Comme le dit notre camarade Patate, dans le teuton, tout est bon. Le pays de Goethe ne manque pas de groupes rock/métal hyper talentueux tantôt hyper classiques, tantôt novateurs et originaux. Les Berlinois de SUNS OF THYME appartiennent plutôt à la seconde catégorie, évoluant dans un genre au nom étrange, le Krautgaze. Tout un programme en perspective. Après un premier album, Fortune, Shelter, Love and Cure, paru en 2013, voici le quintet de retour avec un nouvel opus, Cascades.
La musique des allemands sonne douce et agréable aux oreilles de votre serviteur amateurs de voluptés atmosphériques et de Krautrock en général. Mais cette description serait un peu trop restrictive pour SUNS OF THYME. Le côté rock, assez planant c’est vrai, reste bien présent, avec une touche seventies et psychédélique bien appuyée. SUNS OF THYME affiche deux visages complémentaires, de éléments de leur identité musicale : les interludes instrumentaux renvoient vers le shoegaze (« Prelude » ou « To Vanish » alors que les compositions chantées restent plus classiques même si parfois leur dimension étrange et arty n’échappera à personne. Le label se plait à mentionner THE VELVET UNDERGROUND au petit jeu des comparaisons. Sans être totalement évidente, cette évocation souligne le côté imprévisible et surprenant de la musique des berlinois. « Do or Die » ou « Intuition Unbound » possèdent un charme certain et risquent de vous rester en tête assez longtemps.
Drôle d’objet protéiforme que ce Cascades. Le charme finit par agir car les allemands font preuve d’un joli savoir-faire mais l’étude clinique de cet objet musical s’avère périlleuse. Si vous aimez le space rock et le shoegaze, si vous aimez le THE CURE période atmosphérique ou l’ANATHEMA des derniers albums, vous pourriez être intéressés. Cascades vaut le détour.
Oshyrya (7,5/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (54:53 mn) 01. Do Or Die 02. Intuition Unbound 03. Ich Träum Von Dir 04. To Vanish 05. Rush 06. Schweben 07. Deep Purple Rain 08. Val Verde 09. The Field 10. Aphelion 11. Prelude 12. In Dreams Awake 13. Kirwani 14. Kirwani II
Avec la subtilité d’un truck lance à pleine vitesse, les américains d’HAMMER FIGHT font leur entrée sur scène avec un premier album à paraître chez Napalm Records, Profound and Profane. Les petits protégés de Metal Sucks comptent bien renverser la table et foutre un peu partout le dawa. Le groupe est originaire d’Atlantic City dans le New Jersey et s’adonne à des plaisirs simples : un rock/métal épais, rugueux et facile d’accès. Ils vénèrent des groupes comme MOTÖRHEAD et cela s’entend.
La label range HAMMER FIGHT dans la catégorie thrash`n`roll ou hard rockin‘ heavy metal mais tout le monde a bien compris de quoi il s’agissait. Pas de prise de tête, pas de concepts fumeux ici, une approche directe et sans chichi. Les riffs de tronçonneuse s’enchaînent rapidement et la paire de guitaristes, Todd Stern et Dan Higgins, s’en donne à cœur joie. Justin Spaeth n’est pas en reste derrière sa batterie, il martyrise ses fûts avec application. Enfin, cerise sur la gâteau, Drew Murphy éructe derrière le micro et joue de la basse à l’unisson de ses petits camarades. Malgré son approche assez peu subtile, le quartet n’oublie par de faire la preuve d’une belle maîtrise technique avec des soli à la fois rapides, techniques et plutôt agréables. Les influences sont multiples au sein de ce rock sale et poisseux, vous trouverez ici et là des touches thrash, speed, punk hardcore et même classic rock. Le résultat de cette longue distillation s’appelle Profound and Profane et vous rappellera la liqueur familiale faite maison, un liquide goûteux mais diablement fort qui vous arrache la gorge à chaque lampée. Ce n’est pas original pour un sou, déjà écouté des dizaines de fois mais cela reste efficace ponctuellement.
HAMMER FIGHT ne vend pas du rêve, à l’image de la pochette, cet album ne fait pas dans la dentelle. Profound and Profane sera la bande son idéale de votre prochaine soirée beuverie ou du baptême de la petite dernière si vous souhaitez définitivement vous fâchez avec votre belle famille.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (45:54 mn) 01. Picking Up Change 02. Target Acquired 03. Into the Dark 04. Good Times in Dark Ages 05. Gods of Rock n' Roll 06. Low & Broken 07. Private Stock 08. The Ulimate Sacrifice 09. Cell Mates 10. West Side Story 11. The Crate 12. Cult Of Conceit
C’est peut-être le hasard du calendrier des sorties, mais il semble que la scène rock / metal berlinoise soit particulièrement riche et active ses derniers temps. En tous cas, le label autrichien semble puiser largement dans ce vivier de créativité débridé. Après SUNS OF THYME, voici EARTH SHIP. La comparaison entre les deux groupes ne sera que géographique tant les démarches musicales semblent opposées. Autant les premiers naviguaient sur des eaux calmes et atmosphériques autant les second se plaisent à concocter un métal sentant le souffre, lourd et poisseux.
En effet, EARTH SHIP serait à ranger aux côtés des CROWBAR et KYLESA dans cette volonté de mettre en avant des riffs épais à même de décoller le papier peint. Dès les premières secondes de « Reduced to Ashes », la messe est dite, les guitares prennent la direction des opérations et ne lâcheront plus jamais la barre. L’atmosphère ne se veut pas particulièrement joyeuse, il suffit de lire les titres des chansons pour s’en convaincre. Cette colère noire, dépressive et morbide envahit rapidement tout l’espace et ne libérera l’auditeur qu’après quarante-neuf minutes de pénitence. EARTH SHIP érige progressivement, sous nos yeux, un monolithe impénétrable à coup de riffs saturés, tendance doom. Les teutons s’y connaissent pour distiller un sludge rock à même de faire saliver les amateurs. A l’exception du dernier titre dépassant les sept minutes, la majorité des chansons oscillent autour des quatre minutes. Et pourtant, difficile de sortir une ou deux compositions en particulier tant Hollowed parait fait d’un bloc compact. C’est à la fois une qualité et un défaut, cette homogénéité pourrait finir par lasser sur la longueur. Les allemands ont fait preuve d’application même si tout un chacun pourra regretter qu’ils n’aient pas su clairement apporter une petite touche d’originalité.
Il veut mieux être dans une bonne disposition d’esprit avant d’attaquer l’écoute de ce quatrième album des berlinois d’EARTH SHIP. Le boulot a été bien fait sur le fond et la forme et valide la promotion récente du quatuor de Pelagic vers Napalm Records. A même de toucher un plus large public, parions que le succès sera au rendez-vous.
Oshyrya (6,5/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (48:14 mn) 01. Reduced To Ashes 02. Hollowed 03. Valley Of Thorns 04. Conjured 05. Monolith 06. In Fire's Light 07. In The Arms Of Medusa 08. Castle Of Sorrow 09. Safeguard Of Death 10. Red Leaves 11. The Edge Of Time