Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Acyl – Aftermath

oshy_09102016_acyEn 2012, notre camarade Clayman avait eu raison de succomber aux charmes d’Algebra (chronique ici), le premier album des algériens d’ACYL. Le métal ethnique se développe à vive allure mais nous avons plus l’habitude des approches celtiques ou sud-américaines. ACYL nous propose une plongée dans l’Orient, une immersion au sein des cultures, rythmes et sonorités arabo-berbères du Maghreb. L’aventure débute en 2007 à Paris et progresse pas à pas, gagnant en maturité et en maitrise.

A l’écoute de ces sonorités venues de l’autre côté de la méditerranée, difficile de ne pas penser également à MYRATH même si ACYL évolue dans un registre plus expérimental et extrême. Une belle virtuosité ainsi qu’une technique de haute volée ressemble les deux groupes mais leur style diffère. Moins canonique, la musique des algériens s’ouvre plus largement aux multiples expérimentations. Les chants collectifs ainsi que des instruments traditionnels variés tels que les Bendirs, Guellal, Derbouka, Gumbri, Karkabous, Oud, Mandole, Guesba, Udu et Tare prennent une place considérable dans la musique d’ACYL et lui donnent ses caractéristiques ethniques et expérimentales écoutées nulle part ailleurs. Au niveau chant, anglais et arabe se mélangent et Amine passe avec aisance du chant clair au chant hurlé. Il se dégage une belle énergie de ces chansons, « Numidia » ou encore « Gibraltar » s’apparentent avec de solides offensives directes et sans concession. Difficile de ne pas se laisser entraîner dans ce tourbillon, on tape du pied et on secoue la tête au bout de quelques minutes. ACYL sait aussi montrer son autre visage, se montrer plus doux et subtil, mettant en avant le patrimoine culturel et musical de ces contrés du Sahara algérien. Les compositions oscillent entre quatre et six minutes sans fausse note ni longueur excessive. La touche ethnique s’avère omniprésente et donc tout son charme à ces chansons. Chaque écoute dévoile de nouvelles choses et impressionne quant à la quantité et la qualité du travail ici réalisé.

Dans un genre peu représenté, ACYL frappe fort et impose sa loi à tous ceux qui auront la curiosité d’écouter ce deuxième album. Aftermath s’avère être une belle réussite. Après Algebra, nous espérions retrouver un groupe encore plus fort et mature. La réussite est là, et nous ne pouvons que tirer notre chapeau au groupe. Une vraie belle confirmation.

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (47:30 mn) 01. Numidia, 02. Mercurial, 03. Gibraltar, 04. Finga, 05. Muhieddine, 06. the battle of Constantine, 07. Tin Hinan, 08. Gaetuli, 09. Equanimity, 10. Pride

Sodom – Decision Day

L'univers du Thrash allemand, si on le résume à son Big Four, pourrait se résumer en deux mots : "fortunes diverses". En effet, chaque membre de ce club très fermé a connu des hauts et des bas (on se souviendra des expérimentations de Kreator et des errements de Destruction sur The Least Successful Human Cannonball). Aujourd'hui, c'est au tour de Sodom de s'enliser tout doucement, et je crains que, contrairement à Destruction et à Kreator, la bande à Tom ne nous fera pas de comeback inattendu.

Pourtant, dans l'absolu, Decision Day n'est pas foncièrement mauvais. Le problème réside dans son manque de punch. Je n'ai rien contre un groupe qui lève le pied pour mieux écraser son auditeur (j'en veux pour preuve mon amour inconditionnel pour les albums d'Asphyx depuis leur retour sur le devant de la scène), mais ici, sur un album de Thrash, il n'est pas donné à tout le monde de garder l'auditeur en haleine quand on se hasarde sur le terrain glissant du mid tempo. Au final, on retiendra quelques bons morceaux un peu plus enjoués comme la doublette "Caligula" – "Who Is God", mais cela suffit difficilement pour compenser le manque d'inspiration sur des plages telles que "Vaginal Born Evil" (putain quelle purge, ce morceau).

À l'instar d'Epitome Of Torture, Decision Day ne me laisse pas un souvenir impérissable. Pire encore : ses concurrents directs le laissent loin derrière. Le début de la fin pour Sodom ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais sortir deux albums mollassons de suite, c'est rarement une preuve de grande forme…

Mister Patate (4,5/10)

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Steamhammer / 2016
Tracklist (55:31) 1. In Retribution 2. Rolling Thunder 3. Decision Day 4. Caligula 5. Who Is God? 6. Strange Lost World 7. Vaginal Born Evil 8. Belligerence 9. Blood Lions 10. Sacred Warpath 11. Refused to Die 12. Predatory Instinct 

Asphyx – Incoming Death

Grave, Malevolent Creation et maintenant Asphyx… Je vais finir par croire que Century Media a déniché une fontaine de jouvence et qu'elle y trempe de temps à autre ses groupes de Death Metal pour leur garantir une jeunesse éternelle… Sinon, comment éviter la forme insolente affichée par ces mastodontes du Metal de la Mort ? 

Pour un groupe qui passera le cap des 30 ans l'année prochaine, Asphyx poursuit dans la lignée entamée en 2009 avec Death… The Brutal Way. Une fois de plus, la bande à Martin Van Drunen déroule tranquillement mais implacablement son Death rugueux aux relents doomesques. Incoming Death donne certes l'impression d'un groupe qui ne doit pas forcer son talent pour atteindre le résultat souhaité, d'une formation presque en roue libre, mais cette apparence est trompeuse. Incoming Death est une coulée de boue, pas forcément rapide, mais ô combien méthodique.

N'attendez aucune innovation de la part d'Asphyx. Le groupe ne s'écarte à aucun moment de sa voie. Guitare qui grésille juste comme il faut, une basse noyée dans le fond à gauche, un batteur qui ménage la chèvre et le chou en alternant entre passages pachydermiques et accélérations ravageuses… Au final, celui qui rend la copie la moins enthousiasmante est, paradoxalement, Martin Van Drunen. Son timbre a beau ne pas avoir changé, il semble plus monotone, un poil affaibli. Simple impression (due notamment à son duo avec Thomas Wouters sur le dernier album de Bodyfarm) ou réel déclin ? Difficile à dire, mais toujours est-il qu'il semble le seul un peu "en difficulté".

3 albums en 7 ans : sans atteindre un rythme d'enfer, les Bataves continuent d'occuper le terrain avec des albums de qualité supérieure. Originalité zéro, prise de risque nulle, mais un album en béton armé. Cela devrait suffire pour une grande majorité de fans.

Mister Patate (8/10)

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Century Media Records / 2016
Tracklist (47:42) 1. Candiru 2. Division Brandenburg 3. Wardroid 4. The Feeder 5. It Came from the Skies 6. The Grand Denial 7. Incoming Death 8. Forerunners of the Apocalypse 9. Subterra Incognita 10. Wildland Fire 11. Death: the Only Immortal