – Into The Wind 13. Borealis – The Chosen One 14. Fear Factory – New Messiah 15. Mors Principium Est – God Has Fallen 16. Pyogenesis – Steam Paves Its Way (The Machine) 17. Tanzwut – Brüder im Geiste 18. Theatre Of Tragedy – Hide And Seek