Herman Frank est sans conteste l’une des figures de la scène métal outre-Rhin. Il roule sa bosse depuis des décennies maintenant et a su se faire un nom. Rappelons aux plus jeunes que le guitariste a rejoint le groupe ACCEPT en remplacement de Jan Koemmet, juste avant la sortie de leur album de Restless and Wild et le quitte après la sortie de l'album suivant Balls to the Wall. Il est alors remplacé par Jorg Fischer. Il joue à nouveau avec ACCEPT durant leur brève reformation de 2005 le temps de quelques festivals, et à nouveau pour la reformation de 2009. En 2010, il participe à l'enregistrement de l'album Blood of the Nations, Stalingrad (2012) et Blind Rage (2014). Mais ce n’est l’homme d’un seul group et il a travaillé avec de nombreuses autres formations comme VICTORY, HAZZARD, MOON’DOC, SINNER et SAEKO. Il a su tout au long de ces années acquérir également une compétence de producteur et a fait ses armes auprès de grands noms comme SAXON, ROSE TATTOO et MOLLY HATCHET. En 2014, il fonde avec Stefan Schwarzmann (ex-batteur d'ACCEPT) et Schmier (le bassiste et vocaliste du groupe DESTRUCTION, le groupe PANZER. Il quitte alors ACCEPT, officiellement pour des raisons d'incompatibilité de planning des tournées des deux groupes (merci Wikipédia).
Frank est un homme occupé mais cela ne l’a pas empêché de débuté en 2009 une carrière solo. The Devil Rides Out est le troisième opus publié sous son nom après Loyal to None (2009) et Right in the Guts en 2012. Les line-up ont souvent changé autour du guitariste. Pour cette cuvée 2016, il s’est entouré de Rick Altzi (MASTERPLAN), déjà présent sur le précédent disque, André Hilgers (RAGE) et Michael Müller (JADED HEART). On n'apprend pas aux vieux singes à faire la grimace et donc sans grosse surprise Herman Frank continue en solo sa quête heavy metal, un son assez classique, forcément très ancré dans l’école allemande. Mais la recette a déjà fait preuve de son efficacité et le quatuor sait y faire. Avec tant d’expérience mise en commun, The Devil Rides Out reste diablement racé et efficace. La guitare prend bien sur le devant de la scène mais les autres musiciens ne sont pas reste. Cela joue bien et vite, pas d’innovation particulière ni de prise de risque mais des chansons aux mélodies et aux riffs assez simple. Les refrains doivent faire mouche tout de suite et vous rentrer dans le crâne sans résistance. Herman Frank se fait plaisir avec quelques soli bien balancés mais personne ne doutait de son savoir-faire dans le domaine. Altzi offre une belle performance d’ensemble même s’il a toujours tendance à en faire un peu trop. Les chansons restent toujours accessibles et ont été calibrées autour des quatre minutes. Rien à redire sur la forme non plus, Frank s’est bien sûr chargé de la production mais a confié le mixage et le mastering à Charlie Bauerfeind pour assurer le coup.
Si on vous dit que cet album est le troisième opus solo de l’ancien guitariste d’ACCEPT, vous vous ferez assez facilement une idée de la musique proposée. Et vous aurez raison car Herman Frank livre la marchandise attendue. Pas de quoi se rouler mais un travail propre et soigné.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
AFM Records / 2016
Tracklist (52:01 mn) 01. Running Back 02. Shout 03. Can’t Take It 04. No Tears In Heaven 05. Ballhog Zone 06. Run Boy Run 07. Thunder Of Madness 08. License To Kill 09. Stone Cold 10. Dead Or Alive 11. Run For Cover 12. I Want It All
En tant qu’amateur de musique, il nous est tous arrivés de flâner chez le disquaire sans but particulier et d’avoir soudain l’œil attiré par le visuel d’une pochette. On écoute, on découvre et on achète (ou pas). L’essentiel reste la musique, nous sommes bien d’accord mais le premier contact avec un nouvel artiste passe d’abord par la vue. Certains diront que l’essentiel est d’être remarqué, en bien ou en mal cela n’a pas d’importance. Je ne suis pas sûr de partager cette affirmation. Par exemple j’ai toujours eu du mal à écouter In the Court of the Crimson King à cause de sa pochette hideuse. Et pourtant quel disque fondateur ! J’ai l’impression que nos amis lorrains d’EYES WIDE SHOT ont tout fait (inconsciemment sans doute) pour se tirer une belle dans le pied avec ce visuel sans doute original et artistique mais qui repoussera invariablement le chaland.
Le groupe est né en août 2012 à Jarny (près de Metz) de l’initiative de trois musiciens locaux venant d’horizon musicaux assez variés. En 2013, un premier EP, #Overcome17912, est publié et permet aux lorrains de se faire un nom sur les scènes locales. En 2015, les événements d’accélèrent avec l’intégration de nouveaux membres et surtout une collaboration avec le producteur franco-américain Charles Kallaghan Massabo (FALLING IN REVERSE) qui propose d’enregistrer et de produire leur premier album. De cette collaboration nait un premier opus que voici.
Si malgré la pochette vous vous êtes intéressé à ce disque, la première écoute aura de quoi refroidir les plus courageux. L’écoute du « Waiting in Vain » fragile et mal maîtrisé qui ouvre ce disque sape tous les efforts du groupe. Ce refrain gloubi-boulgesque fait saigner les oreilles, la montée dans les aigues de Florent Curatola génère à chaque fois des frissons dans le dos. Franchement, entre la pochette et cette entrée en matière, plus d’un auditeur curieux abandonnera l’affaire. C’est franchement dommage car EYES WIDE SHOT offrent quand même de belles promesses avec des titres en majorité directs et bourrés d’énergie. Dans un genre rock / métal alternatif, le quartet n’a pas à rougir. Bien sûr le groupe est jeune et manque encore d’épaisseur, le propos reste très naïf et EYES WIDE SHOT peine à s’affirmer tout au long de ces dix chansons. On sent bien qu’ils ont essayé de sonner très modernes avec cette petite touche typiquement américaine mais malgré les divers effets utilisés, les riffs et le chant nu metal la mayonnaise peine à prendre. « My Redemption » laisse une impression assez positive mais c’est l’une des rares chansons à émerger du lot.
Bon voilà, vous l’aurez compris, ce Back From Hell n’a pas vraiment créé l’enthousiasme chez votre serviteur. Les fautes de goût sont nombreuses et gâchent quand même franchement l’expérience sur le fond comme sur la forme. EYES WIDE SHOT est encore un groupe jeune et parions que leurs nouvelles compositions s’avèrent déjà plus matures. Attendons la suite pour nous faire une opinion plus tranchée.
Oshyrya (05/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
HCD Production – Autoproduction / 2016
Tracklist (37:44 mn) 01. Waiting In Vain 02. A Glimpse Of Me 03. My Redemption 04. Lost For You 05. Lisp Off My Lips 06. Back From Hell 07. Under The Knife 08. Living The Dream 09. See What I've Seen 10. Watch Me (feat. Boots)
Si vous êtes assez malin pour suivre toutes les aventures et les projets parallèles de Dushan Petrossi et bien vous êtes bien plus fort que moi. Je m’y perds complétement et surtout, à mes yeux (et mes oreilles), IRON MASK et MAGIC KINGDOM c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Notre virtuose belge semble suivre sa propre logique mais le fil conducteur m’a jusqu’à présent échappé.
Donc si je résume après Savage Requiem (chronique ici) de MAGIC KINGDOM en 2015, voici Diabolica d'IRON MASK en 2016. Reconnaissons que notre ami ne chôme pas et qu’il semble pris d’une créativité débordante ces derniers mois. Autre jeu amusant avec les projets musicaux de Petrossi, le jeu des chaises musicales concernant les membres de ses groupes et en particulier le poste de chanteur. Christian Palin officie désormais chez MAGIC KINGDOM et côté IRON MASK me direz-vous ? Et bien exit Mark Boals qui tenait le micro sur Black as Death (2011) et Fifth Son of Winterdoom (2013) et bienvenue à Diego Valdez, un chanteur argentin (un peu) connu des amateurs pour ses albums avec le groupe HELKER.
Reconnaissons d’entrée que Valdez s’acquitte avec talent et professionnalisme de sa tâche sur ce disque. Il semble être très à l’aise et propose une très belle performance. Sinon, rien de bien nouveau sous le soleil, Petrossi poursuit son exploration du genre power métal néoclassique. Le belge n’a rien perdu de sa maestria technique et a déjà prouvé à tous qu’il est un compositeur expérimenté. Maintenant n’espérez pas vraiment d’innovation ou de nouveauté ici, ce champs a déjà été de très nombreuses fois labouré. Le niveau général reste assez élevé même si des longueurs ici et là finissent quand même par gâcher le plaisir. Certaines chansons font mouche comme un « Galileo » particulièrement accrocheur. Diabolica n’est pas un album concept, Petrossi a choisi des personnages connus comme Galileo, Oliver Twist ou Faust comme support thématiques de la musique composée sans que cela ne devienne un fil rouge sur l’ensemble du disque. Le son est tout à fait correct, le mixage et le mastering sont l’œuvre d’Angelo E. Buccolieri aux Wireworld Studios en Italie en collaboration avec Petrossi. Dommage la pochette n’est plus signée Gonzalo Ordóñez Arias. Cependant notre compatriote Stan W. Decker a fait un très joli travail.
Si vous aimez IRON MASK et MAGIC KINGDOM, vous retrouverez vos petits et vous devriez encore tomber sous le charme de ces chansons. Ce n’est pas nouveau mais Petrossi devrait apprendre à calmer ses ardeurs créatrices pour proposer des chansons plus courtes et plus digestes. Mais pour votre serviteur qui aime pourtant ce genre, l’écoute de Diabolica d’une traite d’apparente à une épreuve. IRON MASK gagnerait en concision et en impact en étant plus sobre. Ce sixième album s’avère tout à fait recommandable même s’il n’est pas exempt de nombreux défauts.
Oshyrya (7,5/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
AFM Records / 2016
Tracklist (75:51 mn) 01. I Don’t Forget I Don’t Forgive 02. Doctor Faust 03. Galileo 04. Oliver Twist 05. March 666 06. All For Metal 07. The Rebellion Of Lucifer 08. Diabolica 09. The First And The Last 10. Ararat 11. Flying Fortress 12. Cursed In The Devil’s Mill