Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

oshy_29102016_glor_holBon, aujourd’hui nous allons parler de GLORY HOLE. Ah mais je vois déjà tous sourire, bande d’obsédés, pas celui auquel vous pensez (mais si on vous connait) mais plutôt au quatuor heavy rock basé entre Londres et Paris. Les voici qui font leurs premiers pas discographiques dans le grand monde via cet EP, cinq titres, First Experience.

Chacun jugera de son intérêt pour la pratique sexuelle mais au niveau musical, nos amis ont de quoi en exciter plus d’un. Ils font le choix de proposer un rock épais et mélodique, bourré de groove et très typé seventies, voir même grunge parfois. GLORY HOLE possède un attrait de choix en la personne de leur chanteur Adriano. A travers ces cinq compositions, ce dernier montre en effet un bien bel organe et insuffle un vrai supplément d’âme. Les compositions se veulent assez courtes et immédiatement efficaces. En un plus de trois minutes à chaque fois, la messe est dite. Rien de bien nouveau sous le soleil bien sûr tant la vague revival 70s est forte en ce moment mais GLORY HOLE n’a pas à rougir face à la concurrence anglo-saxonne ou scandinave. Avec cet EP, ils démontrent un vrai talent et un savoir-faire évident. Avec une telle carte de visite, le quatuor a de quoi multiplier les concerts de chaque côté de la Manche pour se faire la main et encore affiner leur son et leur identité. Le véritable juge de paix sera le premier album, la mayonnaise prendra-t-elle bien sur la longueur ? GLORY HOLE parviendra-t-il à sortir de la masse et à se faire un nom ? Suite au prochain épisode…

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (18:46 mn) 01. Lost 02. Love 03. The Long Road 04. Anaconda's Sister 05. Kill your Hatmate

oshy_29102016_no_abov_eviEt puis ils ne furent que trois… (« …And Then There Were Three… »). Croyez bien que j’aurais adoré vous parler longuement du neuvième album studio du groupe anglais GENESIS, sorti en avril 1978 mais notre sujet du jour se nomme NOT ABOVE EVIL. Le désormais trio est né en 2009 en Grande-Bretagne et compte avant ce disque déjà trois sorties à son tableau de chasse. Pour les deux premiers opus de leur carrière (Deification en 2010 et The Transcendental Signified l’année suivante) et l’EP, Psychosis, Rage and Rapture: The Journey Down en 2013, ils étaient quatre avec la participation de David Horton puis Damien Levette aux guitares lead. Mais leurs chemins ce sont depuis séparés et pour ce troisième chapitre de leur aventure, il ne reste que trois rescapés. La séparation doit être encore récente car Levette reste encore crédité sur deux titres de ce nouvel album.

Depuis ses débuts, le groupe n’a pas varié d’orientation et de complait à proposer un death / black métal mélodique qui se veut à la fois technique et tranchant. Si vous attendez une structure simple avec couplet refrain couplet refrain solo refrain, passez votre chemin, les britanniques explorent des univers plus sombres et tortueux que cela. Les compositions s’avèrent être tantôt courtes et directes, tantôt plus longues et complexes. Leurs influences sont assez évidentes, le trio aime les classiques comme METALLICA, le metalcore à la UNEARTH, l’épaisseur et la folie des MASTODON et LAMB OF GOD ainsi que la technique et le côté attractif d’un CHILDREN OF BODOM. Mélangez le tout et vous obtenez un drôle de cocktail qui alterne le meilleur et le franchement moyen. Always Darkest Before peut être divisé entre trois tiers, un tiers plus sympa, un tiers sans éclat et un tiers raté. Les titres les plus courts comme un « Fibre and Sinew » direct, rapide et sans fioritures fait mouche alors que les plus longs développements comme « Elevation of the Form » finissent rapidement par ennuyer. Bien sûr cela joue vite et plutôt bien, Sideeq Mohammed fait le boulot derrière le micro mais l’impression générale reste mitigée car NOT ABOVE EVIL peine à maintenir le niveau sur tout un album et l’auditeur risque de tomber dans la lassitude. Le son de cet album reste honnête mais assez brut de décoffrage, nous ne sommes pas aux meilleurs standards européens.

Avec Always Darkest Before, NOT ABOVE EVIL ne démérite pas mais laisse l’impression de rester le c… entre deux chaises. A parfois trop vouloir en mettre, les britanniques perdent de vu le chemin et s’égarent entre death et black métal, entre technique et mélodie, entre subtilité et violence. On leur souhaite également bien du courage pour transposer ces chansons à seulement trois sur scène. Les bases sont saines à eux de mieux faire.

Oshyrya (06/10)

 

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Autoproduction – Germusica / 2015

Tracklist (50:43 mn) 01. When the Day Comes 02. Adrenaline 03. Unleashed 04. Fibre and Sinew 05. Elevation of the Form 06. The Close 07. Doors and Desolation 08. Compression 09. Turning Over 10. And the Skies Return

Strapping Young Lad – City

En matière d’extrémisme musical, il est amusant de voir à quel point certains groupes mettent tout en œuvre pour toujours repousser leurs limites, qui ont fait du jusqu’au-boutisme leur cheval de bataille. Et à ce petit jeu, rares sont ceux qui arrivent aujourd’hui à rivaliser à un album qui est sorti il y a près de 20 ans : City, deuxième effort des Canadiens de Strapping Young Lad.

J’ai appris à redécouvrir City il y a maintenant quelques années, à l’occasion du rangement de mes disques. Au milieu de la pile d’albums qui prenaient la poussière, il y avait cette pochette, noire, indistincte, frappée d’un logo rouge. Devin avait annoncé quelques mois auparavant la fin du groupe, et me voilà au milieu de ma chambre, City entre les mains. Alors, dans la boîte des trucs à vendre ? Histoire de n’avoir aucun regret, je le repassai une dernière fois.

Et cette dernière fois fut la première d’une très longue série, encore active aujourd’hui. À l’instar de Leprosy, il ne se passe pas une semaine sans que je réécoute City, que je m’émerveille devant une telle débauche d’énergie et que je regrette amèrement la décision de Devin Townsend d’avoir quitté le côté obscur pour faire de la pop mélodique et sucrée. Et comme Leprosy, City est un album parfait.

Son secret ? Il est difficile à expliquer. En effet, City est un bloc qui se déguste (ou se subit, tout dépend des sensibilités de l’auditeur) d’une traite, et le bougre en a dans le ventre. Que ce soit dans son diptyque d’ouverture « Velvet Kevorkian » – « All Hail The New Flesh », dans l’enchaînement ravageur « Oh My Fucking God » – « Detox » – « Home Nucleonics » ou avec son final ravageur sur le pesant « Spirituality », City ne souffre pas de la moindre faiblesse. Devin fait mouche. Même lorsqu’il expérimente sur un « Room 429 » atypique sur cet album, plus mid tempo, avec ce refrain entêtant.

À vrai dire, si Devin avait voulu sortir à l’époque un best of du groupe, il aurait pu simplement proposer une réédition de City avec les deux premiers titres de Heavy As A Really Heavy Thing en bonus. City est un pilier du Metal industriel extrême. Tous les ingrédients étaient réunis : une section rythmique basse-batterie de classe mondiale, un guitariste talentueux. Il ne manquait d’une étincelle de folie, et qui d’autre que Devin, compositeur de génie, pouvait l’apporter ? Tour à tour furieux et aérien, étouffant et lumineux, City est un cran au-dessus. Même Strapping Young Lad n’est jamais parvenu à faire aussi bien (même si le groupe s’en était rapproché avec le monstrueux album éponyme sorti en 2003).

Mister Patate (10/10)

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Century Media Records / 1997
Tracklist (39:22) 1. Velvet Kevorkian 2. All Hail the New Flesh 3. Oh, My Fucking God 4. Detox 5. Home Nucleonics 6. AAA 7. Underneath the Waves 8. Room 429 (Cop Shoot Cop cover) 9. Spirituality