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Skox – Years of Legions

oshy_04052016_SkoLire la biographie détaillée du groupe prouve que la vie est loin d’être un long fleuve tranquille pour les métalleux dans l’hexagone. Oui il faut une sacrée motivation et une belle dose de persévérance pour continuer malgré tout, quoique le destin mette en travers de votre route. Vous l’aurez compris en voyant le nom, la pochette de ce disque ou la poésie intrinsèque des titres de ces chansons, les lyonnais n’ont pas prévu de nous conter fleurette et caressent le doux projet de sacrément nous secouer les cages à miel. SKOX est né en 2003 et depuis on le commun des mortels aura perdu le compte des changements de line-up. Histoire de faire synthétique, il convient de préciser que le groupe compte à son actif plusieurs démos, ils publient en 2010 un maxi cinq titres et enfin un premier album que voici en 2016 grâce au travail du quintet et au soutien de son public qui finance le mastering, le pressage de Years Of Legions et pour un clip à venir.

Les lyonnais évoluent dans une veine Thrash / Death brutale et tranchante à souhait. Après une ptite intro instrumentale, SKOX enchaine neuf salves directes et sans concession. Sans que cela ne soit rédhibitoire, le premier contact avec ce disque n’est pas idéal car même si la production reste tout à fait honnête pour un groupe aux moyens forcément limités, le son est particulier rêche et brut. Certains diront que ce n’est pas un mal vu le genre musical pratiqué par nos amis mais nous sommes quand même loin des ténors du genre. Encore une fois ce n’est pas catastrophique mais il faut quelques instants pour s’habituer. Techniquement parlant, SKOX démontre une belle maîtrise avec de multiples changements de rythmes, des riffs de guitares assassins, une basse omniprésente et une batterie au diapason. JC se donne à fond derrière le micro et montre de belles capacités pour produire divers hurlements. Les compositions s’enchainent sans temps morts mais on sent bien que le groupe a souhaité varier les plaisirs et ne s’est pas contenter d’enchainer bêtement les riffs. Oui Years of Legions s’avère brutal, bourrin même mais cela correspond bien au but recherché.

Ce disque fait honneur au travail accompli depuis des années et rend hommage aux maîtres du genre comme DESTRUCTION, OBITURARY ou encore KREATOR. Years of Legions constitue une étape importante pour SKOX qui bénéficie désormais d’une belle carte de visite pour se faire encore plus largement connaitre et multiplier les concerts partout où ils seront les bienvenus. N’attendez pas monts et merveilles de cet album mais simplement le témoignage honnête du savoir-faire du groupe.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Autoproduction – Dooweet / 2016

Tracklist (44:58 mn) 01. Entering The Battlefield 02. Years Of Legions 03. Cell Swelling 04. Running Out Of Time 05. Thrashtastik 06. Engine Of Death 07. Road 666 08. March Of The Dead 09. Smash Your Enemy 10. …Leaving The Killingfield

oshy_itw_Kataton_03Depuis 2012 et la sortie de leur dernier opus studio, Dead End Kings (chronique ici), les suédois de KATATONIA n’ont pas vraiment chômé. En 2013, ils surprennent beaucoup en publiant Dethroned & Uncrowned (chronique ), une réinterprétation de leurs chansons de ce même album, ils donnent un maximum de concerts aux quatre coins du monde et finissent par proposer en témoignage à travers Sanctitude. Et malgré cela, ils continuent à devoir faire face à des changements de line-up et trouve également le temps de composer et d’enregistrer ce dixième chapitre de leur carrière, The Fall of Hearts.

Histoire de renforcer les rangs et d’apporter du sang neuf, deux nouveaux camarades de jeu ont été recrutés avec Daniel ’Mojjo’ Moilanen à la batterie et Roger Öjersson (TIAMAT) au poste de second guitariste. Mais contre vents et marées, les deux capitaines du navire KATATONIA restent Anders Nyström (guitares) et Jonas Renkse (chant). C’est d’ailleurs la voix de ce dernier qui accueille l’auditeur dans ce nouvel univers, après quelques secondes seulement. Cette voix est si magique qu’elle donne le frisson en un instant. Musicalement parlant, The Fall of Hearts s’inscrit dans la pleine continuité de Dead End Kings et donc de son prédécesseur Night is the New Day. Aucune surprise de ce côté-là, pas de retour en arrière stylistique pour KATATONIA. La dimension métal est toujours bien présente mais la touche progressive prend de plus en plus d’ampleur. Encore une fois (je me répète de chronique en chronique), difficile de ne pas penser à OPETH et à ANATHEMA en écoutant les trois derniers opus des Suédois. C’est loin d’être un défaut tant les trois groupes ont toujours su élever leur niveau de jeu vers les sommets mais le mimétisme dans la démarche s’avère assez frappante.

Le talent des deux forces créatrices de KATATONIA pour pondre des titres forts, épais émotionnellement parlant n’est plus à prouver et The Fall of Hearts contient son lot de petites pépites musicales. Le quintet surprend même en sonnant presque, joyeux, sur un « Serein » plus rapide et entrainant. Au niveau des sonorités, la patte du groupe est immédiatement reconnaissable, surtout avec un Renkse ainsi au sommet de sa forme. Si on prend en compte les trois derniers opus, deux lignes directrices s’imposent : la musique se veut de plus en plus diversifiée avec cette démarche progressive de plus en plus affirmée et en même temps les chansons se veulent moins immédiatement accrocheuses, aucun hit imparable ne frappe après les premières écoutes. Ce disque requiert de la patience et ne se dévoile qu’aux plus entreprenants. Terminons par souligner la cohérence entre le fond et la forme. La production est superbe, à la fois puissante et limpide et la pochette signée de l’éternel Travis Smith correspond encore une fois parfaitement à l’identité de KATATONIA.

Avec The Fall of Hearts, les Suédois raviront leur public nouvellement acquis, les fans les plus anciens ayant déjà quitté le navire depuis longtemps. Ce dixième opus est long, chacun en aura pour son argent avec ce voyage dans les sombres contrées de l’esprit. Il est regrettable de ne pas trouver de titres aussi forts que « The Parting » ou « Forsaken » ici mais KATATONIA semble avoir choisi de mettre à l’épreuve son public pour voir si celui-ci est prêt à le suivre sur des routes plus complexes et sinueuses. L’avenir nous dira si ce pari sera judicieux. En attendant, le talent est bien là et l’auditeur persévérant sera récompensé.

Oshyrya (08/10)

 

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Peaceville / 2016

Tracklist (67:32 mn) 01. Takeover 02. Serein 03. Old Heart Falls 04. Decima 05. Sanction 06. Residual 07. Serac 08. Last Song Before The Fade 09. Shifts 10. The Night Subscriber 11. Pale Flag 12. Passer

oshy_03052016_Harmoni_GeneratoC’est moi où la cite phocéenne sort de plus en plus de groupe en ce moment ? Notre gagnant du jour se nomme HARMONIC GENERATOR et affiche déjà un solide background artistique derrière lui. Et puis reconnaissons que les marseillais savent ce qu’ils veulent et qu’ils s’en donnent les moyens. Jugez plutôt, leur premier album, When The Sun Goes Down, un disque gravé pour l’éternité chez les kangourous à Melbourne et produit par Mark Opitz (au CV long comme le bras et qui apprécie les français ayant déjà bossé avec JESUS VOLT). Et ils suivent avec application la recette du groupe rock sérieux et appliqué, ils enchainent les concerts et jouent partout où ils peuvent poser leurs valises.

Démarche originale et sans doute dictée par les contraintes budgétaires, le deuxième album sort par morceaux sous la forme de quatre EP, Heart, Flesh, Skulls and Bones enregistrés grâce à une campagne de crowdfunding sur Kiss Kiss Bank Bank. Voici le deuxième volet donc, Flesh, quatre titres rock pêchus et entrainants. Ces trois cents concerts trouvent ici leur écho, c’est l’expérience de la scène qui a sans aucun doute apporté à HARMONIC GENERATOR ce sens du riff ou de la mélodie accrocheuse. Les marseillais ne prétendent pas réinventer un genre, ils s’abreuvent à la source de ce heavy rock que ce soit AEROSMITH, VAN HALEN, THE DATSUNS ou toute la scène australienne. La musique ainsi vécue se résume assez simplement : Un gros riff efficace, une solide rythmique et une mélodie vocale accrocheuse suffit à faire le bonheur des amateurs de rock. Et il n’en faut pas plus. Très pro sur la forme comme sur le fond, les marseillais ont très bien travaillé et ont su une nouvelle fois mettre toutes les chances de leur côté en confiant le mixage de ces EPs à Logan Mader.

Plus direct que son prédécesseur, Flesh montre un groupe en pleine possession de ses moyens, prêt à en découdre avec le public. Les rapides « Dance On Your Grave » et « The End » s’équilibrent avec les plus lents et posés « Secret Garden » et « Something You Need To Know ». HARMONIC GENRATOR dévoile ainsi plusieurs facettes de son talent pour un EP très recommandable.

Oshyrya (07/10)

 

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Autoproduction / 2016

Tracklist (18:13 mn) 01. Dance On Your Grave, 02. Secret Garden, 03. Something You Need To Know, 04. The End