Ah mais c’est que nous commencions à nous inquiéter du sort de VISIONS OF ATLANTIS. Rendez-vous compte, deux albums consécutifs avec une même chanteuse, Maxi Nil, sur Delta (2011) puis Ethera (2013 – chronique ici). Heureusement, les choses sont par la suite rentrées dans l’ordre avec le départ de tous les membres du groupe sauf le batteur Thomas Caser qui reste le seul membre fondateur présent sur toutes les publications. Mais ce dernier ne s’est pas inquiété plus que cela et il recruté de nouveaux membres, certains tout nouveaux et d’autres ayant déjà participé dans le passé. Pas facile de suivre précisément tout cela…
Bref, renforcé par ce sang neuf, VISIONS OF ATLANTIS avait besoin de refaire parler de lui et publie un EP cinq titres. Mais refroidissons d’entrée l’enthousiasme des fans, rien de bien neuf ici car ce disque s’avère composé de versions réenregistrés par le nouveau line-up de compositions déjà présentes sur les trois premiers opus du groupe : Eternal Endless Infinity (2002), Cast Away (2004) et Trinity (2007). Ah oui, tout d’un coup cela calme. En effet, Caser l’affirme haut et fort, il souhaite revenir au style du début et cette volonté aura d’ailleurs précipité la rupture avec ses anciens camarades. Alors que dire de ce Old Routes – New Waters ? Eh bien bof. Franchement, les chansons se voient réinterprétés mais sans révolution non plus, les fans retrouveront leurs petits. La version originale de « Lost » parait supérieure à cette reprise mais c’est 50/50 sur l’ensemble de l’EP. Le nouveau line-up fait le boulot, notre compatriote Clémentine Delauney partage désormais le micro avec Siegfried Samer. Elle a déjà fait ses preuves au sein de SERENITY (décidemment) ou encore WHYZDOM et reste pétrie de talent. Dommage qu’elle ne parvienne pas à se stabiliser dans un groupe sur la longueur.
Old Routes – New Waters reste un coup pour rien, un disque de remplissage histoire de faire patienter et rappeler que le groupe n’est pas mort malgré les multiples péripéties de ces dernières années. Là, VISIONS OF ATLANTIS joue la facilité, le véritable test attendra la parution du nouvel album. En attendant, seuls les fans les plus acharnés trouveront un intérêt à cet EP.
Oshyrya (05/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (26:24 mn) 01. Lovebearing Storm 02. Lost 03. Winternight 04. Seven Seas 05. Last Shut of Your Eyes
OTEP, groupe de nu métal américain formé en 2000, commence à faire partie des dinosaures dans sa catégorie. Beaucoup ont disparu ou se sont réinventés avec plus ou moins de bonheur. Le quartet a connu des hauts et des bas, côtoyant les sommets dès leurs débuts en participant à l'Ozzfest en 2001, 2002 et 2004. Il faut dire qu’à l’époque, la folie nu metal battait son plein et un groupe mené par une chanteuse dotée d’un solide caractère comme Otep Shamaya ne pouvait que frapper l’imagination. Et puis l’enthousiasme pour ce mouvement déclinant, OTEP est rentré dans le rang sans pourtant jamais cesser de publier régulièrement des albums. Après Hydra en janvier 2013, voici Generation Doom, le septième disque du groupe.
C’est Poney qui va être déçu, lui qui avait particulièrement peu apprécié Hydra (chronique ici) et surtout qui pensait bien que le groupe arrêterait là les frais comme ils l’avaient annoncé. Mais la rupture avec Victory Records et la signature chez Napalm Records semblent avoir créé de nouvelles ambitions chez OTEP qui revient trois ans plus tard avec un nouvel opus sous le bras. Nombreux seront ceux qui diront que ce n’est pas de chance tant les américains peinaient à convaincre ces derniers temps. Et on peut difficilement leur donner tort tant l’écoute de Generation Doom n’apporte rien de très intéressant ni convaincant. Cela reste assez bourrin au niveau du chant, Shamaya alternant entre chant clair, hurlé et growlé. Et la demoiselle, seule rescapée des débuts, a quelques arguments à faire valoir. Mais musicalement, cela ressemble à un retour plus d’une décennie en arrière. Le chant pseudo rap, des riffs brutaux et syncopés, des refrains en chant clair et des titres formatés "singles" d’une durée de trois à quatre minutes maximum. Generation Doom s’écoute sans plaisir particulier, aucune chanson ne ressort véritablement de la masse et l’ennui pointe rapidement le bout de son nez. L’impression de déjà-vu s’impose inexorablement. C’est propre, lisse et peu enclin à susciter un grand enthousiasme.
OTEP livre encore une fois ce qu’il sait faire de mieux depuis plus de quinze ans. Otep Shamaya affiche une solide ambition, pas seulement faire de la musique mais proposer, je cite, "un projet artistique/un groupe/un mouvement/une revolution". Rien que cela… Vous l’aurez compris, OTEP passe à des années lumières de cet objectif et publie un septième plat et sans relief. Ils semblent visuellement avoir adoré le dernier Mad Max: Fury Road, avec OTEP, Imperator Furiosa est dans la place !
Oshyrya (04/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (55:25 mn) 01. Zero 02. Feeding Frenzy 03. Lords Of War 04. Royals (Lorde Cover) 05. In Cold Blood 06. Down 07. God Is A Gun 08. Equal Rights, Equal Lefts 09. No Color 10. Lie 11. Generation Doom 12. On The Shore
Après une longue et douloureuse psychothérapie, les hollandaise de NEMESEA se sont petit à petit remis de la chronique au vitriol de leur album, The Quiet Resistance, (chronique ici) distillée par notre ami Nico et ont repris le chemin du studio. Là, ils ont accouché d’un nouvel opus, le quatrième, Uprise. Dans leur petit cœur tout mou, ils espèrent plaire à leur tortionnaire et enfin trouver la paix. Ils ne supporteraient pas un second choc et la lourde tâche de chroniquer ce disque a donc été transmise à un autre, malgré les cris et vociférations de notre camarade. La vie peut être injuste parfois. Moi au moins, je saurais être sensible à la plastique avantageuse de Manda Ophuis et par association à la qualité musicale des bataves.
Sur le premier point, je signe tout de suite, la chanteuse possède bien des atouts, largement mis en avant sur tous les visuels photos ou vidéos de NEMESEA. Elle ne manque pas non plus de capacités vocales même si les chansons proposées peinent à vraiment mettre en valeur son organe. Dans la foulée de The Quiet Resistance, le trio continue de distiller une musique très accessible, un rock aux relents électro facile à mémoriser et à digérer. Nous ne sommes mêmes pas loin du ridicule avec des titres gnan-gnan à la « Can’t Believe It » et ces ah ah ah digne de la final d’un radio crochet sur TF1. Enfin le premier single, « Forever » n’est pas vraiment mieux avec cette intro aux claviers pas vue depuis les années 80. Nous sommes effectivement en présence d’un erstaz des groupes hollandais à succès comme WITHIN TEMPTATIONS, DELAIN ou AFTER FOREVER. Enfin le talent en moins. Se rendant compte de cet état de fait, NEMESEA a bien changé d’orientation depuis 2007 avec In Control mais quand le talent manque à l’appel, difficile de s’en sortir.
Avec NEMESEA, nous sommes vraiment dans le fond du panier. Même en multipliant les écoutes et en étant compréhensif, la faiblesse des chansons proposées ne peut que sauter aux oreilles. Mieux vaut attendre le prochain DELAIN qui arrive bientôt que de perdre son temps avec Uprise. Aux dernières nouvelles, avenir du groupe lui-même est en danger puisque son seul argument, sa chanteuse Manda Ophuis, a décidé de quitter le navire. Pas sûr qu’il reste encore quelque chose à sauver de ce naufrage.
Oshyrya (03/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (36:58 mn) 01. Hear me 02. Twilight 03. Forever 04. Let it burn 05. Time to make it 06. Can't believe it 07. Light up the sky 08. Get out 09. Bones 10. Hold on