Nous avions déjà que l’est de la France était un bon territoire rock mais l’émergence de plus en plus de groupes dans le Grand Est (Alsace + Champagne-Ardennes + Lorraine) ne fait que confirmer cette fertilité musicale. La proximité de pays plus en pointe dans ce domaine comme la Belgique, l’Allemagne et de la Suisse aide certainement. Encore faut-il des artistes talentueux et motivés pour donner corps à cette aspiration. Les plus pointus d’entre vous ont sans doute déjà entendus parler des spinaliens de DOG’N’STYLE.
En trois ans d’existence, ils ont su profiter de toutes les opportunités possibles et ont multiplié les apparitions sur scène à travers toute la France en compagnie de la crème des formations rock / métal hexagonales. Mais l’étranger n’a pas non plus été oublié avec notamment des concerts en Russie, en Espagne et au Luxembourg. Mais afin de concrétiser tout ce travail il fallait des disques, d’abord un EP éponyme en janvier 2015 en collaboration avec Clément Decrock (Boss Hog Studio) et Guillaume Bideau (MNEMIC / ONE WAY MIRROR) puis enfin un premier LP que voici, Pub’s Calling.
Rien n’est caché, tout est affiché eu grand jour, rien que le titre de l’album vous confirme que nos amis sont là pour nous submerger d’un heavy rock couillu, tranchant et bourré d’énergie. Afin de rendre le cocktail encore plus savoureux, ajoutez ici et là des larmes de Stoner et vous aurez une idée assez précise du menu proposé. Les compositions se doivent d’être directes et sans compromis. Pas besoin de tortiller du c… pendant des heures, en trois ou quatre minutes la messe doit être dite. Sinon ce n’est pas la peine. Si en deux écoutes vous n’avez pas envie de taper du pied et de reprendre le chœur le refrain c’est que le groupe a raté sa cible. Et disons que DOG’N’STYLE ne remplit ici que la moitié du contrat initial. Pub’s Calling contient son lot de chansons rapides, accrocheuses comme « The Best of Me » (ou « Couple of Beers ») et de titres plus lents mais imparables comme « One Day ». Cependant, une certaine lassitude ne tarde pas à s’installer face à une série de titres moins convaincants comme « Night Losers » ou « Running Out » qui casse la bonne dynamique avec des refrains plus basiques et des riffs moins inspirés. Ces montagnes russes entre le bon et le très moyen finissent par exaspérer et gâche un peu le plaisir sur la longueur.
Après un EP de bon aloi, DOG’N’STYLE enfonce le clou et montre qu’il peut afficher de solide argument sur la longueur d’un album. Tout n’est pas parfait mais le groupe reste jeune et les nombreux concerts à venir leur permettront certainement de fourbir encore leurs armes. Ils vivent pleinement leur passion (il vous suffit de voir les vidéos sur Facebook pour s’en convaincre) et c’est bien là l’essentiel.
Oshyrya (6,5/10)
Facebook Officiel
Autoproduction – Dooweet Agency – Season of Mist / 2016
Tracklist (38:18 mn) 01. The Best of Me 02. Pretty Fly 03. I did something Bad 04. One Day 05. Mad Motorcycle 06. Night Losers 07. Running Out 08. Never Trust an Asshole 09. Pub's Calling 10. Couple of Beers
OMNI à l’horizon ! Ce Gloomy Days des lillois de PSYKOKONDRIAK a tout de l’Objet Musical Non Identifié. La première écoute invoque l’esprit un peu dingue des BEASTIE BOYS mais leurs cousins ch'tis alors forcément, cela surprend. On souffle dans l’oreille également le nom de FFF et c’est vrai, les points communs ne manquent pas.
Mais commençons par le commencement puisque, formé en 2006, le groupe connaît plusieurs changements de line-up qui aboutissent à un premier EP francophone, Hôpital Psykotrip, publié en 2012. Après un changement de line up, faisant l'effet d'un déclic, le groupe accueille deux nouveaux MCs anglophones: Yassin Watershaker (MC Body) et Braeckman (Mc Boy) viennent apporter une énergie et un sang neuf salvateurs pour assurer les prochaines échéances. Entourés du Docteur Florkin (guitare électrique), Marc-Oreille (batterie), Eskarfesse (basse) et DJ Stamiff (aux Platines), ils se remettent tous au travail et accélèrent. Les lillois sortent successivement un clip, « The Fine Art of Terror » et une reprise de « Supercalifragilisticexpialidocious » (BOF de Mary Poppins) sur la compilation de noël Walt The Fuck de l'Aéronef de Lille. Et il fallait un album pour enfoncer le clou. Le voici et il s’appelle Gloomy Days.
PSYKOKONDRIAK de s’embarrasse pas d’étiquettes et ils pratiquent une musique puissante et bourrée d’énergie empruntant à bien des styles musicaux. Sur une basse rock fusion héritée des débuts, ils se plaisent à ajouter des influences hip-hop et punk rock. Cela part un peu dans tous les sens dans un vaste gloubi-boulga musical. Cette originalité et cet éclectisme pourrait en gêner certains mais les plus ouverts sauront trouver leur compte. La basse groove sur « Psyko Waltz [vol.1] » et a le potentiel de faire bouger le popotin même des plus tristes. Le flow et les lignes de chant croisées des deux chanteurs s’avèrent rafraichissants et donnent une sacrée patate à l’ensemble. L’auditeur est pris par la main et ne sait jamais dans quel univers le prochain titre va l’emmener. L’ombre d’un RED HOT CHILI PEPPERS pointe également ici et là comme sur « Monstros Incorporantes ».
Totalement délirant et sans cesse surprenant sur le fond comme sur la forme, PSYKOKONDRIAK se révèle être un bel antidote pour toutes baisses de forme ou de coup de mou passager. Cette musique part dans tous les sens et cela fait du bien, pas prise de tête juste un kiff simple et immédiat. Que demander de plus ?
Oshyrya (07/10)
Facebook Officiel
Autoproduction – Dooweet Agency / 2016
Tracklist (39:16 mn) 01. Introducing the Body Boys 02. Psyko Waltz [vol.1] 03. The fine Art of Terror 04. Workless Dance 05. Monstros Incorporantes 06. Gunfight Helicopters [Interlude] 07. Think it up! 08. Spookadelic Fever Mansion 09. Hot Day, hotter Night 10. Unherited Culture [Outro]
On s’en plaint, parfois on peste mais tout un chacun l’utilise très fréquemment. Oui Wikipédia peut avoir certains défauts mais cette source d’information, pourvue qu’elle soit utilisée avec prudence et sérieux (vérifications) s’avère précieuse. Dans notre cas, vous pourrez ainsi en apprendre beaucoup sur Walter Trout qui nous occupe aujourd’hui. Qui demanderont les métalleux pures et durs ? Walter Trout un guitariste américain de blues, chanteur et parolier qui poursuit une belle carrière depuis des décennies maintenant.
Il a commencé sa carrière de guitariste à la fin des années 60 dans le New Jersey avant de déménager en Californie à Los Angeles au début des années 70 pour jouer avec Percy Mayfield, Deacon Jones, John Lee Hooker et Joe Tex. En 1981 il devient le guitariste du groupe CANNED HEAT avant de rejoindre John Mayall et ses BLUESBREAKERS où il partagea la scène avec le guitariste Coco Montoya. Il les quitta en 1989 pour former le WALTER TROUT BAND qui rencontra un certain succès en Europe (merci Wikipédia). Depuis 2008, ils continuent de sortir des albums sous son nom et compte déjà sept disques sont le dernier, Battle Scars, a été publié l’année dernière. Pour rendre hommage ainsi à cinq décennies de rock et de blues, cela valait bien un double album live.
Ce concert a été mis en boite au Royal Theatre Carré d’Amsterdam le 28 novembre 2015. Il démontre à tous que le guitariste est plus en forme que jamais après plusieurs années de lutte contre la maladie. Tous avaient bien cela en tête, Trout et ses camarades de jeu en particulier. On sent bien tout au long de ces chansons que les artistes comme le public sont très heureux de se retrouver. Le prise de son est excellente (trop pour être vraie) et l’auditeur aura juste à fermer les yeux pour s’immerger dans l’ambiance. Bien entendu, le dernier opus en date reste très présent avec pas moins de six extraits ainsi que des reprises (Luther Allison et B.B. King).
La qualité de ce double-album live est indéniable et rend un bel hommage à ce grand nom du rock / blues américain. Trout n’a pas encore atteint la fin de sa route et compte bien enchanter encore quelques années les fans. Vu le nombre de concerts qu’ils donnent tout au long de l’année, parions qu’il passera certainement un jour pas très loin de chez vous. L’expérience vaut le coup, il faut toujours aller admirer les légendes tant qu’elles sont encore de ce monde.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Provogue / 2016
Tracklist
CD1 (58:01 mn) 01. Marie's Introduction 02. Play The Guitar 03. Help Me 04. I'm Back 05. Say Goodbye To The Blues 06. Almost Gone 07. Omaha 08. Tomorrow Seems So Far Away 09. Playin' Hideaway 10. Haunted By The Night
CD2 (46:31 mn) 01. Fly Away 02. Please Take Me Home 03. Rock Me Baby 04. Marie's Mood 05. Serve Me Right To Suffer 06. Love That We Once Knew