Putain j’y ai cru. Vraiment. Après la désillusion massive qu’était (et qu’est toujours) L’Enfant Sauvage, Gojira était parvenu à allumer en moi l’étincelle de l’espoir. Tout d’abord avec leurs déclarations dans les médias, où les frangins Duplantier évoquaient un album plus court (bon, l’explication de cette décision – qui revenait à dire que les fans ont le même pouvoir de concentration d’un gosse de 7 ans privé de Ritaline dans les rayons de Toys‘R’Us – était risible, mais le résultat était là, on éviterait un pavé indigeste). Et puis, après un « Stranded » anecdotique, il y avait « Silvera ». Un clip qui dégueule la classe, un morceau à la fois familier et différent, qui prend aux tripes, avec un chant clair inattendu. OUAIS. PUTAIN OUAIS. C’est couillu, c’est osé, et surtout, c’est bon. Tellement bon.
La déception est donc d’autant plus amère. Parce qu’au final, « Silvera » est le seul éclair de génie d’un album qui me laisse indifférent. Dès l’opener, la situation s’annonce compliquée. « The Shooting Star » est mou. Exit la hargne, bonjour le chant clair, et cette impression que le groupe n’arrive pas à prendre son envol, comme un avion qui se rapproche dangereusement du bout de la piste de décollage. Putain, tire sur le manche, coco !
Et que dire du reste ? « Stranded » souffre à nouveau du syndrome « Metallica » (aussi connu sous le nom de « syndrome Teletubbies »), avec cette propension presque maladive de reprendre un pattern et de le répéter ad nauseam sur un morceau. Alors oui, ce petit gimmick est sympa, mais pourquoi en abuser ? « Yellow Stone », quant à lui, fait office d’interlude qui lorgne vers le Black Sab’ du pauvre avant un morceau éponyme qui, à nouveau, ne décolle pas. Je vois déjà les fanboys au fond, « connard, Patate, tu vois bien que le groupe ne recherche pas la montée en puissance »… Oui, merci, je l’ai bien compris. Magma se veut plus atmo, plus lumineux… Mais justement, cet album devrait m’emmener avec lui, me transporter. Ici, il ne se passe rien, la magie n’opère pas. Ce qui peut signifier deux choses :
- Gojira n’arrive pas à s’affranchir suffisamment de ses racines pour vraiment tourner le dos à son passé et prendre une nouvelle orientation
- Je suis mort à l’intérieur (mais vu le torrent d’émotions qui m’a traversé lorsque j’ai écouté « Silvera » en boucle, je doute que cette option soit la bonne).
Avec Magma, Gojira a réussi la prouesse de faire un album plus court que L’Enfant Sauvage mais qui, paradoxalement, semble encore plus long, encore plus interminable. Je suis pourtant le premier à dénoncer tous ces groupes paralysés, encroûtés dans leur routine et n’osant pas la moindre évolution, mais encore faut-il que l’évolution soit maîtrisée et qu’elle ne se solde pas par une régression.
Mister Brute Porn (2/10)
Roadrunner Records / 2016
Tracklist (43:56) 1. The Shooting Star 2. Silvera 3. The Cell 4. Stranded 5. Yellow Stone 6. Magma 7. Pray 8. Only Pain 9. Low Lands 10. Liberation
Crematory semble bati pour résister à toutes les épreuves, changements de maison de disques, de musiciens, tout en ne cédant pas à toutes les modes passagères qui se sont succédées depuis un quart de siècle. Ce treizième album le confirme, Crematory trace son sillon et sort indemne du départ de son bassiste Harald Heine et de Matthias Hechler (chant et guitare). Pour pallier à ces deux défections, le groupe se renforce avec trois musiciens, les guitaristes Rolf Munkes et Tosse Basler qui office également au chant clair, tandis que Jason Matthias se charge de la basse.
Quel meilleur moyen de fêter son vingtième anniversaire que de sortir un nouvel album (le neuvième) et prouver à tous que le groupe possède encore la flamme et l’énergie de ses débuts ? IRON SAVIOR fait ce pari et se rappelle à notre bon souvenir avec Titancraft, Deux ans après son dernier effort studio, Rise of the Hero (chronique