Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Magoa – Imperial

Depuis 2005 les franciliens de MAGOA mènent leur barque à leur rythme et s’impose de plus en plus comme une des valeurs sûres de la scène metalcore hexagonale. Ils sont apparus sur la carte en 2011 avec cet album à la pochette énigmatique, Swallow the Earth et respecte depuis lors le rythme de publier un nouvel opus tous les deux-trois ans. Entre chaque sortie, ils ne chôment pas et se font un devoir de profiter de toutes les opportunités qui se présentent à eux de présenter leur travail sur scène. Trois années après Topsy Turvydom les voici de retour avec un nouvel opus sous le bras, Imperial.

Comme à son habitude, MAGOA ne fait pas dans la demi-mesure et le premier contact avec Imperial ressemble à une claque sévère dans la tronche. La première salve vient d’un Cyd et de son chant hurlé avant que les guitares et les rythmiques ne rentrent dans le jeu et imposent de suite le respect. « Imperial » se veut à la fois puissant et majestueux. Les franciliens se plaisent à mélanger douceur et violence, quelques rayons de lumières parviennent parfois à percer les ténèbres (des nappes de claviers ici et là) mais cela ne dure pas et « Resistance » remet très vite les pendules à l’heure. MAGOA déploie alors son metalcore tranchant, rapide et technique pour le plus grand plaisir de ses fans. C’est systématiquement très percutant, maîtrisé et bien exécuté avec cette touche accrocheuse au niveau du refrain facilement mémorisable. Les titres qui composent cet album se assez courts et ramassés, ils se doivent de faire mouche dès la première écoute. Le groupe a su casser le rythme en intégrant des zones de respirations dans toute cette furie et cela s’avère être salvateur. Les chansons s’enchaînent à haute vitesse et les temps morts sont réduits au minimum. Une petite lassitude finit par s’installer si l’on écoute le disque d’une traite, il faut dire que les chansons sont construites sur un moule qui varie assez peu et des similitudes finissent par apparaître de façon assez évidente. Rien à redire par contre au niveau de la forme de ce Imperial, la mise en son s’avère excellente, l’énergie et la puissance sont magnifiées par la production, le mixage et le mastering. La pochette elle-aussi fait envie et un bel écrin pour cet opus.

Avec Imperial, MAGOA poursuit sa progression et se rappelle au bon souvenir de la scène metalcore française. Il va falloir compter avec les franciliens qui peaufinent et aiguisent disque après disque leur identité et leur son. Ainsi armés, ils sont prêts à conquérir un public toujours plus large.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (41:05 mn) 01. Imperial 02. Resistance 03. Sailors 04. Kill Us 05. Merge 06. Remember 07. Faith 08. Afterglow 09. Endlessly 10. Pray for Us 11. Untouchable 12. The First Day

Burning Point – The Blaze

L’album éponyme l’année dernière nous avait laissé un goût plutôt amer dans la bouche (chronique ici). Cela puait le coup marketing pour rappeler aux bons souvenirs des fans l’existence de BURNING POINT et introduire la nouvelle chanteuse, Nitte Valo (ex-BATTLE BEAST). Ce n’était pas un scandale absolu mais l’impression de se voir refourguer un EP sous la forme d’un album est restée vivace. Un an plus tard, les finlandais remettent les pendules à l’heure et publient un véritable album, The Blaze.

Ce qui est bien avec BURNING POINT c’est que l’on sait déjà à quoi s’attendre avant d’avoir écouté la première seconde d’un nouvel opus. Les finlandais n’ont pas varié depuis leurs débuts en 2001 et continuent de proposer ce Power Métal très accessible et mélodique très en vogue au tournant des années 1990 et 2000. The Blaze possède ce petit côté suranné et old school qui a fait le succès de bien des groupes encore aujourd’hui. Malheureusement, BURNING POINT a toujours joué les seconds couteaux et encore aujourd’hui, ils se font très largement damer le pion par des groupes comme SABATON ou BATTLE BEAST. Les dix nouvelles compositions de The Blaze ne sont pas du tout honteuses, elles se laissent gentiment écoutées, sans fausse note ni faute de goût évidentes mais sans enthousiasme non plus. Pete Ahonen, guitariste et leader artistique du groupe depuis ses débuts sait y faire et possède un talent certains pour pondre des chansons accrocheuses et entrainantes mais le côté déjà-entendu, cliché et sans surprise finit systématiquement par l’emporter. Valo offre une performance sérieuse mais elle peine à amener ces chansons plus loin. Avec The Blaze, tout semble calibré, en pilote automatique pour un groupe expérimenté et professionnel. Difficile de d’extasier pour l’une ou l’autre de ces compositions, « The Lie » par exemple laboure un champ déjà exploité jusqu’à l’épuisement. Rien à signaler du côté de la production, c’est du travail bien fait. The Blaze a été mis en boite au Helgate studio, mixé par le batteur Jussi Ontero et masterisé par Minerva Pappi.

BURNING POINT livre la marchandise attendue et continue de livrer des chansons sympathiques à défaut d’être inoubliables. En plus de quinze ans de carrière, les finlandais ont su sans doute se construire une solide fanbase mais avec cette approche old-school et nostalgique, il va être périlleux d’en convaincre d’autres. Il va falloir que les finlandais sortent de leur zone de confort et adopte une démarche plus contemporaine.

Oshyrya (06/10)

 

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AFM Records / 2016

Tracklist (44:36 mn) 01. Master Them All 02. The Time Has Come 03. Incarnation 04. My Spirit 05. The Lie 06. Dark Winged Angel 07. Chaos Rising 08. Lost In Your Thoughts 09. Things That Drag Me Down 10. The King Is Dead, Long Live The King 11. Metal Queen (bonus track, LEE AARON cover)

Les deux premiers albums de The Great Old Ones ont intrigué et séduit. On y entend un Metal noir invoquant les écrits de Howard Philip Lovecraft, grand écrivain de l’occulte. Après avoir retranscrit en musique l’histoire du Necronomicon (Al Azif) et des montagnes hallucinées (Tekeli-li), les Bordelais s’attaquent à un projet ambitieux : donner une suite au « Cauchemar d’Innsmouth », le meilleur écrit de l’écrivain américain.

Après une intro annonçant l’objectif de l’histoire (Qu’est-il arrivé à Robert Olmstead, narrateur de la nouvelle ?), le quintet entre dans le vif du sujet avec un « The shadow over Innsmouth » épique. La tension est à son comble et ne redescendra plus. Les riffs sont crus et le chant est déchiré. En s’engouffrant dans les profondeurs et les mystères de la ville portuaire du Massachussetts, le groupe livre ce qu’il sait faire le mieux : un Black Metal « cinématographique » qui n’a pas peur d’être ambitieux. « When the stars align » continue sur sa lancée et promet de beaux moments en concert. « The ritual » surprend avec ses percussions audacieuses tandis que « Wanderings » marque un temps de pause. L’enfer revient rapidement avec les deux derniers morceaux qui finissent d’achever l’auditeur consentant.

EOD (comprendre l’ordre ésotérique de Dagon – entité innommable de l’histoire): A tale of dark legacy s’impose comme l’aboutissement de huit ans de dur labeur. Il s’agit de l’album le plus massif de The Great Old Ones, synthétisant le meilleur de ce qu’a pu offrir le groupe jusqu’à présent. Pourvu, une fois de plus, d’une superbe peinture de Jeff Grimal, ce troisième effort possède tous les atouts pour que The Great Old Ones règne enfin sur l’échiquier obscur du Black Metal.

Nico (8.5/10)

Site Officiel: https://thegreatoldones.bandcamp.com/

Season Of Mist/ 2017

01. Searching For R. Olmstead (introduction) 02. The Shadow Over Innsmouth 03. When The Stars Align 04. The Ritual 05. Wanderings 06. In Screams And Flames 07. Mare Infinitum