Trente ans d'existence sur le papier et seulement trois albums, si l'on découvre Still Square en 2016 on peut s'en étonner. Pourtant le groupe connu à ses débuts sous le nom de Square, n'a pas pris son envol comme d'autres groupes cultes des années 80. A l'heure de l'essor Outre Manche de la New Wave Of British Heavy Metal, alors que les ADX et autres Vulcain décollaient, Square n'a pas eu la même chance, après un départ prometteur. Un label qui met la clé sous la porte et voilà le second album avorté en plein enregistrement. Autre conséquence douloureuse, le groupe cesse ses activités jusqu'en 2008.
Un redémarrage qui semble bien parti pour durer, remettant au goût du jour le hard rock à l'ancienne aux influences héritées de Deep Purple, AC/DC ou ZZ Top, et l'air de rien à l'écoute la formule n'a pas pris trop de rides.
Les amateurs du genre, les nostalgiques devraient sans doute trouver cet album au poil pour leurs conduits auditifs avec cet intro qui devrait titiller les amateurs de vinyle qui craque, dont le son brut de décoffrage va bien à des compos qui vont droit au but. Il va de soi que le groupe prend le parti de ne pas surfer sur l'air du temps et se fait plaisir. Du coup cela s'entend, avec des compos accrocheuses et sans prétentions. Still Square met un point d'honneur a poursuivre son histoire et à ne pas rester un espoir disparu dans les années 80. Une démarche honnête, le groupe suit sa route, souhaitons leur que les amateurs soient au rendez vous.
Brennus / 2015
Tracklist (59 minutes) : 1. S & T 2. Sentinelle Oubliée 3. Juste une fois 4. Flying Ducthman 5. Le Bagne des maudits 6. Hard Rock 'n' Roll 7. Irréel 8. Photographie 9. Dans tes bras 10. Serial Killer 11. Le Bourreau 12. J'suis ma route
Lorsque j’ai fait la chronique de la réédition du premier album de Ataraxie (chronique ici) je vous ai parlé longuement de mon grand intérêt pour la scène Doom Metal extrême afin de vous présenter le contexte dans lequel j’avais alors découvert la musique de ce dernier. J’ai donc à cette occasion abordé mon rapport avec ce sous genre du Doom Metal en citant de nombreux groupes. Je me suis concentré principalement sur des formations Doom Death et Funeral Doom mais j’ai omis de citer quelques autres acteurs évoluant dans ce que ce courant a de plus Ambient, Atmosphérique ou Symphonique et qui ont eux aussi grandement participé à l’émergence de cette scène en France au même titre que Ataraxie l’avait fait dans une veine plus brute et Doom Death Metal tels que Despond (notre chronique ici) , Monolithe, Amphitryon, Nidafell ou Anthemon (notre chronique ici).
L'occasion m’est donnée en ce début d’année de palier à cette légère carence de ma part en vous présentant le dernier effort longue durée de Monolithe. Je me rappelle être tombé littéralement sous le charme du premier album de cette formation parisienne. Il faut dire que Monolithe abordait la chose Funeral Doom sur Monolithe I (2003 notre chronique ici) d’une belle manière et surtout par la face expérimental de son successeur Monolithe II (2005) puisqu’il allait même jusqu’à utiliser des sonorités improbables pour ce genre comme l’accordéon. Ces deux premiers albums aussi jetaient les bases du concept que la formation n’aura de cesse que de décliner lors des trois albums qui suivirent : Monolithe III (2012) Monolithe IV (2014) ainsi que sur les EP Interlude Premier et Second. Monolithe depuis le début de son parcourt s’articule autour de Sylvain Bégot un ex Anthemon ex Evolvent (guitares, basse, claviers et composition) épaulé par Benoît Blin un ex-Inheritance (basse et guitares) et Richard Loudin au chant que l’on retrouve également dans Nydvind, Nunkthul, Haceldama, et fut un ex-Despond et ex-Bran Barr. Ce noyau dur a été rejoint en 2012 par Sébastien Latour au clavier et à la programmation un ex-Anthemon et ex Evolvent. En 2015 Olivier Defives à la basse et Thibault Faucher à la batterie ont fini de compléter le line up.
Depuis Monolithe III, la formation bosse avec le label français Debemur Morti Productions(site ici) qui a aussi réédité Monolithe I ainsi que les EP Interlude Premier et Second dans un même package dénommé Monolithe Zéros. C’est d’ailleurs sur ce même label qu’est sorti leur dernier opus Epsilon Aurigae en décembre de l’année dernière. Je n’ai pas encore eu l’occasion de plancher sur les paroles et ai abordé surtout la chose musicale mais selon les dires de Sylvain : « Epsilon Aurigae est le nom d’une étoile supergéante dont la particularité est de faire partie d’un système binaire, c’est à dire qu’un second astre orbite autours du même centre de gravité ». Il faut par là en déduire que premièrement Epsilon Aurigae est le premier album d’une série de deux albums qui ont été enregistrés en même temps et dont le second volet sortira dans le courant de l’année 2016. Deuxièmement que le groupe ne s’est pas résolu à laisser complètement tomber son concept autour du monolithe retrouvé sur Terre dans « 2001 l’Odyssée de l’Espace » et son attrait pour l’espace et l’univers.
On peut dire que sur la forme Epsilon Aurigae s’inscrit dans une certaine continuité et malgré le fait qu’il soit composé de 3 titres d’une durée de 15 minutes chacun (par le passé Monolithe nous avait habitué à de longues et uniques plages avoisinants l’heure) il reste encré dans l’identité que la formation s’est taillée au fur et à mesure des années. Plusieurs choses me permettent d’affirmer cela ! Tout d’abords l’artwork qui est comme d’habitude soigné et est une nouvelle fois l’œuvre de Robert Høyem (facebook ici et site là). Il a une nouvelle fois fait un travail très classe ! Continuité toujours avec le travail sur le son de l’album puisque le groupe s’est chargé des prises de son de tous les instruments hormis la batterie et à une fois de plus travaillé avec Andrew Guillotin du Hybreed Studio (site ici) en lui confiant le mixage. Personnellement j’ai vraiment apprécié ce son plus charpenté et axé sur la section Metal. Les ambiances et autres nappes atmosphériques sont toujours bien présentes mais un peu relayées au second plan. Ce qui a pour effet principal de donner un aspect plus frontal aux nouvelles compositions.
A l’écoute du premier des trois titres « Synoecist » on est directement frappé par cet alliage du son, des riffs et des rythmiques qui donne un aspect très physique à la musique de Monolithe ! C’est marrant mais j’ai immédiatement pensé à du Meshuggah qui se serait exercé à faire du Doom Metal ! Massif et percutant avec toujours ces légères dissonances qui ont toujours été présentes dans la musique du groupe mais qui ici prennent beaucoup plus d’ampleur. Monolithe déploie toute sa carrure et frappe lentement mais avec minutie et précision ce qui le rend d’autant plus destructeur ! J’ai adoré aussi un passage dans la seconde moitié du morceau avec ses rythmiques tribales et quelques percussions du meilleur effet ! Un très bon morceau dont il est vraiment difficile de décrocher ! « TMA-0 » (pour Tycho Magnetic Anomaly Zero) est un morceau instrumental qui arbore un apparat plus ambient et atmosphérique que le premier morceau mais toujours avec ce riffing lentement balancé et dissonant qui rappelle toujours les expérimentations de Meshuggah. Ce titre rompe à plusieurs reprises avec son aspect lourd, dissonant et monolithique par des envolées de lead guitares et de nappes de claviers saisissantes. Un bon interlude lui aussi de 15 minutes. L’album se termine sur « Everlasting Sentry » un morceau toujours très charpenté et massif mais qui contrairement aux deux autres développe une emphase très Symphonique et accrocheuse. Beaucoup de claviers sur ce titre, il y a bien quelques passages très pesant mais dans l’ensemble on a à faire à un morceau bien épic ! Dernière chose j’ai beaucoup apprécié les voix et leur alternance qui alliées aux côtés des claviers symphonique m’ont rappelé un peu certains passages du regretté Despond. Les vocaux dans l’ensemble son bien puissants et assez percutants ce qui parachève de donner au tout un aspect vraiment ultime !
Un album dans la continuité donc mais qui vous réservera tout de même quelques bonnes surprises ! Epsilon Aurigae est encore un très bon album dans la catégorie Doom comme ceux que j’ai chroniqués tout du long de l’année dernière ! Il ravira les fans comme moi de la première heure tout comme ceux qui ont connu Monolithe sur le tard. On attend donc la suite avec impatience puisque je vous le rappelle, elle doit arriver dans le courant de l’année ! Quant à moi il me reste plus qu’à enfin aller écouter le dernier album Enfant de la Nuit de Ixion (Facebook ici) une autre formation Doom Metal Atmosphérique qui a sorti ce deuxième album presque en même temps que celui-ci …
L’énergie débordante et l’enthousiasme de la jeunesse font toujours plaisir à voir. SAILING TO NOWHERE est un jeune groupe transalpin né en 2013 et qui se lance dans le grand bain avec un premier album sous le bras, To the Unknown publié par Bakerteam Records. Sur le papier le projet reste simple, parvenir à mélanger efficacement guitares agressives, mélodies élaborées et de multiples atmosphères. On leur souhaite bon courage…
Le premier contact avec ce disque s’avère assez décevant puisque le fond et la forme semblent en retrait. La forme d’abord avec une production faiblarde qui manque nettement d’impact. Pour ne donner qu’un exemple, le son de batterie sur « No Dreams in my Sight » risque d’en faire tiquer plus d’un et nous sommes loin des standards européens. Mis en boite par Matteo Gabbianelli (KUTSO) et Marco Cinghio Mastrobuono (HOUR OF PENANCE) au Kick Recording Studio de Rome, la production de To the Unknow dessert le groupe au lieu de le renforcer. Surtout que les chansons pêchent aussi par un manque criant d’originalité mais surtout d’attrait. A l’exception de quelques sursauts, un chant ici ou une mélodie là, l’auditeur, même fan invétéré de Power métal mélodique, risque de rapidement s’ennuyer. Les italiens sont jeunes, ils essaient et persévèrent mais le résultat n’est pas vraiment à la hauteur de nos attentes. Tous les ingrédients sont pourtant bien là, comme le montre une chanson plutôt réussie comme « You Won’t Dare », mais la mayonnaise ne prend que trop rarement. Marco Palazzi s’en sort avec les honneurs derrière le micro avec cette petite patte à la Ronnie James Dio. Il n’est pas le seul puisque le groupe compte aussi une chanteuse, Federica Garenna qui ne démérite pas non plus. La pléthore d’invité italiens s’avèrent sympathiques mais n’apportent finalement pas grand-chose. Et nous jetterons un voile pudique sur la reprise d’Anastacia.
SAILING TO NOWHERE affiche une naïveté assez confondante à travers sa musique. Ils manquent encore d’expérience et de bouteille pour éviter tous les pièges de l’exercice. Il faudra à l’auditeur accepter d’affronter une production faible, des chansons souvent peu attrayantes et bien des choix assez discutables pour écouter dans sa totalité To the Unknown. Les bonnes idées et les rares moments sympathiques ne peuvent compenser le reste. Restons indulgents pour un premier cd mais SAILING TO NOWHERE ne manque pas de travail pour atteindre au moins le ventre mou européen. En l’état, ils sous plutôt sous la menace d’une relégation au niveau inférieur.
Tracklist (45:45 mn) 01. No Dreams In My Night 02. Fallen Angel 03. Big Fire 04. Lovers On Planet Earth 05. You Won’t Dare 06. Strange Dimension 07. Sailing To Nowhere 08. Sweet Rain 09. Left Outside Alone (Anastasia Cover)