Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Silver Snakes – Saboteur

oshy_28032016_Silve_SnakEtre pris sous l’aile d’un artiste talentueux et reconnu s’avère forcément être un sacré coup de pouce pour tous les groupes qui ont la chance d’en bénéficier. C’est le cas des SILVER SNAKES, groupe de LOS ANGELES qui semble avoir tapé dans l’œil de Claudio Sanchez (COHEED & CAMBRIA) puisque ce dernier les a signés sur son label Evil Ink Records pour le marché nord-américain. Dans nos contrées. Créé en 2011 sous l’impulsion d’Alex Estrada (ex- CATHEDRALS), SILVER SNAKE a su faire son trou au sein de la scène rock underground américaine. Ils comptent à leur actif deux albums: Pictures Of A Floating World (2012) et Year Of The Snake (2014). Ne ralentissant pas le rythme, proposant avec régularité de nouvelles chansons tous les deux ans, les voici de retour avec Saboteur.

Les californiens n’ont pas manqué d’ambition pour ce troisième album. Ils annoncent d’entrée la couleur en affirmant que ce travail a été inspiré par deux albums considérés comme des classiques, The Downward Spiral de NINE INCH NAILS et Dopesmoker de SLEEP. La palette s’avère particulièrement large, entre stoner rock et métal indus. Et dès les premières minutes de Saboteur, les similitudes apparaissent. « Electricity » affiche à la fois des riffs puissants, une batterie omniprésente et des touches atmosphériques plus inattendus. Les américains tentent le mariage entre rock post-hardcore et approche stoner/doom. SILVER SNAKES parvient à conserver un côté séduisant et accrocheur malgré les multiples expérimentations. « Glass » reste un bon exemple de cette double démarche. Les habitués de Trent Reznor n’y trouveront rien à redire. Quand le groupe revient à des sonorités plus classiques comme sur « Raindance » ou « Red Wolf », il démontre son savoir-faire sans avoir besoin de multiplier les artifices. L’auditeur finira par se demander si ces surcouches indus/atmosphériques étaient vraiment utiles et ne finissaient pas par simplement alourdir le propos. Saboteur s’écoute avec plaisir et compte un bon nombre de titres enlevés à même de faire secouer la tête et taper du pied même les plus réfractaires. Le disque se termine par deux plats de résistance touffu, « Dresden » et « The Loss » qui tournent autour des neufs minutes chacun. Très atmosphériques et sombres, ces deux chansons laissent une dernière impression assez trompeuse. SILVER SNAKE perd alors de sa force et son impulsivité. C’est un peu dommage de terminer ainsi.

Peu connu dans nos contrées, SILVER SNAKES devrait parvenir à faire parler de lui grâce à Saboteur. Certains choix restent discutables mais dans l’ensemble les chansons proposées ici possèdent un charme et un caractère indiscutables. Espérons que la tournée qu’ils partagent actuellement avec COHEED & CAMBRIA traverse l’Atlantique pour juger, de visu, du vrai potentiel de SILVER SNAKES une fois sur scène.

Oshyrya (07/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Evil Ink – Pelagic Records / 2016

Tracklist (51:55 mn) 01. Electricity 02. Glass 03. Raindance 04. Devotion 05. Fire Cloud 06. Red Wolf 07. Charmer 08. La Dominadora 09. Dresden 10. The Loss

oshy_28032016_Remai_i_a_VieLe projet REMAIN IN A VIEW est né de l’autre côté des Alpes à Sulmona en Italie en 2007. Après de mois de recherche pour trouver le bon line-up et l’enregistrement de titres promo, les transalpins sautent le pas en mars 2013 et publie un premier album du nom d’Elegies. Fort de cette solide carte de visite, le quartet multiplie les concerts et décroche même une tournée américaine. Revigoré par l’intégration de nouveaux membres, le groupe compte bien poursuivre sur cette voie et propose ce printemps un nouvel EP, No Man's Land.

Créé autour d’une passion commune pour les scènes metalcore et modern métal, REMAIN IN A VIEW n’a pas le voyage outre-Atlantique pour rien. Très influencée US, leurs nouvelles chansons s’inscrivent dans la droite ligne des groupes qui marchent tirent leur épingle du jeu en ce moment en Amérique du Nord. Ils citent eux-mêmes l’influence des TEXAS IN JULY, AUGUST BURNS RED ou encore AS I LAY DYING. Riffs tranchants et rythmiques assassines posent les fondations avant que le chant hurlé ne donne corps à l’ensemble. Le côté mélodique n’est jamais loin, le refrain en chat clair se veut accrocheur et offre une petite accalmie avant que les hostilités reprennent. Les italiens laissent une bonne impression, le sérieux est évident sur le fond comme sur la forme et ils ont su acquérir un vrai savoir-faire pour pondre des titres bien rentre-dedans. Ne cherchez pas une originalité folle, mais un travail bien fait.

Oshyrya (07/10)

 

Facebook Officiel

 

Autoproduction / 2016

Tracklist (17:12 mn) 01. The New Beginning 02. No Man's Land 03. Media Terror 04. Evolve

 

 

Blackrain – Released

oshy_Itw_Blackrai_03Allez, on ne va pas se mentir, un groupe français de rock / hard-rock qui parvient à se faire connaître d’un grand nombre à travers les média généraliste et qui tape dans l’œil d’un gros label allemand ce n’est pas si courant. Nos compatriotes de BLACKRAIN ont réussi ces deux coups de maîtres et reviennent ce printemps avec un nouvel album sous le bras, Released. Le titre est loin d‘être innocent puisqu’il synthétise bien l’état d’esprit actuel des Haut-Savoyards qui ont repris en main leur destinée après presque quinze ans de carrière. Ce sont désormais les seuls capitaines du navire, ils travaillent à leur façon et s’entoure des meilleurs professionnels. Que de chemin parcouru depuis des débuts chez Thundering Records qui a su mettre au groupe le pied à l’étrier. Trois ans après It Begins (chronique ici) qui avait vu le groupe se mettre connaître du plus grand nombre, il était temps d’enfoncer le clou et de montrer que BLACKRAIN pouvait passer la vitesse supérieure.

Ce nouvel opus s’ouvre sur un premier single, le très accrocheur et survitaminé « Back in Town ». Pour peu que vous soyez sensible à la scène Glam métal, cette basse vrombissante, ces rythmiques toute simples et ce refrain immédiatement mémorisable devraient faire mouche. Difficile en effet de résister, de ne pas taper du pied et chanter à tue-tête cette chanson après une ou deux écoutes. BLACKRAIN continue sur sa lancée et propose treize nouvelles pépites calibrées et directes. C’est tout ou rien, soit vous accrochez immédiatement soit vous restez de marbre mais pas de demi-mesure ici. En trois ou quatre minutes à chaque fois la messe est dite. Un soin très particulier a été apporté aux mélodies et les refrains, l’efficacité restait le critère premier. Si le résultat n’était pas assez accrocheur, il fallait revoir sa copie ou passer à autre chose. BLACKRAIN ne réinvente pas la roue, ils varient les rythmes et les ambiances tout en restant sur un chemin glam/ hard-rock assez connu et balisé. On peut le regretter mais ce n’est pas vraiment une surprise, mieux vaut bien faire et rester sur un contenu maîtrisé que tenter des expérimentations hasardeuses. Et tout comme It Begins, Released contient son lot de chansons enthousiasmantes. Ils confirment cependant qu’ils sont bien plus doués pour composer des titres rapides que des ballades. « Home » et « For Your Love » sonnent trop faciles et trop niaises pour vraiment convaincre.

Les Haut-Savoyards ont pris le parti, à partir de License To Thrill, de développer une musique spontanée et attrayantes. Et ce choix s’est avéré payant car ils se positionnent désormais aux côtés des ténors du genre qu’ils soient américains ou scandinaves. Encore une fois sous la houlette du producteur américain Jack Douglas (AEROSMITH, SUPERTRAMP, John Lennon…), ils confirment le talent et le potentiel affiché avec It Begins. Les auspices sont excellents et l’avenir s’annonce radieux.

Oshyrya (7,5/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

UDR Music / 2016

Tracklist (54:20 mn) 01. Back In Town, 02. Mind Control, 03. Killing Me, 04. Run Tiger Run, 05. Puppet On A String, 06. Words Ain't Enough, 07. Eat You Alive, 08. Home, 09. For Your Love, 10. Fade To Black, 11. Electric Blue, 12. Rock My Funeral, 13. One Last Prayer