Le 23 décembre 2012 quand l’ESPRIT DU CLAN annonce se mettre en pause, nous sommesq nombreux à ne pas donner cher de la peau du groupe. Malgré leur déclaration, quand des musiciens annoncent que la flamme créatrice a disparue, cela sent franchement le sapin. Et pourtant, l’absence n’aura duré que trois années, la transition normale pour bien des groupes. Cependant, cette pause n’aura pas été sans conséquence au niveau du line-up puisque Shiro (Chant) et Clem (Basse) qui sont présents depuis le début, ne font plus partie des rangs. Le premier apparait quand même sur le titre « Sur Les Murs » histoire de s’effacer en gentleman.
Avec tous ces changements, L’ESPRIT DU CLAN était attendu au tournant mais le quintet va rapidement rassurer ses fans. Nos amis n’ont rien perdu de leur talent et de leur hargne. Ils proposent treize nouvelles déflagrations metalcore. Les titres se veulent courts et directs, affichant en majorité entre trois et quatre minutes au compteur. Les hostilités débutent immédiatement avec un « Céleste » du meilleur tonneau. Les guitares de Chamka et Ben tissent leur toile avec un son vif, assez brut. La section rythmique consolide efficacement ces fondations avec qu’Arsène ne termine le travail de son chant hargneux. L’ESPRIT DU CLAN n’est pas là pour amuser la galerie et enchaine les salves avec rapidité. Ce n’est pas nouveau mais pour ce Chapitre VI, les franciliens ont un nouvelle fois tenté de mêler puissance et agressivité sans oublier de proposer des refrains fédérateurs et accrocheurs. Cela ne marche pas à chaque coup mais dans l’ensemble, le groupe montre un joli savoir-faire. Arsène devait lui aussi prouver qu’il allait pouvoir tenir la baraque à lui tout seul sans la présence de son compère de toujours. « Sur les murs » laissent des regrets mais reconnaissons qu’Arsène fait le boulot sans fléchir ni trembler. Le disque passe à tout allure, sans temps mort à l’exception des quelques intro samplées, et vous aurez à maintes reprises secoué la tête et tapé du pied.
Avec Chapitre VI, L’ESPRIT DU CLAN rassure et reprend les choses là où Chapitre V: Drama les avait laissées. De nombreuses dates arrivent et elles feront office de juges de paix pour le nouveau line-up. Depuis le départ de Shiro et Clem, l’hécatombe continue depuis la sortie de ce nouvel opus. Nicolas Bastos, le batteur des franciliens depuis onze ans a lui aussi annoncé son départ. Il est remplacé par Vincent Wallois (DARKNESS DYNAMITE). Mais ces difficultés ne les arrêteront pas, Fluctuat nec mergitur
Tracklist (49:34 mn) 01. Céleste 02. Le Dernier Homme 03. Testa Dura 04. Hymne Au Silence 05. Rat Des Villes 06. Or Astral 07. Le Roi Est Mort 08. Zenon 09. L'art Est Grand 10. Sur Les Murs (Feat. Shiro) 11. Melasse 12. Des Volcans 13. L'ivoire De L'os
Depuis 2008 c'est un parcours sans faute que réalise le groupe Nord Américain Allegeon, et celà s'était confirmé en 2014 avec le troisième opus Elements Of The Infinite, qui placait la barre très haut. Après une introduction grandiloquente et lyrique du genre qu'affectionne Dimmu Borgir, Allegaeon ne laisse pas le doute planer bien longtemps. D'emblée le mur du son saute auwx conduits auditifs. Le groupe de Death Metal technique aux accents progressifs aligne une nouvelle fois des compositions de haute tenue. Allegaeon semble être une machine lancée à toute vitesse que rien ne peut arrêter.
N'allez pas imaginer que le départ du chanteur Ezra Haynes soit un handicap, Riley McShane, le nouveau venu, possède plus d'une corde à son arc dans tous les registres et s'intègre parfaitement dans une machine qui fait des ravages. Dans "From Nothing" il alignes vocalises Black et Death avec une maîtrise qui s'intègre dans un titre dévastateur. Tout le groupe livre une exécution implacable, une section rythmique qui tabasse, les guitaristes dont le travail d'orfèvre laisse songeur. Des riffs qui tranchent aux envolées mélodiques, sans oublier les introductions et passages à la guitare acoustique flamenco ("Gray Matter Mechanics – Apassionata ex Machinea"), rien ne leur échappe.On retiendra également l'intervention de Bjorn "Speed" Strid de Soilwork au chant sur le titre "Proponent for Sentience III – The Extermination". Allegaeon livre un album marquant par sa variétés et ses compos accrocheuses, s'il ne fallait retenir qu'une petite faiblesse, ce serait à la limite dans l'exercice de la reprise.
On peut comprendre que le groupe ait voulu rendre hommage à ses racines progressives avec le morceau "Subdivisions" de Rush. Assez proche de l'original, un poil plus musclé, c'est une fin d'album qui sonne un tantinet décalée. Reconnaissons tout de même que l'exercice est un peu plus risqué que la reprise de Decidie que le groupe prévoyait de faire au départ (mais qu'ils ne se retiennent pas de la faire aussi après tout !). Les amateurs de Death Metal technique seraient bien avisés de se pencher sur cette heure de ballade que propose le groupe du Colorado au sommet de son art, qui vient de frapper fort, une fois de plus.
Tracklist (62 minutes) : 1. Proponent for Sentience I – The Conception 06:23 2. All Hail Science 03:24 3. From Nothing 05:00 4. Gray Matter Mechanics – Apassionata ex Machinea 08:18 5. Of Mind and Matrix 05:33 6. Proponent for Sentience II – The Algorithm 08:19 7. Demons of an Intricate Design 04:25 8. Terrathaw and the Quake 06:10 9. Cognitive Computations 05:58 10. The Arbiters 06:11 11. Proponent for Sentience III – The Extermination 06:59 12. Subdivisions (Reprise de Rush).
Chers Tom, Rikard, Henrik, Jonas et Johan. J'ai longtemps cru que l'album "Inner Circle" était votre album le moins inspiré, le plus insipide et dégoulinant de la carrière du groupe. Vous venez de me donner tort. A l'écoute de "The Storm Within", je suis épaté, avec le talent indéniable que vous avez, vous êtes tout de même parvenus à vous vautrer comme jamais. On se connait depuis 2001, j'ai vous ai déjà expliqué ce que je trouvais attachant dans Evergrey, un metal progressif classe avec cet équilibre unique entre riffs de guitares puissants et passages mélodiques portés par un clavier qui restait sobre, sans oublier une exécution impeccable.
L'équilibre est complètement rompu dans "The Storm Within", on ne retrouve le groupe tout en puissance que sur le titre "My Allied Ocean", seul titre brillant au milieu d'un océan de torpeur. Le meilleur titre depuis un bail pour être honnête. Sauf qu'il aura fallu s'enquiller cinq titres mous du genou et plutôt faibles pour que l'album décolle enfin. Et après ? Terminé, rideau, retour à la torpeur. On ne retrouvera la flamme que sur "Disconnect" et son introduction musclée agrémenté d'une dose de mélancolie dont le groupe avait fait sa marque de fabrique. Cela faisait un bail que je n'avais pas trouvé le temps aussi long sur un album d'Evergrey… En somme vous avez amplifié les défauts de l'album précédent à un point à la limite de l'insupportable. Mais quel abus cette dominance des claviers au premier plan… On peut retenir à la limite le titre "In Orbit" avec Floor Jansen, en dépit d'une banalité absolue, le solo de guitare sauve les meubles. Et voilà que vous rajoutez une ballade avec Carina, à la limite elle aurait pu conclure l'album en douceur, mais après tout je comprends bien le clin d'oeil avec "For Evervy Tears That Fall". On gardera aussi le titre épnonyme, suffisamment sombre et mélancolique pour le sortir de l'oubli, malgré une fin qui bave aux claviers. Ce dixième album laisse l'impression qu'il flirte plus souvent avec des standards de l'Eurovision que du metal. Tom S Englund à donc réalisé son rêve, il a enregistré 10 albums avec Evergrey. En tout cas, quand le label proclame qu'il s'agit de "l'album le plus puissant du groupe", on ne peut que déplorer les ravages de la drogue, et de la méthode Coué dans le business de la musique.
Tracklist (58 minutes) 01. Distance 02. Passing Trough 03. Someday 04. Astray 05. The Impossible 06. My Allied Ocean 07. In Orbit (avec Floor Jansen) 08. The Lonely Monarch 09. The Paradox Of The Flame (avec Carina Englund) 10. Disconnect 11. The Storm Within