Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Nails – You Will Never Be One Of Us

Une fois n’est pas coutume, Nuclear Blast ne nous sort pas un lapin de son chapeau. Non, cette fois, Donzdorf a ouvert la cage aux fauves et nous balance dans les ratiches sa nouvelle recrue, Nails, un petit poucet dans l’écurie Nuclear Blast mais avec de la patate à revendre. Putain, depuis quand Nuclear Blast signe à nouveau des groupes d’un calibre pareil ? Ça doit être fun, les journées de team building à Donzdorf, avec Epica et Sabaton qui discutent chiffons et headlining devant un bol de punch et les gars de Nails dans un coin, en train de balancer leurs gobelets de bière à la gueule des filles d’Indica tout en se foutant de la gueule de Robb « anti-Phil » Flynn !

You Will Never One Of Us, plus qu’un nom, tout un programme. Ouais, on est pas comme eux, et on le sera jamais. Ces gars chient la haine par tous les pores, sans le moindre temps mort. Remarquez, avec un album qui frôle les 22 minutes, ils ne risquaient pas de se perdre en chemin, mais la déferlante grind/punk/crust/powerviolence/(insérer tout autre genre qui se caractérise par des morceaux courts et une haine du feu de Dieu) est là, bien burnée, avec une dose supplémentaire de misanthropie.

Comment appréhender cet « album » (oui, j’utilise les guillemets vu la durée particulièrement courte de cette sortie) ? Personnellement, je ressens une pointe de frustration. Parce que bon, les gars ont maintenant une grosse écurie derrière eux, on aurait pu espérer plus (en termes de durée, bien entendu… parce qu’en intensité, ils font figure de poids lourd). Mais d’un autre côté, je devrais saluer leur orthodoxie. Quel que soit le label, le propos reste inchangé, rugueux, sans le moindre répit. Dans la droite ligne d’Abandon All Life, You Will Never Be One Of Us fait partie des galettes « pied au plancher » qui font mon bonheur. Court et intense comme une ratonnade dans une ruelle mal éclairée, cette nouvelle galette de Nails fait très mal. Chaudement recommandé !

Mister Brute Porn (9/10)

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Nuclear Blast Records / 2016
Tracklist (21:43) 1. You Will Never Be One of Us 2. Friend to All 3. Made to Make You Fail 4. Life Is a Death Sentence 5. Violence Is Forever 6. Savage Intolerance 7. In Pain 8. Parasite 9. Into Quietus 10. They Come Crawling Back 

Suidakra – Realms of Odoric

« Si j’aurais su, j'aurais pas venu » est mon état d’esprit suite aux nombreuses tentatives d’écoutes de ce douzième album des allemands de Suidakra. Effectivement nous avons à faire ici à une formation rodée et plutôt bavarde en termes de sorties d’albums. Je vous renvoie donc à nos précédentes chroniques pour ce qui est de faire les présentations. J’ai souvent eu l’occasion d’évoquer dans les colonnes de metalchroniques mon intérêt pour le Metal folklorique ou Pagan. Le fait d’avoir accroché à leur précédent album, le très « epic » et réussit Eternal Defiance (nos chroniques et articles ici), m’a donné envie de voir ce que Realms of Odoric avait dans le ventre. J’aurais mieux fait de m’abstenir.

En effet la magie n’a absolument pas opéré sur moi cette fois-ci ! Déjà rien qu’au niveau de l’artwork mon ressenti fut assez mauvais. Le trip héroic fantasy très peu pour moi. En vingt années de maraudes et autres pérégrinations dans le milieu Metal, non merci car j’ai eu mon quota. Il se trouve en plus qu’ici le rendu est tout à fait moche, putain ça aurait pu être une jaquette d’« Un livre dont vous êtes le héros » ou d’un vulgaire jeu en ligne. Surtout quand on le compare à ce que le groupe nous avait proposé avec celui de Eternal Defiance qui à défaut d'être exceptionnel avait un peu plus de bagout. J’ai d’ailleurs appris en faisant quelques recherches que les textes ainsi que la thématique de Realms of Odoric sont en fait basés sur un comic book de 1996 « The Wall of Doom » de Kris Verwimp & Filip Keunen. On ne peut pas s’empêcher de ressentir comme un malaise : la vague impression que Suidakra a voulu draguer de l’ado pré-pubère ou du vieux garçon immature. Si ce n’est pas le cas c’est qu’ils ont des goûts de chiottes, ce qui pourrait expliquer bien des choses comme nous allons le voir…  

Pour ce qui est de la musique Suidakra use et abuse des reflexes qu’il a développé tout au long de sa carrière. Ceux-là même qui lui faisaient office d’atouts auparavant  mais qui ici sonnent de manière lourdingue car nos allemands se rabâchent et tournent en rond tout simplement. Toujours ce Death Metal Melodic aux contorsions Heavy Metal avec ce petit côté à la Children of Bodom où viennent se greffer des éléments tantôt symphoniques (on pense également à Therion), tantôt folkloriques (le premier qui me dit Finntroll se prend un coup sur la truffe !) quand le tout ne vire pas dans la power ballade pop-folk putassière et chiante. J’ai trouvé l’album super long. On se retrouve vite largué là où Suidakra arrivait si bien à nous tenir en haleine tout du long des compositions de Eternal Defiance. Realms of Odoric sonne juste comme une suite décousue de compositions plus ou moins redondantes. Pourtant j’ai presque apprécié le début d’album avec les titres « The Serpent Within », « The Hunter's Horde »,  « Creeping Blood » ou  « Lion of Darcania ». Par contre si musicalement le très Heavy et frontal « Undaunted » m’a agréablement surpris, ses vocaux féminins en revanche ont failli me faire vomir. C’est étonnant car il s’agit de Tina Stabel qui chante également sur l’album précédent mais bizarrement ici ça ne fonctionne pas du tout dans ce registre Heavy Metal énervé. De manière générale l’éventail des vocaux utilisés est large et varié allant de registres extrêmes à des chœurs folkloriques en passant par des assauts aux refrains Heavy Metal masculins ou féminins voire des passages narratifs ou d’autres plus pop. Certe techniquement rien à dire car Suidakra maîtrise son sujet mais ses compositions manquent cruellement de cet aura épique et de ce magnétisme dont Eternal Defiance était chargé. 

Pour finir au rayon des choses plutôt réussies on peut également parler de la production (prises son, mixage et mastering) du Gernhardt Studio qui sonne brute et travaillée à la fois. C’est une petite prouesse en soit qui évite à Suidakra le camouflet total en tombant dans le poncif pouette pouette souvent inhérent au style Folk Metal. De sorte qu’il parvient à garder un propos très Heavy Metal efficace sans négliger les nombreux instants symphoniques ou folkloriques. Cet album plaira certainement à beaucoup d’entre vous mais moi je dis NEIN !

FalculA (5/10)


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AFM Records / 2016 
Tracklist (47:20) : 1. Into the Realm 2. The Serpent Within 3. The Hunter's Horde 4. Creeping Blood 5. Undaunted 6. Lion of Darcania 7. Pictish Pride 8. On Roads to Ruin 9. Dark Revelations 10.    Braving the End 11. One Against the Tide 12. Cimbric Requiem 13. Remembrance(bonus)

Messenger – Threnodies

oshy_26062016_MessengJe sais que c’est compliqué, je me soigne mais j’ai du mal à supporter de découvrir un mot et de ne pas savoir ce qu’il signifie. Oui ma vie s’avère parfois compliquée mais je fais ce que je peux pour gérer cette névrose. Les londoniens de MESSENGER ont commencé par titiller ma curiosité par le titre de leur album avant même d’espérer m’intéresser par leur talent musical. Donc après recherche, une thrénodie est une pièce de vers exprimant des lamentations, des plaintes sur une tragédie publique ou privée. Le ton est donné, pas sûr que l’auditeur s’amuse follement à l’écoute de cet album.

Les anglais ne sont pas à leur coup d’essai puisque ce disque constitue leur deuxième album après Illusory Blues publié en 2014. Né au printemps 2012 de l’initiative de Khaled Lowe et Barnaby Maddick tous les deux au chant et à la guitare, ils s’entourent rapidement de musiciens supplémentaires pour donner naissance à MESSENGER. La rencontre avec le batteur et producteur Jaime Gomez Arellano constituera une étape importante de la vie du groupe.

Pour caractériser sa musique et son style, le quintet parle lui-même de rock progressif, psychédélique et classique. Et effectivement, sur des bases progressives, MESSENGER injecte des touches plus old-school, virevoltantes et foisonnantes qui ne sont pas sans rappeler la période des années 70. Les britanniques soufflent le chaud et le froid au sein de chacune de leurs compositions, tantôt doux et atmosphériques tantôt rudes et volcaniques à quelques minutes d’intervalle. Difficile de ne pas régulièrement penser à un OPETH de la dernière période (Heritage & Pale Communion). On retrouve des caractéristiques communes, l’intégration de parties calmes et acoustiques, des mélodies très typées seventies et progressif. La différence majeure s’impose cependant au chant, Lowe et Maddick harmonisent souvent leurs voix et s’expriment dans un registre plus proche d’un Jeff Buckley que d’un Mikael Åkerfeldt. D’une apparente simplicité, ce disque recèle, en réalité, bien des complexités, que ce soit au niveau des structures rythmiques de la batterie ou des dialogues entre les guitares. Il aura fallu trois mois d’un intense travail collectif aux Orgone Studios de Londres pour parvenir à ce résultat.

L’écoute de Threnodies s’apparente à un long voyage intérieur éprouvant, lancinant, et pourtant pas dénué d’intérêt. Le charme agit malgré tout. Contrairement à Illusory Blues qui avait été composé à trois, MESSENGER a ici pu mettre en œuvre tout son potentiel créatif et accoucher d’un album séduisant bien que difficile d’accès. Ils ne seront pas forcément très nombreux à pouvoir adhérer.

Oshyrya (7,5/10)

 

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InsideOut Music / 2016

Tracklist (46:05 mn) 01. Calyx 02. Oracles Of War 03. Balearic Blue 04. Celestial Spheres 05. Nocturne 06. Pareidolia 07. Crown Of Ashes