Archive for the ‘ Chroniques ’ Category

Anvil – Anvil Is Anvil

anvilisanvilcdEn 2008, le génial documentaire Anvil ! The story of Anvil a permis à beaucoup de (re)découvrir Anvil, formation mythique des années 80. Mené par Steve "Lips" Kudlow et Robb Reiner, le groupe est l’équivalent de Mickey Rourke dans le film The Wrestler : des losers magnifiques auxquels il est difficile de ne pas s’attacher. Des personnages entiers, sincères, qui ont une foi inconditionnelle en leur musique. Ils ont, hélas, vécu une suite de rendez-vous manqués malgré des débuts prometteurs (Hard’n’heavy, Metal on metal). Mais, aujourd’hui, le duo, toujours aussi motivé, nous offre son dix-septième album : Anvil is Anvil.

Ce dernier opus satisfera fans et néophytes. Anvil reste à jamais ce chantre du heavy/power metal à l’ancienne qu’il a toujours été. Tant mieux, on ne lui en demande pas plus. L’affaire débute avec « Daggers and rum », formaté pour être un futur hymne live. On enchaîne avec le très dynamique « Up, down sideways ». C’est du tout bon et la suite ne démérite pas. Anvil offre à ses afficionados ce qu’ils veulent entendre : du bon metal. Même si l’on note une baisse de régime à mi-parcours (« Zombie Apocalypse », faiblard), rien ne peut arrêter les Canadiens. L’enthousiasme fait son retour avec « It’s your move », rapide et efficace. La suite et la fin d’Anvil is Anvil est tout aussi réjouissante ; on prend un vrai plaisir à l’écouter.

Anvil is Anvil porte bien son nom : Lips et Reiner sont fidèles à eux-mêmes, ils ne changeront pas. Imperturbables, ils restent ces éternels ados qui, un matin de 1978, ont décidé de faire du heavy metal ; envers et contre tous. Mieux, ils ont réussi à conserver cette pureté que beaucoup ont perdue. C’est rare. Et pour cela, ces mecs méritent tout notre respect.

Nico (8/10)

Site Officiel: http://my.tbaytel.net/tgallo/anvil/

Spv/ 2016

01. Daggers And Rum 02. Up, Down, Sideways 03. Gun Control 04. Die For A Lie 05. Runaway Train 06. Zombie Apocalypse 07. It's Your Move 08. Ambushed 09. Fire On The Highway 10. Run Like Hell 11. Forgive Don't Forget 12. Never Going To Stop (Bonus track)

S’il existe une formation française qu’on ne présente plus à présent et m’ayant marqué plus que de raison ces dix dernières années, il s’agit bien des montpelliérains de Hypno5e. Je ne suis pas le seul à avoir succombé aux vues de la chronique de Acid Mist Tomorrow par Clayman dans nos colonnes. Une chronique que je partage entièrement ! Il faut dire que cette créature sonore a pris énormément d’aplombs et de caractères au file des années. C’est une sorte d’hydre à plusieurs têtes brassant Metal expérimental barré ou progressif,  musiques d’Amériques latines et approches cinématographiques,  le tout ayant pris racines aux débuts des années 2000 dans l’esprit fécond de Emmanuel Jessua (Chant, Guitare). Je pense que Hypno5e a à présent une stature internationale indiscutable, fort de 13 années d’existence, de 3 tournées américaines (en support de Gojira et The Dillinger Escape Plan), de plus de 300 concerts ainsi que de trois albums remarquables, il marche sereinement sur les traces et la reconnaissance  d’une formation comme Gojira ! C’est en tout cas ce que je leurs souhaite !

Tout n’a pourtant pas été simple pour Emmanuel et ses compagnons Gredin (Basse), Jonathan Maurois (Guitare), Théo Begue (Batterie) puisque qu’Hypno5e a dû surmonter depuis sa création une somme monumental d’obstacles et d’épreuves. En plus de la complexité de sa musique très audacieuse qui peut paraître à certains hermétique (mais c’est à mon sens nullement le cas) ainsi que le fait que cette musique aux contrastes violents ne fait aucune concession, ils ont décidé de tout gérer (et je dis bien TOUT) par eux-mêmes. Une démarche chargée d’abnégation et qui force le respect par les temps qui courent… 

Hypno5e nous revient donc quatre ans après Acid Mist Tomorrow avec ce tant attendu nouvel opus Shores Of The Abstract Light disponible depuis le 19 Fevrier 2016  via Pelagic Records (Mono, The Ocean, The Old Wind, etc …). Il a été maintes fois repoussé en raison de tous un tas de galères comme la perte intégrale du premier enregistrement,  je vous rappelle que cette formation fonctionne en autogestion et cela ne va pas sans désagréments. Un album accouché dans la douleur donc et c’est peut être ce qui le rend encore plus séduisant voire ultime comme nous allons le voir.  On retrouve tous les éléments qui caractérisent sa musique comme cette production très ample, au spectre large et organique. Je trouve même celle-ci plus chaleureuse que par le passé ! J’ai adoré ! Toutes les facettes de la versatile et complexe musique de Hypno5e sont traitées avec subtilité et justesse. Les arrangements sont toujours aussi impressionnants et c’est un des nombreux points fort de Hypno5e depuis ces débuts. Nos gaillards sont toujours aussi à l’aise et parviennent à conforter l’auditeur dans ce vortex de violentes contorsions épileptiques aux riffs et polyrythmies saccadés contrastant avec les atmosphères climatiques, acoustiques et progressives plus chaleureuses et contemplatives. Les complexes et évolutives compositions contenues dans les deux premiers mouvements de l’album  « East Shore – Landscape in the Mist », « East Shore – In Our Deaf Lands », « West Shore – Where We Lost the Ones » et « West Shore – Memories » sont éloquentes dans ce domaine et auraient très bien pu figurer sur l’album précédent mais attention car tout est plus « efficace » et bien mieux mis en valeurs.

Sur un titre court et très émouvant « Central Shore – Tio » chanté en espagnole et majoritairement acoustique, Hypno5e fait preuve d’une force de persuasion rare et ultime. J’ai adoré la mélancolique avec des cris de désespoirs déchirant la plénitude de ce morceau.  C’est comme les titres « North Shore – The Abstract Line » et « North Shore – Sea Made of Crosses » des compositions là encore assez courtes et qui rappellent Gehenne II et III mais avec encore plus d’amplitude et toujours un accroche plus efficace que par le passé ! L’album se termine sur une très longue composition d’une quinzaine de minutes qui est dans la pure tradition de Hypno5e, une bien belle manière de clôturer l’album !

J’ai aussi remarqué un domaine où le groupe fait preuve d’une plus grande diversité là où il était un tantinet plus restreint par le passé, il s’agit des vocaux extrêmes. En effet ils sont moins linéaires qu’ils pouvaient l’être sur Acid Mist Tomorrow et à de nombreux passages sont plus graves en délaissant un peu l’aspect nasillard qui pouvait avoir tendance à lasser un peu sur la longueur au par avant. Pour ce qui est des vocaux clairs c’est une nouvelle fois du grand art et il y a de grandes chances pour que vous y succombiez ! Quant aux séquences narratives et autres samples de dialogues de films, ils sont tout bonnement géniaux et occupent une part telle au sein de l’album qu’ils sont employés pareils à du chant ou à un autre instrument ! C’est un élément primordial et un pur délice !

Bref Hypno5e se surpasse à tous les niveaux et excelle dans tous les domaines de sa musique. Malgré les obstacles qu’il a dû surmonter, on peut dire sereinement que Shores Of The  Abstract Light ne soufre d’aucun défaut ! C’est une œuvre imparable d’un Metal moderne, intense et évolutif qui vient rejoindre les productions de formations telles que Gojira a pu en fournir par le passé ou comme Eryn Non Dae. (chronique ici), Grorr (chronique ici) ou S.U.P. ont su nous gratifier ! Je vais même jusqu'à dire que Hypno5e me rappelle la démarche qu'un Ange avait dans les 70s, vous allez me dire que j'y vais fort mais moi je maintiens ! Hypno5e nous pond des chefs d’œuvres en cultivant l’art de l’évasion toujours avec omniscience et grande philosophie ! J’ai aimé le fond et la forme du travail accompli. Je vous encourage grandement à découvrir et supporter ce groupe si vous ne les connaissez pas déjà. 

FalculA (9/10)

 
Facebook Officiel
Site Officiel
Bandcamp Officiel


Pelagic Records / 2016 
Tracklist (61:43) :  I. East Shore – Lanscape in the mist II. East Shore – In Our deaf lands III. West Shore – Where we lost the ones IV. West Shore – memories V. Central Shore – Tio VI. North Shore – The Abstract Line VII. North Shore – Sea made of crosses VIII. South Shore – Blind Man's Eye.

oshy_13032016_AmphetamTrois ans après At the Dawn of Twilight (chronique ici) les rémois d’AMPHETAMIN se rappellent à notre bon plaisir avec un deuxième album sous le bras, A Flood of Strange Sensations. Sebastian reste plus que jamais le capitaine de ce navire et même parfois le seul membre de l’équipage. Ce musicien complet s’est occupé de tout (composition à l'enregistrement et du mixage au mastering, jusqu'à la création de la pochette) et livre, comme sur ses disques précédents, une œuvre très personnelle.

Notre ami n’a pas trouvé le bonheur et continue de s’épanouir (créativement parlant en tout cas) dans une atmosphère lourde et mélancolique. Au lieu de jeter un voile pudique sur les peurs et les angoisses ancrées dans son inconscient, il les explore méthodiquement et nous invite à faire avec lui un bout de ce voyage. Les traits de lumière seront rares et précieux. Dans un genre rock progressif / post rock, chaque chanson laisse entrevoir un nouveau paysage sonore. Le ton est majoritairement empreint de tristesse et de gravité avec ici et là des sursauts d’intensité variable. La guitare peut tantôt se faire plaintive tantôt brutale et tranchante. Un « Endless Nights » trsè rock n’est pas sans rappeler un MUSE, mais cela tient beaucoup au chant de Sébastian qui évoquera à certains Matthew Bellamy pour cette façon assez lancinante d’aborder la voix et les montées dans les aigus. Malgré l’ambiance générale, A Flood of Strange Sensations apparait plus positif, plus chaud que son prédécesseur. Cela tient peut-être à une moindre utilisation de cuivres, une musique plus fluide et moins heurtée. Le chanteur semble continuer à prendre confiance au niveau de chant et s’affirme encore plus. L’ombre d’un Jeff Buckley apparait ici et là. Difficile d’extraire deux ou trois titres en particulier de cet album, tous ont leur place et forment un tout riche et cohérent. Les deux plus longues compositions, « The Haunted One » et « Different Colours of Tears » émergent un peu du lot malgré tout par leur foisonnement de mélodies, de rythmes et d’intensités. AMPHETAMIN se montre-là à son meilleur.

Les ténèbres, froids et obscures possèdent une force d’attraction et de séduction impressionnante. Ce qui est vrai pour un CULT OF LUNA s’applique aussi ici mais si le propos est moins violent et extrême musicalement parlant. A l’image de la pochette, le voyage ne s’annonce pas doux et joyeux mais la vie est faite ainsi. Pour mettre la main sur ce petit bijou, qui sortira en version physique grâce à une campagne Ulule couronnée de succès, rendez-vous sur le site internet ou la page Facebook du groupe !

Oshyrya (08/10)

 

Site Officiel

Facebook Officiel

 

Autoproduction / 2016

Tracklist (59:52 mn) 01. Devotion 02. The Threshold 03. Once Upon a Tree 04. Stranger on an Island 05. Endless Nights 06. The Haunted One 07. Neverland 08. Favourite Doll 09. Thoughts in the Water 10. Ghostly Place 11. Different Colours of Tears