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Overkill – The Grinding Wheel

Pour les vétérans New Yorkais (37 ans au compteur sans interruption), tous les voyants sont au vert, un line up stable depuis 12 ans, des albums le groupe est fermement ancré dans la catégorie « culte, et increvable et qui n'a rien perdu de son mordant au fil du temps ». Et son 18ème album devrait convaincre sans aucune difficulté majeure les fans du combo. Dès le premier titre, « Green Mean Killing Machine », le groupe ne laisse aucune doute sur l'heure qui va suivre, c'est une avalanche de coups qui pleuvent sur les conduits auditifs.  Pour ceux qui en doutaient encore, le thrash metal administré par un des maîtres du genre, n'a rien d'une promenade de santé. On reconnait tout de suite la patte d'Overkill et son style reconnaissable entre tous,que ce soit la section et guitares ryhtmiques, et bien évidemment le chant si particulier de Bobby Blitz, et ce subtil mélange entre punk et thrash qui frappe avec justesse.
Ce n'est pas aux pionniers du genre qui étaient là avant le Big Four (Anthrax, Metallica, Megadeth et Slayer) qu'on va apprendre à manier le thrash qui tranche dans le vif. Certes, le groupe évolue peu, mais ça ne l'empêche pas d'avoir assez d'inspiration pour mettre en musique dix compos solides et accrocheuses, et qui tiennent la route malgré leurs longueurs. Côté son, avec Andy Sneap aux manettes, le groupe s'est assuré d'avoir une production bétonnée. On retiendra "The Long Road" et sa dimension épique entre deux volée de claques qui collent aux murs, ou l'on entend bien le bassiste (cela n'a rien d'une nouveauté d'ailleurs chez les New Yorkais). Mais que l'on ne se trompe pas, toutes les compos de l'album méritent une écoute attentive, et recèlent toutes des passages irrésistibles ou Overkill fait office de rouleau compresseur. La plupart des vétérans du thrash ne se portent pas si mal, mais pour les fans d'Overkill, cet album va encore les convaincre que c'est l'œuvre du plus grand groupe de thrash metal de l'univers. Pourvu que ça dure.

Hamster (08,5/10)

 

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wreckingcrew.com

eOne – Nuclear Blast / 2017

Tracklist (60 minutes) : 01. Mean Green Killing Machine 02. Goddamn Trouble 03. Our Finest Hour 04. Shine On 05. The Long Road 06. Let's All Go to Hades 07. Come Heavy 08. Red White And Blue 09. The Wheel 10. The Grinding Wheel

 

Il sera facile de faire du mauvais esprit avec ce nouveau live d'Uli Jon Roth. « Le guitariste allemand cherche à survivre pécuniairement grâce à son ancien groupe et à ses disques cultes »… « On ne peut faire mieux que le légendaire Tokyo Tapes : à quoi bon un ersatz ? »… Etc. Etc. Ces arguments sont loin d'être faux : ce Tokyo Tapes Revisited Live n'a pas beaucoup d'intérêt. Et, évidemment encore une fois, il n'arrive pas à la cheville du disque live qui clotura la première période de Scorpions. Il vaut donc mieux mille fois écouter Tokyo Tapes que ce Tokyo Tapes Revisited Live et ce même si le disque d'Uli Jon Roth a été enregistré dans la même salle japonais que son illustre prédécesseur, le Nakano Sun Plaza Hall.

Et ce d'autant plus que le chanteur ici, au micro, Nathan James – sans honteusement démériter – est assez banal. Ses capacités sont réelles, sa voix est chaude et agréable… mais le grain inimitable de Klaus Meine manque cruellement. On sait à quel point l'alchimie de Scorpions, à toutes les époques de l'histoire du groupe, est liée au chanteur allemand. On ne peut que le constater encore une fois malgré le sérieux de Nathan James qui au moins à l'heureuse idée de ne pas chercher à trop cloner le modèle originel. Cela explique peut-être d'ailleurs le fait que la plupart des musiciens empoignent le micro dont évidemment l'ineffable Uli Jon Roth.  

C'est en effet ce dernier qui est l'objet de toutes les attentions et l'intérêt de ce Tokyo Tapes Revisited Live réside largement dans le jeu du grand guitariste. On ne dira jamais assez à quel point Uli Jon Roth n'a pas eu la carrière à la hauteur de son talent après son départ de Scorpions. Il est vrai que l'homme s'est acharné à tenir aussi le micro, sans doute la pire idée qu'il ait jamais eu. Il récidive d'ailleurs sur « Polar Nights » et « Dark Lady » ici et il n'y a aucun progrès à l'horizon. Trente ans après, on peut donc conclure qu'Uli Jon Roth est un des pires chanteurs que le rock ait connu. 

Mais à la guitare son phrasé racé, son mélange de gammes mineures et de plans bluesy, son lyrisme… tout cela est inimitable. Pas mesquin d'ailleurs, Uli Jon Roth n'est pas seul à la guitare puisqu'il est épaulé par Niklas Turmann et David Klosinski et qu'il leur laisse loisir de jouer à l'unisson avec lui voire d'égrener quelques solos. Les bonhommes ne sont pas des manchots. Comme il y a pas mal de parties de guitares rajoutées par ci et par là par rapport aux morceaux originaux, la chose se justifie parfaitement. Ces développements musicaux et ces improvisations donnent un côté très seventies au live qui lui va très bien, même si les titres deviennent parfois un peu longs.

On remarquera aussi que Tokyo Tapes Revisited Live ne porte pas si bien que cela son nom, car la setlist différe quand même de l'originale. Certes, on retrouve les classiques de l'époque Uli Jon Roth (« In Trance », « Top Of The Bill », « Dark Lady ») et l'album s'ouvre bien sur le fougueux « All Night Long », mais il y a des modifications. Uli Jon Roth a logiquement mis de côté « He's A Woman, She's A Man » qu'il détestait à l'époque et a intégré « Virgin Killer » ou le hendrixien « I've Got to Be Free » par exemple. Un tiers des titres est différent sans compter les rappels qui sont devenus l'occasion d'un hommage non plus aux classiques du rock'n'roll, mais au dieu de Uli Jon Roth : Hendrix. Nous avons donc droit à « All Along The Watchtower » et à « Little Wing » : on pouvait trouver plus original, mais passons.

Tous ces points constituent des arguments pour ne pas écarter trop hâtivement ce Tokyo Tapes Revisited Live. Et à le prendre comme un disque qui ne joue pas sciemment dans la même cour que son aîné et qui l'admet. Prêtons-lui une oreille. Donnons lui sa chance.

Baptiste (7/10)

Warner Music / 2016

Tracklist : 1. All Night Long 2. Longing For Fire 3. Crying Days 4. The Sails Of Charon 5. Sun In My Hand 6. Virgin Killer 7. Kojo No Tsuki 8. We''l Burn The Sky 9. In Trance 10. Rainbow Dream (Prelude) 11. Fly To The Rainbow 12. Top Of The Bill 13. I've Got To Be Free 14. Polar Night 15. Dark Lady 16. Pictured Life 17. Catch Your Train 18. All Along The Watchtower 19. Little Wing

Gotthard – Silver

Gotthard aura donc bel et bien survécu à la mort dramatique de Steve Lee. Renforcés par l'excellent Nic Maeder depuis Firebirth, les Suisses ont atteint un beau rythme de croisière musical et restent une valeur sûre du rock dans leur pays natal. Plus de deux ans après la parution d'un Bang ! de bon acabit, la route se poursuit avec ce Silver… qui ne révolutionnera pas franchement la carrière du groupe. Gotthard est en terrain connu et l'auditeur ne risque pas d'être déboussolé par ce qu'il va entendre.

Allez, chipotons : peut-être que Silver est-il un peu plus soft et un poil moins novateur que Bang !. La power ballade, efficace mais convenu, qu'est « Stay With Me » est sur ce point assez significative. Ainsi, la balance penche-t-elle peut-être un plus du côté « rock pop » du groupe que de son côté « hard rock ». Le titre « Beautiful », assez dans la lignée du Bon Jovi actuel, appuie bien ce sentiment tout comme « Reason For This » assez irrésistible il faut l'admettre. On remarquera un Nic Maeder toujours aussi à l'aise au micro, même s'il ne fera jamais oublier Steve Lee, ce à quoi il ne s'efforce pas puisqu'il ne singe jamais son prédécesseur. On l'appréciera tout particulièrement sur la ballade « Not Fooling Anyone » même s'il l'on pourra reprocher aux orchestrations de quelque peu plomber cette chanson par une certaine maladresse.

Toutefois, il y a du musclé aussi sur Silver. Étrangement, ce n'est pas le morceau d'ouverture, « Silver River », qui apparait comme le meilleur dans le genre. On lui préférera « Electrified » ou « Everything Inside », « My Oh My » dans le genre hard seventies puissant dans lequel l'orgue hammond fait partie intégrante de la texture sonore. On ne pourra que se féliciter de la chose tant l'instrument enrichit nettement ce Silver. La production de Charlie Baeurfind s'adapte bien au propos, même si on l'aurait plus appréciée en tranchant qu'en rondeur. 

Au delà de la question de l'équilibre entre titres soft et hard, le principal problème de Silver réside dans un certain côté convenu : l'audace n'est pas présente franchement ici, alors qu'elle avait sa place, bien que discrète, sur Bang !. Par ailleurs, malgré le grand plaisir qu'on peut avoir à écouter Silver, jamais aucun titre ne semble pourvoir jouir du statut à venir de « classique » du groupe. Rien ne décolle franchement : pas « Moutain Mama » ou de « Anytime, Anywhere » à l'horizon. Peut-être faudrait-il donner un coup de pied dans la fourmilière plus nettement pour obtenir un surcroit d'inspiration ?

Baptiste (7/10)

 

G Records / 2017

Tracklist : 01. Silver River 02. Electrified 03. Stay With Me 04. Beautiful 05. Everything Inside 06. Reason For This 07. Not Fooling Anyone 08. Miss Me 09. Tequila Symphony No. 5 10. Why 11. Only Love Is Real 12. My Oh My 13. Blame On Me