Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_01112016_meshiaEt après les média généralistes se font un malin plaisir à considérer les métalleux comme des sauvages sans cervelle alors que l’apport culturel de tous ces groupes est indéniable. Cela permet d’apprendre les langues par exemple. Sans le savoir vous connaissez des mots d’hébreu comme « meshugga » qui veut dire fou et aujourd’hui MESHIAAK qui évoque « mashia'h », le messie. Vous avez ainsi de quoi briller dans votre prochain dîner en ville.

Ce groupe ne vous dit sans doute rien car il fait ici ses premiers pas sous la lumière des projecteurs avec un premier opus, mais pourtant ses membres ont des CV longs comme le bras. Créé en 2014 à Melbourne en Australie par Danny Camilleri (4ARM) et Dean Wells (TERAMAZE), il compte dans ses rangs Nick Walker (BANE OF BEDLAM ex-EMBRACE ETERNITY) et surtout Jon Dette (ex tellement de trucs en live mais quand même SLAYER, ANTHRAX, TESTAMENT, ICED EARTH…). Ne nous voilons pas la face, c’est bien ce dernier qui concentre l’attention de tous sur ce nouveau groupe.

Le projet s’avère finalement assez simple, les quatre compères ne sont pas là pour enfiler des perles mais comptent bien secouer le train-train quotidien. Ils jouent aux champions d’un métal direct et sans fioriture, loin des tendances metalcore ou extrêmes. Cela bastonne sec dès les premières secondes, chaque nouvelle composition se voulant être une offensive en règle de nos cages à miel. Prenez des riffs tranchants, uen section rythmique infernale et un chant râpeux et vous aurez un beau résumé de l’expérience MESHIAAK. Les relents thrash sont évidents avec une petite touche de mélodie apportée par des guitares très techniques aussi bien en rythmique qu’en soli. Très confiants en eux, les comparaisons avec Ride the Lightning (METALLICA), Rust in Peace (MEGADETH), South of Heaven (SLAYER) and Burn My Eyes (MACHINE HEAD). Oui rien que ça… Alliance of Thieves s’avère être un album très carré et professionnel mais malgré bien des qualités il ne peut rentrer en compétition avec ces albums cultes. Nous sommes souvent plus proches d’un NEVERMORE ou d’un TESTAMENT. Les titres s’enchaînent sans temps mort et offre à chaque fois une belle dose d’adrénaline. MESHIAAK varie avec talent les tempi et les atmosphères et ce disque passe à toutes allures. « At The Edge Of The World » montre un visage presque métal prog avec un bel équilibre entre technique et mélodie.

Avec Alliance of Thieves, MESHIAAK peut être fier du travail accompli, l’album s’avère particulièrement abouti sur le fond comme sur la forme. Rien à redire au niveau technique, chacun des musiciens donnent son meilleur et affichent des standards particulièrement élevés. La question reste maintenant de savoir s’il s’agit là d’un fétu de paille ou d’un projet au long court. Jon Dette ne semble jamais vouloir se poser et multiplie les interventions ici et là. Vu la qualité très recommandable de ce premier album, tout un chacun peut espérer voir MESHIAAK se pérenniser. Shalom !

Oshyrya (08/10)

 

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Mascot Records / 2016

Tracklist (47:37 mn) 01. Chronicles Of The Dead 02. It Burns At Both Ends 03. I Am Among You 04. Drowning, Fading, Falling 05. At The Edge Of The World 06. Last Breath Taken 07. Maniacal 08. Alliance Of Thieves 09. Death Of An Anthem

Berserkers – Lock & Load

oshy_01112016_berserkeNous pourrons passer notre vie à faire de longs débats ou d’infinies conjectures, la scène rock / hard rock des années 70 a posé toutes les bases de notre musique du 21ème siècle et il n’est finalement pas si étonnant de voir une foultitude de groupes revenir aux bases et à la musique telle qu’elle était pratiquée à cette époque-là. Les plus chagrins diront que ce n’est là du recyclage mais que voulez-vous, la vie est un éternel recommencement.

Non BERSERKERS ne fait dans le viking métal à la AMON AMARTH mais se plait plutôt à évoluer sur des rivages rock / hard-rock très très très inspiré des années 70 justement. Le groupe est fondé en Gironde en 2009 sous la forme d’un quintet. Malgré divers changements de line-up le groupe peaufine progressivement son identité musicale en publiant deux démos en 2008 et en 2012. Armé d’un nouveau claviériste, les bordelais franchissent le Rubicon et s’attaque à la composition d’un premier album éponyme qui sort en 2014. Réduit à un quartet, BERSERKERS continue malgré toutes les difficultés son chemin et se lance deux ans plus tard dans l’enregistrement, dans leur home studio, du deuxième chapitre de leurs aventures, Lock & Load.

A travers neuf nouvelles chansons et un peu moins de quarante minutes de musique originale, BERSERKERS souhaite prouver à tous qu’ils ont progressé et mûri musicalement parlant. Les concerts et la vie de groupe ont porté leurs fruits. Les bordelais affichent un son et une écriture plus maîtrisée, plus directe pour en maximiser l’impact sur l’auditeur. Dès les premières notes de ce disque, nos amis affichent leur motivation et une belle énergie. « Outlaw » claque et vous emporte par l’énergie positive qu’il dégage. La batterie est mixée en avant et impulse le tempo tandis que la guitare et les claviers drivent la mélodie le pied à fond sur l’accélérateur. BERSERKERS n’a pas cherché midi à quatorze heure et s’engouffre dans un rock simple mais diablement accrocheur. Le son d'orgue Hammond utilisé apporte cette patte seventies évoquée plus haut. Cerise sur le gâteau, Julien Logeais offre une belle prestation derrière le micro même si sa voix manque ici et là de puissance. Les titres s’enchaînent rapidement et n’espérer pas échapper au tourbillon Lock & Load. Tantôt rapide, tantôt mid-tempo, BERSERKERS impressionne par l’énergie déployée et le côté hyper mélodique de chacune de ces chansons. Difficile de résister et de ne pas taper du pied à l’écoute d’un « Blind Taste » ou d’un « Rock Save the World ». Les claviers virevoltent en permanence et apporte un vrai plus à l’ensemble.

Nous avons beau chercher, Lock & Load ne montre pas de faiblesse évidente. Saluons le travail effectué sur la production de ce disque, entre le visuel soigné et le son tout à fait au niveau des productions contemporaines. Finalement, l’auditeur regrettera presque que BERSERKERS ait été un peu chiche en proposant moins de quarante minutes de musique. Chapeau bas, voici un bien bel album.

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (38:54 mn) 01. Outlaw 02. Blind Taste 03. Vampire Lady 04. It’s up to you 05. The foolish man 06. Rock save the world 07. Heroes are back in town 08. Starlight City 09. Hangöverhead

Gary Hoey – Dust & Bones

oshy_31102016_gar_hoeLe rocker américain Gary Hoey a fait sa carrière sous le radar de l’immense majorité d’entre nous. Il a pu apparaitre à certains moments fugaces comme lors de son audition pour le poste de guitariste pour Ozzy Osbourne pour remplacer Jake E. Lee. Mais Zakk Wylde a été choisi. Comme quoi le destin peut jouer de drôle de tours. Une carrière ne tient souvent pas à grand-chose.

Né en 1960, près de Boston, la passion de Hoey pour la guitare date du plus jeune âge. Rapidement il abandonne le lycée pour se consacrer à son art. En 1987, après avoir surmonter le déception Osbourne, il se lance à corps perdu dans la carrière et multiplie les projets. Pensez que ce Dust & Bones et son vingtième album, il a accumulé vingt hits classés dans le top-20 Billboard et reste considéré outre-Manche comme l’un des tous meilleurs guitaristes. Malin, il a travaillé pour les grands média US comme Disney et ESPN et s’est spécialisé dans les cds de Noël. Oui ce n’est pas forcément hyper prestigieux mais cela lui a permis de mener sa carrière comme il l’entendait. Plus récemment, il a co-écrit des titres de l'album Living Like a Runaway (chronique ici) de Lita Ford sorti en 2012 et a fait quelques concerts à ses côtés.

Dans la foulée de Deja Blues sorti en 2013, Gary Hoey enfonce le clou avec ce Dust & Bones et poursuit son exploration du registre blues. Reconnaissons que son talent et sa maîtrise technique sont indéniables. Chacune de ces chansons possèdent un joli charme par sa douceur et son touché à la guitare. Il caresse plus qu’il n’agresse. Il démontre un vrai potentiel également derrière le micro avec une voix chaude et maîtrisée. N’attendez pas à être époustouflé par sa prise de risque ou son inventivité, notre ami reste gentiment dans les clous et évite de froisser son auditoire potentiel. Les titre sont assez courts, très mélodiques et peuvent faire mouche tout de suite. En fin connaisseurs des arcanes des media américain, Hoey maximise ainsi ses chances de passer en radio et donc de toucher un large public. Pas original pour un sou, Dust & Bones reste très propre sur le fond comme sur la forme. La production s’avère très professionnelle et offre un bel écrin pour ces onze chansons. Le duo avec Lita Ford ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Mais retrouver ainsi le timbre de voix spécifique de la belle n’est jamais désagréable.

Doit-on recommander Dust & Bones ? Dans l’absolu pas vraiment tant les différents titres proposés ici peinent à susciter l’enthousiasme tant l’impression de déjà entendu reste prégnante tout au long de l’écoute. Mais les fans de rock gentil matiné de blues pourront trouver leur compte. Calibré pour le marché US, cet album n’est pas pour nous mais Hoey trouvera bien quelques centaines ou quelques milliers d’amateurs en Europe.

Oshyrya (06/10)

 

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Provogue / 2016

Tracklist (42:08 mn) 01. Boxcar Blues 02. Who's Your Daddy 03. Born To Love You 04. Dust & Bones 05. Steamroller (tribute to Johnny Winter) 06. Coming Home (featuring Lita Ford) 07. Ghost Of Yesterday 08. This Time Tomorrow 09. Back Up Against The Wall 10. Blind Faith 11. Soul Surfer